‹ Revision des coléoptères de la famille des BostrychidesChapitre 23 sur 68 · Élytres parcourus chacun, dans toute la longueur de · texte numérisé non relu

Élytres parcourus chacun, dans toute la longueur de

leur région dorsale, par une carène élevée, sensiblement Aj

rectiligne. Vestiture squameuse (fig. 83). Deuxième ar- ^^

ticle des tarses postérieurs plus long que le dernier. '^ Vi \ Long. 7 - 12 mill L. bicomis Web,

28-15 — Angle apical des élytres prolongé en une apophyse épaisse, arrondie au sommet (lig. 87). Tibias antérieurs denticulés dans leur moitié apicale le long de leur arête postéro-interne. Front abrupt au devant de la suture fronto-clypéale qui est fortement marquée (fig. 86). Épistome densément velu. Épaules saillantes en avant. Série des tubercules de la nervure dorsale interne écartée de la suture en avant (lig. 8o). Pubescence abdominale c^V

rousse, dense, comme mouchetée de noir. Long. 10 1/2- '^ l'S 14 mill L. caiidatus Lesu.

29-14 — Tibias revêtus sur leur tiers apical environ, surtout à la face externe, d'une épaisse pubescence couchée blanc jaunâtre (fig. 93). Carène dorsale des élytres interrompue ou non, angulée en dehors avant le milieu (fig. 89-91). Taches pileuses dorées des articles de la massue antennaire bien apparentes.

30-33 — Carène dorsale des élytres continue, au moins sur les deux tiers basilaires. Forme plus courte. Suture Ironto-clypéale sans dépression distincte sur son trajet. Pubescence des flancs du prothorax inégalement répartie. — (5 Épistome densément hérissé de poils blonds, dressés, assez longs {Dg. 92).

31-32 — Élytres présentant en arrière une fascie claire en zigzag assez nettement délimitée, s'étendant dans toute

Révision des Bostrychides. 463

la largeur des élytres en passant au bord supérieur de

la déclivité apicale (fig. 88). Prothorax subglobuleux,

plus gros, plus convexe, plus fortement arrondi sur les ptZi,

côtés que chez l'espèce suivante. Carènes et tubercules ''.V

élytraux moins élevés. Long. 10-17 mill. L. fasciatus Lesn. b' •

32-31 — Élytres sans fascie distincte. Prothorax moins convexe et moins arrondi sur les côtés. Carène doi'sale des élvtres plus saillante. Tubercules marginaux de h\ dé- ,.

clivité apicale très élevés, comprimes. Long. 7 1/2- ^.^■^'^

13 mill L. pUcatus Guér. - '1

33-30 — Carène dorsale des élytres fragmentée (tig. 91). Forme plus allongée. Une légère dépression mt'diane sur le trajet de la suture fronto-clypéale. Côtés du prothorax rectilignes en arrière. Flancs du prothorax très densément et également pubescents. Dents latérales de la rîipe prothoracique grandes et saillantes, peu nombreuses. — c5 Épistome sans pilosité dressée. — Long. 12- . :* • 12 1/2 mill L. Bedeli Lesn. -^'^/^

34-13 — Pubescence sous-tarsienne brune ou noire. Frange du labre de coloration foncée, un peu roussàtre. Taches pileuses de la massue antennaire foncées, noires ou brunes, peu distinctes.

3o-38 — Pronotum sans gibbosités discoïdales bien accusées. Saillie juxtascutellaire aiguë, très saillante. Épaules rectangulaires ou un peu proéminentes en avant. Élytres ornés de nombreuses saillies tuberculiformes ou costiformes, sans poils dressés.

36-37 — Front hérissé de quelques longues soies brunes. Épistome présentant une courte carinule médiane et hérissé aussi de soies brunes, peu denses. Angles anté- ^^^^

rieurs du prothorax unciformes. Élvtres avec des séries -/ ^

de gros tujjercules. Dessus du corps brun roussàtre.

Long.

7 1 2- 12 mill L. verrucosus Gorh. A .

37-36 — Front et épistome dépourvus de soies dressées. E|iistome sans carène médiane, muni au bord antérieiud'une frange de poils lirun foncé, interrompue au milieu. Angles antérieurs du prothorax prolongés en deux cornes assez longues, uncinées à l'apex. Élytres ornés dorsalement d'un réticulum discontinu de côtes saillantes

464 P. Lesne. y

(fig. 98). Dessus du corps d'un brun plombé, mat. {W''

Long, lo 1 2 mill L. spectabilis Losn.

38-3o — Pronotum nettement bigibbeux sur le disque. Saillie juxtascutellaire obtuse. Épaules en angle obtus. Élytres sans côtes ni tubercules discoïdaux saillants, à part le rudiment de la carène prébasilaire , mais présentant de nombreux fascicules coniques de poils bruns, dres- ,^ ses (fig. 99). Élytres plus larges; forme plus courte. ^^<' Couleur brun foncé mat, un peu plombé. Long. H 1/2 i\ \ mill L. insignitus Fairm.

39-12 — Tibias des trois paires hérissés de soies brunes, dressées, à leur face externe. Pubescence sous-tarsienne brun foncé. Taches pileuses des articles de la massue antennaire brunes. Front et épistome hérissés de soies brunes. Vestiture dorsale formée de poils couchés ou mi-dressés. à reflets changeants, roux ou argentés, et de longs poils bruns, groupés en pinceaux perpendiculairement dressés (flg. 100), Bord apical des élytres ^ légèrement réfléchi. Deuxième article des tarses posté- S" ^ rieurs beaucoup plus court que le dernier. Long. 9- 13 mill L. penicillatus Lesn.

40-3 — Saillie intercoxale du mésosternum gibbeuse (tig. 101, 102).

