QUI ACCRÉDITENT NOS DROITS DE PRIORITÉ
Parmi les conclusions de la première Commission officielle, figurent les suivantes:
Que le liquide employé était une culture de virgules.
Que l'inoculation est inoffensive.
Que les statistiques paraissent favorables.
Tout le monde sait que cette commission, malgré ses nobles intentions et son désir de bien faire, ne put remplir son mandat jusqu'au bout, parce que le Ministre la rappela à Madrid, dit-on, pour des raisons économiques.
En outre, cette commission consigna dans son rapport:
Que le Dr, Ferrân est un homme de science, de probité et de bonne foi, qui étudie cette question avec une constance et un zèle admirables qui le rendent digne de la protection du Gouvernement et de la reconnaisance de V humanité.
Du rapport de Dr, D. Anacleto Cabeza, Médecin major de l'Armée, délégué par le Ministre de la Guerre, nous déduisons les conclusions suivantes:
Que dans le vaccin se révèle toujours la présence du bacillus- virgule.
Que les inoculations sont inoffensives et que la prophylaxie paraît être une vérité.
A la vue de ce rapport et de celui du Médecin major de la Marine, Dr. D, Vicente Cabello, les Ministres de la Guerre et de la Marine autorisèrent les inoculations dans l'Armée,
Les conclusions du Dr. D. Eduardo Garcia Solâ, qui fut délégué par la Députation provinciale de Grenade pour étudier notre procédé, disent:
Que le liquide employé contient des virgules.
Que la méthode d'inoculation est des plus simples.
Que les effets, qui sont la conséquence de l'inoculation, n'offrent pas de gravité et ne durent pas d'habitude plus de 36 heures.
Les membres de la Comission déléguée par la Municipalité de Linares, D. Francisco Bautista, D. José Abellan et D. Antonio Ruiz, disent:
Que le vaccin consiste en une culture de bacillus-virgule et que, aussitôt qu'il y aura menace d'épidémie, l'on devra pratiquer les inoculations à Linares.
Le Dr. Tufïôn, délégué par la Municipalité de Séville, dit que le vaccin est une culture du microbe même du choléra, non atténuée. — Ce Docteur a beau dire ensuite que les inoculations ne doivent pas être autorisées: son affirmation que le vaccin est une culture de bacillus-virgule nous suffit.
Le Dr. Leopoldo Murga, délégué par la Députation de Séville, dit dans son rapport:
Que la démonstration de la puissance pathogène des vigules sur les animaux peut se considérer comme un fait résolu et parfaitement démontré.
Que les inoculations, à dose suffisante, dans le tissu cellulaire sous-cutané des animaux, produisent une immunité assez marquée pour supporter les inoculations successives de plus fortes doses.
Que le syndrome produit par l'injection de la culture pure de virgules offre, dans certains cas, beaucoup d'analogie avec le syndrome du choléra.
Que le liquide employé pour les vaccinations consiste en une culture pure de bacillus-virgule, et que la technique pour sa préparation est des plus simples.
Que les troubles dus à l'inoculation n'offrent pas de gravité et ne durent pas d'habitude plus de 36 heures, ce qui nous fait croire qu'elle est inoffensive; les 150,000 injections, que représentent les 50,000 personnes inoculées, n'ont exigé d'ailleurs l'amputation d'aucun bras, pas plus qu'elles n'ont occasionné la mort des individus inoculés.
Que tous les faits défavorables, qui ont été publiés, manquent de fondement, comme le prouvent les documents transcrits.
Qu'il est absolument sûr de la véracité des statistiques, comme aussi de l'efficacité incontestable des vaccinations; c'est pourquoi il considère comme résolu le problème de la prophylaxie du choléra.
Les J délégués de la Députation d'Albacète, les docteurs D. M. Furiô, D. Francisco Romero et D. Francisco Ifiigùez de Montoya, disent dans leur rapport:
Que l'inoculation du Dr. Ferràn est complètement inoffensive.
Qu'elle a une valeur prophylactique réelle et positive.
Les docteurs D. Pedro Angel de Osuna et le Dr. Cristobal Garcfa, délégués par la Députation provinciale de Cordoba, terminent leur rapport en disant:
Qu'il n'existe pas de méthode prophylactique contre le choléra d'une efficacité aussi bien démontrée que les inoculations du Dr. Ferrân.
Les docteurs D. Pclegrfn Gonzalez de Castillo, D. Ezequiel Lorza et D. Donato Fernàndez Onate, délégués par la Députation de Logrofio, disent dans leur rapport:
Que les inoculations sont inoffensives.
Que la présence de virgules dans le vaccin est parfaitement démontrée.
Que tout porte à croire que le vaccin du choléra est découvert, et enfin, que, si cette épidémie envahissait sa province, l'on devrait pratiquer les inoculations.
Le Dr. D. José Rodriguez Martfnez, délégué de la Corufta, dit dans son rapport:
La vaccination du Dr. P'erràn constitue un procédé sérieux, raisonnable et scientifique, qui ne saurait nuire à la salubrité publique et qui donne l'immunité.
Le Dr. D. Gaspar P^issac, délégué par la Députation de Ciudad-Real, dit dans son rapport:
Que le vaccin contient le microbe cholérigène et que les résultats des vaccinations sont très -satisfaisants.
Les docteurs D. Thomas Acha et D. Félix Michelena, délégués par la Députation provinciale de Guipuzcoa, disent:
Que le bacillus-virgule est positivement la cause du choléra.
Que notre vaccin est inoffensif.
Le Dr. Cajal, délégué par la Députation provinciale de Zaragoza, affirme:
Que, d'après ses propres expériences, les animaux inoculés avec des virgules en injection sous-cutanée, deviennent réfractaires aux effets de doubles doses de cultures.
Les docteurs D. Manuel Marfn, D. Enrique de la Hos, don Antonio Escribano y D. Leopoldo Masso, qui pratiquèrent de nombreuses inoculations et purent en étudier, avec le plus grand soin, les effets et les résultats prophylactiques, affirment leur efficacité extraordinaire.
Le chef des travaux de statistique, qui accompagna la seconde Commission, conclut dans un sens favorable aux inoculations, malgré le peu de données qu'il put recueillir, l'épidémie ayant presque disparu.
Le Dr. Brouardel affirme dans son rapport: Que les microbes qu'il vit dans notre liquide de culture ressemblent, à quelque chose près, au bacillus- virgule.
Les docteurs Van Ermengem et Paul Gibier, affirment dans leur rapport:
Que, 3 jours après l'inoculation, ils purent remarquer la présence de virgules en quantité dans la partie qui avait reçu l'injection, chez des individus qui avaient été vaccinés par nous. Ces Messieurs prirent en outre, entre i6 matras qui contenaient chacun un litre de vaccin, celui qui leur convint le mieux pour leur servir de sujet d'étude, et, de cet examen, il résulta que le liquide consistait en une culture pure de bacillusvirgule vivant.
Il ne sera pas posible, après cela, que l'on puisse nous disputer la priorité de la découverte du vaccin du choléra .
Si, après avoir admis que le bacillus-virgule est la cause du choléra.
Que l'injection du bacillus-virgule donne l'immunité. Que nous pratiquions les inoculations avec le bacillus-virgule, on prétendait attribuer les honneurs de la découverte à un autre qui, trois ans plus tard, vient faire exactement ce que nous fîmes en 1885, ce serait absurde.