‹ Revendication de la priorité de la découverte des vaccins du choléra asiatique [electronic resource]Chapitre 5 sur 9 · PROTESTATION · texte numérisé non relu

PROTESTATION

DE

l'Académie royale de Médecine et de Chirurgie

DE Barcelone

A l'Académie des Sciences de Paris

Monsieur le Président,

L'Académie Royale de Médecine et de Chirurgie de Barcelone qui, depuis 1885, à suivi pas à pas, théoriquement et expérimentalement, toutes les études et les essais du Dr. Ferrân, concernant la prophylaxie du choléra-morbus asiatique.

Qui admit les conclusions de ces travaux et accepta les résultats des expériences,

A eu connaissance, en son temps, de la Note du Dr. Gamaleïa, sur le même sujet, présentée à l'Académie des Sciences de Paris par l'illustre M. Pasteur, le 20 Août dernier.

Elle a été, malgré elle, on ne peut plus surprise de l'importance qu'on a voulu donner, par ce qu'il présentait de nouveauté scientifique, à un travail dont les conclusions sont, presque en totalité, la copie exacte de celles du Dr. Ferran.

Qu'il lui soit donc permis. Monsieur le Président, de vous présenter succintement le parallèle desdites conclusions, tiré du texte même de la Note du Dr. Gamaleïa et du résumé des Notes et publications du Dr. Ferrân, parallèle que, pour plus ample informé, elle reproduit ci après:

(Voir le parallèle à la page 83.)

Vu ce qui précède, et malgré tout le respect que l'Académie de Médecine de Barcelone n'a cessé de professer envers l'Académie des Sciences de Paris, ainsi que pour son secrétaire perpétuel, l'illustre M. Pasteur,

Elle s'est cru autorisée à soupçonner que ce dernier, en rendant compte de la Note du Dr. Gamaleïa, ne laissât complètement de côté, peut-être par un oubli involontaire, les Notes remises par M, Ferrân à cette même Académie, en 1885 et 1886,

ainsi que ce qui a été publié tant sur les journaux de Médecine qu'en brochures et ouvrages en 1884, 1885 et 1886.

Comme il s'agit d'une question de la plus haute importance, elle ne saurait laisser passer, sans protester, un oubli aussi extraordinaire.

L'Académie des Sciences de Paris ainsi que celle de Barcelone ont, dans leurs archives, tous les documents où sont exposés les résultats des études et des expériences du Dr. Ferrân, sur la prophylaxie du choléra, ainsi que les statistiques concernant les inr.ombrables et heureuses inoculations, pratiquées par ce professeur durant l'épidémie cholérique de 1885.

Hé bien, par l'examen de ces nombreuses données, dont nous transcrivons ci-après un extrait, tout homme impartial pourra se convaincre qu'il n'y a pas de motif sérieux de s'enthousiasmer de la brillante découverte du Dr. Gamaleïa et de laisser passer inaperçue celle bien antérieure du Dr. Ferràn. L'Académie de Barcelone croit en outre pouvoir puiser dans ces données les conclusions suivantes:

1° Que la respectable Académie des Sciences de Paris eut, dès 1885 et 1886, les données nécessaires pour s'assurer si oui ou non le bacillus-virgule donne l'immunité, puisqu'il fut consigné très-explicitement, dans les travaux du Dr. Ferràn, qu'une culture pure, dont la semence procéderait le plus directement possible des déjections d'un cholérique (culture virulente), est mortelle pour les cochons d'Inde, à la dose de deux centimètres cubes; or, ceci pouvant servir à prouver que ce microbe donne l'immunité, il en résulte que la découverte, faite par le Dr. Gamaleïa, de l'exaltation de la virulence chez les pigeons, perd toute son importance.

2° Qu'en 1885, il fut à la connaissance de cette même Académie que les cochons d'Inde, vaccinés avec des cultures ordinaires de bacillus-virgule, supportent parfaitement les doses mortelles des cultures virulentes,

3° L'Académie des Sciences de Paris fut aussi informée que les signataires des notes qui figurent dans l'ouvrage de Mr. Fer-

rân, intitulé d?ioailaciôn preventiva contra el côlerat , pages 132 à 136 et 275 à 279, ainsi que plusieurs milliers d'autres personnes, furent soumis à l'inoculation prophylactique du bacillus-virgule.

4° Qu'il résulte également desdites notes, ainsi que de plusieurs autres documents publiés depuis trois ans, que les cultures qui sont mortes sous l'action de la chaleur donnent l'immunité pour résister à l'action des cultures virulentes vivantes.