41-42 — Tibias antérieurs incurvés en dehors, convexes au bord interne (fig. 9o). Dents marginales de la râpe prothoracique nombreuses et saillantes, formant une sorte de couronne semi-circulaire sur le devant du prothorax (fig. 96). Vestiture dorsale de coloration claire, composée de filaments extrêmement tins et extrêmement denses, et ayant l'apparence d'une substance compacte. j

SaiUies marginales de la déclivité apicale des élytres très ^^

élevées, comprimées, tranchantes: Angle apical des \

élytres prolongé en un lobe tronqué. Prothorax non ré- /^^

tréci en arrière. Long. 9 12 mill L. albicans n. sp.

42-41 — Tibias antérieurs nullement incurvés, droits au bord interne. Dents marginales de la râpe prothoracique peu nombreuses, non disposées en couronne. Vestiture dorsale nettement pileuse ou squameuse. Pas de saillies élevées et tranchantes sur les bords de la déclivité apicale. Angle apical des élytres précédé d'une dent obtuse.

Rerision des Bostrijchides. 4(55

43-46 — Vestiture dorsale entièrement pileuse. Piibesceuce sous-tarsienne blonde. Taches dorées de la massue autennaire grandes, bien apparentes. Segments abdominaux non particulièrement convexes {ûg. 101, 102). Prothorax un peu plus étroit que les élytres.

44-4o — Suture élytrale saillante dans la moitié inférieure de la déclivité apicale. Bord postérieur des yeux non coupant. Cuisses postérieures un peu moins fortes que les antérieures. Élytres présentant une grande tache commune antémédiane de pubescence argentée. Long. 0lo mil! L. Kiinckeli Lesn.

4o-44 — Suture élytrale nullement élevée dans la moitié inférieure de la déclivité apicale. Bord postérieur des yeux en carène coupante. Cuisses postérieures un peu |)lus /

courtes et plus épaisses que les antérieures. Élytres sans plage dorsale continue de pubescence argentée. Long. 13-16 mill L. Martini n . sp.

46-43 — Élytres densément revêtus sur les côtés de squamules brun châtain (fig. 104). Pubescence sous-tarsienne brun roussàtre. Taches dorées de la massue antennaire très petites. Segments abdominaux transversalement convexes le long de leur bord postérieur \}^ (tig. 103). Prothorax aussi large que les élytres. Long. 10 1/2 mill L. Perrieri n. sp.

Lichenophanes tristis*.

(Voir tabl. des espèces 1. — Fig. 62 et 63 du texte).

Fâhraeus, 1872, Ôfv. Vetensk.-Akad. Fûrh.,XXYm, p. 668.

Long. 7 1 2-14 mill. — Allongé, parallèle, brun, mat, très finement et très brièvement pubescent. la pubescence roux doré, couchée. Front et épistome granuleusement et assez finement ponctués, très finement pubescents, sans poils dressés, à part deux soies de chaque côté de répistome. Angles antérieurs de l'épistome arrondis, ses bords latéraux légèrement relevés. Suture fronto-dypéale profonde, bien mar- <iuée sur toute son étendue, légèrement et régulièrement aripiée. Yeux gros, fortement surélevés à angle droit en arrière. Antennes roussàtres, la massue plus claire, plus hjngue que Tensemble des articles précédents, et présentant des taches dorées distinctes. Frange du labre plus longue sur les côtés qu'au milieu. Prothorax un peu plus large

P. Lesxe.

que long, assez fortement l'étréci en avant, faiblement en arrière, ses angles antérieurs prolongés en cornes courtes, très brièvement unci-

nées au sommet, les postérieurs saillants, mais assez variables. Aire antérieure du pronotum largement déprimée longitudinalement au milieu, non excavée transversalement au-dessus de son bord antérieur; aire postérieure munie, surtout en avant, de granules râpeux irrégulièrement distribués, et présentant souvent un petit espace longitudinal brillant.

Dents principales de la râpe peu saillantes, larges et courtes, nullement pointues. Écusson densément pubescent. Élytres un peu plus larges que le prothorax, fortement et très densément pondues, un peu moins fortement sur la déclivité apicale; leurs deux nervures dorsales légèrement en saillie, Tinterne épaissie près de la base en un court renflement costiforme. Base des élytres légèrement lobée, mais non tuberculée, de chaque côté de récusson. Pubescence des élytres extrêmement courte , localisée dans les intervalles de la ponctuation et notamment sur les nervures, mais ne se groupant pas en taches distinctes. Déclivité apicale rebordée inférieurement. dépourvue de tubercules marginaux, avec la suture à peine élevée. Bord inféro-apical tranchant, sans granules. Pubescence de la poitrine et de l'abdomen plus fine que celle du dessus du corps. Ponctuation abdominale très dense sur les côtés, line, râpeuse. 2" article des tarses antérieurs un peu plus large que les suivants, un peu plus long que le dernier, non particulièrement épaissi ; 3^ article deux fois aussi long que le suivant. 2'- article des tarses postérieurs notablement plus long que le dernier. Pubescence sous-tarsienne blonde.

Je ne connais pas de caractères sexuels secondaires.

Cette espèce difïère de ses congénères par de nombreuses particularités. Elle a quelque ressemblance avec VHeterobostrychus brunneus.

Distribution géographique. — Natal (D'" Ch. Marti)); B)'itish Museu))i)-, Cafrerie (/. Wahlbei'g in Musée de Stoclhol))i: Coll. Dejemi >de Marseul).

Fig. 62 et 63. — Lichcnophanes tristis Vâhr. Avant-corps, vu de profil et de trois quarts.

Révision des liostriirhiiles. 4G7

Lichenophanes truncaticollis.

(Voir tabl. des espèces 2, 3, 4, 5. G. — Fig. 64 et Go du texte). Leconte. '186o, New. Spec. Col., p. 101. - Horn. 1878, Proc. Am. Phil. Soc., XVII, p. o4G.

