‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 74 sur 117 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

étra sociétaires; ils sentaient que de manière ou d autre il faudrait élre membre d'une société popu-* laire pour participer aux suffrages. Enfin on sait quelle juridiction Ton exerçait sur les citoyens pour écarter les uns, se venger des antres; quel despotisme la société mère des jacobins exerçait sur toutes les autres sociétés affiliées. Voyons maintenant comment elles déchiraient le sein de la patrie; quels moyens secrets on y employait. Cfaa^ qu^ société avait ses comités de surveillance et de correspondance : toutes les fois qu'un émissaire observateur de la société mère ou d'une autre affiliée, désignait quelqu'un pour les fers ou la mort ; lorsqu'un intrigant indiquait sa victime aux comités des sociétés affiliées ou de la société mère ; lorsque ces mêmes conciles ou les intrigans avaient préparé dans l'ombre une délation quelconque qui était travaillée et déc6rée ensuite du suffrage de la société mère, par Tiniermédiaire de ses comités, alors partait du comité de correspondance ou de surveillance des jacobins une députation vers le comité de sûreté générale ou de salut public, pour obtenir la- mort ou les fers, Là, sans entendre les citoyens , On plongeait les uns dans les cachots et l'on envoyait les autr^jS aux tribunaux égorgeurs, aufeudejile. Ainsi s exerçait le plus rigoureux et le plus injuste despotisme; souvent même Yadier et Louis du Bas-Rhin s'y rendaient comme mem* bres du comité de sûreté générale, pour y traiter.

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dans l'ombre de ces comités , au milieu des jacobins^ avec ces prétendus surveilians. Louis du Bas-Rhîa avait même fait distribuer à ces comités des jacobins , des cartes d'entrée pour le comité de sûreté générale, afin qu'ils entrassent de préféret^ce sans attendre. Je l'ai entendu faire cette proposition au comité et l'informer de son exécution. D'après l'influence qu'exerçait Robespierre aux Jacobins et par les jacobins, on se fait encore une idée des ressourcesque ces hommes sanguinaires avaient au bureau de police générale du comité de salut public. Lecteur, je vous ai conduit dans les repaires de ces anthropophages, je vous en ai fait sortir pour vous mener ensuite dans l'arène des gladiateurs : vous pouvez maintenant les reconnaître aux portraits que j'en ai tracés. Je vous ai dévoilé leurs act es secrets ,je \oi s ai indiqué de quelle manière ils exerçaient leurs cruautés ; la lec!ure de chaque fait est plus expressive que l'éloquence la plus séduisante. J'ai rendu aussi publics les actes de tyrannie et de despotisme dont certaines particularités étaient inconnues. Votre sensibilité sur les outrages envers la nature n'a pas besoin d'être excitée ; tous les traits de scélératesse et de perfidie que je vous ai présentés n'ont pas besoin non plus d'être suivis de réflexions de ma part : la douleur, l'indignation sont provoquées à chaque instant de cette lecture; il est inutile d'essayer moi-même de les faire naitre.

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