‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 50 sur 117 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

mille livres 9 et une note pour ne pas oublier l'af* faire de C.^ ce que Ton devait entendre par Chal>ot. En effet on y trouva aussi les trois cent mille livres indiquées dans trois rouleaux d'assignats comptés. Cet écrit important- fut soigneusement sei^ré dans la malle; mais cette malle et tout ce qu'elle, contenait fut ensuite remis : elle était encore toute scellée^ et sans qu'on eût même fait l'examen oa l'extraction de cette pièce importante, comme de beaucoup d'autres ; Lebas y Panis et Amar n'étaient point étrangers à cette remise : c'est ce que m'indiquaient des notes existantes dans le carton concernant l'affaire de Chabot^ qui me parurent 4tre de la main d'Araar : sur ce fait j'eus une confé*rence avec Dufourny qui est hautement et clairement convenu de tout. Ses discours m'ont expliqué ce qui m'était mystérieux dans les notes^dont il s'agît.

En suivant les anecdotes relatives à l'affaire de Chabot, Fabre-d'Églanline et JuUien de Toulouse , je remarquerai qu'on s'est bien donné de garde de faire mention , que dans des déclarations de Chabot et Bazire au comité de sûreté générale, il était expli. que que chacun des complices avait fSiit de ses papiers un rouleau en forme d'étui, couvert et enveloppé d'une toile cirée, qu'il avait suspendu dans les aisances , et que dans le cas d'une arrestation on devait couper la ficelle. (Aussi Jullien de Toulouse ne parut-il point sans avoir été aux aisances. ) Une

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.visite fut délibérée , mais rien ne constate si elle a eu lieu ou non. Si elle n'eut pas Heu^ c'était plus qu'une inexactitude ; si elle eut lieu /pourquoi n'en ^yoir pas rendu compte? Il y eut à cet égard, en ma présence, de vives etplications à raison des recherches que l'on avait faites. Ce qui a établi mon renseignement, c'était une ligne existante sur un morceau de papier qui servait d'enveloppe ou de chemise de dossier a un cahier contenu au carton et portant ces mots sur lesquels il y avait une barre légère , Lettre du rouleau de toile cirée chez.*.; là le papier paraissait coupé. 11 xie fallait rien plus pour annoncier qu'il y avait eu une visite et en même teiups infidélité , ce qui caractérisait la complicité. Je ni en ouvris à un membre : il me demanda la pièce à voir: il la lut et la laissa en me disant : Ce f^adieresit inconcevable^ il y a bien des choses là^-dessous; mais ne parais pas savoir çela^ caroniecouperait la parole. En effet je mé tus. Le lendemain Amar reprit les cartons et les emporta } je n'avais pas encore fini le travail d'analyse j il me dit ; dp travail ne presse pas ^ faitesen im autre. Je me donnai bien de garde de lui parler de rieft.

Je me rappelle avoir, entre aiftres choses, re-^ connu que beaucoup de membres du comité de salut public n'étaient pas satisfaits de la loi relative aux étrangers avee lesquels nous étions en guerre j que même l'HuilHer, membre du dépar*

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tement^ avait été chargé par le comité ck salul pur blic, d'une en irevup avec Hérault de Séchelles, pour se concerter avec le baron de Baiz , à l'effet de présenter des observations sur cette Joi, D'un côté cette masure devait entraver son exécution, tandis que, de l'autre, le retard favorisait les spo-^ liations et les infidélités* Les. complices de ce rû^r tard étaient coiipables^ et cependant on ne voiulait pas laisser ei^pliquer cela en jugenoent, mais bien couper la parole à Hérault de Sécbeîles et à I'HimI* lier : leurs complices avalent trop |i craindre , et ils étaient en«omlH*e. Ces fauic patriotes firent comme les chefs de parti, ils inaniplèrent et sacrifièrent leurs complices embarrassés. Tels sont les rensèir gnemens découvert^ par l'analyse que j'ai faite des pièces de l'affaire de Batz.

En homme impartial , je dois dire que , lors du rapport fait à la Coûveption, je fus surpris, en le lisant , d'y voir compromis et traduits au tribunal ^ sous le prétexte de la même conspiration, d^s gens dont les crimes n'étaient pas relatifs à celte affaire; qui, non-seulement, n'y étaient pour rien , mais, au contraire, étaient fort éloignés de tremper dans celte conspiration-là; dy voir enfin des per* sonnes innocentes. J'avais moi-même fait l'inter-» rogatoire de la femme Grivois , de la rue de Menars ; j'étais certain, par la recherche la plus exacte, qu'il n'existait ni trace , ni vestige de motifs de suspicion; J'avais sopdé la vérité, partout j!avais ren-

contré Tinnocence de la femme Grivois : l'examen scrupuleux des pièces sur lesquelles le rapport élaît fait, attestait son innocence y mais le féroce Jagot et l'hypocrite Louis du Bas*Rhin avaient , disaientils , de violens soupçons. Elle fut traduite : ils l'emportèrent sur l'équité ; elle a péri. La malheureuse petite Nicole^ âgée de 17 à i8 ans, si peu conspiratrice qu'elle était pauvre et n'avait d'autre bien que la modestie et le travail de ses doigts comme couturière y fut aussi immolée. Je la trouvai dans un grabat , au septième, couchée sur un matelas et une paillasse , sans couchette : des haillons dans un panier d'osier, une table, une chaise, un tabouret , voilà tout ce que possédait cette malheureuse victime que rien dans les^pîèces ne présentait comme coupable ou suspecte ! mais VouUand , ce cruel extravagant, voulait sa mort , parce que, disaitril , elle portait a mange v à la fille Grandmaison , et pour ce fait-là, disait l'hypocrite Louis du Bas- Rhin y elle ira l'accompagner. Je m'étais assuré de son innocence, parce que, par l'interrogatoire que je lui avais fait subir, je l'avais reconnue exacte et non suspecte. Sur l'innocence de ces deux victimes , je ne pouvais retenir la douleur que mon intime conviction m'inspirait.

Ce ne fut pas là tout; chacun faisait immoler ses victimes. Le cruel et féroce Saint-Just avait fait arrêter la Sainte- Amarant^e par ressentiment de n'avoir pu jouir d'elle, e^t par crainte ou soupçon

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