‹ RêveriesChapitre 33 sur 37 · L'INFINI · texte numérisé non relu

L'INFINI

Plusieurs livres sont utiles, et pourtant un livre nous manque. L'on en trouverait quelques pages dans les préceptes des vieux législateurs, dans les discours des hiérophantes , dans les hymnes et les poèmes sacrés de l'Orient. Il ne contiendrait que ce qu'il importe de ne jamais oublier. Pourquoi durant une suite de siècles ne l^-t*K)n pas écrit , ou s'il a existé, pourquoi les nations l'ont-elles laissé périr?

Ainsi les homme^qui ne peuvent rien faire d'im* posant , négligent encore une sorte de grandeur

«tt

proportiotinée a leur faiblesse. Nous nous agitons avec autant d'impétuosité que si nos heures étaient fiécottdesy mais nous prenons peu de soin pour que Tordre nous soutienne; nous nous attribuons Tempire, et nous ne savons pas même ennoblir notre dépendance. Qu'avons-nous fait depuis que la parole nous a été donnée? Que de sujets d'étonnement ! Quelle proportion entre ce qui doit être et ce que nous approuvons chaque jour , entre notre monde et le monde sans limites , sans erreurs » sans décadence?

Sur la ten*e même, quelque chose fut accordée rhomme pour entretenir avec force ce besoin d'impressions nouvelles, ce désir qui le charme et le tourmente y qui loi donne du malheur et du génie ; c^est la vue des constellations ineonnues jusqu'alors. Passer des bords de la Tamise aux mers du Japon^ sans beaucoup changer de latitude y ce ne serait rien voir qui surprh : le ciel de Méaco ressemble a celm îde Windsor. Mais d'ici au Mozambi(|Ue. tout est changé ; la croix du Sud annonce que le regA]i:d s'introduit dans une autre partie de l'univers.

Retenus sur le globe ^^ur cette masse ^ comme une pierre sur la rive oii ies flots la promènent sans pouvoir la soulever , nous croyons avoir en nous Tunique mesure^ et nous voyons dans les' bornes de

nos sens les bornes du monde. Néanmoins les astres fuient , le feu se propage , la lumière traverse Tespace. Pendant que nous aspirons une fois Tak qui retarde notre dernier soupir, des forces étrangères peuvent achever leur travail; mais avant qu*an autre ouvrage, également incdnnu de ftous, soit seulement fauché , notre race entière s'écoulera. Les mortels s'avancent avec enthousiasme, et se retrouvent au même point : ils se consument en efforts toujours réprimés par eux-mêmes, et c'est pour consacrer la mémoire de leurs calamités qu'ils élèvent âesmonumens.

Lorsqu'un Grec plus éclaité que ses compatriotes, et commençant a pressentir les dimensions des corps célestes , supposa que le soleil pouvait être aussi grand que le Péloponèse, ce fut un triomphe pour une multitude de gens d'esprit ; ils méprisèrent hautement les aperçus trop hasardés de cette philosophie qu'on se lassait déjà d'appeler divine . Mais ensuite un vewé donné par le hasard, ou bien des calculs que chacun peut aujourd'hui comprendre, nous ont montré la longueur des routes^du monde, et nous avons pensé que dix mille fois mille siècles ne conduiraient pas le v6l d'un aigle a î'extrémîté de }a portion des choses qu'il est permis d'entrevoîr. Cependant les lueurs de ces lieux reculés parvi^nent jusqu'à notre œil ,

et il contient pour ainsi dire Une partie des cieux. Plaignons l^homme assez vulgaire pour n*éprouver aucun changement dans ses inclinations après avoir considéré la profondeur des régions sidérales , pour ne pas Isentir chanceler l'ascendant des idées com* munesy pour ne pas songer du moins au miracle de notre petitesse.

Quelquefois nos facultés semblent tenir de Tinfini ; mais cette étendue même nous attriste parce qu'elle est inexplicid»le en nous qui passerons sans sortir de notre ignorance* Afin que le don de ht lumière éclairant pour nous Fespace, n'exalte pas nos prétentions y il est des hommes aveugles. La vue , cette merveille que des accidens détruisent» n'était apparemment ni difficile , ni essentielle. Il est aussi des hommes ineptes , et il est des hommes livrés à leurs passions. Vainement, pour eux , les combinaisons de rêtre, ou la moralité des actes volontaires, vainement les plus grandes pensées se prés^tent : toutefois la nature subsiste. Cependant s'il arrivait qu'un jour nul œil ne la vit, et que nul mortel n'aimât a la contempler v, existerait-elle encore ? Pourquoi les choses seraient-elles maintenues si toutes. ces images ne suscitaient dans aucune ame, avec le sentiment des facultés de la vie , quelques idées générales. Mais ce spectacle, ce prodige , quel

est^il a regard des bommes? leur vM et leur pensée auront^lles des conséqueaces heureuses dans le plan du monde ? Pour qu*U soit bon d'avoir regardé ou d'avoir réfléchi , il faut agir ensuite , il faut modifier ce qu'on a su connaître : c'est en proportion du pouvoir que la science devient utile.

