CHAPITRE XV
prophètes? Ces absurdités^ ces atrocités sont^î révoltantes qu'elles paraissent incroyables; hé biea! je vous assure que mon récit est exact ; il a pu vous ennuyer, mais Ce qui vous a paru puéril n'en porte pas moins le caractère de la vérité. Qu'en-' tendait-on par les profanes, $i ce n'étaient les proscrits? Pourquoi Bobespierre a-t-il donné un certificat de protection à Gerle? Quel autre que Gerle en a jamais pu produire? Voici encore ce qui.détermine la conviction stir ce complot ; pourquoi Gerle allait^il dans le diàteau porter la parole du prophète?...
A ces différentes révélations il faut joindre les renseignemens et les diverses pièces provenant de la découverte de la secte des illuminés, et des réunions de gens de tous états dans l'hôtel de la prin^ cesse de Bourbon , à Paris.
Il faut savoir aussi que Robespierre s'était emparé des pièces relatives à l'hôtel de la princesse de Bourbon ; qu'il les demanda au comité de sûreté générale, long^temps avant que le rassemblement chez la Mère de Dieu fût connu du comité ; qu'il a depuis refusé de les remettre , mais que le comité s'en était procuré les originaux provenant descar^ tons du ministère de l'intériçTir et de la municipalité de Paris } que Lamothe * était médecin de la princesse de Bourbon ; que ce fut dans son château que Gerle vint précherla parole du Seigneur. Pa/mi les pièces trpuyée^ chez Gerle on remarquait, *
l88 MÉMOfRES DE SENÀRT.
entre autres lettres 4e plusieurs iliumiaés, dès lettres signées des soi«disant colombes de Dieu et portant désignation de rendez-vous avec le bienheureux Gerle, le fils chéri de Dieu, Gerle le fils aimé de Dieu , Gerle le favori dès colombes de Dieu. De bonne foi^ ne fallait-il pas être aveugle, pour croire à ces pasquinades ^ à ces absurdités ? hé bien I j'ai interrogé un boiteux qui venait demander une jambe, un autre individu qui disait avoir recouvré la* vue , d'autres qui assuraient avoir recouvré la parole, quantité d'au très qui me soutenaient, ainsi que je Tinsérai dans mon procès-verbal qu'ils ont signé, ^que la Mère de Dieu les avait guéris de paralysies, de lèpres, de maux incurables, et qui disaient être venus pour la remercier; une femme qui prétendait et qui a signé avoir vu Dieu comme un homme vêtu d'une robe blanche parler à la Mère de Dieu; une autre* qui avait aperçu luire un éclair et Dieu entrer chez Catherine Théot ; une autre qui l'avait vu voltiger sur le tablier de . cette femme? Pourquoi ces miracles, ces visions? Peut-on douter que cela n'ait été inventé, publié qu'à dessein d'égarer et dans des vues perfides? On > conçoit aisément l'afEliation de Robespierre qui, comme premier prophète , devait occuper, sans doute, le fauteuil vacant à droite de la Mère de Dieu? Pourquoi la fête de TEtre-Suprême? Pourquoi son système à cet égard? J'ai fait à l'occasion de cette fête une remarque que je puis rappeler ici-