‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 32 sur 117 · CHAPITRE YIII. 6l · texte numérisé non relu

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-sèrent à Amboise^et de-là vinrent à Tours; de . Tours on devait se porter sur Saumur , de Saumur à Morlagne; et c'était à Mortagne que devait s'arrêter la coursp; Mortagne est au centre de la Vendée et des pays insurgés : là on devait préconiser le duc d'Orléans y le proclamer roi, soutien du trône et du clergé, et père du peuple.

L'insurrection arrivée à Aniboise, un citoyen honnête nommé Malveau, chirurgien et administrateur du département dlndre-et-Loire,se trouva dans cette ville. Comme il parlait contre ces séditions, il fut menacé et obligé de fuir la potence que les chefs lui avaient destinée. A la minute même où les chefs des insurgés l'indiquaient comme l'homme à immoler, on mit le feu à sa maison; il perdit son habitation et tous ses effets. Ce que cet honnête citoyen avait amassé par des économies austères du produit de ses travaux et de ses revenus, fut livré aux flammes. Deux jeunes personnes , ses fîUes , auxquelles il avait donne une éducation soignée , perdirent leurs effets , leurs vêtertiens et les dots que leur destinait leur père. Celui qui mit le feu et conduisit les malfaiteurs était un nommé Stoclet, fermier à Amboise; il était redevable envers le citoyen Malveau sous quelques rapports. > La municipalité de Tours fut requise de porter secours. J'étais alors officier de la garde nationale; je devais en conséquence partir pour Amboise avec . un détachement de la compagnie que je comman-

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dais et d'autres forcés réunies. Quelques complices de Marat , dignes émules de cet incendiaire , savaient le complot.5 et ils persuadaient de ne point partir; mais ce n'était pas suffisant , chaque propriétaire craignait^ et la rumeur augmenta. On se décida enGn, malgré eux, k opposer une résistance vive et à refuser le passage. Les complices orléanistes y maralistes y furent déjoués; Pun d^eux^ qui était au département^ chercha pour dégoûter la force-armée à injurier des officiers qui s'étaient réunis auprès de l'administration , tandis que des malveillans répandus partout allaient persuader au peuple que Ton avait tort de s'opposer à ces événemens; que le prix du pain et des denrées allait baisser par force. Ils cherchaient ainsi k séduire le peuple ^ à le corrompre^ à diviser les esr prits et former des partis; mais ils n'eurent pas le temps dy réussir^ je les déjouai. J'étais allé aussi ^ moi 5 au département avec quelques officiers pour demander les ordres^ et je reçus ma part des in}U'«

res que vomit le nommé T -O , fameux

maratiste^ membre du directoire du département y alors I comme depuis et toujours, faux patriote, digne époux de la fille Richard, fille prise k la suite des Vendéens, au Mans, convaincue d'avoir suivi les rebelles et servi aux plaisirs de leurs officiers. Je retournai à la municipalité où était mon détachement. Le maire était le citoyen-Vor-* sen, dit Baunicouct , honnête homkne, droit, bon

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citoyen j invariable dans les vrais principes du d4*on naturel. Il se conduisit en cette circonstance de manière à mériter des éloges* Alors un bruit s'était répandu chez les insurgés qu'ils éprouveraient quelques difficultés ; ils envoyèrent des gens de l'attrou-^ pement dispersés çà et là^ secrètement répandus à Tours. Cette précaution ne leur avait pas encore suffis çt ils envoyèrent deux émissaires à la muni^ cîpalité pour inviter h les recevoir p sous la menace du feu et du pillage^ déclarant que des étages étaient pris, des garnisons établies, et que si oti essuyait un refus de réception ou de soumissioti aux réglemens que l'on proposerait , les suites en seraient funestes parce qu'ils étaient responsables les uns pour les autres. Je les entendis avec effroi. Je demandai la parole au maire pour réfuter ces menaces et détruire les argumens de ces partisans de l'anarchie et du pillage; je l'obtins, je les confondis. Leur langage était insidieux et plus qu'adroit. Le nommé Thomas, curé constitutionnel des en^ virons d'Amboisis , et le nommé Legendre , juge de paixàMontlouis près d'Amboise, étaient lesdeux émissaires; leurs qualités en imposaient aux gens faibles , crédules ou égarés. J'obtins donc la pa-^ rôle; et alors, par zèle,- par courage, par haine pour l'anarchie , secondé par la vérité et lé droit naturel des gens , je prononçai un discours qui détermina la force-armée présente à jurer comme moi, d'après ma proposition, la main sur

notre épée , de périr les armes à la main plulôt que de laisser étenc^re le désordre etTaDarcbie^ ou attenter aux propriétés et à la sûreté des citoyens. J'éleclrisaî les cœurs, je confondis les.émissaiies des insurgés, je requis leur arrestation. Le peuple demandait justice contre eux. Alors le maralîsle Texier, membre du département , les réclama, et je fus chargé de les conduire , ce que je fis.

