‹ Rêves et penséesChapitre 19 sur 78 · MEDIOCRITE · texte numérisé non relu

MEDIOCRITE

Effroi des lieux déserts, triste ronce chagrine, La science te dit Rosacée, une sœur De cet éclat magique et de cette douceur, La rose, triomphante en sa pourpre divine.

Votre commune race en elle obtient sa fleur Et tu n'as, semble-t-il, hérité que l'épine; Accessoire chez elle, en toi le mal domine Qui verse, au lieu d'arôme, une prompte douleur.

Cependant ta corolle est rosée et touchante; Entre la fleur illustre et toi, ronce méchante, Il n'est à te bien voir que du plus et du moins.

Qui sait si, recevant des honneurs et des soins,

Tu n'aurais pas vêtu sa robe lumineuse

Et, comme elle, embaumé ta malice épineuse !

Les Rêves 51

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