Long. 6 1 2-10 mili. — Allongé, légèrement élargi en arrière; brun, varié de taches grises formées d'une pubescence blond doré. E!pistome et labre lisses et brillants, glabres sur leur face supérieure. Fron rugueux, assez densément cou- ,•;.

vert d'ane pubescence cou- f cliée. Articles de la massue an- ^ tennaire épaissis, munis de soies [

dressées assez nombreuses, Gt (-,5

leurs taches dorées petites, peu pj^. g^ pi gj. __ Lichenophanes trunvisibles, situées à l'apex de cha- caticollis Lee. Piolhorax. vu de desque article , près de l'insertion sus (fig. G4) et profil de l'avant-corps de l'article suivant. Prothorax (fig. GS). un peu plus long que large,

régulièrement arrondi sur les côtés, ses bords latéraux redressés en avant et en arrière ; bord antérieur largement et peu profondément échancré, serrulé; angles antérieurs latéraux, non rapprochés sur le devant du prothorax, légèrement saillants en dehors; angles postérieurs aigus, subspiniformes. Pubescence du pronotum longue, peu dense, couchée. Élytres faiblement et régulièrement élargis en arrière, très fortement et très densément ponctués, sans granules dans les intervalles (sauf près de l'écusson), leur pubescence couchée, assez longue, irrégulièrement répartie en taches mal définies. Tubercule basilaire juxtascutellaire pointu, subspiniforme. Nervure dorsale interne non renflée près de la base. Suture légèrement saillante sur la déclivité apicale; celle-ci munie d'un étroit rebord inférieur liorizontal, élargi près de la suture. Ponctuation abdominale extrêmement fine, moins dense sur la ligne médiane. S'' article des tarses antérieurs plus court que le dernier, les articles 2 et 0 des tarses postérieurs subégaux.

D'après Leconte, le bord apical des élytres présente, chez le c?, une épine subsuturale et l'angle suturai lui-même est aigu. Ce sexe m'est inconnu. Des deux femelles que j'ai sous les yeux, l'une a le bord apical des élytres obtusément angulé avant la suture ; chez la seconde, cette saillie est spiniforme ; mais l'angle suturai n'est aigu chez aucun des deux individus.

468 P. Lesne.

L'absence de ponctuation et de pubescence sur le labre et sur l'épistome distingue cette espèce de toutes les autres faisant partie du genre actuel (1); l'absence d'épaississement prébasilaire à la nervure dorsale interne des élytres et la forme du prothorax sont tout aussi caractéristiques. Cependant ses af Imités avec le L. varias sont bien évidentes.

Distribution géoyrapliique. — Canada méridional et États-Unis orientaux.

Alabama et Kentucky {Lrconte); Missouri {Coll. Oberthiu).

Lichenophanes varius.

(Voir tabl. des espèces 2, 3, 4, o, 7, 8. — Fig. o7, 61. 66, 67, 69, 70 du texte).

lUiger, 1801, Mog. fiir Insekt., I, p. 172. — Comolli, 1837, De Col. prov. yovoc, p. 37. — Guérin, 1844, /co/(. Rcgn. Aniiii., p. 18o, PI. 40, f. 13 (M. Girard, Trait, élém. d'Ent., .\tl., PI. 38, f. 13). — Redtenbacher, 1874, Faun. Austr., 3<= éd.. II, p. 64. — Kiesenwetter, 1877, Nat. Ins. DeutschL, Col., V, p. 36. — Zoufal, 1894, Wien. ent. Zeit., XIII, p. 41.

Dufouri Latreille, 1807, Gen. Crust. et Ins., III, p. 7. — Duflschmid, 182o, Faun. Austr., III, p. 83.

gallicHS Panzer, 1807 (?), Faun. Ins. Gerni., fasc. 101, f. 17.

Long, o 1/2-12 mill. — Allongé, sensiblement élargi en arrière, brun, parsemé en dessus de taches de pubescence couchée, blond doré. Front assez fortement granuleux en avant, légèrement df'clive près du bord antérieur, sa pubescence blond doré, orientée transversalement. Suture fronto-clypeale droite, enfoncée, bien marquée. Yeux moins gros et moins surélevés au bord postérieur que chez le tristis. Antennes d'un roux brunâtre, les taches dorées des articles de la massue bien distinctes. Poils de la frange labrale plus longs sur les côtés. Dessus de 1 a tète sans poils dressés, à part les deux paires normales de soies de5 côtés de l'épistome. Prothorax un peu plus long que large, rarement aussi large que long, plus étroit que les élytres, assez fortement rétréci en avant, légèrement en arrière, échancré anguleusement entre les angles antérieurs qui sont déprimés, denti'S au sommet, mais sans uncus proprement dit: angles postérieurs bien marqués, droits ou un peu aigus, le tubercule qui les détermine densément revêtu en dessus de poils blond doré. Pronotum assez densément et assez irrégulièrement pubescent,

(1) Sauf peut-être de californiens, trop brièvement décrit par Horn.

Rpviskm (1rs Bostriichides. 4G0

excavé transvorsalcmont au-dessus de son bord antérieur; râpe s'étendant sur jilus de la moitié do sa surface, composée de dents larges, arrondies: aire postérieure fortement mais peu deusément granulée, vaguement biluberculée au milieu du bord postérieur, légèrement sillonnée longitudinalement au milieu, et présentant de part et d'autre de ce sillon une zone allongée où la pubescence est plus dense. Tégument des élytres fortement et densément ponctué, densément granulé dans les intervalles, les granules parfois obsolètes. Nervure dorsale interne un peu renflée et saillante près de sa base; bord basilaire des élytres gibbeux de chaque côté de l'écusson. Pubescence élytrale entièrement couchée, blond doré, formant des taches arrondies ou allongées, disposées en séries longitudinales. Ces taches sont d'ordinaire nombreuses sur la déclivité apicale, et elles la recouvrent parfois en majeure partie. Suture non ou à peine saillante sur la déclivité; celle-ci régulièrement convexe. Bord apical des élytres, vu de dessous, non évasé, granuleux. Ponctuation de l'abdomen Une et très dense, aussi serrée au milieu que sur les côtés; sa pubescence excessivement tîne. Sailhe intercoxale de l'alidomen arrondie ou tronquée au sommet, t" article des tarses antérieurs plus court que le dernier. 2'= article des tarses postérieurs plus long que le dernier. Vestitiu'e sous-tarsienne blonde.