De <juelle manière la vraie connaissance» la force irrésistible produit-elle la volontéchancelante^ la connaissance égarée dont se compose notre vie morale ^ Les plantes paraissent douées de quelque sentiment , ou même de quelque intention; mais elles ne choisissent pas l'occasion de sentir^ et elles ne sont pasémues au point de former des désirs^ des associations , des projets. Si l'animal possède des organes plus souples^ son nnstinct qui reste susceptible de repos y ne cherche guère de nouvelles analogies : le singe le plus adroit écoutera^ stupidement une lyre>- et flairera inutilement une rose (Y). Un homme isolé n'en saurait pas davantage ; il faut une grande impulsion , et pour qu'elle devienne générale , sans doute il faut avoir a suivre un chemin ouvert depuis long-temps. Otez la parole, l'hommeactuel n'est plus. Pour arriver a la parole , que de siècles peut-être d'une industrie communiquée acci^ dentellement. Les forces étant toujours actives, plusieurs produits sont incalculables; mais, dans la na-

lure, presquç tout paraît livré à Foccuienc^ et nul être ne doit avo^r une destination ahaolue^

Autour de chaque demeure planétaire, une légkia nébuleuse pçut iateroepter en grande pai^ la vue des choses élpignçes. La luoûère s'est réservé ^elques issues par où desœndent des elartés suffisantes pour avertir noire imagination. Celui d'entre nous qui se trouvem placé favorablement jugera ses w gardft dansFespace céleste; mais ne pouvant changer de situntion, il ne discernera qu ma petit 11091bre de mouvemens. fâ qui sait encore si ou est éclaire, ou si on n'est que surpiris.

Nous ignorons le but général ; mais ignoronsHOous l'inutilité de nos vues personnelles, et au contraire,i la perpétuité des desseins plus vastes selon lesquels nous pourrons être conservés comme des instru^ mens. Cherchons l'ordre; négligeons topte autre af^ fection. Que la justice donne quelque dignités a no* tre attitude passagère. Faisons ce qui semble conforme a notre nature^ ce que peut demander l'harmonie universeUe : le reste n'est qu'un jeu éénvié d'importance^

Si vous vous séparée des hommes, si nulle pré^ vention ne vous entraîne, si voy& n'êtes plus troublé par des rumeurs, ou des applaudissemens , il vous sera impossible de découvrir nue diiTérence sérieuse

entre Thindou pbscur qui triomphe dans une partie d'échecs, et Tchinghis qui tviomphe dans le jeu des batailles* Le kan Tchiaghis est immortel ^ dit-on ; nsais comment savmr ce que c'est que llmmwtalîlé chez une espèce fragile , et sur. un globe dont la j^ussière sera dispenée. Les syllabes d'un nojn qui raj^Ue de hardis exploit». réscmuent un peu plus long-temps ; lUftis quand on parie en face d'un'écho^ n'obtient-on pds un semblable avantage sur celui qui se place dix pas plus lois. Ce bruit a des bornes , et même des bornes actuelles. Il n'est pas un de ces hommes satisfaits d'eux-mesàes^ pas uo qui jamais ait commandé sur toute la terre , et dont le regard superbe ait embrassé jamais cette étroite enceinte. Ifotre lencmimée s'arrête sur le sol même qui nous porte. Dans 'les états d'un conquérant, des pâtres , des laboureurs même lie savent pas s'il est au monde. C^est un potentat y s'écrie-t-on. Mais la condescendanœ de tant de peuples y aùra-t-élle ajouté à la pompe de ces jours héroïques autant de plaisirs qu'un portefaix en rassembledahs une année? Combien est faH)le la charpente du corps de l'homme ! Bientôt elle ploie et tombe dans le sépulcre. Si nous von-^ Ions nous attribuer quelque grandeur , évitons du mosbs celte folie de ne pas af oucc notre infirmité. La terre même n'est ^'un globule lancé dans

l'espace y et dont la rume tardera quelques instans. Tout auprès se balance cette parcelle sphMque, cette lune dont les seuls habitans de la terre dessinent les ond)xes, et mesurent les précipices. Indus* trie des modernes ! n'est-il point d'expédient pour visiter durant une heure ces lieux qui s'of&ent k nous y pour commencer ainsi des recherches nouvelles, pour cesser d'observer des formes toutes analogues? Il semble qu'on poun*ait franchir cette distance; cependant l'air manque , et l'obstacle est in* vincible.

