‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 98 sur 117 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

principes, et détenu par l'effet du blâme ^ à'Ossonvîlle n'a donc pas été le complice de la tyrannie.

Une remarque bien singulière , c'est que lors de son arrestation il était question dé faire fermer les barrières pour le prendre , et de le faire dénoncer à l'opinion publique par une section; mais aucune section ne l'a 'dénoncé^ et les coupables, les conspirateurs, les fabricateurs de faux assignats, les assassins ennemis de d'Ossonville, n'ont trouvé d'appui ou d'organe que chez Tallien qui seul a écrit contre lui. Tallien avait donc en cela un intérêt particulier ; il n'a donc pas été étranger aux cabales dirigées contre d'Ossonville. Maiis pourquoi d'Ossonville ne trouvait-il de détracteur que Tallien dans ses écrits? Tallien commence un journal, et dans le premier numéro du i" vendémiaire, il désigne d'Ossonville comme le complice des égorgeurs judiciaires; mais il ne cite ni faits ni circonstances, et demande sa mort. Pourquoi cette indiscrète accusation de la part de Tallien ? lyOssonville n'est pas le complice de la tyrannie, puisqu'il a tout bravé , tout osé pour terrasser le tyran et ses complices , puisqu'il s'est refusé à le servir, et qu'il employait des prétextes pour se soustraire à ce qu'on désirait de lui. Comment l'accuser , quand il existe des têtes qu'il a défendues , congervées malgré la tyrannie ; quand il s'est refusé à arrêter des députés mis hors la loi ; quand aucun parent ou ami des victimes de la tyrannie n'ont allégué ni

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prouvé contré lui aucuo tort ni. aucune injuisitice ? Tallien se/trouve donc démenti et confonda. Pour^ quoi Tallieiï s'él^ve^t-il contre lui sans citer aucun fait? Pourquoi le met-il au nombre des dilapida-^ teurs sans citer aucun fait? Quqi ! d'Os&onyille eût été un dilapidateur 9 lui qui les poursuivait; lui dont Iji pureté y la probité sont attestées* par des arrêtés du comité de sûreté générale^ qui constatent des remises volontaires fréquentes de sommes considérables , d'effets de la plus haute valeur y dont un dixième aurait suffi pour faire sa fortune et celle de sa (iamille y Surtout lorsque Tien ne pouvait indiquer ni l'offre ni Tacceptatiofit? Non sans doute ! et d'Ossonville ne peut être accusé par Tallien. Si Tallien a cherchera le perdre, il a servi en cela les assassins, les fripons, les conspirateurs, leurs complices ou partisans. Tallien est intéressé à la perte de d'Ossonville pour se venger et rendre ses crimes impunis. «

Les motifs de Tarrestation de d'Ossonville , les causes de la longueur de sa détention s'expliquent par. le trait suivant. L'intention des grands coupa-* blés, secondée par Amar, étant d'arracher des mains de d'Ossonville, de ravir au peuple et séquestrer à la justice Içs pièces de conviction de' leurs délits , il était nécessaire d'abord d'arrêter d'Osson-ville qui en avait réuni quelques-unes, et qui ét^it à la poursuite d'émission, de faux assignats : mais pour réussir, il ne fallait pas que les scellés fussent mis

sur le<:abîfiel qu'il avait <lans le comité, parce que nécessaiireïnent on aurait dû les lever en sa préseoce , faire avec Itri le recensement des pièces qui y étaient contenues; et alors leur existence étaU constatée, et lesr coupables pouvaient être rechei?^ chés. Amar , rédacteur du mandat d'arrêt , eut l'adresse de ne pas mettre dedans ce que' toufoUri Fon'y insérait, i'*>rdre d^apposer las scellés sur leà papiers; mais d'Ossonvilley qui n'avait rien à craindre^ crut que, par rappott* à la confiance si né^ces^àire à ses fonctions, à la fidélité envers la chose publique et dans son intérêt, il devait lui-même faire apposer les scellés sur son cabinet^ et il requît cette apposition , ainsi qu'il «st cohstaté par le procèft-vorbal de son arrestation. Les scellés furent mis en sa présence sur son cabinet^ et pour leur conservation , il fut appliqué une plaque qui les garatitissait^ il garda la clef pour sa propre sûreté*. Mais par l'œuvre de Tinfidélité la plus inique, Amar et ses complices otit en Bon absence levé la plaque, brisé les scellés, forcé la serrure, enfoncé la porte et^.spo!ié les papiers qui y étaient, quoique d'Osisonville, alors détenu, dût être appelé et dût être présent. Qui pouvait* donc commettre un acte si violent , si injuste? Ceux qui avaient intérêt à la spoliation ; ceuxqm voulaient s'aissurer des pièces de conviction de leurs délits. Quels étaient-ils? C'étaient Amar, Tallien et les intéressés aux fabriques des faux assignats : aussi ce sont ceux-là qui

laccasent. Mais Amar est coupable et Talliea aussi, ils doivent compte à la nation de cet acte criminel ; cest pourquoi je le dénonce^ afin qu'ils soient jugés. Quel délit plus grave que cette spoliation ? Quel forfait plus abominable ? Quelle doit être la peine due à leur crime? La loi seule la détermine; mais l'opinion publique n'attendra pas le résultat des poursuites pour être convaincue, pour les proscrire et les couvrir d'opprobre. O Tallien ! comment éviteras-tu le supplice ? La justice qui marche lentement) t'atteindra sur le trône que tu as usurpé , et tu en descendras pour monter sur l'écbafaud avec tou; complice d'Orléans. Rappelle-toi qu'il existait dans ce cabinet des preuves de tes scélératesses; rappelle-toi que parmi les pièces que j'ai portées moi-même au comité de sûreté générale , il y en avait une, attestant qu'au café Beaucaine, tu as dit à la Terroigne que tu te faisais honneur d'être de la faction d'Orléans. Tallien , il ne t'a pas sujQS de priver d'Ossonville de sa liberté , tu las fait détenir pendant plus de quatorze mois ; tu le compris parmi les victimes des massacres que ton collègue Fréron organisait et provoquait ; toi-même tu l'avais désigné dans ton pamphlet du i®' vendémiaire.

Lecteur, ce n'est pas pour faire l'éloge, de d'Ossonville que je vous ai longuement entretenu de lui; je n'engage ma plume à personne et pour aucun prix; vous avez reconnu que chaque trait de persécution exercé contre lui présente des ca-

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