Nous ne connaissons pas de caractères sexuels secondaires.

Le fond du sillon médian de l'aire postérieure du pronotum est en général sculpté et pubescent comme le tégument voisin. 11 devient (luelquefois assez lisse, brillant et glabre avant la base; parfois même un rudiment de carène longitudinale existe au fond de cette dépression. L'intérêt de ce fait résulte de la présence d'une carène bien marquée et occupant la même situation chez des espèces voisines du L. varius (L. Khtnerensis, L. caiinipennis).

Distribution tjéoîivaphique. — Europe méridionale et moyenne.

Portugal : Douro (P. de Oliveira). Corse {Coll. de Marseul >■ Muséum de Paris); Pyrénées-Orientales : Massane; Lot-et-Garonne : Sos [Delherni et Lucante); Landes [Perris); Provence : S*''-Beaume (E. Abeille de Perrin); Rhône {Coll. Bedel); Allier {Ë. Olivier); Seine-et-Marne : forêt de Fontainebleau; Oise : forêts de Compiègne {Léveillé, Bedel) et de Hez {de Vuillefroy); Aisne : « La Ferté-Milon » {Coll. Ch. Brisouf); Vosges {Wencker et Silbermaun) ; Lorraine: St-Avold (Gc'/(/*(); Bassin moyen du Rhin : Heidelberg {Maehler); Darrastadt {Zebe]; Hanau {Zebe) (1). Env. de Hanovre (Illiger). Autriche {Bedtenbacher) : Vienne

(1) Duftschinid signale une localité « Feisperg » qui n'est autre sans doute que Felsberg, au sud de Kassel, sur la rive gauche de l'Eder.

470 P. Lesxe.

[Duftschmid). Hongrie [Baudi]. Banat (Coll. de \anlo(jer). Lonibardie (Villa), Province de Côme [ComoUi); ^t\\)h's{Muséui)i de Por/.s). Russie orientale : Samara [von Heijden). Transcaucasie : Lenkoran (!)■■ Ch. Martin). Cliypre {Baudi).

Biologie. — Le Liclie^wphanes varias habite surtout le bois abattu ou mort sur pied du Hêtre et du Cliàtaignier. L'adulte se rencontre en mai, juin, juillet (1). Ses mœurs sont nocturnes. Nous ne pouvons mieux faire que de transcrire ici ce qu'en dit Klingelhôffer (2).

Le Coléoi)tère adulte, dit l'entomologiste allemand, entre en activité dans les chaudes soirées de juin, lorsque la nuit tombe; il s'accouple, dépose des œufs et vole çà et là avec vivacité. Pendant k' jour, il se cache dans les fentes des arbres, ou se retire dans ses propres galeries. Il est fort amusant de le capturer le soir au vol et, dans le jour, il est facile de s'en procurer en enfumant ses refuges avec la fumée de tabac. Ses galeries, à entrée circulaire, pénètrent en ligne droite d'un demi-pouce dans l'intérieur du tronc, puis se recourbent vers le bas et suivent un trajet rectiligne d'un pouce de longueur.

La femelle pond dans les fissures du tronc et les jeunes larves se dirigent dans tous les sens au travers du bois, le creusant de galeries qu'elles laissent derrière elles remplies de vermoulure. Au premier lirintemps, elles ont atteint leur complet développement. La nymithose a lieu vers la fin d'avril et le stade nymphal dure 14 jours. C'est seulement en juin que l'adulte creuse sa galerie de sortie.

Klingelhotïer signale les troncs de Hêtres rouges bien aérés et bien ensoleillés, situés à la lisière des bois, comme étant particulièrement recherchés par cet insecte (3).

Les observations de Perris (4) sont venues compléter et confirmer en partie les précédentes. C'est sur les échalas de Châtaignier dont on se sert, dans les Landes, pour soutenir la Vigne, que Perris avait rencontré le Lichenophanes varin.<<. « Durant le jour, dit-il, il demeure immobile sur les pieux ou sous leurs écorces, où il se laisse prendre sans difficulté. Il aime à pondre ses œufs dans les vieux échalas dont

(1) L'époque principale d'apparition dans les Landes est fin juin (Perris). C'est aussi au mois de juin que Klingelhôfler observait l'espèce actuelle en Hesse. Je n'ai que deux dates de capture pour la foret de Fontainebleau, toutes deux en fin juillet (Léveillé, Poujade).

(2) Stett. eut. Zeit., 1843, p. 86.

(3) Kaltenbacli ajoute [Pflanzenf., p. 624) que la larve aurait été trouvée du côté du tronc exposé au couchant.

(4) Aiin. Fr., 1850, p. 564.

Révision des Bostnicliides.

l'écorco est soulevée et qui ont déjà été labourés par les larves de VAiKiestlirtis testacea, de VE.rocentvm adspersus, etc. Il ne pénètre pas dans le hols comme les Apate sexdentata et sinuata : c'est à l'aide de son oviducte qu'il dépose ses œufs comme l'A. capiicina, et sa larve .creuse, à trois ou quatre millimètres de l'écorce, une galerie longitudinale, à rextréniité de laquelle elle se construit une petit(^ Idge pour sa transformation » .

OiUre le Hêtre et le Châtaignier, la larve vit encore dans le Charme (1^, dans le Chêne (2) et peut-être aussi dans le Tilleul (3).

Premiers états. — La description des premiers états a été renvoyée à un mémoire ultérieur.

