ACTE I, SCENE II
JEANNE, souriant.
Et bientôt majeure... (Preoaul la main de Ualibon.jTu veux donc que je le quitte...
DALIBON.
Non; mais moi, ton frère aîné... et de beaucoup! si je te quittais... Un malheur peut toujours arriver... On vit si vite, maintenant... une vie en chemin de fer... et si j’allais... dérailler? Je veux au moins te laisser avec un mari, des enfants, un bon ménage, enfin... comme le mien.
JEANNE
Si le tien me suffit et me tient lieu de tout?
DALIBON.
Ce n’est pas possible !... tu es jeune, tu es charmante... tu as une jolie fortune... quinze à dix-huit mille livres de rentes... pour le moins.
JEANNE
Bah! notre pcrc ne m’en a laissé que douze.
DALIBON, se fâchant.
Est-ce que tu voudrais maintenant me chicaner sur mes comptes... et sur ma tutelle?
JEANNE, le calmant.
Elit non... eh I non, mon bon frère.
DALIBON, de mime.
Ça ne m'étonnerait pas; tu es capable de tout! Tu as pris à tâche depuis quelque temps de me contrarier à tout sens! Plus je montre d’envie de te voir mariée, plus tu mets d’entètement à rester fille. Il suffit que je te parle d’un prétendant pour que tu le tournes en ridicule ou que tu le prennes en grippe... et celui à qui j’accorde ouvertement ma protection, peut à l’instant même compter, sur ton refus.
JEANNE
Quelle idée!
DALIBON.
Enfin, Dujardin... Horace Dujardin, un agent de change remarquable... qui a de l’esprit, de l’instruction... qui est intéressé dans toutes nos grandes entreprises... qu’as-lu à lui reprocher?
JEANNE
Qu’il fait trop de choses pour s’occuper de sa femme!
DALIBON.
Et Eurvale DcSmichels.,. le petit cousin d’Élise.. un jeune
10 RÊVES D’AMOUR
homme charmant... élégant... qui a trente mille livres de rentes... qu'as-lu à dire de celui-là?