RICHESSE ENFANTINE
Les enfants qu'on n'a pas gâtés Aux clairs étalages des villes, Se forment des propriétés Avec les choses les plus viles.
Un débris stérile, un objet Tombé par la fenêtre ouverte, Auquel personne ne songeait, C'est pour eux une découverte.
Un fragment aigu de miroir Rejeté sans cadre et sans forme, Leurs yeux jeunes savent y voir La nouveauté du monde énorme.
Ce que, lassé par le destin, Notre âge avec mépris leur cède Est repris par le frais instinct Qui veut que toujours l'on possède.
On voit ainsi le printemps gai Recueillir et changer en roses Tout ce que l'hiver fatigué Abandonne aux métamorphoses.
Les Sentiments 143