CHAPITRE xnr
la trace de leurs forfaits pouvait les perdre; alors ils m'ont plongé dans la tonabe des martyrs vîvans. Ils ont été culbutés ; des factieux d'une autre secte y et leurs complices craignent aussi l'explication ; mais f attends l'aurore du jour de la vérité ! Hélas! je m'égare j je ne voulais point parler de i^oi ; je ne sais ce qui dirige ma plume. Continuons ^ lecteur , à suivre le détail des abominations qui ont affligé la France et effrayé tous les peuples. ^ C'était bien inutile de chercher dans les papier» de Robespierre la preuve de ce grand système de dévastation et de dépopulation. Croyait-*on que ce qu'il avait de secret n'avait pas été enfoui ou éloigné ? Dans l'intervalle qui a précédé sa mort y n'a-t-il pas pris des précautions? Et ses complices^ ses affidéSy n'ont-ils pas eu des délais? Héron, qui, dans la chute des membres du comité de sûreté générale 9 a dû prévoir la sienne , n'a-t-il pas eu le temps de tout soustraire ? Je me doutais d'un séques^ tre de ces papiers, je soupçonnais des propos que j'avais à demi entendus de Mallet y domestique de Héron au Luxembourg; j'écrivis^ de cette maisond'arrêt du Luxembourg, une lettre à la commission y du 22 vendémiaire, pour lui indiquer mesdoutes : je n'obtins pas de réponse. Je récidivai y je pris le prétexte de demander à faire reconnaître les papiers sur mes travaux; point de réponse. Je fis une pétition pour cette commission , et je n'obtins encore aucune réponse. Ainsi j^e n'ai puprocu-
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rer alors ce renseignement ; mais anjourd'hui je le publié. Robespierre a bienfait , disait Héron à Matlet , Moullins éiait secret j ses papiers étaient en lieu sûr. — Je n'ai pas la même opinion sur les vôtres y reprit Mallet , Lesueur est trop négligent / et puis aujow'd'hui il est encore attaché au comité. Cela m'a semblé indiquer les dépôts des papiers secrets.
Voici maintenant comment il exerçait ses brigandages. De quelque côté qu'un ordre lui parvint, soit du comité de sûreté générale , soit dti comité de salut public , on j joignait un mandat quelconque paj^able au porteur, po«r dépenses d'exécution d'ordre du comité. 11 recevait ces mandats, en gardait partie ou totalité , et remettait 'ensuite les ordres aux gens de sa troupe. On mettait des voi-» tures en réquisition , on courait dans les départemens : ces gens-«là s'appelaient porteurs dordres. Aussitôt qu'ils s'étaient emparés de quelqu'un , ils avaient soin de ne lui laisser aucun argent; ils confisquaient comme de contrebande , toute sorte de numéraire, et encore, autant qu'ils le pouvaient, les bijoux. Ils laissaient les assignats, parce qu'ils n'avaient aucun prétexte pour les enlever; mais ils spéculaient surcequ*ils pouvaient faire payer aux prisonniers pour les frais de route , ainsi que pour les autres dépenses dans lesquelles ils ne se refusaient rien. Ils avaient soin d'ailleurs d affecter quelques égards, de promettre des ressources, et