5.° Qu'une des notes, adressées par M. Ferrân à l'Académie des Sciences de Paris, a eu pour unique objet de l'informer que \e prmcipe chimique des cultures de bacillus-virgule donne également l'immunité aux cochons d'Inde, pour résister à l'action des cultures virulentes.

6° Il résulte encore des susdits travaux que le bacillus-virgule produit deux principes chimiques distincts: l'un doué d'action hypothermique, et l'autre d'action phlogogène; et, qu'avec le premier de ces deux principes, les animaux meurent rapidement sans qu'il apparaisse des phénomènes phlegmasiques locaux.

7° Que personne, avant M. Ferrân, n'avait parlé, devant cette illustre Académie, de vaccins chimiques, d'une manière aussi catégorique et aussi décisive; et que le savant M. Pasteur, son secrétaire perpétuel, ayant accepté, comme il le fit, le nom et l'idée de la découverte, il paraissait tout naturel qu'il fit mention de leur origine, consignée dans les notes de M. Ferrân, qui toutes sont passées par ses mains.

8° Que, étant connu l'esprit de justice qui doit animer une Corporation aussi respectable que l'est l'Académie des Sciences de Paris, on ne peut craindre un seul instant, qu'elle regarde avec dédain les travaux que le Dr. Ferrân lui a présentés dès 1885, tandis qu'elle recevrait avec une approbation marquée ceux que' elle a reçus en 1888 du Dr. Gamaleïa, lesquels coïncident d'ailleurs d'une manière extraordinaire avec ceux du microbiologue espagnol.

9° Que, pour le même motif, il y a lieu d'espérer que, lorsqu'elle le croira opportun, cette Académie se souviendra

de l'offre que M. Ferràn lui fit dès 1885 de renouveler devant elle les expériences qui font l'objet de ses travaux, offre qui précéda la campagne anticholérique de la même année, durant laquelle les inoculations atteignirent le chiffre énorme de plus de 50,000 dont 35.494 furent enregistrées officiellement par les autorités et par les médecins des localités contagiées,

L'Académie de Médecine de Barcelone sait très-bien que l'attitude de l'Académie des Sciences de Paris, et plus particulièrement celle de l'éminent M. Pasteur, viennent de rendre plus éclatant le triomphe des doctrines microbiologiques du Dr. Ferrân sur le mécanisme intime de l'infection et de l'immunité, et aussi celui de ses expériences sur le choléra aux yeux du monde scientifique qui, à la fin, juge toujours impartialement et avec droiture; mais, comme une question de priorité est en jeu dans cette affaire, l'Académie de Médecine de Barcelone, dans sa séance du premier Octobre courant, a décidé, à l'unanimité, de s'adresser à l'Académie des Sciences de Paris dans les termes dans lesquels elle le fait aujourd'hui , espérant bien, de la noblesse de ses sentiments et de son amour de la justice, qu'elle prendra en considération tout ce qui vient d'être exposé, et qu'elle daignera reconnaître le droit de priorité à la découverte du Dr. Ferrân sur celle du Dr. Gamaleïa. — Barcelone le 9 S*"' 1888.

Le Président, Le Secrétaire,

Dr. Bartolomé Robert. Dr. Luis Suné y Molist.

(Suit un extrait des pièces qui justifient la présente réclamation.)

Note adressée à 1 Académie de Barcelone le i6 Juillet 1884

Dans sa première séance du mois d'août 1884, l'Académie de Médecine et de Chirurgie de Barcelone reçut d'un de ses membres, D. Eduardo Bertran, communication d'une Note du Dr. D. Jaime Ferràn, intitulée ^Teoria sobre la profilaxis del côlera morbo asiàtico-» , basée sur la doctrine des germes, et dont les conclusions étaient les suivantes:

1° Que l'infection cholérique est une intoxication due aux poisons élaborés par un microbe spécifique du choléra, poisons qui doivent être de la nature des diastases, des ptomaïnes ou des glucoses.

2" Que, dans le cas ovi l'on parviendrait à isoler les produits toxiques élaborés par le microbe, on pourrait, avec ces produits, provoquer la maladie et même la mort, à la condition que les doses employées seraient assez fortes; tandis qu'avec de faibles doses, on obtiendrait l'immunité.

2)'^ Que, si l'on suppose que le microbe végète seulement dans le tube intestinal, ses produits toxiques doivent se dialyser et passer dans le sang.

4° Qu'à défaut de cultures artificielles desquelles on puisse extraire lesdits produits, le sang des individus cholérisés pourra être utilisé pour donner l'immunité, en l'injectant hypodermiquement.

