‹ Reves d'amour comedie en trois actes et en proseChapitre 64 sur 92 · SCÈNE PB EM 1ÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PB EM 1ÈRE

MELFORT, seul, sortant du salon adroite.

Je n’en puis revenir encore! Cette journée dont je me fai-, sais d’avance une idée si douce, n’a été pour moi qu'une suite de déceptions. Jeanne n’est plus celle que j’ai vue autrefois et qui m’avait charmé. Elle est toujours gracieuse, prévenante, aimable avec tout le monde... mais avec moi, c’est une froide politesse, c’est un air d’ironie qui perce dans ses moindres paroles... qu’ai-jc fait... quel est mon crime?... d’aspirer à sa main, de me présenter à elle avec le consentement de son frère. Je ne vois dans une telle démarche rien qui doive exeiter sa colère... ni justifier l’expression de dédain qui semblait errer sur ses lèvres! D’après le caractère que je lui supposais, j’attendais de sa part, même cil cas de refus, une explication franche et loyale que depuis le dîner je n’ai pas encore pu obtenir. Mais ce qu’il y a de plus élonnant encore... c’est sa bellesœur... madame Dalibon... que diable, celle-là, je ne viens pas pour l’épouser... et cependant, elle setnble aussi prendre à tâche de m’éviter : quand je m’approche, elle se réfugie près de sa sœur... quand je lui adresse la parole^elle me répond à peine... quand je lui donnais la main pour sortir de la salle à manger... on aurait dit qu’elle tremblait de peur! je suis donc un épouvantail pour toute la maison... et un autre ennui, le petit cousin, M. Euryale... un bavard, un fat, un impertinent... qui a l’air de faire la cour à ces deux dames... et d'èlre sûr de son fait... Heureusement, je lui ai donné une leçon dont il ne se vantera pas. Il n’y a ici de franc, de loyal, de dévoué à mes intérêts, que M. Dalibon! l’excellent homme a tant d’envie de me voir réussir dans mes projets, qu’il se persuade que tout va à merveille!

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