CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES DINODERINAE
Caractères essentiels. — Labre grand, tout entier visible, en double ogive ou subtrapézoïdal, disposé dans un plan faisant un angle avec
W'visio)! (les linstnjdu'dfs. 343
celui de l'épistome. Hanclies ant/'ilenres traiisverses, peu saillantes. Yertex très brillant, lisse ou ponctué, non granulé ni ruguleux..
La forme générale du corps des Dmodennae est cylindrique ; le faciès rappelle celui des Scolytides du type Xijloborm. La taille n'atteint pas la moyenne.
Le tégument montre très souvent de petites saillies cuticulaires que nous avons appelées granules et de fortes ponctuations. D'ordinaire les granules sont élevés et à parois abruptes; ou bien ils forment de petites élévations à pente douce. D'autres fois ils sont plus ou moins déprimés et comme écrasés. Ceux de l'aire postérieure du pronotum des ProKtephanm ne font plus aucune saillie et simulent, par leur contour, des écailles imbri(piées.
La présence fréquente de crins raides, dressés, assez épais et assez courts sur les élytres donne un caractère particulier aux Dinoderinae, car ces crins ne s'observent ; guère parmi les Bostrychinae. Cliez les Dinoderm i ces poils dressés sont plus ou moins barbelés; % j' ceux du front et du scape antennaire du D. pili- SJ frons sont même plumeu\. Dans nos descriptions | nous les avons souvent confondus avec les pre- ^|, miers sous le nom de crins à cause de l'aspect ^ \ qu'ils présentent lorsqu'on les examine à la loupe.
Le vertex est très développé, siu'tout cliez les Di- i'ig- 20. — a, Poil
nodenis. Il est régulièrement convexe^, très bril- dufuniculeaiiten-
lant, lisse ou ponctué, mais sa surface n'est ja- "^"'*' *^" ^'"o*'^*
mais granulée m ruguleuse. ', ' ., ,
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La présence ou 1 absence d.'S sutures lumlantes j^ ^.^.^.^. ^^pj^^,^
du front et les dimensions de cette partie de la ^^^g^ élytres du D. tète comparées à celles de l'épistome ont été uti- minutus Fabr. Usées pour la distinction des genres. Le bord antérieur de l'épistome est toujours largement échancré en arc de cercle.
La pièce basilaire de la tète, extrêmement réduite en largeur, n'apparaît en arrière que conmie une ligne longitudinale.
Les yeux îont constamment suréle\ es au bord postérieur et les tempes forment en cet endroit un angle rentrant.
Les antennes comptent dix ou onze articles, la massue étant toujours triarticulée ; les deux premiers et le dernier articles varient dans leurs dimensions et fournissent des caractères' génériques. Les articles de la massue paraissent constamment dépourvus des grandes cavités sensorielles ou dépressions (|ue l'on observe cbez beaucoup de Bostrychides.
P. Lesne.
Cependant il existe sur la tranche apicale de chacun des deux premiers articles de la massue antennaire du Prostephanus inutrntus une fovéole très densément velue.
Le labre est caractéristique. Il est plus grand que chez les autres Bostrychides, tout entier visible, transversal, non échancré au bord antérieur, ayant la forme d'une double ogive ou étant presque trapézoïdal {Stephimopachys). Son plan fait, avec celui de l'épistome, cet
angle légèrement saillant qui, joint à la courbure
régulière du pronotum, donne un prohi particulier
aux Dinoderinac.
Les mandibules sont peu dyssymé trique s ; celle de
droite est simple et très pointue a l'extrémité, celle
Fig. 21. — Rhizopcrthadominica l'abr. Antenne.
Fig. Tl. — Stephanopacfiijs quadricoUis Mars. Màchoh-e.
de gauche li-gèrement inlide au bout. La môla basilaire est bien développée, surtout dans le genre Diuodenis. Chez celui-ci la dyssymétrie mandibulaire est a peine marquée; seule la saillie dentiforme préapicale du bord interne est plus saillante sur la mandibule gauche. Nous avons signalé plus haut la présence d'apophyses sur la face dorsale des mandibules dans l'un des sexes du Prostephanus sulcicoUis.