Fig. 66. Forme habituelle du prothorax chez le Lichenophanes varius III. — Fig. 67. Autre forme du prothorax dans la même espèce. — Fig. 08. Contour du prolhorax du L. numida Lesn. — Fig. 6'J. Élytre droit du L. varius, détaché du corps; portion antérieure, vue du coté suturai, bs, bord suturai: b(, bord latéral; a, apopliysc articulaire; rp, renllement préhasilaire de la nervure dorsale interne. — Fig. 70. Extrémités de l'abdomen et des élytres du L. varius, trois-quarts ventral. -- Fig. 71. Extrémités de l'abdomen el des élytres du L. numida, trois-quarts ventral.

(1) .V la Sle-Beaume (E. Abeille de Perrin).

(•2) Voyez Nordlinger, Lehensw. von Forstherf., 2« éd., 188u, p. 13.

(3) Braunhofer sec. Redtenbacher.

472 P. Lesne.

Liichenophanes numida n. sp.

(Voir tabl. des espèces i, 3, 4, o, 7, 9. — Fig. 68 et 71 du texte).

Dufouri + Lucas, 1846, L>;^/. .l/(/., I. p. 464.

Cette espèce est très voisine de la précédente, mais sa taille est en moyenne plus grande (9-14 mill.), sa forme plus large, plus parallèle; ses téguments sont moins pubescents et de teinte plus foncée. Elle en dilîère en outre par les points suivants :

Épistomc hérissé de soies blondes, dressées, peu denses. Prothorax un peu plus large que long, à peine plus étroit que la partie postérieure des élytres; dents latérales de la râpe plus saillantes que chez le varias par suite de l'absence de pubescence serrée à leur base. Granulation des élytres obsolète. Taches des élytres généralement plus petites et moins nombreuses que chez le varius; sur la déclivité apicale, il n'en existe qu'une seule de chaque côté, supérieurement. Apex des élytres évasé (vu de dessous). Ponctuation abdominale moins dense au milieu que sur les côtés. Saillie intercoxale de l'abdomen généralement pointue au sommet. 2'' article des tarses antérieurs moins court que chez le varius. Granulation du bord inféro-apical des élytres moins apparente.

Les caractères sexuels secondaires paraissent faire défaut.

L'aire postérieure du pronotum présente souvent au milieu un étroit espace longitudinal brillant, parfois finement caréniforme.

Distribution géographique. — Berbérie littorale.

Tanger {Coll. Bedel); env. d'Alger [Lallemant in Coll. de Marseul); Dra-el-Mizan (F. Anceij) ; Fort National [Letourneux] ; Robertville [M. Girard)-. Bône [Muséum de Paris):, La Galle {H. Lucas).

Biologie. — Des deux exemplaires qu'avait vus M. H. Lucas, l'un avait été pris par lui-même dans son habitation de La Galle, en tin août; le second avait été trouvé par Durieu sous l'écorce d'un Ghèneliège, en mi-juillet. L'espèce a été aussi observée en abondance à Robertville, en juin 1881, dans le bois d'un tronc mort d'Eucah/ptus globnlus (1). On la capture dès le mois de mai.

(1) M. Girard, A7in. Fr., 1882, Bull., p. XLviir.

Revision des Bostnjrhides. 473

Lichenophanes californicus.

(Voir tabl. dos espèces "2, 3, 4, 10). Honi, 1878, Proc. Am. Phil. Soe., XYIL p. o46.

Nous ne connaissons pas cette espèce. Sa pubescence très éparse, à peine sensible, formée de poils courts, et sa coloration noire semblent caractéristiques. La conformation du prothorax parait être tout à fait analogue à celle du même segment du corps chez les deux espèces précédentes. Comme chez celles-ci, les élytres ne présentent pas de côtes accusées et sont densément et fortement ponctués, « les intervalles élevés et modérément brillants, mais ne formant pas de tubercules ».

La description originale a été rédigée d'après un spécimen unique, ayant l'angle suturai des élytres obtus, et que Horn considère comme étant une femelle.

Distribution gcograpliique. — Californie : vallée du San Joaquin.

Lichenophanes khmerensis*.

(Voir tabl. des espèces 2, 3, 11, 1:2, 13, 14, lo, 16, 17, 18. 19. 20. — Fig. 72 et 73 du texte).

Lesne, 1896, Ann. Fr., 1896, p. oH.

? carinatus Lewis, 1896, Ann. ^'llt. Hist.. 6. XVII, p. 339.

Long. 9-11 1/2 mill. — Allongé, parallèle, les élytres très légèrement élargis en arrière; brun taché de roux. Front assez densément granulé et peu densément pubescent en avant. Suture fronto-clypéale peu distincte sur les côtés, enfoncée au milieu. Épistome granuleux et pubescent, sans soies dressées, ses angles antérieurs largement arrondis. Yeux détachés à angle aigu en arrière. Taches dorées des articles de la massue antennaire bien visibles. Prolhorax assez fortement arrondi sur les côtés, rétréci en avant et en arrière, ses angles antérieurs saillants, pointus, mais larges et déprimés, les postérieurs saillants en arrière, pointus. Pronotum légèrement excavé au-dessus de son bord antérieur; dents latérales saillantes de la râpe au nombre de 4 ou o; aire postérieure parsemée de gros granules arrondis et présentant un sillon longitudinal médian, dénudé et brillant, dont le fond est parcouru par une fine carène s'étendant sur presque toute la longueur de l'aire postâ> rieure. Pubescence du pronotum rousse, assez dense, serrée de chaque côté du sillon médian, compacte sur les angles postérieurs. Élytres

P. Lesnk.

rig. 72 et 73.— Lichenophanes hlimerensis Lesn. Contour du prolliorax (lig. 72) ot profil de l'extrémité postérjeure du corps (fig. 73).

très fortement et très densément ponctués, subgranuleux dans les intervalles, leur tubercule basilaire juxtasculellaire obtus, la carène pré-

basilaire bien nianiuée, dénudée, lisse et brillante au sommet. Déclivité apicale sans tubercules marginaux, l'angle apical simple; suture fort peu saillante sur la déclivité; granulation du bord inféro-apical obsolète. Pubescence élytrale disposée en taclies de grandeur variable, sériées longitudinalement; les poils qui composent ces taches sont rabattus et couchés sur le tégument. Ponctuation et pubescence abdominales lines et denses. 2"= article des tarses antérieurs beaucoup plus court que le dernier. "2^ et o« articles des tarses postérieurs subégaux.

