MATIKHE DU PRESENT MEMOIRE
Le mémoire actuel renferme l'étude des Bostrychinae s. str. répondant au grand genre Bostnjchm tel que le comprenaient Guérin-Méneville. Lacordaire et J. Duval. Ce genre n'a jamais été déhinité avec précision. En réalité il n'est pas homogène, et, bien que toutes les espèces qui le composent aient entre elles la plus étroite afOnité en ce qui concerne la constitution du squelette abdominal, la grandeur et la position des orifices trachéens de la première paire, il nous a paru nécessaire de le scinder en un certain nombre de coupes génériques. Nous devons cependant donner les caractères qui le distinguent, dans son ensemble, des autres Bostrijchinne proprement dits.
Le Inlire, toujours fortement transverse , est au plus aussi large que l'échancrure médiane du bord antérieur de l'épistome. Le prothorax est dépourvu de suture lat('rale et se prolonge souvent en cornes aux angles antérieurs. Ni la i»ortion du prosternum située en avant des hanches antérieures, ni le lobe intercoxal du mésosternum ne sont amincis en lame coupante. L'abdomen montre toujours cinq segments; les quatre premiers sont simples et il est très rare que le dernier soit échancré ou fovéolé. La saillie intercoxale du segment basilaire est élargie en une facette plane le long de sa crête ventrale, sauf chez le
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Bostnjchus capucinus L. où cette saillie se présente comme un simple pincement de la plaque sternale.
Ces caractères dénotent une diversité de types qu'accuse encore une assez grande variété dans le faciès. Il est exact que cette diversité de conformation est plus superficielle que profonde et que, par suite, les genres établis ci-dessous sont très voisins les uns des autres. Les considérations qui nous ont amené à elTectuer le morcellement du genre Bosinichus sont en partie extrinsèques, car nous avons dû tenir compte non seulement des rapports des Bostnjchus entre eux, mais aussi de ceux qu'ils présentent avec les groupes voisins.
TABLEAU DES GENRES
1-2 — Saillie intercoxaledul'"'' segment apparent de l'abdomen en forme de pli, sans facette plane ventrale; carinules limitant en arrière les cavités coxales du môme segn^ntetTacéesaux deux extrémités (fig. ol). Angles antérieurs de l'épistome obtus. Méso et métasternum très légèrement écartés au bord externe de la lianche intermédiaire. Forme déprimée G. Bostrychus GeolTr.
2-1 — Saillie intercoxale du l^"" segment apparent de l'abdomen présentant une facette plane ventrale dont les arêtes marginales se continuent sans interruption avec les carinules limitantes des cavités coxales (fig, 61).
3-4 — Articles de la massue antennaire parcourus sur chaque face par deux fins canalicules longitudinaux (fig. 48, lOo. 106). Angles antérieurs de l'épistome pointus, plus ou moins aigus (î. Schistoceros n. g.
4-3 — Articles de la massue antennaire sans canalicules longitudinaux sur leurs deux faces.
0-8 — Méso et métasternum légèrement écartés au bord externe de la banche intermédiaire (fig. 35). Protborax muni d'une rangée marginale de dents le long de son bord antérieur (fig. 203,210) (1).
6-7 — Dents médianes de la rangée marginale de la râpe prothoracique plus grandes que les latérales (fig. 219). Calcar des tibias antérieurs, petit, droit
G. Parabostrychus n . g.
(1) Celle rangée ne compte que trois ou quatre dents, y compris les uncus latéraux, chez le Neoterius Fairmairei (fig. 201).
Revision des Bostnjchides. 443
7-6 — Denis médianes de la rangée marginale de la râpe prothoracique plus petites que les latérales (lig. 203^. Calcar des tibias antérieurs fort, recourbé G. Neoterius » <j
S-o — Méso et métastcrnum en contact au bord externe de la banche intermédiaire (tlg. 34). Prothorax sans rangée ■ marginale de dents le long de son bord antérieur (1).
î)-10 — Capsule cépbalique présentant une large constriction postoculaire (2) en avant de laquelle la tête est déprimée (tig. 178). Angles antérieurs de répistome prolongés chacun en une dent aiguë, saillante (tig. 178) (sauf chez le B. Zickeli), Cadre buccal fortement denté au-dessous des yeux (fig. 178) (sauf chez le B. Normandi, où il est simplement lobé). Articles de la massue antennaire sans taches pileuses nettement délimitées (tig. 179 à 181). Des ^.
cornes prothoraciques dans les deux sexes
G. Bostrychoplites n. <j.
10-9 — Tète sans constriction postoculaire (tlg. 31, 60, 136). Cadre jjuccal non denté au-dessous des yeux.
11-14 — Angles antérieurs de l'épistonie obtus ou arrondis (tlg. 60). Articles de la massue antennaire avec des taches pileuses nettement délimitées (tig. o4, 57). Pronotum généralement un peu excavé au-dessus de son bord antérieur.
12-13 — Épisternites abdominaux très densément pubescents. apparents en dessous. Élytres sans côtes, ni carènes, ni tubercules. Corps déprimé G. Dexicrates /;. y.
13-12 — Épisternites abdominaux non apparents. Nervure dorsale interne des élytres renflée et saillante près de la base G. Lichenophanes n. (j.
14-11 — Angles antérieurs de l'épistome droits ou aigus, pointus (tig. 136).
15-16 — Pronotum légèrement excavé au-dessus du milieu de son bord antérieur. Articles de la massue antennaire sans taches pileuses nettement délimitées {\\g. 171) G. Heterobostrychus n. y.
(1) Chez le Lichenophanes truncaticolUs, le bord antérieur du protliorax est finement serrulé (fig. 64).
(2) Ce caractère s'atténue beaucoup ctiez les petites Ç du B. Zickeli.
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lG-1") — Proaotum uiiUomont excavr eu avant.
