CHAPITRE XVI
Cruautés exercées par le résident de France à Genève. — Despotisme et barbarie de ce. nouveau tyran, — Craintes de ce maratiste. — Anarcbie, désordres excités par lui à Genève. — Projet de cet ambitieux pour s'emparer du gouvernement de Genève. — Remèdes de sang pour secourir
le résident dans sa maladie. — Obscénités , immoralité de
cet homme. — Réjouissances du peuplé Genevois à l'occasion de son arrestation. — ËxpuUion du territoire de Genète de ce monstre y muselé comme un ours.
S , minc^ vicaire de Saint - Sulpîce de
Paris , ancien balayeur des dortoirs des prétendus savans y homme d'un caractère bas et souple suivant les circonstances) mais hargneux comme le chien de cour , et ombrageux en même temps ;
S qui, par l'inspiration révolutionnaire,
avait abjuré le sacerdoce et apostasie, faislint tout au monde pour se faire reconnaître prêtre fourbe çt menteur, avait épousé la fille d'une domestique» réduit qu'il était au torchon , et ne pouvant trouver «nieux tant il était dégoûtant. Il fut choisi pour être le résident de France à Genève , et y fut en* vpyé. Il fallait être dans une grande pénurie d'homipçs pour en employer un de cette espèce^ Au surplus, pour porterie désordre on ne se scft
Xg2 MÉMOIHES DE SEW ART.
que de scélérats. Ce fut donc par cet être crapuleux et abject que l'on fît représenter le peuple français auprès du peuple de Genève. Cet bomme^ qui se croyait célèbre pour avoir écrit quelques compilations et usurpé le nom d auteur^ fut un des instrumens de Robespierre.
Cet ancien dévot, ce nouvel époux, cet apostat, cet être amphibie, fut à Genève Tauteur d'autant de maux que pourrait en faire le crocodile jeté dans une assemblée publique. Fidèle observateur des maximes de Marat, il sema à Genève les germes de l'anarchie, y alluma les torches de la discorde, et arbora l'étendard de la révolte. Ce fut alors que par lui l'on vit les clubs de Genève changer de position , s'armer, s'insurger et renverser, au nom du peuple, le gouvernement populaire; ce fut alors que par. lui les clubistes et la propagande jacobine, arrivée là tout exprès, dirigèrent les armes du peuple contre le peuple lui-même et contre les magistrats du peuple; ce fut ialor^ qu'au milieu de la fureur, du trouble et de l'anarchie, furent fusillés sur la' place publique six magistrats de Genève dont la mémoire inspirera d'éternels regrets : ils furent massacrés par les gens égarés et enivrés du fanatisme révolutionnaire. Alors le désorganisateur
S.... triomphait de ses crimes, et croyait dans
ce désordre faire réunir Genève à la France et escroquer une nomination pour représenter le peuple genevois comme député à la Convention natio-