Distribution géographitjup. — Cambodge : Pnom-Penh (CoU. Bedel : Coll. Fleutiaux). Deux individus $ (1).

Forme voisine insuffisamment connue. — Le Bostnjchus carinatus Lewis {sub A pâte), dêcril sur un individu unique provenant des îles Andaman [Coll. Gorham), est très voisin du khmerensis- mais sa forme est plus robuste, et l'aire postérieure du pronotum ne présente ni sillon longitudinal brillant, ni carène médiane (2). En outre, d'après la description originale, il aurait les côtés du prothorax parallèles. La taille est de 13 mill.

(1) J'ai vu au Brilish Muséum un 3" individu, provenant des îles Andaman, qui m'a paru identique à ceux du Cambodge.

(2) Ces renseignements m'ont été obligeamment fournis par M. H. -S. Gorliam qui a eu sous les yeux à la fois les types des L carinatus et lihmerensis. M. Gorliam pense, ou bien qu'il s'agit de deux espèces distinctes, ou des deux sexes d'une même espèce. Cette dernière supposition ne me semble guère probable.

D'autre part, il ne faut pas attacher une grande importance à la présence ou à l'absence d'un sillon médian dénudé et d'une carène longitudinale au milieu de l'aire postérieure du pronotum, car l'élude de diverses espèces voisines (£. varius, L. numida, L. fascicuIariii)démonl,teqae ce caractère est variable. La forme un peu plus robuste du corps n'est pas non plus un caractère spécifique. 11 y aura lieu de rechercher si d'autres particularités ne sont pas passées inaperçues.

Ri'cifùon drs Bostriji-hides. 47u

N'ayant pas examiné le type du Liclienophancs ain'natns, je ne j)nis décider si, à mon avis, on doit le considérer comme appartenant à une espèce distincte du hkincrensis. Au cas contraire, le nom de carinatuft aurait la priorité.

Lichenophanes carinipennis.

(Voir tabl. des espèces 2, 3, 11, 12, l.'î, 14, lo, 16, 17, 18, 10, 211. Lewis, 189(). \nn. Nat. Hist., 6, XVII. p. ;}38.

Cette forme, qui m'est inconnue en nature, est aussi très voisine du khmerensis. MM. Lewis et Gorham ont eu sous les yeux à la lois les types des L. khinerensis et can'niponiis et ils ont bien voulu me communiquer le r(''sultat de la comparaison qu'ils en ont faite. D'après eux ce sont deux espèces distinctes. La seconde diflV'rerait de la première par les dents latérales saillantes de la râpe protlioracique plus nombreuses (7 de chaque côté), par les angles postérieurs du prothorax lobés aussi et saillants, mais arrondis au sommet, par les tarses plus longs et plus grêles, le 2^ article des intermédiaires d'un tiers plus long que chez le klimrrensis. Taille : 13 mill.

Les autres dillërences signalées par MM. Le^^is et (iorham ne me paraissent d'aucune importance sp<''citl(]ue : échancrure du prothorax anguleuse, dépression médiane antérieure du pronotum plus étroite, sillon médian de l'aire postérieure non indiqué, à carinule longitudinale très courte, discoïdale, enlin carènes prébasilaires des élytres plus courtes.

Distribution géographique. — Japon : Kawatchi (1) {Coll. Leu-is). — Type unique.

Lichenophanes fascicularis*.

(Voir tabl. des espèces 2, 3, 11, 12. 13, 14, lo, 16, 17, 18, 22, 23. — Fig. 74 à 79 du texte).

Fâhrceus, 1872, Ùfc. Vetensk.-Akad. FOrli.,XX\m, p. 670.

race morbillosus* Quedenfeldt {non Dejean) (2), 1886, Berl. eut. Z?*ïsc/i.r., XXX, p. 32o (3)

(1) 11 s'agit sans doute du port de Kavalchi, situé dans la baie d'Avomori (Nippon sept.).

(2) Les spécimens de la Coll. Dejean sont des fascicidaris forme type.

(3) Types dans la Coll. Oberthiir.

P. Lesxe.

Fig. 74 el 75. — Lichenopfianes fascicularis Fâhr. Contour du prolliorax chez un individu de la race morbillosus Qned. (fig. 74) et chez un indivi lu de la race marmoralus Lesn.

Long. 8-14 1/2 mill. — Allongé, parallèle, très légèrement élargi en arrière, brun, avec des taches de pubescence rousse ou grise. Front

plus ou moins densément pubescent et en outre distinctement granulé. Suture fronto-ciypéale peu nettement marquée. Épistome avec ou sans poils drossés sur les côtés. Yeux assez fortement surélevés en arrière. Taches dorées de la massue antennaire bien apparentes. Prothorax fortement rétréci en avant, moins fortement en arrière, légèrement excavé au-des sus de son bord antérieur, ses angles antérieurs saillants, pointus, déprimés, limitant une échancrure de forme variable ; dents latérales de lu râpe protlioracique pointues, saillantes; disque du pronotum plus ou nu>ins nettement bigibbeux; aire postérieure granulée. Pubescence du pronotum plus dense sur les côtés de la râpe protlioracique et sur les angles postérieurs. Élytres très fortement et très densément ponctués, parsemés de taches peu régulières de pubescence couchée, roux doré ou grise, les principales de ces taches sériées longitudinalemenl; saillie basilaire juxtascutellaire large, peu développée; carène prébasilairebien saillante, dénudée, lisse et brillante au sommet. Tubercules avoisinanl la partie supérieure de la déclivité apicale plus ou moins développés, au nombre de 6, revêtus de poils roux doré ou gris, assez longs, dressés, formant sur chacun d'eux un fascicule pileux serré, masquant complètement le tubercule lui-même; suture non ou à peine saillante sur la déclivité; bord inféro-apical linement granulé; angle apical simple. Ponctuation abdominale très lîne et très dense; pubescence abdominale très fine. 2' article des tarses antérieurs plus court que le dernier, le 2*^ article des postérieurs un peu plus long que le dernier.

