CHAPITRE XV» l
prophètes ; je saisis sur lui un livre de carton vert écrit à la maio, contenant les secrets des prophètes. Un de ces secrets était de se rendre invisible en tuant un de ses semblables , et surtout les profanes députés à la Convention nationale ; un autre consistait à ressusciter les élus des prophètes par des prièi:es et l'usage de simples apprêts. Ce fait par*ticulier et important ne fut pas expliqué par Vadier.
Le comité crut devoir le tenir caché , ainsi que celui de la complicité de Robespierre^ désigné par la lettre en question^ comme le prophète. Vadier n'eut à parler qu'après la mort de Robespierre; le mystère dont on a couvert cette lettre , les maximes et préceptes du prophète Élie ont fait traiter de fable ce qui était réel.
Ce qui ne fut pas expliqué c'était l'usage des
\ signes, les projets du nouveau trône , l'extermination des profanes y les rapports des combats , les
. effusions de sang, les différens rapprochemens dés prophéties, signes, événemens, etc.
. ' On ne peut disconvenir qu'au travers de ce tissu . de bêtises, de prophéties, de révélations , de mystères , de signes , de moyens de se rendre invisible, on n'aperçoive les ramifications de complots fanatiques et sanguinaires. On voit que cette secte d'illuminés eût pu faire beaucoup de mal.
La lettre désignant le premier prophète, et adressée à Robespierre comme tel , le présente comme
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tin nouveau Mahomet qui voulait établir une loi^ j religieusement et constitutioûneUemeiit dominante; s'élever un trône par les màin^ des illuminés; cimenter sAh trône par le sang des victimes ou des noncroyaas( et régner* sui^ et par les fanatiques égarés. L'établissement de cette secte dUHumînés avait des vues perfides et atroces. L'histoire de ïa Mère dé Dieu n'est point une fable. Cômhîent en effet pourrait-on concevoir ^ue Gerle , Lamothe , Robespierre eussent joué un rôle aussi mais ; qu'ils eussent admis tant d'absurdités s'ils n'avaient été des charlfeitaqs intéressés y ayant des vues particulières?
Le nombre des disciples'de celte secte est incori- | ëevable; elle était répandue partout : souventdans les rues , j'ai^aît le signe des initiés^ et l'on me répondait. Pourquoi le trônB au Panthéon si ce n'eut été ^eUri du dûstaleur ? pourquoi la mort dés' ! proscrite et celle des rel^ellesau dictateur, désignés sous le njohi de profanes?
Lecteur , si je vous ai entretenu de cette risible histoire, c'était pour vous transmettre ce qu'on n*a- j vait ni divulgué ni expliqué, et pour vous con- \ vaincre que le tyran Robespierre voulait élever son trône sur toutes sortes de débris , et s^asservfr les ignorans et les hommes égarés. Poui'quoi ces prétendus: secrets des prophètes, pour Se rendre * invisible eii tuant un profané ou un député à la CiOnvention najlionalkî, et resôu^iter les élue des