‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 87 sur 117 · CHAPITRE XVII. 2JÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII. 2JÏ

11 osait intituler son journal Y^àmi des artSy et il avait dit à une femme : Que son mari serait guillotiné , parce qu'il était homme de loi ; et il le fut. Ce journal portait encore le titre de Yj^mi du commerce , •'i et il en fut le destructeur. Tallien osait écrire sur les crimes de Cai'rier , de Fouquier-Tin ville ^ de Robespierre , de CoUot et de Billaud ; il avait en cela rftison, car il fut d'abord leur complice, et bientôt poussa jusqu*au raffinement les supplices. et la barbarie^ et se rendit au .moins aussi exécrable qu^eux : et c'est cet homme qui , aujourd'hui et depuis le 9 thermidor, parle de vertu, de justice... Tallien est semblable au poisson qui noircit l'eau quand il fuit : il était l'agent confidentiel du comité de salut public et n'a pas rougi de laisser établir

la défense de M qui, par honte du nom qu'il

portait, a pris celui de F ,

Tallien fut épouvanté par les jacobins. 11 voulait assurer son existence et n'être ni pendu par les royalistes , ni guillotiné par les ten^oristes ; cependant il méritait un châtiment de la part des uns et des autres. Suspendons un instant l'examen de .ses 'crimes : je prouverai qu'il était le correspondant des ennemis intérieurs et extérieurs de la France .qui l'eussent puni comme un traître après la réussite du complot.

Je ne dirai pas qu'il fut traître à l'égard des patriotes, car en examinant sa conduite révolutionnaire, on est aisément convaincu qu'il n'a rien pu

faire dé plus pour avîlîrla révolution, pour déchirer le sein de la patrie , et qu'il a en tout exécuté le système désorganîsateur de Pitt. On ne doute pas que les ultra-révolutionnaires lui fussent affidés , et aussi indispensables que les conspirateurs secrets et les conspirateurs armés.

Tallîen ne peut nier, et d'ailleurs il est notoire , qu'il a publiquement parié en faveur de Pîtf et de Cobourg ; qu'il a défendu les ministres des ennemis coalisés; qu'il a excité à licencier nos troupes; qu'il a semé des germes d'insurrection. Il a prétendu et écrit que la cherté des denrées avait pour cause la guerre, insinuant des propositions honteuses, et accusant les comités de la disette, et de l'état de nos finances , quand il fut seul l'auteur et l'exécuteur de ces malheurs. Rappelons-nous, en passant, qu'il était intéressé à la mort de certains membres des comités , et d'autres de ses collègues, pour enfouir jusqu'à ridée de la preuve de ses forfaits. Il ne faut pas oublier non plus l'affreux ridicule dont il s'est couvert, lorsqu'il a osé publiquement attaquer la dénonciation d'un représentant du peuple sur le complot de rétablir un roi en France. Il croyait , en renversant Robe^)ierre et le comité de salut public , anéantir les preuves de ses crimes, mais il a découvert lui-même qu'il y en avait autant au comité de sûreté générale , et dès-lors il intrigua pour en renverser les membres. Il a poussé plus loin les effets de la crainte, car non-seulement

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