‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 55 sur 117 · CHAPITRE XI¥. I l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI¥. I l

vait parveciir* Ainsi Héron soustrayait les: uns aux comités 9 et frappait de mort les autres. Voilà ce que vous oe saviez pajs ^ malheureuses familles y qui pleurîefis si long-temps sans pouvoir coanaitre le sort des victimes que Ton vous arrachait!

Que de réflexions fout uaitre ces horribles dé^ tailsJ Mais que penser surtout des odieux attentats de ces tyrans^ dont les sbires ont, nombre de fois ^ jeté vivans ^ dans ces tombeaux ^ des malheureux contre lesquels il n'y avait même pas de mandats d arrêt! J en ai vu qui, après vingt mois d'arrestation ^ n'étaient pas encore enregistrés ^ et qui étaient détenus sans ordre; et d'après un relevé, pour la commission populaire^ des tableaux de ces maisons,) et sur des vérifications faites par des com<^ missaires ad hoc y il s'en trouva beaucoup de cette espèce à la Conciergerie i à Bicêtre et à la Salpêtrière : j'en fis un tableau.

Qn peut, sur la quantité immense de morts^ tant à la Conciergerie y qu'à Bicêtre et à la Salpê** trière, consulter les procès- verbaux de l'officier public, sur \fi relevé desquels j'ai établi le nombre infiai de ces victime^ mortes sans qu'elles fussent éc rouées ni enregistrées. Combien d'autres out péri sous le glaive du tribunal sanguinaire ! Ains^ les victimes furent entassées , et périrent I Quel at-^ tentai à l'humanité! que d'putrages à la nature! , . D'après le travail dout je viens de rendre compte , j'avais proposé à l'égard de ceux qui , vivant encore ,

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paraissaient ne pas être écroués ni enregistrés ^ de leur demander où ils avaient été arrêtés ^ et par qui , afin de prendre une détermination. Mais cette proposition fut ridictilisée par Louis ^ du Bas-Rhin y qui me dit : C^s gens de Palais veulent des formes / nous n'en voulons pas. Vadier reprit : Cest une proposition de contre^révolutionnaire l Âmar ensuite m'accusa d'avilir la révolution^ et je fus réduit au silence. Mais dois-je le garder maintenant ? Non , non , je ressens au fond de mon cœur l'indignation que partagent mes lecteurs ! Mânes de ces victimes qui ont péri depuis mes travaux et nies recherches , ne m'accusez pas I j'ai, pour vous défendre , bravé la mort et l'échafaud. Lecteurs sensibles, j'ai versé bien des pleurs, et j'en verse encore de souvenir ! Tétais le témoin forcé de tant de barbaries , et je ne pouvais élever la voix sans perdre inutilement la vie. Monstres cruels , je vous accuse ! Et si vous déniez vos crimes, je les prouverai par les pièces sur lesquelles j'ai fait mon travail. Venez ! entrons en lice! L'humanité et la vérité nous jugeront. Héron et ses sbires vivent encore! Et des membres du comité, auxquels j^ai prouvé ces faits , d'après lesquels ils sont pour le moins coupables de la plus grande négligence, ne sont pas consumés de remords ! Non , ils existent ! Dans les derniers instans de leur tyrannie , ils ne se croyaient pas encore si près de la chute : ils se rappelèrent que j'existais , et que le souvenir , ou

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