Pontob délia species
Un exemplaire, du Pérou, long de 58 mm., large de 5 mm. au maximum. Les orifices sexuels sont percés l’un entre les anneaux 15 et 16, l’autre entre les anneaux 16 et 17. Les anneaux sont au nombre de 59; l’anus débouché sur l’anneau 57.
A première vue, cette espèce ressemble beaucoup à la précédente; elle en diffère néanmoins par quelques particularités. Chez Pontobdella verrucata, les anneaux sont au nombre de 60, l'anus s’ouvre entre les anneaux 58 et 59, l’orifice mâle entre les anneaux 16 et 17, l’orifice femelle entre les anneaux 18 et 19.
Ce sont là, sans contredit, des différences suffisantes pour légitimer l'établissement d’une espèce nouvelle; néanmoins, nous hésitons à nous
postérieure, vue par la face dorsale et grossie.
prononcer, jusqu’à ce que nous ayons pris connaissance des Pontobdella planodiscus Baird et P. variegata Baird, espèces originaires de la Patagonie et apparemment voisines de celle qui nous occupe.
GLOSSIPHONIDES.
Genre Haeuientei*ia F. De Filippi, 1849.
F. De Filippi (S) a donné de ce genre la diagnose suivante:
« Corpus depressum, latum . Acetabulum anterum impervium. Os in margine supero . Lingua longa , exigua, valde musculosa .»
Une diagnose beaucoup plus détaillée est due à R. Leuckart (S), auquel De Filippi avait communiqué quelques exemplaires d ’ Haementeria mexicana:
« Corps large et aplati, fortement annelé, atteignant en général une taille considérable, arrondi en arrière, effilé en avant. Surface ventrale plane. Dans la partie moyenne de la face ventrale, les différents segments sont assez régulièrement divisés en 5 anneaux (en 6 sur la face dorsale), qui se réunissent par paires de façon à ce que l’anneau mo}^en reste simple. Ventouses relativement petites,- l’antérieure bilabiée à l’état de repos, et annelée à sa face interne. L’orifice buccal est petit et situé à l’extrémité antérieure du corps, du côté du ventre. Deux yeux très proches l’un de l’autre, à la face dorsale du deuxième anneau. Le bord postérieur de la ventouse antérieure est formé par le neuvième anneau. 27 anneaux plus en arrière se trouve l’orifice mâle, tuméfié et suivi de l’orifice femelle, moins apparent, à une distance de trois anneaux. La trompe est un long cylindre, qui s’effile vers son extrémité libre et finalement se continue en une fine pointe. Son extrémité postérieure s’épaissit et est pourvue de deux paires de muscles, qui se portent en arrière et en avant et renferment un grand nombre de glandes unicellulaires. »
Cette diagnose est inexacte en ce qui concerne la répartition des anneaux par rapport aux somites; elle fait -intervenir d'autre part des caractères trop variables d’une espèce à l’autre pour pouvoir être invoqués dans la caractéristique d’un genre. Enfin, la création récente de notre genre PlacoMella ( 11 ) nous engage à proposer pour le genre Haementeria une diagnose nouvelle, qui sera libellée ainsi:
Corpus depressum , latum. Acetabulum anterum impervium. Os in labio anteriore aut in parte anteriore acetabuli Mans. Proboscis longa , exigua , valde musculosa. Dorsum verrucosum. Ventrali superficie inspecta , in media parte corporis secundus tertiusque an nuli uniuscujusque somiti a sulco profundo transversim dividuntur . Oculi duo.
Corps déprimé, large. Ventouse antérieure imperforée. Bouche percée
dans la lèvre supérieure ou dans la partie antérieure de la ventouse. Trompe longue, étroite, très musculeuse. Dos verruqueux. A la face ventrale et dans la partie moyenne du corps, le second et le troisième anneaux de chaque somite sont dédoublés par un profond sillon transversal. Deux yeux.
Les Ilaementeria portent leurs oeufs et leurs petits fixés sous le ventre,* ce procédé d'incubation est d’ailleurs caractéristique des GIossiphonides.
Jusqu’à ce jour, on ne connaît qu’un petit nombre d’espèces d * Hciementeria, décrites par De Filippi : H . GliUianii, de l’Amazone (Brésil), IL officinalis et IL mexicanci , du Mexique. Comme nous le démontrerons, ces deux dernières espèces se réduisent à une seule. Au total, on ne connaît donc encore que deux espèces d 'Ilaementeria; nous allons en donner la description.
Nous possédons en outre d*autres espèces du Chili et du Brésil, que nous nous proposons de décrire prochainement. Nous pensons aussi que les Haementerici existent dans l’üraguay et dans la République Argentine; c’est à l’une d’elles, selon toute apparence, que M. le D r C. Berg, directeur du Musée de Buenos-Aires, fait allusion en ces termes, dans une lettre qu’il nous a adressée à la date du 6 juillet 1892: « Le Muséum de Montevideo possède une Clepsine vivante, énormément grande (de 8 à 9 cm. de longueur), laquelle a élevé des petits qui font déjà des excursions, revenant plus tard s’attacher au ventre de la mère; celle-ci s’alimente du Mollusque Physa rivalis Sow. ».
Il est intéressant de noter que le genre Haementeria est, jusqu’à ce jour, exclusivement américain.