Plusieurs journaux professionnels et autres rendirent compte de ce travail purement théorique. (Voir le Progrès Médical de Paris, i8S^, j^., page 68çj.

Conclusions du Mémoire présenté à la Municipalité de Barcelone le g Décembre 1884

I* Que les cultures ayant le maximum de virulence sont les premières de la série, en partant des virgules des déjections cholériques.

2" Que les cultures virulentes, par l'injection hypodermique (2 cent, cub.), déterminent chez les cochons d'Inde une rapide perfrigération suivie de mort et une phlegmasie locale à peine visible.

3" Que les cultures moins virulentes produisent la fièvre et une phlegmasie locale, avec formation d'escarre couenneuse et une ulcère qui se forme immédiatement après et disparaît spontanément sans formation de pus.

4° Que les effets, produits chez l'homme par l'injection de 4 gouttes de culture virulente dans la région du triceps brachial, sont analogues à ceux produits chez les cobayes et disparaissent spontanément dans les 24 heures.

5° Que le sang des cobayes, pris à une certaine distance de la partie inoculée et semé dans des milieux nutritifs, produit des virgules.

6° Que le sang des personnes vaccinées, pris à une certaine distance de la partie inoculée, ne donne pas de virgules par culture.

7° Que les cochons d'Inde, vaccinés au moyen d'un centimètre cube de culture de bacillus-virgule, obtiennent l'immunité contre les effets d'une dose de la même culture qui serait mortelle pour un autre lot de cobayes non inoculés.

8° Que ces inoculations produisent chez l'homme la même action prophylactique que chez les cochons d'Inde, comme on put le remarquer sur 16 sujets soumis à l'expérience et dont plusieurs étaient médecins ou professeurs de médecine.

II Mars 1885

Rapport de l'Académie de Médecine de Barcelone

CONCLUSIONS

1 3° Que, en diminuant la dose ou en atténuant l'énergie des cultures par la seule action de l'oxigène et du temps, on arrive à posséder un liquide d'action moins intense, qui produit chez les cobayes des altérations peu accentuées, leur donne la résistance nécessaire pour supporter les effets de plus fortes doses ou de cultures plus virulentes.

14° Ces mêmes expériences ayant été faites sur l'homme, mais à une plus faible dose, le fait de préservation en est résulté aussi évident que chez les animaux.

1 5° Que tout ce qui a été dit au sujet de la prophylaxie nous fait concevoir l'espérance que l'on aura trouvé le moyen d'éviter le choléra, mais qu'il n'est pas possible de l'affirmer sans que la preuve en soit faite en temps d'épidémie.

Mais, avant de terminer, elle propose à l'Académie;

1° D'adresser à M. Ferrân une communication lui exprimant combien l'Académie apprécie ses spéciales et difficiles connaissances en microbiologie, connaissances qu'il ne doit qu'à ses propres efforts et à son amour de la science; de le nommer membre correspondant de l'Académie, puis qu'il ne peut être membre effectif, ayant sa résidence hors de Barcelone; de lui décerner une médaille commémorative d'or avec dédicatoire personnelle et la date du jour où aura été voté ce rapport.

2° De stimuler le zèle de la Municipalité de Barcelone, afin qu'elle facilite au Dr . Ferràn les ressources nécessaires à la poursuite de ses travaux ainsi qu'à ses voyages, s'il avait besoin d'y recourir pour la recherche de nouvelles données; enfin, si la loi

ne s'y opposait pas, d'amener la dite Municipalité à créer un laboratoire, dans lequel le Dr. Ferràn puisse continuer ses études sur le choléra et sur toutes autres maladies.

27 Mars 1885

Article publié dans la «Independencia Médica»

de Barcelone

CONCLUSIONS

1° Que pas un des microbes qui ont été atténués, afin de servir aux inoculations préventives, ne se prête mieux que le microbe-virgule à la preuve de la profonde immunité qu'il

confère. . ,

20 Que ce dernier n'expose ni à la pyohémie ni à la septicémie, et qu'il ne paraît pas avoir des tendances à envahir la muqueuse gastro -intestinale.

f Que les cobayes, soumis à l'action prophylactique de ce microphyte, tolèrent impunément des dose mortelles de culture

virulente. ^

4 0 Que l'activité du baciUus- virgule paraît dépendre de deux substances douées d'action différentes, puisqu'il est possible d'obtenir des cultures qui déterminent des altérations générales et locales de nature phlegmatique, tandis que d'autres, au contraire, sont peu phlogogènes, et que, par contre, elles produisent un abaissement considérable de température.