£n chemin, passant devant le territoire de Baune, Thomas était à ma droite et Legendre à ma gauche; Thomas Ht quelques pas en arrière, me prit par le bras, et me dit : Tu as grand tort , camarade , tu t^çloignes du bon parti ; tu n^ aurais pas été oublié , tu aurais un poste dans V ordre de choses que nous allons établir. Le duc d'^ Orléans est notre chef y notre parti est le meilleur. Je lui répondis par un mépris militairement exprimé.

Je. les conduisis au département où je prononçai un nouveau discours ^ qui éleclrisa les uns, rassura les autres, et porta la terreur dans Tame des malveillans. Je fus couvert d'applaudisscmens^ et deux membres du département nVcmbrassèrent, par affection , avec de vife lémoîgnages de sensibilité et de reconnaissance. On renvoya les émissaires; alors j'offris d'aller avec eux haranguer les insurgés. iV^on, non^ s'écria-t-on de toutes paris, reste avec nous y nous ne voulons pas te livrer aux malveillans. Je retournai à la municipalité, j'y passai la nuit, et j'entretins les esprits dans de

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bonqçs dispositions. Ou ^altit la géacrale^ je ralliai ^a /qompagn^e , ]e couriAS appeler leis citojr^DS dxez.^u^y les ffairp lever, et jVHai ep délaQl^ç^eiat à :1a pprte ^4\i Av^^purg^Ça^mte-^çuç. Le yœu était pnpqQncé de maniiè^re à /çontr^iie^* }e ixiar^isjt^e Te;itit\r ^qui changea dp niarçhe ^ei 4'expressiofl ; il ^qt co/it^aiot d'fUer à la bar^ijè.rç 4u fa.ub.çuj'g Sa^rijtrJ^y.nipl^Ojrien. La compago^ç j^es ^cba^searjS, ^ le ,dét^chep\ei}t dçs caiiçnQÎers ^ étj^e^jt ,des éuryeili^ns à crai,Q4re ^our lui , ^ju moindre fgiux pas. JL^e j^ç^ralisl^ Tejdeir , cwli;^iftt ^d'e^xprio^er Ifi yolpnlé àfi^ SLUive^y pjàr\a iÇer^e au^ ija^v^rgé^^ ftt ^euir aittestîi le ,4e?gçâP de ifls,rjd .rési^ucp. jLes mUitaires terrniaèrent :le 4iscour^, e^ .RftV /»W" Cert^r Jlçuj: vœq , pf^ssèr^nt a l'e^'cutîoD ; i,ls repoussèi:ent vigovvreuçQmei^t les ^iiisq^rgeis du joàié de ,1a, parte Sai^^e-APAe.

fLiC iiqs^rali^le V,eau-J[^elft^ûay , aclueU^ent çlçpiHé;à lia .GoçiveaMoj? , ?ilçrs meaibrp du département , toujours maratiste et digne émule .^u tyra^ JRobe^pierre ,.qe Veiiu a ^quî l'on a .fait^ ,c(p pleine ^éapce de l^iConvenl^on^ apçès :1e 9 l^ei;fl\idor, ifi repiroqhe d'avmr .y^çnéjle^qrt du tyr^n ,, reproche Wilequel ,il ,n'a pa? e^;lCore ,terauné l{i 4^£eqse qu'il ii.coounqqcée ^n ^albqtiant; ce yeau-Çelau7 uay aiolUssait,.e,t4éj^ la œêle'e des in^j^rg^s çoqxmeoçaît à s'întroduiuPvlo^^^ïHe lesjcris du cô^é ^ç Saint- Symphorien indiqvî^reol qije l^urscoçaplir ces étaient repoussés. L'o^r^t^ii^r Veau fut jeté, (le

^ôté y et la troupe se portant en avant ^ nous poursuivîmes^ mèche allumée , les insurgés. Je marchais difficilement^ parce que j'avais été blessé auparavant; j'avais le corps ceint d'une bande et d'uq mouchoir. Voici le fait : en sortant du département^ et revenant pendant la nuit de conduire les émissaires des insurgés , j'avais reçu un coup * dans le côté droit, qui , malgré mon porte-feuille , m'avait atteint la partie latérale du ventre y et fait une petite blessure^ assez gênante^ que j'avais bandée d'un mouchoir. Il en est depuis résulté une fistule sanguinolente^ que je porte encore; elle fut produite par le venin attaché au dard du stylet. J'avais jusqu'à présent gardé le silence sur cet événement. Je me suis fait traiter sans dire la cause du mal ; le mystère Ta aggravé, le traitement n'était pas celui qui convenait. Mais je ne voulais pas faire triompher les insurgés, ni leurs partisans.. Je porte encore sur moi cette même fistule; elle atteste le fait.

Les insurgés avaient des émissaires répandus dans l'intérieur ; à Tours , nous nous trouvions entre deux dangers. J'étais signalé. par eux : un de ceux que l'on était parvenu à égarer, s'avance vers moi , un sabre d'une main , un marteau de couvreur de l'autre. Je parai le coup , il fut désarmé, et ma vengeance se borna à le faire sortir des lignes. Je le conduisis moi-même, pour qu'il ne lui fut fait aucun mal. Les insurgés furent re-

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