La forme de l'échancrure antérieure du protborax et celle de ses angles postérieurs sont variables. 11 n'existe pas d'ordinaire de carinule longitudinale brillante au milieu de l'aire postérieure du prttnotum; mais on en observe quelquefois une très nette. La longueur de la carène prébasilaire des élytres varie du simple au double.

Cette espèce comprend au moins deux races : le L. faxcicularis forme type, de taille en moyenne plus petite (8-12 mill.), dont la pu-

Révision des Bostnichides.

boscence est plus fournie et un peu plus longue, les poils des intervalles des taches principales des élytres étant presque semblables à ceux formant ces taches; et la race morbillosus, un peu plus grande (11-14 12 mill.). à taches pileuses moins étendues, les poils des inter-

Fig. 76 à 79. — Lickenop/ianes fascivularis Fâhr. Profil de l'avant-corps dans la race morbillosus Qued. ((ig. 76) et prolil dorsal du prothorax dans la race marmorafusLesn. (fig. 77). Profils del'exlrémité postérieure des élytres dans la race morbillosus (fig. 78) et dans la race marmoralus (fig. 79).

valles des taches principales étant extrêmement fins et très courts Cette dernière forme présente en outre de courts poils dressés sur l'épistome, poils qui font défaut chez le fnscirukiris type (1).

Une troisième forme, plus nettement distincte, mais que j'hésite à considérer comme ayant une valeur spécifique , est caractérisée par les tubercules postérieurs des élytres plus gros, couverts d'une pubescence couchée qui laisse apparaître les granules brillants de leur surface. En même temps, les taches des élytres sont plus étendues, confluentes, formées de poils tous semblables (race marmoralus). La forme du corps est un peu plus large que chez les précédents et l'épistome porte latéralement des poils dressés courts et peu nombreux.

Distribution géographique. — Race fascicularis : Afrique sud-orien taie et centrale.

(1) L'extrémité des élytres ne diffère pas sensiblement dans les deux races. Il existe une troncature faible au sommet.

Mozambique [Coll. de Marseul); Natal [Coll. Dejean; British Muséum; Coll. Fainnaire: Coll. Ohefthur): Cafrerie {Wahibertj : Coll. Fairmaire); Niam-Niam {Bohndor/J'in Musée de Bruxelles) (1).

Race morbillosus : Guinée méridionale.

Congo [Quedenfeldt , Coll. Oberthiir) ; Benito {Muséum de Puri.'i) ; Haut- Ogooué [Cuirai in Muséum de Paris).

Race marmoratxs : Guinée.

Cameroun {Coll. Bedel) ; Congo français : Benito {Coll. Bedel). — 2 individus.

Lichenophanes Oberthûri n. sp.

(Voir tabl. des espèces 2, 3, 11, 12, 13, 14, lo, 16, 17, 18, 22, 24. — Fig. 80 du texte).

Long. 7-8 12 mill. — Allongé, le prolliorax sensiblement plus étroit que les élytres, ceux-ci légèrement élargis en arrière; brun, orné en

dessus de taches de pubescence argentée ou roussàtre. Dessus de la tête sans poils dressés.

Front, épistome et partie antérieure du vertex couverts d'une pubescence couchi-o, blond doré, très dense, ne laissant pas apparaître de granules. Suture fronto-dypéale peu visible, faiblement arquée. Angles ant('rieurs de répistome arrondis.

Taches dorées de la massue antennaire très petites, peu visibles. Prothorax assez fortement rétréci en avant, légèrement en arrière, ses angles antérieurs courts, déprimés, pointus au bout, limitant une échancrure large et peu profonde, arrondie, au-dessus de laquelle le pronotiun est légèrement excavé; angles postérieurs droits, pointus, ou un peu aigus. Disque du pronotum nettement bigibbeux, l'aire antérieure et les côtés de l'aire postérieure

(1) M. L. Fairmaire a cité le L. fascicularis comme existant à Mayolte, où il aurait été récolté par Huinblot {Ann. Belrj., 1893, p. 524J.

Fig. 80. — Lichenophanes Oberthilri Lesn.

Revision des Bostnjchides. 479

densémentpnbescents, cette dernière finenientet régulièrement sraïuilée, présentant ou non au milieu un étroit espace longitudinal brillant. Épaules rectangulaires, pointues au sommet. Tubercule basilaire juxtascutellaire des élytres saillant, obtus ; carène prébasilaire proéminente, lisse et brillante au sommet. Une large plage commune subarrondie, de pubescence plus claire que celle des petites taches avoisinantes, s'étend en arrière des carènes prébasilaires. Tubercules du bord supérieur de la déclivité apicale saillants, densément revêtus de poils blanchâtres, dressés; suture un peu saillante sur la décUvité; apex des élytres légèrement acuminé. Abdomen teinté de roussàtre vers l'extrémité, très fmement et très densément ponctué, sa pubescence excessivement Une 2'- et dernier articles des tarses postérieurs subégaux.

Le plus grand des deux exemplaires t>pes est une Ç; je ne sais quel est le sexe de l'autre.