On répète ici avec emphase les mots de travail , de génie^ de succès : on nourrit ainsi notre présomption. Mais que reste- t-il de Pydiagore? Des acclamations lui rendront-elles autant de sentiment que .vous en voyez au moucheron , un quart d'heure avant qu'il périsse? Qu'avez-vous fait des cendres d'Oannès et de Zamolxis? La vie est un éclair dans la nuit; mais on veut retenir cette fuite, et on se promet de l'éclat dans cetle obscurité.

Ces projets si graves qui nous trompent nous-mêmes, tromperont-ils notre froide destinée sur cette terre abandonnée, ainsi que tant d^autres, dans le silence des cieux ? Les divers mondes qui s'approchent ou s'éloignent sans cesse, oiït-ils quelque idée de nosmouvemens? Et ici même où on suppose que

aous vegaons , quelle tiace laissons-nous? La muette oscillation de cette boule qui nous porte n'a pas été dérangée par nos élans belliqueux y par notre enthousiasme aux champs d'honneur^ par les plus ardentes journées de nos glorieuses funérailles.

Qui de nous a été frappé de l'immensité des choses ! De combien de vitesse nouvelle nos projectiles auraient besoin pour parvenir en im siècle auprès du §^obe le plus faiblement éclairé qui circule autour de notre soleil ! Où finissent les autres astres dont nous apercevons les premières lueurs? Par quels chiffires avons-nous compté les demeures planétaires où la notre ne sera pas connue? Savons^nous sur^ tout par quelle raison qui^ seulement entrevue, changerait Faspect du monde ^ et peut-être les entiment de nos destinées y par quelle raison décisive les surfaces habitables occupent si peu de place dans l'espace? Sur l'une d'elle , derrière des nuages , nous avons l'art de former d'ambitieux désirs , et de nous promettre mutuellement l'immortalité!

Ces rapports et ces contrastes, qui doivent caractériser a jamaisle plan du monde y n'ont-ils point, pour accabler l'imagination, pour montrer le néant de l'homme , des moyens plus effirayans encore, et plue reculés dans Tabyme? Sans doute ce n'est pas a la matière a ne connaître aucune limite. La nécessaire

iiniltipH€ité dés formes , cette diversité des conceptions sera plus près de l'infini dans notre pensée que ne Fest k nos yei^x retendue positive. Si nous comparons auprès de nous le moucheron a la baleine y la «henille au lion^ le renne au polype ^ la différence parait extrême, et pourtant ce doit être, dans Tordre général^ une sorte de ressemblance : nous ne voyons ici c[u'un peuple ^ le peuple de la terre.

Les modifications terrestres de la forme commune^ ces nuances dépendent du séjour dans Tair^ ou dans les eauXy de la proximité dii pôle , et sans doute de la succession des temps. La mer est souvent retentissante^ et ses babitans sont muets. La terre au contraire serait presque silencieuse ; mais les êtres qui s'agitent sur le sol , soit qu'ils vivent , soit qu'ils végètent ^ auront des voies sonores ^ et de fréquens murmures. Si on s'élève dans l'air, oh n'entend plus que des bruits accidentels; l'animal qui peut y pousser des cris, ne sait y planer que par intervalles*

Des cbangemens plus marqués distinguent les globes. Celui que la terre entraine constamment avec elle peut noumr des êtres dont ici l'exisiaice ne sera pas même devinée. Comparés a eux , tous ceux que nous connaissons, l'érable ou l'héliotrope, et même le cygne ou la couleuvre , sembleraient de la même nature.

Pénétrons davantuge dans ceis profondeurs. La lune est trof près de la terre. Mercure ouPaUas, ou même Herschell sont éelairés aussi par les rayons que nous pouvons décomposer. Laissons Tinfluenee de ce soleil qui donne une teinte uniforme a tout ce ^u'il éebauffe; voyons des planètes aninxées par d'autres reflets, par d'autres moyens: La se trouveront des êtres vivansdont la physionomie paraîtra plus étrange ; là commencera d'une manière plus , sensible là chaîne des oppositions du monde.