17-18 — Front ou déprimé en arrière, ou saillant au bord antérieur par rapport à l'épistome (fig. 170, lo4'. Taille moyenne : 6-21 mill G. Bostrychopsis ». g.
18-17 — Front régulièrement convexe; profil dorsal de la tète décrivant unecourbe très régulière (fig. 227.247). Angles antérieurs du prothorax constamment dépourvus de cornes. Élytres sans tubercules ni nervures dorsales saillantes, leur sillon marginal non brusquement interrompu avant l'apex. Taille petite : 3- G 1/2 mill.
19-20 — Mandibules atténuées en pointe au sommet. Second article delà massue antennaire moins d'une fois et demie aussi large que long (fig. 221 à 223). G. Bostrychulus n. g.
20-19 — Mandibules très courtes, très larges, aplaties et non en pointe au sommet, leur bord terminal arrondi (fig. 2o2). 2" article de la massue antennaire deux fois aussi large que long (fig. 2ol) G. Sinoxylodes n. g.
Caractères des genres. — Les figures auxquelles nous renvoyons dans le tableau ci dessus dispensent d'explications complémentaires, sauf en ce qui concerne les orgauites sensoriels des antennes.
Chez les espèces qui font l'objet de ce mémoire , la majeure partie de la surface des articles de la massue est percée, comme à l'ordinaire, de pores très fins ou d('' pressions. Sur chaque article ces pores se condensent surtout en quatre points, deux sur chaque face de l'article. Des poils courts et couchés qui font défaut ou sont généralement très épars sur le reste de l'article, sont groupés sur les bords de ces sortes de cribles sensoriels ; ils sont dirigés vers le sommet de l'antenne ou convergent vers un point voisin dubordapical du crible et constituent une sorte de revêtement protecteur de ces dépressions composées.
Chez les Heterobostrychus, Eostryclwplites, Neoterius, Parabostrychus et Sinoxylodes, l'emplacement des cribles sensoriels est légèrement déprimé sans que le pourtour en soit très nettement indiqué. Il en est de même chez les Bostrychulus et les Bostrychopsis (1) où ces organes sont cependant plus apparents, grâce aux jjoils dorés généralement très serrés qui les abritent. Chez les Licheuophanes et Bostrychus, les mômes cribles occupent chacun le fond d'une cavité circulaire ou subcirculaire à paroi abrupte, rendue bien apparente, dans le plus
(1) Excepté chez le B. fortis Lee, où la conformation est analogue à celle des Boslrychus et Liclienophanes.
Revision des Bostnjrhides.
grand nombre des cas, i)ar la culdration roux dtiré du groupe de poils courts et serrés qui obture exactement l'entrée de la dépression. Dans
Fig. 4't à 48. — 2" article de la masàue anleiinaire cliez VHelevoboslrijchus brunncus Murr. c^ (fig. 44), le Bostrychopsis uncinata Germ., ^ Castelnaui i^fig. 4.')), le Dexicrates robushis BI. J (fig. 4G), le Liclienophanes plicatus Guér. (fig. 47) et le Scliistoceros hamafus V. (fig. 48).
la Srilistoeeros, les dépressions composées garnissent le fond de canalicules longitudinaux. Enfin , le genre Dexierates présente une transition entre les divers types qui précèdent: il se rapproche surtout des Bostrychopsis et Bostnjchus au point de vue des organes dont nous parlons. Chez lui, les dépressions composées ne sont parfaitement délimitées que sur une moitié environ de leur pourtour, et, sur chaque article, Tune d'elles s'allonge, devient canaliculaire, et rappelle les organes homologues des Scliistoceros (1).
A l'aide de ces caractères les genres peuvent être groupés comme il suit :
Dépressions composées occupant ( Scliistoceros.
le fond de cavités à pourtour très <] Lichenophanes.
nettement limité. ( Boslrychus.
Dépressions composées incomplè- ) ^ .
. . "^ ' [ Dexicrales.
tement marginees. )
(1) On observe une conformation assez semblable chez Iti BoslrijcliulKs obesus, mais seulement au dernier article de la massue.
P. Lesnk.
Dépressions composées sans rebord limitant
Bostrycliopsis (sauf chez £. fortis).
Sinoxylodes.
Bostrijchulus.
Bostrychopliles.
Heterobostryclius.
Xeoleriiis.
Parabostrijchus.
Si nous insistons sur ces organes, c'est qu'ils nous ont étéd'un grand secours dans l'étude des espèces que nous allons passer en revue. Il est important de les considérer chaque fois qu'il s'agit d'apprécier la parenté de formes difficiles a classer. Ils fournissent en particulier un critériiuii excellent pour la distinction des Schistoceros, et il ne semble pas qu'aucun autre caractère commun eût permis de rapprocher les espèces de ce genre, en apparence peu voisines.
Nous donnons, pour l'intelligence de quelquesunes des descriptions qui suivent, le croquis d'un élytre de Bostnjchus mettant en évidence le trajet des nervures. Ces nervures sont presque toujours apparentes sous forme de cotes ou de carènes plus ou moins saillantes. C'est toujours sur leur parcours que s'élèvent les tubercules qui ornent les élytres de beaucoup d'espèces.
Fig. 49. — Elytre gauche du Bostrychus capucinus L. (*).
Nomenclature. — Le genre Bostrychus fut créé par Geoffroy en 1762 pour le Dermestes copucinus L. et publié de nouveau deux ans après par O.-F. Millier. Fabricius est d'autant plus blâmable d'avoir reporté ce nom parmi les Scolytides (1) que, dans ses premiers travaux systématiques (2), il place l'espèce linnéenne en tète de son genre Bjstrtjchus qui comprenait aussi un certain nombre de Scolytides. Déjà, à la Un du siècle dernier et au commencement de celui-ci, Olivier (3) et Latreille (4) s'étaient élevés contre l'inconvénient de cette transposition de nom. Guérin-Méneville (1843), Lacordaire (18o7), Thomson
(*) de, nervure dorsale externe; (?/, nervure dorsale iirterne.