On observe toutes les parties habituelles dans la mâchoire des Dino- Jp)v»fy?. Sous-maxillaire, maxillaire et sous-galéa sont absolument normaux. La pièce jialpigère. rejetée sur la face dorsale du corps delà mâchoire, ne fait saillie au bord externe que chez les Dinoderus.he palpe est toujours composé de quatre articles, le premier article très petit, le
Ilerision fies Bosinjchidps.
dernicr le plus grand, coiioïdo. Chez les Dinodcrns. les articles moyens du palpe sont très courts, larges, obliquement tronqués , de sorte que le palpe est fortement coudé au repos; chez les Hhizopcrtha, Stephnnopachys et Prostcphanus, le 2* article est au contraire allongé. Le galéa est I)iarticulé; son premier article est très court, annulaire, for-
Fig. 23 et 2 4. — Dinndenis miniilus Fabr. Màclioire et lèvre inférieure. La languette a été écartée du nientcjn ; le sous-menton n'est pas tiguré.
tenient chitinisé; le second article, très développé, se divise en deux parties : l"^ une région basilaire. cliitinisée, formant le cori)S principal du galéa et dont la surface est glabre ou ne présente que quelques soies Unes; 2'' une région apicale bien plus courte, hyaline, sur laquelle s'insère une toutïe serrée de poils longs et épais, incurvés en dedans à l'extrémité. L'intermaxillaire est grand, digitiforme ; son bord interne, surtout dans la moitié apicale. est fourni de soies épaisses, incurvées.
La constitution de la lèvre inférieure est également normale. Le sous-menton et le menton sont larges, le premier très court, le second transverse, trapézoïdal et tronqué au bord antérieur, sauf chez les Prostephinius où il est largement biéchancré avec les angles antérieurs saillants. La pièce palpigère n'oll're pas de caractère spécial; le palpe, Inarticulé, a son premier article tantôt petit {Rhizopertha), tantôt aussi long ou plus long que le 2''; le deuxième article large, renflé, obliquement tronqué au sommet; le troisième épais, fusiforme ou lagéniforme {Diiioderus), plus grand que chacun des deux autres. Les paraglosses, tout à fait hyalins chez les Di-
Fig. '25. — Prostcphanus (runcatiis Horn. Menton et sous-menton.
P. Lesne.
nodenis et Rhizopertha, sont Ijicn distincts ;lt'ur bord interne est abondamment velu. Le lobe médian de la languette, densément couvert de soies, est plus ou moins saillant. Il correspond évidenmient à la région interma\illaire du sous-galéa des mâchoires. Quant au corps de la languette, c'est-à-dire à la partie suhgaléale proprement dite de la lèvre inférieure, il est presque membraneux ; son disque est légèrement chitinisé. Le protborax est régulièrement convexe en dessus: sa déclivité antérievu'e n'est abrupte que cliez les Dinoderus. Les dents de la râpe, disposées en séries concentriques plus ou moins régulières, sont plus développées dans le voisinage de la ligne médiane que sur les côtés. La suture latérale est généralement bien marquée, au moins en arrière; mais, dans le genre Stpphmiopdrliiiit, elle n'est indiquée que pai' une rangée de denticulations. Chez les Stephanopaclnis et Prostephanus, le lobe prosternai est st'paré du reste du prosternum par une carinule transverse tangente aux hanches antérieures. Celles-ci sont contiguès, l'iargies transversalement, peu saillantes; leurs cavités cotyloides sont ouvertes en arrière.
Hanches intermédiaires presque contiguès, le mésosternum et le métaslernum se rejoignant à leur lioi'd externe.
Abdomen de cinq segments ventraux api)arents, le dernier segment arrondi ou écbancré en arrière. Les fossettes que présente ce segment chez le mâle des Stephanopachys sont de simples cavités au fond desquelles prennent naissance des soies à peine difTérentes des autres soies de l'abdomen. La saillie intercoxale du premier segment apparent est prismatique.
