CHAPITRE XIV, laS
tlis'je, irrité de cette irrévérence, Faccusa d'infidélité au comité de sûreté générale, obtint un mandat d'arrêt contre lui , et le fit incarcérer. Il affecta devant l'épouse du citoyen Lamothe , et même en ma présence, d'ignorer la cause de cette arrestation , et cacha soigneusement qu'il en fut l'instigateur; il lui promettait d'obtenir sa liberté, il la trompait. Elle l'obtint d'une manière singulière. J'avais conseillé à la femme Lamothe de s'adresser au comité , et d'y venir assidûment le soir jusqu'à ce quelle pût être entendue; en effet elle y vint, et y passa quantité de nuits à attendre. Elle s'y trouva le jour que l'on amena la fille Re- ^ nault que l'on accusait d'avoir le dessein d'assassiner Robespierre : il s'agit de la fouiller; on demanda une femme, je profitai de cette occasion pour l'introduire dans l'intérieur du comité. Elle obéit, et fouilla exactement la petite Renault. Celte recherche pouvait produire une prévention en faveur de la petite Renault , si Ton eût voulu l'en- " tendre; mais on voulait une victime. La femme Lamothe déclina son nom, elle exposa l'injustice \ de la détention de son mari , elle présenta le reçu des pièces en question, signé de Fouquier : on lui promit la liberté de son mari , je la fis ex- ' pédter et signer de suite. Ce malheureux avait gémi pendant quatre mois dans les fers, et ne ' dut sa liberté qu'au hasard. Hérgn, son oppresseur, se disait son ami! On peut observer que
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jamais Héron n'a fait usage de son crédit pour faire sortir deux patriotes; il ne connaissait pas le . plaisir d'obliger.
J'ai vu Héron convaincu devoir gardé , peftdant trois mois dans sa poche^ une mise en liberté, dont il avait été chargé. La personne qu'il devait mettre en liberté, avait été pendant xe temps ^il*lotinée en vertu dun jugement du tribunal révolutionnaire.
J'ai aussi entendu lui reprocher, et il en demeura convaincu, de n'avoir pas exécuté la aiise en liberté d'un citoyen^ depuis quatre mois qu'il e» était chargé : lequel citoyen se trouvait encore en arrestation ; son père était mort de chagrin, ^
Un nommé Savart , homme de loi , était encore une de ces victimes qu il s'était assuréeSi; il fut mis en arrestation pour avoir prouvé les crimes de La*croix. Cependant des amis sollicitèrent pour Savart, et il obtint sa liberté après plusieurs mois de prison. La famille de Savart n'avait cessé, mais en i vain , d'implorer Héron qui promettait et ne tenait^ rien. Pendant sa détention, Savart avait été mis sur une liste de conspiration; et cependant il sortit , malgré celte liste , au mépris de laquel^ le comité avait ordonné sa liberté. Le comité fit plus, il donna une mission à Savart pour le dépaUcioaent d'Illé<et- Vilaine. Savart allait partir; Héron lui propose un acte d'injustice ;i et il le repousse. Néanmoins Héron trouva le moyen de faire couper la tête «à Savart. 11