CHAPITRE XI. C
ks moyens pour faire parvenir et adopter des adresses d'approbation et de fëlicitation sur la glorieuse journée du Si mai. Aux pièces que j'indique sont jointes des lettres de flagorneries de certains députes en mission qui protestaient de leur dévouement 9 et annonçaient qu'ils n'avaient rien omis^ ni caresses envers les uns y ni meriaces envers les autres 9 pour procurer ces différentes adresses. Tels sont les renseignemens sur la conspiration majeure d'une faction popuUcide^ que m'a procurés un travail d'analyse sur des pièces réunies y dans différens cartons y au sujet de l'arrestation de Pache y d'abord projetée par les deux comités de sûreté générale et de salut public séparément^ et ensuite convenue entre les deux comités et confiée au comité de sûreté générale.
Ces faits couvrent de honte les membres du comité de sûreté générale /coupables de silence d'un côté , et de l'autre de complicité.
Tel est le mystère dont on prétendit environne* ces renseignemens y qu'on a pris tous les moyens pour ôter la parole et la défense à Danton et à ses complices. C'est là ce qu'on a voulu voiler du prétexte d'une conspiration de prison ; c'est là ce qu'on avait tant d'intérêt de cacher dans le procès de Hébert y Vincent , Ronsin et complices. Aussi , lorsque j'eus lu au comité de sûreté générale mon travail d'âtialyse qui dévoilait toutes ces horreurs , je fus tellement menacé par lesjcoupables y que de
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frayeur je partis ^ laissant là et les pièces et mon rapport. Oo craignit que je n en eusse quelques notes^ et Ton vint faire une visite chez moi ^ rue de la Loi , bôtel Lancastre. Cependant quelques mem^ bres me défendirent, parce qu il fut question de me faire couper la parole. Je leur dois la \ie>, mais on ne m'a pas perdu de vue ; quelques mois après je fus amené k la boucherie, dite nationale. Alors survint le 9 thermidor, et les assassins privilégiés furent chassés de la tuerie ; mais la crainte que je ne parlasse m'a fait retenir dans les fers sans qu'on veuille me faire juger. Si quelques coupables de ces complots , conspirateurs , auteurs de la persécution du 5i mai, osaient les dénier, ou si leurs partisans donnaient un démenti, cela ne suffirait pas; en cas de poursuites , pour toute preuve je ferais rapporter les cartons sur lesquels j'ai travaillé , les livres qui contiennent l'enregistrement des pièces , et je ne crains ni blâme ni démenti.
' C'est ainsi que naquit et s'opéra la proscription du 5î mai , et c'est pour l'envelopper d'un profondsecret , que le tyran Robespierre a coupé la parole à ses complices et prévenu ainsi toute révélation. Ce fut dans le même dessein que Louis du Bas- Rhin disait à Amar : C^est tme indiscrétion surlct^ quelle je ne serai jamais tranquille , que d avoir fait faire ce travail analjsé par un homme d'un dépar^ tement non jacobin y dont le souvenir me fatigue ; nous devions ne rien laisser transpir,er et faire ce