‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 73 sur 117 · CHAPITRE XIV. l6g · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. l6g

mité. L'impunilë du crime que Dabigea indiquait était plus qu'une erreur; tout palliatif était une complicité , et la protection accordée à de si grands coupables^ un outrage à la nation dont on sacrifiait lés intérêts les plus chers. Priver la nation d'une matière de première nécessité , la faire passer a ceux qui se déclarent les ennemis de la nation , c*est bien à la fois injustice et perfidie; favoriser ce crime, c'est s'en rendre complice : mais anéantir celui qui généreusement l'indique , c'est le comble de la scélératesse!

Il est inutile de répéter tout ce que Ton a dit des jacobins. Je me bornerai a parler de ce qui n'est pas écrit ; tel est le but de mon travail. Je vais indiquer^ comment les jacobins exerçaient un despotisme absolu , et les moyens secrets qu'ils employaient dans les comités de gouvernement. L'on sait que le club des jacobins était devenu le rendez-vous de tous les intrigans vomis par les pays , étrangers , le point de ralliement de tous ceux qui faisaient de la révolution un métier^ et comme le réceptacle des immondices de ces temps affreux : c'était le foyer de l'intrigue et des passions îes plus dangereuses , et l'arèqe où les gladiateurs s'entr'égorgeaient. Le tyran dictateur , et les chefs des différentes factions lâchaient dans ce cirque les animaux destinés au combat , et il fallait ou périr pu triompher.

La tribune n'était pas le seul amphithéâtre où

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l'on con9ptait les têtes tombées ou désignées à lomber ; la salle d'assemblée n'était pas le seul échaudoir de la boucherie ; le bureau de celte assemblée y le seul comptoir des barbares ; ce club n'était pas la seule synagogue des fripons et des voleurs ; ce n'était pas encore là le seul antre où l'on partageait les dépouilles des victimes ; ce n'était pas là le seul gîte du crocodile dévastateur; ce n'était pas la limite du théâtre de la guerre civile.. • Lecteur, vous le savez, les jacobins avaient des imitateurs, et l^s sociétés affiliées répandues dans les départemens étaiept comme les copies de ce hideux tableau. Cette secte était exclusive, et hors de là point de sù« reté. Arrêtez-vous un instant pour réfléchir sur les ëvénemens qu^ ont fait connaître la horde ja** cobine; rappelez-vous combien furent coupables ces sociétés formées de tous les nr>embres des autprités constituées; et vous avouerez que rien n'é«: tait plus monstrueux , plus dangereux , que ce corps despotiquement composé. Les individus formant les autorités constituées n'étaient dignes de la confiance du peuple qu'autant qu'ils étaient membres des sociétés populaires. Quel abus ! quelle iniquité ! quel fléau que cette coalition pour former des sociétés populaires ! Ces sociétés pouvaient-elles diri* ger l'opinion publique ? n'étaient-^elles pas dangereuses dans tous les cas, même lorsqu'elles avaient l'air de vouloir diriger vers le bien? Les intrigans qui aspiraient à de nouvelles nominations voulaient

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