(1) Elit. Syst., I, I ars 2, 1792, p. 362; Syst. Eleuth., H, 1801, p. 384.
(2) Syst.Ent., 17 ;5, ]•. 59; Spec. Ins., I, 1781, p. 67; Mant. Ins., I, 1787, p. 36.
(3) Enf., IV, 17J5, n' 77, p. 1.
(4) nisf. des Crust. el des Ins., XI, p. 224.
liecision des DostnjcJndes. 447
(1863), Kiosonwolter (1877) ont partagé leiii' opinion, tandis que J. Duvalet M. Fairniaire (1) , proférant s'en rapporter à l'usage assez répandu de la nomenclature labricienne , rejetèrent le terme de Bostnjchus comme pouvant prêter à confusion et désignèrent les insectes qui nous occupent sous le nom cVApatc (2). A notre avis, il faut restreindre l'acception de cette dernière appellation dans le sens que nous avons déjà indiqué.
En 1772, Pallas (3) avait aussi dénommé Liijniperda un groupe fort hétérogène comprenant à la fois Scolytides et Bostrychides. Il est difficile de donner à ce nom une signitication précise. Von Harold (4) et M. Bedel (o) le considèrent comme synonyme de Bostnjchus {sens, kit.).
Auteurs principaux : Guérin, 1845, Ann. Fr., iS^o, Bull., p.xvu. — Lacordaire, 1837, Gen. des Col., IV, p. o39. — .1. Duval et Fairniaire, 1863, Gen. des Col., III, p. 230. — Redtenbacher, 1874. Faun. austr., 3'' éd., II, p. 04. — Kiesenwetter, 1877, Xat. Ins. Deutschl., Col., V, p. 34. — Zoufal. 1894, Wien. ent. Zeit., XIII, p. 3o.
Genre Bosir.voliiis.
(Voir tabl. des genres 1).
(îeoffroy, 1762, Hist. des Ins., 1, p. 301 (0. F. Millier, 1764, Fann, Ins. Fridrichsd., p. xii). — Thomson, 1863, Skand. Col., V, p. 199.
Corps déprimé. Front simple, peu convexe, non distinctement séparé du vertex : suture fronto-clypéale enfi»ncée, généralement bien marqui-e aumiheu, efTacée ou non latéralement. Angles antérieurs de IV'pistome obtus, marqués. Lal}re petit, très court. Cadre buccal )ion di-nté au-dessous des yeux. Sous-menton simple. Yeux assez faiblement surélevés en arrière, sans former d'angle rentrant. Dépressions composées des antennes petites, parfaitement déhmitées, circulaires. Prolhorax légèrement excavé au-dessus de son bord antérieur qui fait saillie audessus de la tète; ses angles antérieurs non prolongés en cornes, marqués seulement par luie dent, les angles postérieurs non lobés. Sculpture de l'aire postérieure du prouotum grossière et irrégulière. Élytres dépourvus de tubercules et de nervures saillantes, leur sillon marginal
(1) Gen. des Col. d'Eur., IH, p. 227 «'t 230.
(2) Voyez aussi Ann. Fr., 1863, Bull., p. XLiv.
(3) Spic. zool., fasc. IX, p. 7.
(4) Mitlheil. Miinch. Ent. Ver., I, 1877, p. ll'J.
(5) la un.
P. Lesne.
prolongé jusqu'à l'angle suturai. Méso et métasternum non en contact au bord externe de la hanche intermédiaire. Saillie intercoxale du 1'^'' segment apparent de l'abdomen sans facette plane ventrale; carinules limitant en arrière les cavités coxales du même segment elïacées aux deux extrémités. 3" segment apparent de l'abdomen trapézoïde. Calcar des tibias antérieurs petit, assez faiblement recourbé. Calcars des tibias intermédiair<>s et postérieurs très petits, droits.
Ce genre, caractérisé surtout par la conformation exceptionnelle de la saillie intercoxale de l'abdomen, renferme une seule espèce, d'un faciès tout particulier, chez laquelle on n'observe pas de dimorphisme sexuel.
Fig. 50 et 51. — Bostrijchiis capucinus L. Antenne (fig. 50) et moitié gauche du 1" segment apparent de l'abdomen
<lig. 51).
Bostrychus capucinus.
(Fig. 49, oO, ol, 52, o3 du texte).
Linné, 17o8, Sijst. Sat., Ed. X, p. 3oo. — Id., 1761, Faun. Suec, p. 142. — Geoffroy, 1762, Hist. des Ins., I, p. 302, PI. V, f. 1. — Schaeffer, 1766, Eleiii. Ent., PI. 28 (Harrer, 1784, Besrhr. Ins.,ï. p. 38). — Rossi, 17^0, Faun. Etr., I, p. 38 (Hel- >ving, 179o, Faun. Etr., I, p. 39). — Herbst, 1793, Kdf., V, p. 34, PI. 46, f. 7. — Olivier, 1795, Ent., IV, n° 77. p. 8, PL I, f . 1. — Panzer, 1797, Faun. Ins. Genn., fasc. 43, fig. 18. — Paykull, 1800, Faun. Suec, III, p. 141. — Latreille, 1807, Gen. Cmst. et Ins., III, p. 6. — Gyllenhal, 1813, Ins. Suec, I, pars 3, p. 372. — Duméril, 1823, Cous. cjén. sur les Ins., PI. 17, f. 1. — Duftschmid, 1825, Faun. Austr., III, p. 83. — Curtis, 1829, Biit. Eut., YI, PI. 271. — Ratzeburg, 1837, Forstinsekt., I, PI. X, f. 14. — Westwood, 1839, Introd., I, p. 276, f. 4-9. — Spry et Shuckard, 1840, Brit. Col. del, p. 44, PI. 53, f. 3. - Guérin, 1844, Icon., PI. 40, f. 13 a-f. — Kiistcr, 1845, Kaf. Eur., II, n'^ 11. — Redtenbacher. iS'i, Faun. Austr., 3e éd., H. P- 04. — Kiesemvetter, 1877, Sat. Ins. Deutschl., Col., \, p. 35. — Fowler, 1890, Col. of Brit. Isl., IV, p. 201. - Zoufal, 1894. Wien. ent. Zeit.,Xm, p. 40.
