CHAPITRE TH
pas finie là. On demanda une montre entourée de diamans. Cette montre avait été remise ^ h regret, par un maître tueur, à un de ces commissaires à la dépouille. Le cordon était teint de sang, ainsi que les breloques, qui se composaient d'un cachet, ua anneau, un gland, une clef en or. Sergent, qui n'aimait pas le sang , avait défait le cordon vert, et xnisà sa place un noir; mais il y attacha les mêmes' breloqiies et garda la montre .Le maître Itieur croyait aussi, lui, avoir un privilège sur cette montre ; il la désirait spécialement , il l'indiqua. D'abord le commissaire des dépouilles attesta l'avoir reçue et remise au' dépôt; le cordon de soie était un indice certain, on ne trouva ni le cordon ni la montre.* Sergent, qui n'ignorait pas que les pacotilles particulières n'avaient pu se former que sur ce qui n'était pas compris dans les étals, toujours fautifs et pleins d'inexactitudes; Sergent , dis-je , se croyait déjà propriétaire de la montre; il oublia que les assassins voleurs portent par habitude leurs regards' spéculateurs sur le gousset. 11 n'avait pas assez fait en changeant le cordon de la montre, c'était une maladresse de porter le cachet^ la clef , l'anneau et le gland , qui en étaient les breloques ; mais on' ne s'avise pas de tout : le maître tueur reconnut ces breloques qu'il convoitait, il accusa Sergent d'un partage infidèle. Sergent répondit : Est-ce là le cordon? Non, mais voyons la montre, ré-' pliqua l'autre 11 s'y opposa d'abord, mais il n'é-*
tait pas en sûreté : on exigea , on se procura la montre , c était la même , elle.fui reconnue} la différence du cordon élait insuffisante y un petit vase en forme de gland était teint de sang sur les piqûres de la partie qui représente la coque : F^oilà mon titre j s'écria le tueur en faisant voir le sang. N'estce pas aussi mon titre ? reprit Sergent , n^ai-je pas eu du sang sur moi ? c'est une caillebotte qui a rejailli. Mais tu n'avais pas le moyen d'acheter une montre de ce prix, lui dit le lueur l Sergent voulut parler de sa fortune; il fut interrompu , un médiateur apaisa le tout. Ces anecdotes sont comprises dans les pièces relatives au 2 septembre.
L'intérêt de la chose publique me fit faire un voyage de Tours à Saumur , les premiers jours de juin 1795, an V'y avec Ser^gent et la Marceau qui se trouvèrent dans la même voiture. Us allaient voir Marceau, officier dans la légion Germanique^ alors à Saumur. Chemin faisant^ je regardais un gland parmi les breloques d'une montre très-riche, émaillée et garnie de diamans , que portait la Marceau et qu'elle tirait avec vanité. Je fis des réflexions sur la courotine de chêne , son origine , sur les qualités et propriétés du gland, le prenant souvent daosma main ponr l'admirer, tant il était bien fait. Laissez, me dit Sergent , vous vous amusez à ce gland comme un enfant. Je lui répondis : J'ignorais que cela vous contrariât j fe croyais vous