LES VENDEURS CHASSÉS DU TEMPLE AS
Jésus montait au temple en un matin de fête : Le soleil empourprait les murs de la Cité,
Et de ses rayons d'or auréolait la tête
Du doux maître aux regards pleins de suavité.
Le temple s'élevait rayonnant dans sa uioire, Son pinacle doré de feux étincelle
Et Jésus, en passant, jeta sur le prétoire
Un regard douloureux qui perçait l'au-delà,
Jésus marche à pas lents : Soudain, au pied des marches, I s'arrête un instant, De ses yeux courroucés,
Fixés sur le parvis, il voit, là, sous les arches,
Des marchands sans tenue aux gestes déplacés.
Apres au gain, criant pour arrêter la foule, Ils offrent pour de l'or colombes et béliers, Genisses et taureaux. Le marchandage roule Ignoble et plein de bruit, se brisant aux Piliers.
Et dans les profondeurs de l'enceinte sacrée. Fermant le Saint des Saints, le grand voile apparaît. La foule des vendeurs se démène affairée Jusqu'au lieu où jadis seul Je prêtre priait.
Jésus jette un regard vers le saint tabernacle Puis, il fixe les cieux ! Sa face resplendit, Son être tout entier par un soudain miracle Exhale le Divin, et le Maître grandit.
C'est le Juge inflexible en présence du crime : C’est le grand défenseur de tous les droits de Dieu : Et Celui qu'on invoque au temple de Solyme Est son père insulté ! Son regard est de feu.
Une corde giît là, au travers d'une table :
Le Maître s'en saisit, la plie à triple tour
Et de ce fouet vengeur, le Jésus tout aimable, Terrible en son courroux, fait tout fuir à l’entour.
Les étaux renversés : Des cages entr'ouvertes Les colombes ont fui. Roulant sur le pavé Tintent les pièces d’or. Gémissant sur leurs pertes, Les usuriers s'en vont fuyant le fouet levé.
Le f net vengeur tournoie ; et cinglés de morsures, Les .4rchands fous de peur poussent des cris perçants, Mais le regard divin les crible de brûlures
Plus cuisantes cent fois. Oh ! ces yeux si brûlants !
Mais c’est la voix du maître encor bien plus terrible Qui sonne comme un cor en des accents vainqueurs, Cette voix du Rabbi les poursuit et les crible
De coups plus redoublés qui flagellent leurs cœurs.
“La maison du Très-Haut, la maison de mon père — Et les mots véhéments s’entremélent de pleurs ‘ C’est l'asile de paix, la maison de prière
“Lt, par vous, la voici caverne de voleurs ! ”
Les fuyards sont bien loin, la terrible parule
Les poursuit sans relâche ; et les échos hurleurs Senflent de mille voix. Le terrible mot vole Toujours plu: loin, toujours plus fert : Voleurs ! Voleurs !
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