var. nigriventris Lucas, 1843, Ann. Fr., 1843, Bull., p. xxv {Rev. ZooL, 1843. p. 159) (1). — KOster, 1845, Kàf. Eur., II, u^ 12. — Lu-
(1) D"aprés la description originale le lype mesurerait 17 mil!, de longueur.
Hevision des Bostnjchidrs. 449
cas, 1849, .l/u(. Fr., i849, DuU., p. xxx. — Zoufal, 1894, Wicn. eut. Zi'it., XIIL p. 40 (1).
var. rubviventris Zoufal, 1894, ]\ien. mt. Zeit., XIII, p. 40.
var. lurtuosus Olivier, 1790, Enc. Mc'th., lits., III, p. 109. — Id.. 1795, Ent., IV, n^ 77, p. 8, PI. I, f. 6. — Zoufal, 1894, Wicn eut. Zeit., XIII, p. 40.
riujosus Fabricius, 1801, S\jst. Elruth., Il, p. ;î80. — Cliovrolat. 18HI, Atin. Fr., 1861, p. .'{92. — Reiclie. 1862, Auh. Fr.. 1862, p. 80. — Abcillo de Perrin, 1867, Ann. Fr., 1867, p. 70 (2).
Long. O-lo 1,2 mill. (3). — Allongé, parallèle, assez déprimé, le prothorax aussi large ou un peu plus étroit que les élytres. Xoir, avec les élytres et les quatre derniers segments apparents de l'abdomen rouges; antennes l)run roussàtre; ongles testacés. Les pattes sont quelquefois roussàtres.
Front et épistome densément rugueux, hérissés de puils Jjrunàtres, denses, mais ne masquant pas le tégument. Labre petit, roussàtre. Tempes garnies, derrière les yeux, de poils bruns dressés, courts. Prothorax moins long que large, plus ou moins arrondi sur les côtés, fortement rétréci en avant, très ii'gèrement en arrière, ses angles anti'rieurs mar(iu(''s seulement par une dent ne svu'itassant pas en longueur les autres dents latérales de la râpe; angles postérieurs plus ou moins obtus, arrondis au sommet. Flancs et bord antérieur du prothorax hérissés de poils bruns à reflets gris. Aire postérieure du pronotum inégalement et fortement ponctuée sur les côtés, présentant au milieu de gros granules brillants, serrés. Élytres fortement et densément ponctués, un peu rugueux vers l'apex, glabres, sans déclivité apicale abrupte, conjointement arrondis au sommet, la suture non saillante sur la déclivité; bord inféro-apical non granulé. Poitrine velue de poils dressés. Abdomen densément et très finement ponctué, sa pubescence extrêmement fine, couchée; dernier segment apparent moins finement ponctué et plus aljondamment puljescent. Pattes médiocrement robustes, les tibias peu élargis vers l'extrémité, la dent apicale externe des
Les exemplaires conservés dans la collection formée par l'auteur ne dépassent pas 15 milt.
(1) Cette varit'lé était connue des auteurs du siècle dernier qui, pour la plupart ne l'avaient pas séparée du type de l'espèce.
(2) "Villa (Cat. Col. Lomb., p. «2) nienlioiine en outre une variété parvulus Crislof.
(3) La taille descendrait à 5 mil]., d'après .M. Girard [Trait. d'Enl.,\,^. 557).
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antérieurs petite. Cuisses et tibias des trois paires liérissés de poils bruns assez courts à leur face interne, sans poils dressés en dehors.
Fig. 52 et 53. — Bostrychus capucimis L. Profil de l'avant-coips (lig. 52) et variation du bord antérieur du prothorax (fig. 53 a-d).
'i^ article des tarses antérieurs plus court que le dernier. Vestiture sous-tarsienne fort courte, brune. Ailes fortement enfumées.
Chez le c? les tarses postérieurs sont munis en dessous do longues soies brunes qui font défaut chez la 9.
La suture fronto-clypéale n'est pas toujours nettement marquée dans toute la largeur de la tète; parfois même elle n'est indiquée que par une vague dépression transverse médiane. L'épistome porte quelquefois, mais rarement, une carinule médiane longitudinale. Cette constatation peut avoir quehjue intérêt, comme fournissant un nouvel indice de la parenté des Bostrychus et Dexicrates. Le contour du bord antérieur du prothorax entre les angles antérieurs varie beaucoup : le plus souvent il est sinué en accolade ou très obtusément échancré ; d'autres fois il est presque rectilignement tronqué, ou bien il présente au milieu une entaille profonde et assez étroite (fig. o3 d). La ponctuation des élytres est plus ou moins dense. Le S*" article des tarses postérieurs est généralement un peu plus long que le dernier.
La variété nigriventris Luc. a l'abdomen entièrement noir, à part le bord postérieur des segments médians; la ponctuation des élytres est plus dense et un peu plus forte que chez le type. Chez le luctuosiis 01., le corps tout entier est noir et la ponctuation est aussi plus dense qu'elle ne l'est généralement chez le type. Enfin, dans le rubrirentris Zouf., les élytres sont noirs comme la tète, le prothorax, la poitrine et le premier segment abdominal; mais le reste de l'abdomen est rouge comme chez le type.