31 Mars 1885

Note présentée à l'Académie des Sciences de Paris le 31 Mars 1885

CONCLUSIONS

i" Que les cultures pures de bacillus-virgule, faites avec de la semence procédant le plus directement possible des déjections d'un cholérique, sont plus virulentes et déterminent chez les cochons d'Inde des effets généraux caractérisés par une hyposthénie profonde et par la perfrigération, et des effets locaux de nature phlegmasique.

2° Que le maximum de virulence s'obtient en répandant ladite semence dans du bouillon très-nutritif et légèrement alcalin, laissant ensuite cette semence incuber à 37° pendant le temps strictement nécessaire pour que le bouillon devienne trouble .

3° Que les cultures virulentes occasionnent une perfrigération rapide et profonde, suivie d'une grande hypothermie.

4" Que, lorsque ces symptômes généraux sont rapides et violents, la phlegmasie locale ne prend pas de grandes proportions.

5° Que lorsque, par suite du peu de virulence de la culture, la phlegmasie locale prend du développement, elle est caractérisée par un infarctus chaud et douloureux avec formation d'une escarre couenneuse, laquelle, en tombant, laisse une plaie qui guérit facilement et spontanément sans formation de pus ni aucun symptôme de putridité.

6° Que, si l'on sème une goutte de sang d'un animal inoculé, on obtient le bacillus-virgule.

7" Que les cultures dans le bouillon s'atténuent spontanément.

8" Que les cultures dans la gélatine conservent assez bien leur virulence.

9° Que, si l'on vaccine un lot de cochons d'Inde avec la moitié de la dose de culture virulente qui suffirait pour les tuer, cette inoculation leur donne l'immunité pour supporter les effets de doses absolument mortelles pour un autre lot semblable de cobayes non vaccinés.

10° Que les effets de ces cultures chez l'homme sont analogues à ceux produits chez les cochons d'Inde, et proportionnels à la dose injectée.

1 1° Que, si l'on rapproche les symptômes les plus saillants observés chez plusieurs individus qui se soumirent volontairement à cette expérience, on arrive à former un tableau syndromique dont la ressemblance avec le vrai choléra est frappante: perfrigération de marbre, état lipothymique, lassitude générale, crampes, vomissements, tête lourde, sueurs froides et visqueuses, évacuations plus fréquentes que de coûtume, sans arriver toutefois à la vraie diarrhée du choléra.

12° Que tous ces symptômes d'hyposthénie sont suivis d'une hyperthermie générale qui monte jusqu'à 2°5, au dessus de la température normale.

13° Que ce syndrôme, si imposant qu'il soit, disparaît spontanément, sans qu'il soit jamais nécessaire de recourir aux ressources de la thérapeutique.

II Juillet 1885

Ampliation à la note envoyée le 31 Mars à l'Académie des Sciences de Paris sur l'action pathogène et prophylactique du bacill us-virgule

CONCLUSIONS 1» Que, dans la note présentée le 3 1 Mars, se trouve indiqué le moyen d'obtenir une culture virulente.

2" Que dans cette note également est indiquée la dose que l'homme peut supporter.

3" Il est dit encore, en termes qui ne permettent aucun doute, que la cholérisation préventive s'obtient au moyen de doses graduées, ou au moyen de cultures atténuées spontanément.

4° Que, ayant fait connaître dans la première Note à l'Académie, la dose de culture que l'homme pouvait supporter, il en résultait la révélation très-claire et très évidente du prétendu secret du vaccin du choléra.

1 1 Juillet 1885

Note présentée à l'Académie des Sciences de Paris le II Juillet 1885

CONCLUSIONS

1° Que, l'application des expériences consignées dans les notes antérieures ayant été faite à la prophylaxie du choléra chez l'homme, les résultats obtenus furent vraiment surprenants: à tel point que les statistiques, faites avec la plus rigoureuse exactitude, permettent d'affirmer le fait de l'arrêt presque instantané de l'épidémie.

2" Que le moyen d'acquérir cette immunité consiste à injecter le bacillus- virgule en culture pure à la dose de 2 cent, cubes.

3° Que l'immunité acquise est, jusqu'à un certain point, proportionnelle au nombre d'inoculations.

4° Que, chez les femmes qui allaitent, l'élimination des poisons du microbe du choléra a lieu par les mamelles, et donne aux enfants allaités un choléra expérimental toujours léger.

5" Que le lait, la sueur, les déjections et les vomissements de ces enfants ne produisent pas de virgules quand on les sème dans des milieux favorables à leur multiplication.

6° Que, cinq jours après la première inoculation, l'immunité commence à se manifester.