Mais cette progression des différences est incalculable. Les astres se combinent y ou se sépacent en groupes variés; ils forment des classes ^ des genres dont les feux innombrables tempèrent seulement là nuit d'une immense régsoud'incertitude^ d'abandon, de tristesse. Et ailleurs peut-être il n'est plus d'astres , de sphères, de rotation^ plus de ténèbres ou de lumières, plus de mouvemens paraboii^es, plus de mondes comparables à notre monde. Ce que nous nommons la natifire est la perception de l'infini sdus toutes ses formes.

Qujy a-t-il au-delà de ce que nous entrevoyons , au delà de ceqùi pourraitêtre connu? Ce qui nesaurait l'être, ce que ne saurait bien comprendre ach ouae intelligence finie. Qu'y a-t-ii dont l'existence soit essentielle? La connaissance positive, l'ordre

parfait y rinépuisable production ^ la lumière étarnelle^ ce que, luême en s'égarant dans Torobre, od invoque sur toutes les sphères.

Une source lumineuse vivifie sans cesse la matière inactive ou indiffîrente , et a^tistement rebelle. Plus de manifestation y plus d'intelligence , si le principe de lumière y si Tordonnateur suprême n*était pas. S'il n'était pas y les sensations ^ les perceptions , la réflexion ne pourraient être, nous ne serions point. On ne suppose pas^ on n'apprend pas l'existence du pouvoîrperpétuel et irrésistible. On kvoit puisqu'on existe : cette vue n'échappe qu'a l'enfance^ parce que son oeil n'est pas ouvert, ou peut-être à la vieillesse , quand sa paupière est appesantie.

n est vrai, hommes libres, hommes religieux de toutes les nations, vous n'avez pas reconnu la divinité dans de folles images que des artisans fabriquent ; vous n'avez pas blasphémé le nom sublime. Malheur a vous, hommes circonspects ! le jugement delà foule est plein de faiblesse, et quand on ne croit pas a sa manière, elle s'alarme. Elle se com« plait dans sa superstition farouche ; elle est parvenue a cet excès de faire Dieu irritable et passionné. Humilions , s'écrie-t-cUe , quiconque se permettra même un blâme indirect. A l'entendre, si quelqu'un cherche a entrevoir la grandeur des choses divines,

c*est pour s'en détacher avec plus deliardiesse. Elle ne souffre pas que des esprits thnorés, négligeant y par im heurçux sentiment du devoir , de trop vul*gaires démonstrations» adorent silencieusement celui dont n'approchent qu avec trouhle la pensée ou le désir, dans leurs inspirations les plus hautes et le$ plus consolantes.

S'il était possible qu'il n'y eût point d'ordre per* pétuely l'intérêt des hommes réunis voudrait encore le maintien de la règle adoptée pous les choses présentes. Mais, comment sij^poser que nous soyons , et que le tout ne soit pas , ou que Tuaivers exist», et que le principe général n'existe pas?

Si notre pensée a pu s'introduire dans les régions célestes, rien d'humain ne la subjuguera désormais ; ^ futiles convenances n'abs(»beront plus nos momens. Que peut-il y avoir de salutaire pour nous ai ce n'est le vrai, ou d'impo|tant , si ce n'est l'avenir ! Qugnd on sait le prix du repos de l'ame, on s'attaclie a l'équité; Dans le tout, la puissance et Tordre sont insépaïaUès ; l'ordre et quelque bonheur le sont dès aujourd'hui chez des mortels sensibles, instruits, ingénieux. Tout bien éqpiane du . principe 4e l'ordre : prétendre s'endétachçr ce sevait tomber dans des voies d'afiàiction.

Notre rôle sur la terre est sans doute incompréhen-

stUe; néanmoiitô des aYjertissemens trop souvent négligés ire cessent pas d'indiquer un but> la ju^ tice. La connaître et s'y refuser -, ce . ne serait pas uae simple, faiblesse. La punition du vice sera toujours de yoîi te vrai, et de se- croire réduit a le nier; pais ravepglement est moins rare que cette dépravation. Aux portes du sépulcre, lorsque finissent tant de désir%inquiets, et de perplexités, lorsque ce-^ pendant on m peufplus séparer aucune faute, qui ne frémira d'avoir publié, sous le joûg i<te spins Jerres* très, le plus noble penchant, cet aniour du. beau cfuî eût s<ffvi de guide jusqu'à l'heure oii peut^tre commencent les choses irrévocables?