Ces variétés ne sont pas tranchées. On trouve des individus à él\tres rouges et à abdomen brun rougeàtre établissant une transition
Révision drs Bostri/chi'lt's. 4o'l
entre le type et la variété nigriventris (1) et d'autres à élytres noirs et abdomen également brunâtre reliant la variété rubriventris au luctuonis. D'autre part, la coloration rouge des élytres est moins vive chez le nigriveutris que dans le type, tandis que des luctuosns ont les élytres brun clair. Les observations du major Blanchard (2) et de M. Abeille de Perrin (3) qui, l'un et l'autre, ont vu éelore ensemi)le type et varitHés d'un même morceau de bois, démontrent en outre que cette variabilité de coloration des élytres et de l'abdomen est toute individuelle et résulte d'un processus particulier de pigmentation. Au sortir du fragment de racine où ils s'étaient développés, quatre des individus observés par Blanchard avalent les élytres rouges, ils devinrent noirs au jour. Un autre individu avait conservé une bande longitudinale rouge surl'élytre droit.
Distribution géographique. — Répandu dans une grande partie de la régidu paléarctique : Toute l'Europe à l'exceiition de la Scandinavie septentrionale, de la Russie duXord, de l'Ecosse et de l'Irlande. Toutes les lies méditerranéennes. Maroc, Algérie (jusque dans le sud de la Région des Dayas) et Tunisie du Nord. Asie Mineure, Syrie, Caucase, Altaï.
Le type paraît se rencontrer dans toute l'étendue de l'aire d'habitat. Il remonte dans le nord jusqu'en Angleterre, où il est fort rare, et dans la Suède méridionale [Ggltenhal). Il existe dans toute l'Europe méridionale, en Algérie, en Asie Mineure et en Syrie (Akbès, Ch. Delagrnnge in Coït. Oberthin).
La variété nigriventris est fré(pienle dans le midi de l'Europe. On la rencontre aussi en Transcaucosie (Lenkoran, Z>'' Ch. Martin: Tiflis, Musée de Bruxelles), au Maroc (Tanger. Kiister). en Algérie et en Tunisie (Teboursouk, D'' Soiinand : Kammart. près Tunis, Doria in Musée de Gênes).
La variété luctuosus est essentiellement méridionale. On la trouve en France jusque dans le Gers et dans Lot-et-Garonne {Delherni et Lxicante) et elle existe au Caucase {lleitter, etc.).
Le rubriventris est ('gaiement méridional. En Asie, il aurait été capturé dans l'Altaï {von Heijden).
Biologie. — On trouve l'adulte durant les mois de mai, juin, juillet et quelquefois encore en août. Dans le midi de l'Europe, il apparaît
(1) Nous avons trouvé, M. P. Tertrin et moi, de ces individus dans la forêt de Sénart, aux environs de Paris.
(2) Rev. de zool., IX, 1846, p. IGO.
(3) Ami. Fr., 1867, p. 70.
4o2 P. Lesne.
(U"'S le mois cl'a\ril. Dans les liois ik' la France septentrionale, il fréquente les coupes où ont été mis en tas des fragments de souches ou de grosses racines de Chêne. Il a en efTet une prédilection toute particulière pour ces parties de l'arbre, au moins sous le climat de l'Europe tempérée (1). On le rencontre aussi dans les bûchers contenant du bois de Chêne et sa sortie inopinée hors des bois de charpente, soit dans les entrepôts, soit dans les arsenaux maritimes ou mémo dans nos habitations, a pu parfois donner lieu à des craintes.
Ses mœurs sont diurnes. A la tombée de la n.uit il se réfugie dans ses galeries ou bien dans des trous et des anfracluosités du bois et il n'en sort que le lendemain de sept à neuf heures du matin. Il se promène alors à la surface des bûches, reconnaissant le plan de position avec i)alpes et antennes et s'arrêtant de temps à autre pour brosser celles-ci à l'aide des poils du bord interne de ses tibias antérieurs. C'est un insecte d'humeur placide, ne cherchant pas à se défendre lorsqu'il est inipiiété ; il est peu craintif, ne se laisse pas tomber à l'approche du danger et ne fait pas le mort. Il tente plutôt de s'envoler ce (jui lui est aisé par les temps chauds et ensoleillés.
La principale préoccupation du mâle est la recherche de la femelle, et des habitudes assez curieuses se rattachent à la satisfaction de ses désirs amoureux. Comme l'espèce habite ordinairement la môme souche en nombreuse famille, la rechei'che ne doit généralement pas être bien longue. Le mâle, ayant rencontré une femelle, se place deri'ière elle, la tête au voisinage de l'extrémité postérieure de celle-ci et il se met à frapper rapidement, et alternativement avec les deux tarses antérieurs, la déclivité apicale des élytrcs de la femelle, comme s'il battait le tambour. En même temps ses antennes sont étendues, divergentes, en avant et ses palpes touchent les élytres de la femelle. Puis le mâle se retourne en sens inverse et tandis qu'il continue à battre l'apidement, mais cette fois de ses tarses postérieurs, les élytres de la femelle, il tente d'effectuer le rapprochement sexuel. Ces préludes durent environ une minute (2). Les corps restent en oiiposition pendant l'accouiilement.
Si deux mâles se trouvent en présence, ils se rudoient, mais ne paraissent pas se livrer de combats proprements dits. Je vis un jour un
(1) Pénis, Ann. Fr., 1850, p. 559; Duméril, Ent. anal., I, p. 570; Bedel, in lut.:, Lesne, etc.
(2) Ils avaient déjà été décrits par M. F. Ancey (L'Abeille, t. VIII, 1871, AouLK et faits, p. lxxxh). Nous avons eu personnellement roccaslon de les observer à plusieurs reprises.
