CHAPITRE XIV. iSy
Les pièces, dont extrait fut joiat au bureau de police générale du comité de salât public et au comité de sûreté générale y sont des, copies de réquisitions , délibérations 9 commissions, reçus, décharges et autres , qui indiquent des sommes immenses de numéraire, sur lesquelles le comité de sûreté générale ayait demandé réponse à Tallien qui n'en a pas fourni : il n'y a pas de prescription , et ces Verres ne peuvent jouir de l'impunité.
Je ne répéterai pas ce qui est connu du 9 thermidor, mais je sais que le comité de sûreté générale travaillait en secret à la chute de Robespierre ; qu'il réunissait des matériaux et se préparait un parti dans la Convention. Que, si Tallien a pris le devant en anticipant les mesures arrêtées, c'était pour s'en appliquer le mérite et parvenir à l'impunité de ses crimes qui étaient connus : ainsi le 9 thermidor s'est opéré par le travail préparé des membres réunis et coalisés pour renverser le tyran etdélivrer la nation ; la crainte les dirigeait. Le parti le plus sincère était formé- du grand nombre de ceux dont les vues équitables et humaines , ne s'accordant pas avec celles des autres, étaient opposées aux mesures d'une rigueur outrée. Ces deux nombres réunis avaient formé une majorité suffisante : dèslors devenait inutile cette petite poignée de factieux, à la tète desquels était Tallien. Espérant obtenir l'impunité de leurs forfaits , cacher et. faire disparaître dans le trouble les preuves qti'ils crai-
i58 MÉMOIRES DE SENART.
gnaient, ils devâilcèreiil leâ instabs^ ils crièf'ëiii le plus fort^ é(ëml>lÊll)lês k dès forçats qui brisaient leufs fers. C'est celte pôigoée d'iniri^àns qtiè l*6ri a pu désigner ^ôuô le tiom dé fàctîori therriiidorieifne.On ne pouvait y coinpi-endre ceux qui àgié- Sâieni sincèrement} une fâctîoti n'est qiiun pàrfî crirttinfel, quel qiie &6it le nohiBrÔ oî| lè'bdt dcr ceui qui là Coniposént. Qui dit faction , dît ce qùî n'est pâ« dap(s Ife sëtis géhéràl. Aussi cette faction a-l-ellc oppHmë les patriotes , et lé chef en second, Fréron , »-t-il excité àù carnage, â-t-il provoqué à Tassassitiat ! Il ne faut pas s'y trôtnper ; il y avait parmi lés détenlis des genè qui possédàierll les secrets et les pîéèes de conviction des crirnes' dé ceè gfauds coupables. Ceux-ci, en faisant niulliplier les ai>reslations , èti suscitant, excitant, détértriinaint legdfgenlent de ces détenus, amoncelaient les criâiessur" leurs tètes; mais ils assàssinàiérit lès lëitioinsde lérufs forfaits , les dépositaires âès preuves de k.urs scéléf ateèses : ils marchaient ^ur leiirs victimes pour arriver à rimjjunilé , tout eri parlant justice, hùmdnilé, vertu; et ils s'assuraient celte infïpuoité, en refusant de les mettre eti |ugeïnerit, de crainte que la publicité des débâts ne les démasquât. Voilà le sens de ce que j'ai dit au tribunal révolutionnaire lors de ma déposition, cônime témoin, dans l'affaire de Fouquiér-Tinviflè; vôîla ce qtie j'entendais par faction thermidorienne; voila pourquoi' j'ai déclaré publiquement que Tâlftèn