‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 85 sur 117 · CHAPITRE HVI. igS · texte numérisé non relu

CHAPITRE HVI. igS

oflle, OU obtenir du dictateur Robe&pierjre mi^ dé* légation qui eût satisfait son orgueil et.ses passions*

Déjà le scélérat était conno^ désigné- soqs la nom de ijrran deGenèi^e. Dans ses discours incen*^ diaires et par ses ntianœuvres secrètes ^ il avait pro^ posé deux plans , l'un de la réunion de Genève à la France^ l'autre d'un gouvernen^nt républiqaiii^ tous la prolectioù de la France, et**dirigé par un régulateur 9 place quil convoitait. Il n était pas encore satisfait de ses désordres , il voulait mettre «a sèeau à sa grandeur : il marchait comme Us gens que l'cin qudifîait d'éminênce; 9 souriait quand on Tappelait monseigne^i*, et vous gratifiait d'un regard de demirattention quadd on lui disait votre grandeur; il prenait l'air grave , et fertiUKit les yeux à demi au nom de votre excellence.

Souvent il allak en Suisse poi^r y sonder, les opi<^ niôas.

L'exemple du résultat des troubla de Genève détruisit ses projeta , mais il se donna loomme un tyran le doux plaisir d'ordonner des supplices^ pour maintenir à son égard le respect et l^^subordinat^n qu'il croyait avoir mérités.

Un mâlbeureui^ Genevois se trouva sous sa main dans un instant où il ayait de rbumeur; S»m*«4.^*.. l'irrita et agit en souverain injuste ^ mêlant. à ses expressions de l'ironie^ des duretiés, et vams^ol même quelquea oi^dures ; Ijs Geneyois j^ut asse^ ^\î pour exprimer son mécouteniemenlé S. .^ .. . ^ . • . re-f

doubla , menaça ^ sortit de lui-^iéme . L'infortuné crut que le résident, dans sa foreur, allait se jeter sur lui et fit un niouyement du bras , comme pour

le repousser; le furieux S sentit la force

du poignet sur lequel il s'était lancé, *et craignant que ce bras ne fut trop expressif , il appela ses gens* Ce qui n'était qp'un nlouvement innocent devint un crime; sa 'grandeur se plaignit; son excellence soupira; son éminence' souffrait; monseigneur était suffoqué d^orgueil et de colère; Quel remède appliquer? comment Tapaiser? Son remède fut le sang du Genevois. Lecteur, v6us frémissez! hé

bien! cet homme déjà molesté parle tyran S ,

fut sacrifié; il fut pendu. Sa mort apaisa-t-elle Tapostât ?

Les tons , les excès , les vues perfides , machia-

véliqueset désorganisatrices de S .., furent

connues , et il reçut enfin sa récompense. Les plaintes des Genevois sur les crimes du résident , leurs craintes sur le& suites de ses manoeuvres furent entendues, et la chute de Robespierre entraîna acrssi

ce)le de son disciple S..... qui fut conduit

pieds et mains liés au milieu d'imprécations,' et de marqués d'opprobre , comme une bête féroce, et rejeté sur les frontières de France.

S , quoique résident de France, n était même

pas abordable: pour ses concitoyens, et lorsque son ministère' leur était nécessaire, il les fatiguait autant que s'il eut! été un souverain inaccessible ou in-

CHâ^PITRE XVI- ^ 9.5 .

vi(^able : tantôt abstrait, taatôt ordurier, taotôthra-

lai , mexplicable dans ses expressions, S metr

taitea ,tottt dçs entraves qoi. ont affligé le cooimerce de la.Fra^nce et» ont été. préjudiciables à ceux dont il se cr<>y ait, le représentant. . . :; .\ Il ne faut pas perdre de vue que le petit tj^rah affectait toutes les singeries du tyran Robespierre : il se djs^ait poursuivi par des assassins , et ne voyait autour.de lui que des poignards. $*,.^..«.... maraii^ sait aussi, et craignait qu une nouvelle libératrice , comme une autre Gorday,.ne purgeât le soIk de cette république; il s^efiaroucha d'une femnMtdi« JLy on réfugiée dans Genève. Sa beauté, son ca^ ractère, son langage lui représentèrent une tiou-r velle Corday. Quel tyran avait-on à craindre à Genève? S.. Qui excitait tous les troubles de Fa*^

narcfaie? S., Qui prêchait les doctrines ^e

Marat?^S Par qui. le sang innocent avait-il

coulé ? Par S. Quel tyran avait-<)n jamais vu

à Genève faire, égorger les. magistrats dû. peuple ?

S.; *•• Quel despatQ avait-on jamais vu à Genève

punir de mort . sous le nom de. crime de lèse-ma'* )esté,le mouvement légal, répressifd'un&infure*,ou

la légitime défense? S.... Il fallait le& cris , les

. plaintes de S.. ..., sa cruauté pour exiger cette

injustice! Peut-on dpuler que. cet. événement ne serait pas arrivé, s'il n'eût égarç.les Genevois, et s'il ne les eût menacés de Tinvasion des.sansr culottes français? Oui, c'est un acte de pure

^tait une, belle, brnne, que l'on nommait Nanette ; ëlte s'était assise sur un Habc dé la cour près de ïa:{$ompe; S.V..'..,;,^ vint s'asseoir à côté d'elle : auitesstts était une* croisée' d'une salle basse du quartier > du bâtiment'-neufj d'où l'on entendait la cmiversatioa. Nanétte^îbelle'Nanettè, disait-il, en lut^ prenant la main.ét lu lui baisant, je vous ainie de toàt«mon cœ«^; rçcQvez n^dn amour. Allons âoùc , Mohsîeur, lui disait Nanette,' vous êtes marié,- et je lé suis aussi. Hélbs oui l'ajoutait-il /je suis las de K^a femme et je veux de vous, je^v^èux de vous. Gélàime se peut , éonlianait- elle , je suis mariée, vous dis-je. Vous ne m'aimez pas, reprenait S. ••..'.., parce que je ne siiis^pas îolfj.mais je suis scsnsifile. Que^jesuis:électrisé'en-vbusj touchant! Jene Suii pas td «ne rbpnne santé, mais^-j'aimè à badiner :' je ;voiia^ donnerai de belles robes, dis.UUés choses, uoJis' iséréz'' ma chapelle ;. quittez voire ^mari, je iKOnsvenlretiendrai ; nous vivrons ïods deux ^ jas^ qu'à ce qiie je puisse vous ' épouser j v<ms èerèà doftteute de moi. Nanette édàta' de rîvei^r^eS' atKii-* teursl^latèrent àus»[. .: h

iiiAinsi se terminai la soèpedes amours de &.«':.<.., et .'telket est le moralité dé mônsèigmor; .. r-

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