Hecisioii des Bostriichides. 4o3
raàlo qui, en ayaul roucontré un autre sur une branche de cliène et l'ayant reconnu au palper de sa déclivité élytrale, glissa son prothorax sous l'abdomen de ce dernier, lui souleva le corps et le bouscula rudement, l'obligeant à se réfugier sur l'autre face du rameau.
Dans une autre circonstance, je vis un individu que je suppose être un mâle, se livrer avec méthode pendant plusieurs minutes à une sorte de danse. Le corps toujours orienté dans la môme direction, l'insecte se déplaçait tantôt en avant tantôt en arrière; il tenait son prothorax élevé et appliquait de temps à autre sa bouche contre le jjois. J'ai lieu de croire que. ces manifestations étaient en rapport avec l'ardeur génitale.
Au moment de la punte, la femelle recherche les arbres coupés récemment ou depuis un petit nombre de mois. Dans les fentes déterminées par la dessiccation du bois elle introduit son long ovisca|)te dont l'extrémité est animée de remarquables mouvements rappelant tout à fait ceux de la tète d'un serpent. Le soin qu'elle prend de pondre surtout dans les souches, provient sans doute de la nécessité de mettre sa progéniture mieux à l'abri de la rigueur des hivers de l'Eiu'ope moyenne. Dans la région des Dayas, au sud de Laghouat, où elle n'a pas à craindre de basses températures, nous avons vu cette espèce se développer dans des rameaux de diamètre relativement faible du .Jujubier sauvage {Zizuphus Lotus). Le Bosinjchus cnpucinus n'est d'ailleurs pas exclusif dans ses goûts. Le Chêne Tauzin {Quercus Tozza) (1), le Chêne vert [Q. Ih'x) (2), le Mûrier (3), un Cytise algérien [Cahjcotome spinosa) (4), la Vigne (o), le Myrte (6), l'Arbousier (7), sont encore, outre le Chêne Rouvre, les essences desquelles on l'a vu éclore ou dans lesquelles on a suivi son développement (8).
(1) Dans les Landes (Perris, loc. cit.).
(2) Abeille de Perrin, etc.
[3] Major Blanctiard, loc. cit.
(4) Lucas, Anti. Fr., 1846, Bult,,^. liv.
(5) En Sardaigne (Kûsler, Ktif. Euf., II, n" 12)>t en Camargue (V. Mayet, in tilt.).
(6) Perris, Larves de Col., p. 219.
(7) En Corse (F. Ancey, loc. cit.).
(8) On l'aurait en outre vu pondre dans le Robinier (Kaltenbach, Pflanzenf., p. 133) et dans le Châtaignier (Nôrdiinger, Lebensw. von Forstkerf., T- éd., 1880, p. 13).
Gmelin [Ahhandl. ilber die Wurmtrolm., 1.787, p. 44), puis Bechslein {Forstins., 1818, p. 218) et Walll {sec. Ralzeburg et Kaltenbacli) ont prétendu que le Bostnjchus capucinus vivait aussi dans le bois de Conifères; mais ceci n'est pas vraisemblable.
454 P. Lesne.
La larve ne vit que dans les arbres abattus ou récemment morts. Elle creuse le cœur du bois. Ses galeries, cylindriques, n'allectant pas de trajet régulier, sont comblées d'une sciure fine, tassée. La durée normale de sa \ie est de onze mois (1). La nymphose a lieu sans apprêt spécial dans la galerie larvaire et le stade nymphal est de courte durée. L'adulte sort par un trou circulaire.
L'instinct qui le pousse à traverser les obstacles qui s'opposent à son arrivée au jour doit être très impérieux, car, dans ces conditions, il entreprend de forer même les métaux qui se trouvent sur son passage. Desmarest (2) a rapporté l'observation faite par lui et par Du Boys, de deux Bostrijchus capuciniis ayant creusé leur galerie de sortie au travers de plusieurs plaques superposées d'alliage typographique. L'un des insectes avait entamé les plaques métalliques sur 14 millimètrt's de profondeur, l'autre sur 10 millimètres. Mais l'achèvement de ce rude travail avait sans doute été au-dessus de leurs forces, car tous deux furent trouvés morts, la tête appuyée contre le fond du canal creusé par eux. Les traces nombreuses de coups de mandibules que portaient les parois des galeries attestaient l'énergie déployée par les insectes.
Panisitisine. — On n'a que fort peu de données sur les parasites de cette espèce. Perris dit que sa larve est recherchée par un Ijraconide qu'il n'a pu déterminer. « La 9 de cet Hyménoptère, dit-il, perce le bois avec sa longue tarière, atteint la larve et introduit dans son corps des œufs d'où naissent des vers qui, après avoir vécu dans le corps de leur victime, en sortent pour se transformer, auprès de son cadavre, dans des coques soyeuses, séparées. J'en ai compté jusqu'à neuf dans une cellule d'Apate (3). » D'autre part, M. Gobert (4), ayant sans
(1) Perris, Ann. Fr., 1850, p. 559.
Waîclienaer [Faiin. paris., I, p. 226) dit que celte larve vit deux ans.
Nordlinger {Klein. Feind., 1^ éd.. p. 237), se souvenant avoir vu éclore nombre de B. capncinus d'une poutre d'une haliitalion bâtie depuis plusieurs années, en avait conclu à la longue durée de la vie larvaire, car il ne croyait pas que les femelles pondissent sur les charpentes des maisons. Dans un ouvrage subséquent [Lebensw. von Forstlicrf., T éd., p. 13), le même entomologiste est moins affirmatif. « Je suis loin d'affirmer, dit-il, que l'Apate ne dépose pas ses œufs dans les bâtiments mômes. Cela est trop bien connu pour les Lyclus >-.
(2) Ann. Fr., 1844. Bull., p. xxiv; Rev. ZooL, 1844, p. 90.
