SCÈNE VI
ÉLISE, puis JEANNE.
(Élise s’approche de la table & droite et pose la main sur un ressort qu’elle s’apprête à faire jouer, lorsqu’elle voit rentrer Jeanne; elle s’arrête, reprend le livre qu’elle a apporté, s'assied, et se remet à lire. Jeanne a suivi tous ses mouvemuts, et vicut à elle.)
JEANNE
Élise... ma bonne Élise... est-ce que je. le gène?
Quelle idée! toi ma sœur... mon amie véritable... ma seule amie...
JEANNE
A son amie... on dit tout... on ne lui laisse pas deviner...
ÉLISE, vivement.
Quoi donc? qu’as-tu deviné?..
JEANNE
Rien qui doive te troubler... ou le faire rougir! Tu es une brave et honnête femme! (Élise lui serre ta main.) mais à commencer par la Pauline de Polyeucle, que l’autre jour nous lisions ensemble... il y a de tres-honnètes femmes qui n’aiment pas leur mari.
ÉLISE, vivement.
Que dis-tu?
JEANNE
D’amour... s’entend! on n’est pas maîtresse de cela! (Avec bonté.) Écoute, ma bonne Élise, ne me réponds pas, si tu ne le veux pas... mais laisse-moi te demander pourquoi tu t’enfermes si souvent... dans ce petit salon... pourquoi hier et à l’instant môme encore tu étais si troublée?..
ÉLISE
Pour rien... je te le jure.
JEANNE
Moi, je vais te le dire. C'est qu’hier, quand je suis entrée, tu étais près de ce petit bureau, (Elle passe à droite.) qui fut celui de ma tante Gertrude... tu venais de refermer vivement, je ne sais quel tiroir, et j’avais entendu le bruit d’un ressort qui «toit être là... (Elle pose la tnaiu sur le ressort qu’Élise s'apprêtait i faire jouer.)
JEANNE
Ressort que je connais!., et la preuve... tiens, le voilà ouvert. (Elle a puiissé le ressort, cl un tiroir s'est ouvert du côté du public.)
ÉLISE
Ab ! imprudente que je suis |