Aux pattes antérieures, le lobe apicalantérieur de la cuisse est assez développé; les tibias sont denticulés au bord externe et se terminent par un éperon mobile incurvé en arrière, tandis que les jambes des paires intermédiaire et postérieure ont chacun deux calcars apicaux internes droits. L'articulation tibio-tarsienne des pattes antérieures est plus ou moins protégée en arrière; elle est découverte en avant. Les tarses sont plus courts que les tibias; leurs deux premiers articles sont petits et, dans le genre Dinoderus, portent en dessous des poils ramifiés ; le second article est sensiblement de même longueur que le suivant; le dernier article est aussi long que les précédents réunis, sauf dans le genre Vrostpphnnuft où il est à peine plus court. Les ongles sont peu fortement courbés.
Fig. 2G. — Prostephanus truncatiis Horn.
Mode d'union des pièces niéso- et inétathoraciques au bord externe de la hanche intermédiaire.
Revision dru Bostnjchides.
Nous avons observé, chez les Bostrychides procéphales. le long de la nervure interno-médiaire, doux cellules fermées, allongées, l'une basilaire interne par rapport ii cotte nervure, l'autre apicale externe. Cette dernière cellule lait constamment défaut chez les Dinoderinae. Dans le genre StcphmwparJnjft, on iro\\\e deux rameaux libres attenant au bord postérieur, dans le champ moyen de l'aile, celui qui s'étend entre les deux nervures médiaires: chez le Dinodevm niiuutus il
Fig. 27. — Ailes du Dinoderus minuttis Fabr. [a), du Rhizopertha dominica Fabr. [b) et du Stephanopac/iys quadricolHs Mars, [c.)
n'existe (|u'une seule de ces ramilications qui disparaissent complètement dans le genre Rhizopertha. L'aile des Dinoderus est assez particulière : elle est relativement large, deux plaques brunes allongées, chitineuses occupent une partie du disque du champ apical et le stigma donne naissance à une courte nervure récurrente.
Le dimorphisme sexuel n'est jamais très accusé: souvent il n'est possible de distinguer les sexes que si l'on a recours à l'examen des pièces génitales.
Distribution géographique. — Les Dinoderinae sont répartis sur presque toute la surlace du glolje. Les Dinoderus et Rhizopertha, à l'exception des deux espèces japonaises du premier genre, lialiitent la zone tropicale ; quelques-unes de leurs espèces sont cosmopoliti'S dans les régions chaudes. Le genre Stephanopadnjs est caractéristique des faunes paléarctique et néarctique; il renferme les espèces qui, parmi les Bostr\chides, remontent le plus près du pôle : en Europe comme en Amérique il paraît s'étendre vers le nord jusqu'à la limite de végé-
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tation des Couil'èros. Les points les plus méridionaux de son aire de dispersion géographique sont les îles Canaries et la Floride. Quant au genre Prostcphanus, il est spécial au Nouveau Continent.
Biologie. — Les Dinoderus et Rliizopertha vivent d'habitude dans le bois mort, notamment dans celui du Bambou; ils rongent aussi la moelle tendre de la tige ou de la racine de diverses plantes desséchées et s'attaquent même à des substances végétales manufacturées. Les Stephanopaclnjs vivent uniquement aux dépens de l'écorce des troncs morts d'Abiétinées. Le mode de vie de Prostephanus n'e&i guère connu; le P. truncatus a été trouvé dans les graines, racines et tubercules conservés en magasins.
Larve. — On ne possède qu'une description précise de larve de Dinoderinae, celle du Stephanopaclnj.^ quadricolUs due à Perris. Encore demanderait-elle à être complétée et vérifiée en plusieurs points.
Ses caractères les plus importants paraissent être les suivants :
Ocelles au nombre de quatre sur chaque joue. Pas d'espace nu entre répistome et le labre. Mandibules allongées, obtusément tridentées à l'extrémité. Lobe des mâchoires allongé. Premier article du palpe maxillaire relativement étroit. Palpes labiaux de deux articles égau\ en longueur. Pattes hérissées seulement de quelques soies.
Ni Fuss ni Perris ne mentionnent la présence de spinules sur l'aljdomen.