£st41 quelqù'uti qui n'ait pas entendu les me» paces de la mort ? £Ue est présente, elle nous toudie* Nos «nts n'existent que par elle , et nos joies en multiplient les atteintes. Nous avons um instant de vie, pour être les agens^deja mort : nos pieds fouleront ses victnnes , et ncgre a^pitation les englqutira* Ao moment où nous célébronmos^iicc^, nous sOm>^ mes vétosde débris, nourri» de débris, assis survies débris. La main, dont le geste solennel indique quelquirfbis d'incDirnptS>lès tleineures , est atusn chargée 4je bénir- ceux gue l'étendard des combat» rassemble sur le champ ^e mort. Au milieu de noi» plus fiantes campagnes, que de& hommes morts de-

pois avaient défrichées , se sont élevées nos basiliques construites par ces mêmes hommes y<et nos capitales qu'ils embellirent. Ils ont prépaie notre fasti; leurs sacrifices font aujourd'hui notre orgueil , et souvint c'est- de notre deutter jour que nous atten-' .dons .nous-mêmes une sorte d'existence m^ns fugiw tive. ♦

Ce que vos terreurs^ont faifnommer le catacl^^e universel n'éttât qu'ui» incident qui se 'npouvel* lera cent fois dans chacune des périodes dont se compose le cowrs du monde. Ces ondées surabgn-r dames ont pour objet de fertiliser ou de rajeunir les globes, et elles so'ont suivies de siècles semblables aux jours sereins que vous admirez aujourd'hui , lorsqu'un orage vient de rafraîchir vos vergers. Tandis que le soleil luit sur un 'terrain humide^ le^ plantes prospèrent et les insectes puUulf^nt. Ainsi ^ ^ après un dâuge y vous descendez dans les plaines , vous les partagez en empires , vous formez d^s musées ^ vous, bâtissez des pyramides. Mais un jour vous verrez baisser l'eau dès^étangs que vous appelez des mers iîitérieures ; alors le Danube , le 5il y le • Gange y tous ces ruisseaux seront près de tarir. La végétation cetera en divers endroits , ttj plus tigrd, le^ peuplades humaines disparaîtront. Et ensuite, des météores peu coniuis s'approcheront y et les

'sérvoirs se renpliront^.etle soi. étant ainsi humecté, une multitude de raecs nouvelles recbmmencext>nta^la hâtt des annales $avantes^ ou des liturgies im*périssables*

Nous^ ne découyrirDai,îamais sur notre ttïm que des simi^acres de r^rek> Les ombras, au milieu des* quelles nou§ vivons, et çiî s'affaiblissent .miitueller jntnt , paraissent ellei-mêmes difficiles a bien observer. Si noutaous préparons a1es4nterroger, déjà elles suqcombent» Une nuée de poussière tipuble les

«regards et cache Tinfini. Mais si vou» l'avez «itrevu, nécessairement vous le chercherez toujoura : la voix ded4nortds trompés vous distraira, sans vous suffire»

^OVLS ne faisons qu apparaître dans un monde soumis comme noua aj^ pouvoir du temps. De lon-

** gués traces de dest]:uctipn> sillonnent l'espace. Aupièsvde nous, Feau qui s'élève en vapeurs invisibles retodbeen* goutter pesantes, et partout le mouvement des choses , seerètement reproduites , semble n'être qu'un perpétuel ^écroulement. Rien de ter^

• ^stre ne pourrait satisfaire une intelligence sortie des bornes de l'instinct. Pendant nos jours rapides^, négligeons \;e qui est personnel* En i;^nonçant a des joies mêlées de regrets, ou suivies d'amertume, ifbus ^rons çntrainés avec moins <Je douleur dans la ruine

desk êtres : nous écha|iperons ap déMM|^einent , parce que noui aurons changé iVespérance. Vous qui lisez ceci, vous, dont T^me resiera jeune , e^la ., pensée indépendante ; vous , que n'auront pas fatigués les démêlés ou les intrigues du jour, et qui |*. "* facilement émus, saurez néanmoins que là vérité est sévère; ypus en petit nombre, hommes nouveaux, dont Tattention ne dépendra des faveurs d'aucun parti (Z), songez a la sagesse inaltérable.

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