PE STET
Le baïser d’un enfant, c'est frais comme une rose, On le sent plein de vie, et c’est si douce chose ! L'enfant qui vous le donne a ce puissant moven D'unir intimement votre cœur et le sien.
De la vie, en effet, l'enfance est bien la fleur : Gracieuse comme elle, elle en a la fraîcheur.
Nous voudrions pouvoir la garder immortelle.
Hélas ! la fleur s'effeuille et l'enfance est comme elle.
Nous sentons, frémissants, de notre être tomber Chaque jour quelque chose : un pétale léger ! Voulons-nous retenir le pétale fragile :
Nous sommes impuissants. Le temps est plus agile.
Le printemps est passé : mais l'été aussitôt
Gonfle les fruits vermeils qui vont murir bientôt. Et muri par les ans, l’homme aussi lui s'efforce De faire quelque bien : c'est le fruit de sa force.
Le jardin se dévouille, il devient triste et nu : Le soleil n'est plus chaud et l'hiver est venu. Et chez l’homme, beauté, force, ardeur, tout s'efface,
Le temps emporte tout : l'hiver est là ! tout passe !