‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 44 sur 117 · CHAPITRE XI. gS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. gS

de cette nouvelle assemblée délibérante dont les séances étaient secrètes; mais préférant Robespierre à Danton 9 Dufourny se trouva entre deux feux ; il prétendit quil fallait diminuer le nombre de cette assemblée ^ et proposa l'établissement d un comité de salut public , pour y appeler des membres représentant les districts et communes du département : il réussit. Telle fut l'origine du comité départemental de salut public. Alors toutes l^s passions étaient en mouvement^ tous les partis étaient en présence; ils se craignaient , et de-la les proscriptions de Robespierre contre les chefs des conjurés et des partis. Ensuite sont survenus des

' événemens inattendus de tous.

I En me reportant à Tobjet , à la cause et aux effets de l'insurrection , j'ajouterai donc que je reconnus dans les pièces des notes qui m'indiquèrent d« même ce que je vais transmettre. Un parti puissant contrebalançait leur ambition dans la Convention; il fut question en conséquence de la dissoudre y et même de Tégorger. Nul ne devait être épargné s'il n'était dans la faction liberticide. Proscrire ne suffisait pas; déjà l'on préparait les moyens d'exécutioti , et ce qui retenait encore c'était la réclamation des départemens. Telles sont les expressions d'un procès-veii)al d'une séance du comité d'insurrection . Alors chacun avait ses vues ^ et il fut décidé de mettre le peuple en avant, de légitimer une insurrection en son nom; la liste de pros^

g4 MÉMOIRES DE SENART.

criptioD fut rédigée , les victimes fureat désignées. Aux pièces sus-iudiquées étaient joints les renseignemens sur la perfidie de Dobsent. Alors Dobsent présidait la section de la Cité. On peut se rappeler Tarrété de cetle section^ la pétition et le discours infâme prononcé par l'orateur de la section ^ c'est-à-dire d'une dépulation^ surprise ou non y qui frappait si vigoureusement la commission des onze. Cet orateur était alors le nommé Protey, secrétaire de la section : ce fut à lui que le représentant Isnard répondit ^ qu'en pardonnant à sa jeunesse ^ on n'en reconnaissait pas moins une trame odieuse. Ce que Ton ignorait, c'était que Dobsent avait seul rédigé l'arrêté de la section dont il avait eu soin d'omettre à la lecture quelques articles ^ ce qu'indique une note d'observations. On fit mettre la garde nationale sous les armes; on imagina des prétextes; la quantité des gens armés en imposa. On trompait le peuple; on égarait les uns, on tenait le$ autres dans l'ignorance. Chaque complice , entrant plus ou moins avec ses prétentions dans les projets ci-dessus, était chargé d'un rôle particulier. Legendre s'y prit en boucher, Amar y fut le distributeur d'une immensité de mensonges; il n'était pas sans prétentions , non plus que Legen-. dre et Tallien, quoiqu'à cette époque Tallien fui en mission. Les représentans complices, qui se trouvaient dans les départemens , étaient chatgés de prévenir toutes les réclamations , et d'employer tous

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