CHAPITRE XVII. 2IC
Singulier genre de patriotisme ; il osa un ]ovlr me blâmer ^pqur avoir dépose contre Fouquier-Tinville , et il prononça cette phrase : « Le mensonge >) n'est jpoint un crime. quand il sauve un révolu- » tionnaire coupable ou non ; c'qst un outrage à la }} révolution que de parler des torts des révolution- •» naires, et vous vous en repentirez long-temps ! » Ma réponse fut celle du mépris. Ce *** avait envoyé au comité de sûreté générale une copie de la lettre que la prostituée Cabarus. lui avait ,ecrile, et dans laquelle elle l'invitait à passer dans rAniérîque septentrionale avec elle, parce qu'elle voulait fuir ce Taîlien couvert de crimes et qui l'avait compromise : elle lui offrait de partager avec lui sa fortune qui serait plus que suffisante pour çux deux.
Je vais terminer ce chapitre par la correspondance de Taschereau rintriganl avecTallien et Isabeau à Bordeaux , et que Vadier pir^senta au comité de sûreté générale.
Vadier avait donné au comité ce Tadcfaereau comme un révolutionnaire à ^épreuve : c'était lui qu'il employait pour espionner le comité de salut public ainsi que le comité de surveillance des jafiobins , et ce même comité des jacobins l'employait pour moucharder les deux comités de salut public et de sûreté générale. Le comité des jacobins disposait des jurés et de tout ce qui composait le tribunal* révoliJitionnaire ; ce que les deux comités de gouyei>T#
^20 MÉMOIRES DE SENÀRT.
nement loi rêfusai^it^ cehii-ci robtenait par le tri- 1 bmial revolatîoooaire. Ce Taschereau était adroit , sablil; il était rbomme de tons et rbomme de chacun. I) a fattu potir le dcToiler révénement du 9 thermidor. Sa nomiaatioa d'électeur eut I lieu dans la tabagie ou la taverne de Chrétien y et fut soutenue et exigée par la horde des coupejarrets héronistes et maillardistes i mais à rassemblée électorale il fit des bassesses et ne put rien obtenir. Pour le juger, au surplus, il ne faut que l lire son ouvrage : Taschereau FargueSy à Maximilien Robespierre , aux enfers. Il y avoue son espionnage et y soulève le voile de ses bassesses. 11 est inutile den parler parce que ce serait me répéter, et }*ai promis de ne pas le faire.
Revenons à sa correspondance s^vec Tallien à Bordeau:it.
Une séance fut consatrrée, au comité de sûreté générale, à liérifîer des faits imputés à Tallien à , Bordeaux, relativement à des entreprises et arrêtés concernant les spectacles , faits qui , au premier aperçu, laissaient soupçonner le vol et la spoliation. 11 s'agissait aussi de statuer sur les réclamations des membres du comité révolutionnaire de ' Bordeaux qui, ayant disputé à la Cabarus ses droits et son autorité, avaient été destitués et incarcérés : cm y devait nécessairement parler de la commission militaire. Vadier apporta une liasse de lettres que ce Taschereau lui avait confiée , laquelle contenait