CHAPITRE VIII
poussés de toutes parts. Leur rage impuissante respecta les murs de Tours. Ils menacèrent de revenir en plus grand nombre ; mais des courriers avaient été répandus dans les communes voisines y des secours arrivaient d'heure en heure, et, peu*dant quelque temps , Tours fut gardé jour et nuit. Les insurgés ne conçurent plus d'espoir; là fut rompue la chaîne de l'insurrection , là se horna la .course. des factieux poursuivis, d'ailleurs, par les départemens voisins. Elle était déjà. arrêtée par l'effet d'une loi, rendue sans doute pour éviter les progrès des attroupemens, rendue sur la demande de ceux qui certes n'étaient pas du parti d'Orléans. Cette loi fut lue aux insurgés, elle était parvenue, dans cette même nuit, par la voie du bulletin.
Tous les complots de la faction allaient être dévoilés par les coupables; déjà l'on avait saisi quelques-uns des principaux agitateurs ; d'Orléans , Marat et leurs complices allaient être désignés; à l'aide de la mesure» salutaire pour eux qu'ils surprirent., ils furent. voilés par une loi qui ordonnait d'instruire contre les attroupemens pour cause de subsistances, prétexte qu'ils avaient donné à l'insurrection. Cette loi prescrivait de mettre ^ liberté lesdétenus pour ce fait. Tout fut dès-lors perdu. : on avait caché le vraibut de l'insurrection , et l'on demandait maintenant une amnistie pour les attroupemens. formés à l'occasion des subsistances, en appelant la coniniisération sur ceux que le besoin ou la privation avait égarés.
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Mais on ne disait pas queUe avait ëlé la direc* | lion de l'attroupement 9 oe que Ton avait disposé pour le fome»ler dans la Vendée d'où ensuite il était parti; ce qui avait grossi son noyau; com«meai et par qui il était augmenté, ett les moyens terribles avec lesquels on faisait lever «et marclier les communes; ci^imment .on menaçait , comment on exécutait le brigandage, le vol et linoevidîe; comment on établissait des garnisons sangui*naires et dévastatrices ; quels otages on pre^ aait pour assurer rinsurrectioa et :1a maintenir ? Les monstres,. qui «se sont parlés du manteau de la popularité, avaient en effet' ^ompé le peuple ; ils avaient égaré les uos^ payé. tes autres, sacrifiant le tout à leur faction. Enfio leur dérisoire popularité leur «préparait une retraite en cas d'é^ cbec : il fallait imposer silence aux complices ou leur donner la liberté , supprimer tous les détails > 4es instructions et les renseignemens ; et comme on avait pris le prétexte de la popularité et celui des subsistances., îl fallait arracher une loi qui éteignit toute poursuite. Mais il faut aussi convenir que ceux qui ont coopéré à cette loi ignoraieryt les crimes de la faction d'Orléans; saps quoi les chefs de l'insurrection eussent été exceptés de l'amnistie.
Ces détails sont attestés par la notoriété des . faits, par les déclarations des. complices, par leurs aveux *et les résultats 'des procès^verbaux des dif-
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fëreates autorités ^onslitiïées; par (es délibérations ipoM tepot»^0t \es Hi$urgé#; par les actes qtfi mA (tii èl coYniMncé l'iA^truction du procèà* collyre le^ eontfpab)^^ dans ks tribunaux^ eilfin par les d^l>érârt.ioAs* éui» les Kcmc métoes où f on avait fait rinsurreeticm , aînfàî que dans les autres endroits ak Y Où â^tait ptis des ïWesures pour et contre. Le citoyen Màivéaf«i?, d'ÀmIwise, a obtenu une iodeoinité par déci^et de' la Convention ; et les pièces quî^ ont servi au rapport sur cette demande contiennent des actes ceriaîns et convaincans d'une partie de ces détails y malgré les chiffonniers de la faction d'Orléans qui , en lui survivant , se sont efforcés de détruire jusqu'aux traces des preuves de la complicité. Il en restait cependant quelquesunes , à ma connaissance^ dans les cartons du comité de sûreté générale.
• D'après l'analyse de ces détails et les réflexions auxquelles ils donnent lieu ^ on se demande pourquoi l'insurrection établit son noyau dans uiie fabrique à M ontmirail , où M arat avait de proches parens et des amis affidés? Pourquoi l'attroupement partit de-là ; pourquoi il se grossit de gens étrangers non connus ? Pourquoi enfin cette direction vers la Vendée? Pourquoi aussi faire l'éloge du duc d'Orléans? A ces questions^ on allègue le iDOtif des.subsistances^ la forme des garnisons sanguinaires, enfin tous les moyens employés. Mais on est convaincu d^abord de la profondeur des
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complots y et nul doute ne saurait plus exister si l'on considère ranéantissement des procédures , de quelle manière fut surpris le décret qui Fordonnail y ^ et par qui ; et surtout si Ton rapproche les difie-* ( rens renseignemens qu'ont produits les délibéra- ' { tions des autorités constituées^ ainsi qtie les poursuites devant les tribunaux^ poursuites qui indiquent les détails que j'établis y et avec lesquelles je repousserais en justice toute action de reproche' de la part des coupables. i
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