CHAPITRE XIII
qu'un autre en cet instant ne lui eût été préféré. Elle était en prison , elle avait osé se plaindre du despotisme révoltant de ce monstre : Saint-Just demanda sa tête^ en la déclarant complice de cette conspiration à laquelle elle était absolument étrangère. Saint-Just l'exigea , et on la lui sacrifia sans preuve y sans aucun indice de suspicion.
Cortay, l'épicier, avait eu le malheur de déplaire au féroce Héron. Louis du Bas-Rhîn fit l'observation qu'il avait loué une chambre à Batzj encore bien que cette location eût été déclarée au comité révolutionnaire de la section Lepelletier,et queCortay ne fût en rien suspect , Batz étant sorti de chez lui pour aller loger ailleurs, long-temps avant l'époque de son évasion. Vadîer fonda son opinion sur ce que Héron le jugeait coupable ; et Cortay fut aussi une des victimes désignées au rapport. Et encore , ô comble d'horreur et d'infamie ! deux femmes devinrent également victimes , parce que dans leurs papiers on avait trouvé le portrait de Hérault de Séchelles; comme si ce portrait , qui se vendait avec ceux des autres députés, était une preuve de conspiration.
Quel étonnement pour moi» de voir cumuler des affaires qui n'avaient aucun rapport aVfec celle de Batz , et notamment celles de Ménil-Simon , Paumier, Marsaut, Caquer, de Quercourg, traduits au tribunal du département de Paris, pour fabrique de faux assignats, dans laquelle affaire CofBnh«l et
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Fottquier-Tinville élaieQt înipliqués! Ces derniers avaient inte'rêt de leur couper la parole : cet usage n^était p^s admis au tribunal du département, c^ëtait le haut privilège du tribunal révolutionnaire ; lapuîsfiance du comité de sûreté générale fut donc interposée pour les faire changer de tribunal. Alors on employa le prétexte de complicité dans Taffaire de Batz ; Fouqûier avait dit avoir des pièces, et cela firui&t. Upe reiïiarque bien siagulière fut apportée 0ur ce fait au comité de sûreté générale; c'était que Fouqûier ni Coffinhal n'avaient pas siégé à l'audience de ce jugement, imais qu'ils avaient paru avant et après , et même pendant l'audience , en se cachant aux accusés. Ce fut alors pour moi un sujet de surprise; j'essayai même de m'en expliquer , mais je vis que ce serait une indiscrétion.
Lorsqu'il fut question de comprendre en cette affaire la petite Renaut et l'Admirai , Louis du Bas-Rhin qui , en ma présence , fut un de ceux qui molestèrent le plus cette malheureuse et la tourmeulèrent le plus durement, lorsqu'elle fut amenée ail comité , s'exprima ainsi : (Ten est fait de noiis y si nous ne donnons un exemple sensible pour faire respecter plus 'particulièrement les membres 'des comité»! Je pense que V attentat contre Robespierre y et celui contre Collot, doi\^ent être présentés comm^ venant d'un complot de l'étranger : nos collègues en paraîtront plus recommandables y et les membres des deux comités du gowemement
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acquerront plus de force dans V opinion. T estime encore qu'il faut donner à cette' affaire un certain éclat; c'est de mettre la chemise rouge aux accusés : les plus petites choses conduisent aux" grandes ^ les appareils font illusion , et par VilUision on conduit le peuple. — Oui, dît Vadier, mais il faut du réel^ il faut du sang! — Louis du Bas^Rhia reprit : Les poètes nous représentent le sage mis à fabri dwi mur d'airçin / élevons-^i un de têtes entre nous et le peuple ! Ainsi finit celle discussion ; les vicli* mes furent désignées et bientôt frappées. Le jour de rexéçulion,Voullaqd se trouva au coin de la rue de la Loi qui donne sur la rue .Saint-^'Honoré y et aperçut le conv-ei venir. Partons^ dil-il à ceux tpii étaient à côté de lui, allons auprès dû grand autel voir célébrer la messe rouge; et ils partirent î
Lecteur, examinez si ce comité .qui se faisait appeler le jury politique , n'était pas l'antre du crime, et quelles étaient ses décisions, sa moralité et son influence? quel despote #ùt jamais dit : Élevez entre mes isujets él mei un mur de têtes? Je vous laisse faîr/5 toutes les réflexions sur ce raffinement de barbarie; pour moi, je me suis acquitté démon devoir en vous la dévoilant.
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