CHAPITRE XIV. Il
de cette troupe était ua mouchard aux ordres des comités de salut public et de sûreté générale , sous la direction du chef Héron. Robespierre l'employait pour surveiller le comité de sûreté générale; et de son côté, le comité de sûreté générale croyait s'en servir pour surveiller le conyté de salut public. Héron faisait suivre et surveiller tous ceux qu'on lui avait indiqués, tellement qu'il ne lui échappait aucune des victimes que désignait Robesbierre dans la Convention; et si, par raisons ou par circonstances, il laissait quelqu'un libre, celai-ci n'agit que l'ombre de la liberté. C'était le bouledogue de Robespierre, un véritable ogre, et chaque comité le croyait son cerbère : il en était l'argus , mais aussi le plus fourbe et le plus perfide agent. Il dominait , il influençait partout. Une femme allait-elle l'implorer pour la liberté de son mari, un mari pour sa femme, un fiis pour son père, une mère pour son fils, une sœur pour son frère, un ami, un parent, pour une personne quelconque , on n'obtenait aucune promesse sans dénoncer quelqu'un ; et souvent , sans le savoir, par indiscrétion, on menait l'un à l'échafaud, et on conduisait l'autre en prison , finissant quelquefois par se faire incarcérer soi-même. Lorsqu'il avait résolu de s emparer de vous , il vous amenait au point de vous dire : Voilà l'échafaud , ou obéis I £t le plus souvent encore vous y faisait-il monteF% Il surprenait à l'un comme à l'autre comité les
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ordres les plus mjastes. Le6 rapports qu'il avait avec Robespierre étaient différens de ceuK qu'en-trelenait avec ce dernier le comité de sûrelé générale. Tout était secret entre eux y et leurs rendes* vous se donnaient à un appartement du pavillon du comité de salut publjc. Des hommes , apostés dans les passages du comité de salut public y remettaiient à Robespierre des papiers ou lettres^ mais toujours cachetés et en secret; des femmes et des filles en remettaient à l'infâme Cfaalabre, le cerbère de Robespierre , femelle semblaUe à une harpie : on en remettait aussi à ceux qui étaient de planton chez Robespierre. Les réponses étaient Tordre même donné au comité de salut public pour un égorgement ou une arrestation, il était exécuté ensuite, soit dans Paris , soit dans les départemens y par un homme de la troupe de Héron, qui était assez ordinairement envoyé aux autorités constituées. Les commissions militaires surtout, et }es tribunaux révolutionnaires des départemens y étaient chargés des exécutions particulières : elles '| étaient faites si promptement y qu à Tinstant où rifidividu était nommé sa tête tombait. D'autres ^ étaient enfouis dans les maisons d'arrêt de Paris y \ surtout à la Conciergerie , près de l'ogre Fouquier j I d'autres enfin étaient relégués et entassés à la Sal- \ petrière et aux cabanons de Bicétre. Leur mort I n'était ni éloignée ni incertaine; le tjiiin Robespierre s'était assuré que nulle réclamation ne pou* \