(3) Ann. Fr., 1850, p. 565.
(4) Cal. des Col. des Landes, p. 200.
Uevision des Dostnjchides.
doute en vue le même Braconide, dit que la larvt' du Bostrijchus rnpuciiius a pour parasite un llecabolus.
Larve et nymphe. — L'étude descriptive des premiers états a été renvoyée à un mémoire ultérieur.
Genre Devierales n. g,
(Voir tabl. des genres 2, 4, 8, 10, U, 12).
Corps déprimé. Front simple, mais présentant une courte déclivité alirupte en avant. Suture fronto-clypéale bien marquée. Angles antérieurs de répistome arrondis, non saillants. Cadre buccal sans dent saillante au-dessous des yeux. Sous-menton simple. Yeux peu fortement surélevés en arrière. Taches pileuses des articles de la massue antennaire bien délimitées. Angles antérieurs du protborax uncinés, les [)ostérieurs droits; aire postérieure du pronotum très fortement et irrégulièrement ponctuée. Élytres sans côtes , carènes, ni tubercules. Méso et métasternum en contact au bord externe de la hanche intermédiaire. Épisternites aliduminaux apparents eu dessous, très densément pubeseents. Saillie intercoxale du 1^'" segment apparent de Tabdomen présentant une facette ventrale rebordée; 5^ segment abdominal apparent très large, simple. Calcar dos tibias antérieurs robuste, mais faiblement recourbé. Tibias des trois paires peu fortement élargis à l'extrémité, munis de longues soies à leur face externe.
L'uni(iue espèce de ce genre constitue un type isolé n'ayant que des affmités lointaines avec le Bostrijchus eajrucinus L. Quelques traits communs le rapprochent aussi des Licheno phanes. Sa parenté avec les Dostnjchopsis est encore moins évidente Les caractères sexuels secondaires sont à peine sensibles.
Fig. 54.
Antenne du Dexicrales robushis Bl.
Dexicrates robustus*.
(Fig. 46, o4, 00, o'ô du texte).
Blanchard. 1851, in Gay llist. Chil, V. p. 433. — Germain, 1892, Act. Soc. Se. Chili, II, p. 2o9 (1).
Long. 7 l/2-lo mill. — Parallèle, court, un peu déprimé, le prothorax aussi large que les élytres. Entièrement brun, assez brillant.
(1) Apate curla Dej., Cat., 3" éd., p. 333.
P. Lesxe.
Front rugiieusement et très densément ponctué, hérissé, comme répistome, de poils dressés, jjlonds, très fins. Épistome légèrement échancré en avant. Protliorax plus large que long, fortement rétréci en avant, non en arrière, ses angles antérieurs munis d'un uncus plus ou moins fort, les postérieurs droits ou un peu aigus, légèrement saillants en arrière. Bord antérieur du prothorax tronqué droit entre les deux uncus, au voisinage desquels le tégument est hérissé de poils fins. Des poils semblables plus ou moins dressés garnissent les flancs
du prothorax et la région de la râpe. Aire postérieure du pronotum presque glabre, grossièrement et rugueusement ponctuée.
Écusson un peu transverse. Élytres très fortement et très densément ponctués, glabres, conjointement arrondis au sommet, leur déclivité apicale non abrupte, légèrement déprimée le long de la suture qui est un peu renflée et saillante. Épaules arrondies, munies d'un faisceau dressé de soies longues et très fines, écrues, naissant au-dessous de leur saiUie. Bord inféro-apical des élytres lisse. Poitrine velue de longues et fines soies écrues, à demi couchées. Abdomen densément et assez fortement ponctué sur les côtés, très finement pubescent. Denticules du bord externe des tibias antérieurs et intermédiaires longs et aigus. Tibias postérieurs présentant aussi quelques denUcules au bord externe, dans leur moitié apicale. i" et 0'' articles des tarses subégaux.
(5 Épistome plus ou moins densément ponctué, quelquefois lisse et brillant au milieu, mais dépourvu de carinule médiane. Sillon marginal des élytres en général brusquement abrégea l'angle apical externe.
9 Épistome brillant, presque lisse, présentant en arrière une carinule médiane longitudinale. Sillon marginal des élytres en général non interrompu avant l'apex.
L'uncus antérieur du prothorax est assez grêle et régulièrement recourbé chez la femelle, plus épais et fortement coudé au bord inférieur chez le mâle; mais ce caractère n'est pas constant et on observe desÇ à uncus exactement conformé comme celui du o et aussi robuste. Chez d'autres femelles, l'uncus prothoracique se prolonge même au-
Fig. 55 et 56. — Dexicrates robustus Bl. Profd de l'avant-corps (lîg. 55) et variation de l'uncus prottioracique (fig. 56).
Revision des Bostnjchides.
delà do sa pointe retroussée, en une dent courte et large (lîg. 06), vestige ou rudiment d'une corne prothoracique.
Les élytres du d présentent parfois un calus au bord supéro-intei-ne de la déclivité apicale.
Distribution géographique. — Chili moyen et septentrional; République Argentine occidentale.
Copiapo et Santiago (^.V/y); Rioja [Coll. F air maire).
Genre JLîclienopUanes n. g.
(Voir tabl. des genres 2, 4, 8, 10, H, 13).
Front simple, généralement non gibbeux, plan ou très légèrement déprimé transversalement au niveau du bord postérieur des yeux, quelquefois gibbeux par rapport à Tépistome et déclive eu avant. Suture fronto-clypéale droite ou légèrement arquée, plus ou moins bien marquée. Épistome tronqué ou à peine écbancré en avant, ses angles antérieurs obtus ou arrondis (1), non saillants. Cadre buccal sans dent nilobe saillant au-dessous des yeux.
Sous-mentou rectangulaire , plan ou presque plan , ses angles antérieurs droits, non en saillie. Bord postérieur des yeux surélevé, les tempes formant au-dessous un angle rentrant plus ou moins accentué.
