CHAPITRE VU. 5l
laissaient aux nouveaux dépositaires des facilités que Ton n'a pas besoin d'indiquer. Ces dépositaires étaient le secrétaire de la municipalité , Tallien et
son commis, M ; mais que sont devenus ces
efifets ? Les a-t-on remis aux parens des victimes ? Non ! Les septembriseurs ne Tonl pas allégué pour leur justification^ et la municipalité, souvent inculpée , n*a pas excipé d'un seul acte de remise; ainsi que sont-ils devenus, ces effets ? Ont-ils tourné au profit de quelques particuliers, ou ont-ils été employés pour Futilité publique? Depuis le temps que des reproches ont été directement adressés et réitérés publiquement à la municipalité, il n a été ni présenté, ni allégué aucun emploi ; on ne peut enr fin douter qu'ils n'aient été partagés entre les complices. C'est ce qu'indique la conduite du vénérable Sergenty l'un des chefs du complot.
. A la revue des dépouilles , on cherchait une agathe superbe et de haut prix, en faisant partie; chaque spéculateur l'avait vue, chacun la convoitait, chacun la réclamait. Le regret excita les uns, d'autres intérêts dirigeaient les autres, chacun avait ses vues^ bien ou mal colorées.Monsieur Sergent aussi fit semblant de la demander , il oublia qu'elle était à son doigt; il croyait que l'adultère Marceau, l'infidèle épouse du malheureux Sorrat de Chartres,qui partageait la couche dupremier depuis qu'elle l'avait suivi, s'en était saisie , lorsqu'il la lui avait présentée pour la dédommager du travail de ses doigts, comme
5a MÉMOIRES DE SENART.
graveuse^ état duquel çUe Favait nourri jusqu'à ce qu il ait pu faire de la révolutioa un métier. Ilsétalent Tun et l'autre descendus de ces greniers de la misère où ils avaient quitté leurs haillons pour se.< vêtir et se loger suivant ce qu'avait produit le casuel de la révolution. Ainsi donc Sergent oublia qu'il avait cette bague à son doigt; niais un de. ses complices la lui reconnut et la fit voir à sa main. Sergent convaincu balbutia^ il l'avait changée y di-*' sait-il y il en avait mis une autre : en défaut sur ce fait, il dit l'avoir prise pour la faire raccommoder; il n'avait pas encore eu le temps de le faire, ajouta-t-il. On examina la bague, rien n'y manquait. Alors il fallut de l'audace pour la garder. Sergent acquit de-là le nom d'j4gathe^Sergent ; voilà rétymologie du surnom d'Agathe, qu'on lui' a donné. Sergent ne remit pas la bague, il Ta conservée avec le sobriquet d'Agathe. Pauvre Sergent., pourquoi n*avoir pas eu plus de présence d'esprit, pourquoi ne l'avoir pas laissée à la Marceau? Sergent, ne savais-tu pas que tes complices avaient le même goût que toi, qu'ils pouvaient comme toi désirer cette bague? Pourquoi la prendre sans leur consentement? Peut-être était-ce aussi le résultat d'un partage des chefs principaux et dépositaires,, non connu de tous les complices! Quoiqu'il en soit. Sergent, tu dois être convaincu qu'ils n'ont d'autres , égards et ménagemens que ceux qu'exige la crainte de la découverte de leurs crimes. La scène ne fut