31 Juillet 1885

Note adressée à l'Académie des Sciences de Paris

le 31 Juillet 1885

CONCLUSIONS

1° Que, si l'on injecte à des cochons d'Inde plusieurs centimètres cubes de bacillus-virgule mort, l'on obtient les mêmes résultats que par l'injection de culture vivante.

2° Que les animaux, inoculés avec de la culture morte, supportent ensuite des doses de culture vivante qui seraient mortelles pour les cochons d'Inde qui n'auraient pas été soumis à l'action de la culture morte.

3° Que le problème des vaccins chimiques est définitivement résolu, et que tout porte à crcire, qu'avec le temps, ou obtiendra des vaccins chimiques de tous les microbes pathogènes, dont les principes actits ne sont pas altérables par les substances capables d'occasioner leur mort.

10 Novembre iSS")

Brèves considérations sur l'étiologie et la prophylaxie du choléra morbus asiatique. — Opuscule publié à Séville, faisant partie de la Bibliothèque des Sciences médicales.

CONCLUSIONS. (Page 38.)

5° Le choléra est une intoxication aiguë, déterminée par un mycosis intestinal, dont le champignon est le bacillus-virgule.

6° Le poison, ou principe actif du champignon microscopique qui détermine le choléra, est de la nature de ceux auxquels l'homme et certains animaux peuvent s'habituer.

7° La température nécessaire pour causer la mort de ce champignon ne détruit pas l'activité de son poison.

8° Le champignon, injecté mort, peut déterminer les mêmes effets que le champignon vivant.

9" Le principe actif du bacillus-virgule, isolé au moyen de procédés chimiques connus, donne la résistance contre les effets du microbe injecté vivant, et vice versa.

10'' Les effets, déterminés par le microbe vivant ou par son principe actif, sont, jusqu'à un certain point, proportionnels à la quantité de culture injectée,

11° L'habitude est jusqu'à un certain point, proportionnelle au nombre d'inoculations reçues, et à la quantité de culture em ■ ployée pour ces inoculations.

12" Chez l'homme, ce champignon ne s'adapte et ne se reproduit bien que dans le tube intestinal.

13° Le champignon, injecté dans le tissu cellulaire, vit quelque temps, mais ne se généralise pas.

14° Le meilleur moyen de s'habituer au poison de cette cause pathogène, c'est de le prendre en injections hypodermiques, à doses progressivement croissantes: la vaccination anticholérique ne consiste pas en autre chose.

15° Les cultures douées du maximum de virulence peuvent être injectées impunément dans le tissu cellulaire sous-cutané, sans qu'elles déterminent jamais de flegmons, quand elles sont pures.

t6° Les résultats d'une habitude, ainsi obtenue, se traduisent par une perte progressive de la réceptivité individuelle pour contracter le choléra, et par une diminution extraordinaire des probabilités de mort, au cas d'infection,

17° La constance et la régularité que nous offrent ces faits, et qui constituent la caractéristique obligée de tous les faits qui sont assujettis à une loi, nous permettent de juger inutiles les mesures sanitaires qui vexent le commerce, et rendent difficiles les relations internationales ainsi que les rapports entre les villes et leurs habitants.

18° La création d'un Institut international de cholérisation préventive, dans tel endroit qui serait jugé le plus convenable, afin d'interdire la sortie à toute personne qui ne serait pas pourvoue du Certificat de réinoculation récemment délivré, éviterait l'importation du choléra avec plus de sûreté que les mesures sanitaires actuelles; de même que la cholérisation obligatoire, en cas d'importation, arrêterait les progrès de l'épidémie, dès son origine, et cela d'une façon plus sûre et plus efficace, et partant plus économique que les mesures actuelles, repoussées par la pratique, comme infructueuses et coûteuses, et aussi parce qu'elles paralysent l'activité de la vie moderne.

13 Janvier 1886

Note adressée à l'Académie des Sciences de Paris le 13 Janvier 1886

CONCLUSIONS

1° Que, chez les cobayes, les effets des injections hypodermiques de culture morte de bacillus-virgule sont, jusqu'à un certain point, proportionnels à la quantité de culture injectée.

2"^ Que l'immunité s'obtient au moyen d'injections plusieurs fois répétées.

3° Que les effets toxiques d'une culture vivante très-virulente sont plus accentués chez les cobayes qui on reçu les plus faibles doses de culture morte.

4° Que, si l'on injecte à des cobayes les poisons du bacillusvirgule extrait au moyen de procédés chimiques, ils acquièrent l'immunité contre l'action de doses mortelles de la culture vivante.

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