Articles delà massue antennaire ornés chacun, sur chaque face, de deux ou de plusieurs taches pileuses circulaires très nettement délimitées, souvent dorées (2). Angles postérieurs du prothorax bien marqués , ayant la forme de lobes ou de tubercules i)lus ou moins pointus. Sculpture de l'aire postérieure du
(1) Dans quelques cas, par exemple chez le L. Martini, le sommet même de l'angle est pointu et presque droit; mais celle pointe est fortement infléchie et n'est aucunement visible lorsqu'on regarde la face supérieure de la tête.
(2) Ces groupes de poils sont parfois noirs ou brun foncé et par suite peu apparents.
Fig. 57 à 59. — Antennes des Licfienophanes variits 111. (fig. 57), bicornis Web. (fig. 58) et plicalus
Guér. (fig. 59).
P. Lesne.
f'^JV^^
pronotum mêlée de granules saillants et ne présentant jamais l'apparence d'écaillés imjjriquées. Élytres lobés ou tubercules au bord basilaire de cbacpie côté de l'écusson, leur nervure dorsale interne renflée et saillante, au moins près de la base (sauf chez le truncaticollis). Méso et métasternum en contact au bord externe de la hanche intermédiaire. Saillie intercoxale du premier segment ;il)dominal apparent présentant une facette ventrale, o'^^ segment apparent de l'abdomen simple, arrondi en arrière, muni latéralement d'une gouttière marginale. Calcar des tibias antérieurs normal. Tibias postérieurs sans longues soies dressées à la face externe (sauf chez le penicillatus). Tarses antérieurs plus courts que les tibias correspondants (sauf chez le tristis).
Dans la plupart des cas les cavités cotyloïdes antérieures sont étroitement ouvertes en arrière ; quelquefois elles paraissent fermées [L. armkjer, L. tristis, L. fascicularis , L. Perrieri).
Ce genre renferme une assez longue série d'espèces remarquables par leur vestiture très variée, imitant en général la couleur des écorces ou des lichens arboricoles parmi lesquels ces insectes doivent passer la majeure partie de leur existence. Leur revêtement tégumentaire est formé tant(')t de poils, tantôt de squamules, tantôt d'un feutrage extrêmement lin et extrêmement dense, de nature probablement pileuse (L. albicans).
On n'observe jamais dans ce groupe de dimorphisme sexuel proprement dit. Les caractères sexuels secondaires font presque toujours défaut. Lorsqu'ils existent, ils afTectent soit le bord apical des élytres qui est épineux près de l'angle suturai chez le c5 , soit i'épistome qui, dans le même sexe, se hérisse de poils blonds. Il est intéressant de noter que les espèces présentant ces modifications sont toutes américaines.
Les Licheiiophanes se rencontrent dans toute l'Afrique, dans l'Asie sud-orientale et dans une grande partie de l'Amérique. Une espèce habile l'Europe méridionale et moyenne et une autre a été découverte au Ja|)on.
TABLEAU DES ESPÈCES
Fig. 60. Capsule céphaliqueduZ-ic/jenophaiies plicatus Guér. , face dorsale. — Fig. 61.
Abdomen du Li~ chenophanes varius 11!., vu en dessous.
1-2 — Deuxième article des tarses antérieurs un peu plus long
Révision des Bostnjchides. 459
que le dernier. Prothorax nullement excavé au-dessus de son bord antérieur, largement déprimé longiludinalement au milieu dans sa partie antérieure, les angles antérieurs prolongés cliacun en une corne courte (ng.62,63). Élytres sans fascicules pileux, leur bord inféro-apical tranchant, nullement granulé; épaississement prébasilaire de la nervure dorsale interne peu développé. ±' article des tarses postérieurs notablement plus long (pie le Af ' dernier. Long. 7 1/2-14 mill L. tristis Fahr. U (^
2-1 — Deuxième article des tarses antérieurs plus court que le dernier.
3-40 — Saillie intercoxale du mésosternum régulièrement convexe, non gibbeuse.
4-11 — Épaississement prébasilaire de la nervure dorsale interne des élytres nul ou peu saillant, ne formant pas une carène élevée (fig. 69). Prothorax légèrement émarginé au bord antérieur, légèrement excavé au-dessus de celui-ci, ses angles antérieurs déprimés, saillants, mais non prolongés en cornes.
o-lO — Pubescence du dessus du corps irrégulièrement distribuée, déterminant des taches plus ou moins bien délimitées. Coloration brune ou brun foncé.
6-7 — Épistome et labre lisses, glabres et brillants sur leur face supérieure. Prothorax largement et faiblement échancré au bord antérieur, ses angles antérieurs tout à fait latéraux (tig. 64). Saillie basilaire juxtascutellaire des élytres spiuiforme. Nervure dorsale interne des élytres sans épaississement avant la base. Long. 6 1 2- 10 f^o,\
mill Li. truncaticollis Lcc.
7-6 — Épistome et labre densément ponctués, plus ou moins pubescents. Angles antérieurs du prothorax rapprochés, nullement latéraux, limitant une échancrure assez étroite (tig. 66-68). Saillie juxtascutellaire de la base des élytres non spiniforme. Nervure dorsale interne légèrement épaissie près de la base.
8-9 — Épistome sans poils dressés à part les deux soies normales de chaque bord latéral. Prothorax légèrement allongé. Bord apical des élytres vu de dessous non évasé (fig. 70). SailHe intercoxale de l'abdomen arrondie ou
460 P. Lesne.
tronquée au sommet. Ponctuation abdominale aussi dense
sur la ligne médiane que sur les côtés. Taches pileuses {/ ■
de la déclivité apicale des élytres généralement nom- ^^0^
breuses. Coloration foncière brune. Long, 31/2-12 mill.