‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 88 sur 117 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

il a persécuté les membres du comité de sùfeié ' générale 9 mais il a voulu arracher la vie aux secrétaires et aux commissaires de ce comité y parce qu'il croyait que les uns avaient des renseignemens sur sa conduite^ et qu il savait les autres munis de pièces de conviction.

, Je dois encore rendre compte d'un entretien que j'eus à son égard avec le représentant Moïse Bajle, membre du comité de sûreté générale , quelque temps avant le 9 thermidor. C'est , je crois , dans le courant de prairial^ à l'époque d'une dénonciation que fit Robespierre contre Tallien à la Convention. Je sais bien, me dit Bayle^ que Tallien est à la fois assassin , voleur et conspirateur : si le comité de sûreté générale n'a rien dit contre lui , ^ lorsqu'il fut attaqué par Robespierre , c'était pour éviter que Robespierre ne l'abattit. Mais le comité se réservait la poursuite des crimes de Tallien en produisant un imprimé de Vadier, en justification, distribué au public, et dans lequel il était dit, pag«s 8 et 9 , que les membres du comité de sûreté générale avaient, pour contrarier Robespierre > - détourné l'effet des dénonciations portées contre leurs collègues , l'un desquels désignés était Tallien.

A quels malheurs fut livrée la commune de Bordeaux! Quel despote, quel tyran plus sanguinaire , plus perfide , plus immoral que Tallien représenlocrate à Bordeaux ! ce mot de représentocrate est de

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son inventiou; il s*en est servi dans son journal pour blâmer les excès des députés en mission, et il mé-^ rite bien qu'on lui applique ce qui est de lui. Ccfmbien furent donc coupables les Obmités de gouvernement d alors de n'avoir pas réprimé tant de cruautés !

' Bordeaux ne souffrit pas seulement des oppressions de Tallîen : son successeur ^^^ ne mérite pas à beaucoup près des éloges. **'*' l'un des intrîgans jacobins^ qui démontrait en tout un zèle de feu y fut jugé par Robeâpierre digne et capable de servir ses projets tjranniques. 'Ce jeune homme , alors âgé de dix-ne[uf à vingt ans, d un caractère altier, k l'air sombre et farouche, fut le nouveau consul envoyé à Bordeaux, avec des pouvoirs illimités *, tels qu'on 'en donnait à des représenlans. Ce ^^^ y qui n'a pu rien apprendre de son père, homme sans taleiis et sans instruction , était cependant avancé pour son âge et même prématuré; mais était-ce là un homme à qui Ion pouvait confier des pouvoirs de cette nature, et devait-on donner à: un jeune homme, sans expérience et dans la fougue des passions, des pouvoirs illimités! Non sans doute. Aussi il en est résulté grand nombre d'inconvéniens.. Une nommée Fonlenelle, amie de la Cabarus, digne compagne de celle femme sans mœurs, sa camarade de débauche, s'empara du cœur du consul *** : c'était dans ses bras qu'il pliait se réfugier, lorsque le murmure public ceur»

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