Cette jolie espèce est remanjuable par la vestiture très dense du front et par celle des élytres. Par son faciès elle rappelle beaucoup le L. Kiniekeli. Nous sommes heureux de la dédier à M. René Oberthiir.

Distribution géographique. — Kameroun : Johann Albrecht Hohe [Coll. Bedel). — 2 individus.

Lichenophanes inîquus*.

(Voir tabl. des espèces 2. 3, 11. 12, 13, 14, lo, 16, 17, 2o. — Fig. 81 du texte).

Lesne, 189o, Ann. Fr., 189o, p. 171.

Long. 8 12 mill. — Assez court, assez fortement élargi en arrière, le prothorax plus étroit que les élytres; brun grisâtre mat, un peu verdàtre, varié de brun foncé; pubescence dorsale extrêmement line et courte, couchée. Front assez densément et très linement pubescent, finement granuleux; suture fronto-clypéale arquée sur les côtés, droite au milieu, peu apparente; angles antérieurs de l'épistome marqués, obtus. Taches dorées de la massue antennaire petites, mais apparentes. Prothorax fortement rétréci en avant, à peine en arrière, ses angles antérieurs courts, déprimés, limitant une échancrure peu profonde, au-dessus de laquelle h; pronotum n'est pas sensiblement excavé; angles postérieurs aigus, saillants en arrière. Disque du pronotum nettement bigibbeux, l'aire postérieure finement granulée. Pubescence du pronotum assez également répartie . ne formant pas de taches. Saillie basilaire juxtascutellaire des éhtres bien marquée, obtuse; carène prébasilaire élevée, dénudée et brillante au sommet; épaules obUquement

P. Lesn'e.

tronquées, légèrement biangiilées en dehors. Tégument des élytres inégal, comprenant : 1° des parties pubescentes, verdàtres, présentant commedepelitesboursouftlures irrégulières ; 2" des parties glabres, déprimées, de coloration brun foncé, et perforées de gros points enfoncés. Les deux principales dé ces dépressions glabres sont situées, sur chaque élytre, dans le prolongement de la carène prébasilaire, l'une immédiatement en arrière de cette carène, l'autre avant le tubercule supérieur de la déclivité apicale. La déclivité apicale elle-même n'offre pas de ces espaces épilés ; elle présente supérieurement 4 tubercides marginaux en forme de bosses arrondies, densément mais très brièvement puliescents. Suture à peine saillante sur la déchvité; apex des élytres légèrement tronqué. Ponctuation et pubescence abdominales denses et extrêmement lines. 2'= article des tarses postérieurs plus court que le dernier.

La sculpture très particulière des élytres distin- Fig. 81. — Liche- gue nettement cette espèce de toutes ses congénènophanes iniquus res.

Lesn.

Distribution géinjmphiqiu'. — (Juinée.

Sierra-Leone {British Muséum); Haut-Ogooué (L. (îuiral in Muscinu lie P(iris) (individu type).

Lichenophanes armiger.

(Voir tabl. des espèces 2, 3, 11, 12, 13, 14, lo, 16, 26. — Fig. 82 du texte).

Leconte, 186o, New. Sper. Col., p. 100. — Horn, 1878, Proc. Am. phil. Soc., XVII, p. o46.

Long. 7 12 — 10 mill. — Allongé, parallèle, légèrement élargi en arrière; brun, parsemé de lâches de pubescence grisâtre; antennes rousses, tarses roussàtres. Dessus de la tète couvert d'une pubescence couchée, assez dense et assez longue, blond doré. Front nettement granulé; suture fronto-clypéale assez apparente; angles antérieurs de Tépistome obtus. Taches dorées de la massue antennaire très petites, mais distinctes. Prolhorax plus étroit que les élytres, arrondi sur les côtés,

Révision des Bostnjchidrs. 481

assez l'ortoment rétréci on avant, moins on arriore, sos angles ant(''rieurs prolongés en cornes non élargies ni déprimées; angles postérieurs marqués. Pronotum non excavé au-dessus de son bord antérieur, sans gibbosités discoïdalos ; aire postérieure couverte de gros granules. Écusson donsément revota d'une puhescenco blond clair. Tubercule juxtascutellaire aigu, subspiniforme; carène prébasilaire inégale, à crête interrompue, sans surface lisse au sommet: épaules marquées de quelques granules. Élytres dcnsémont et très fortement ponctués et présentant en outre yi". 82. — Lichenodes granules qui sont surtout saillants dans la ré- phanes annUjeigion dorsale et dans la ptirtio supérieure de la dé- ^^*^clivité apicale. Taches pileuses des élytres peu régulières, subsériées, formées de poils couchés, blonds ou dorés. Déclivité apicale sans tubercules marginaux ; suture non ou à peine saillante sur la déclivité; bord apical dos élytres épaissi, linoment érodé ou donticulé eu dessous. Ponctuation abdominale excessivement fine et dense; pubescence peu dense, blond tloré. Calcar des tibias antérieurs fortement incurvé. 2^ et o" articles des tarses postérieurs subégaux.

(5 Bord apical des élytres prolongé de chaque côté de la suture en une épine aiguë.

9 Angles apicaux des él\ très très légèrement séparés au sommet, non prolongés en épine.

Dans cette espèce, les cavités cotyloïdes antérieures paraissent ètro fermées en arrière par accoloment dos épimères prothoraciquos. Les proportions du prothorax doivent être variables, car chez l'individu que nous avons sous les veux, ce segment est un peu plus long que large, tandis que Leconte le décrit comme étant plus large que long.

Distribution géographique. — États-Unis du centre et du sud {Leconte), du centre et de l'ouest [Horn). Canada {Label list).

Marquette (rive sud du Lac Supérieur) {Uubbard et Schicarz).

Lichenophanes bicornis.

(Voir tabl. des espèces 2, 3, li, 12, 13, 14, lo, 27. — Fig. o8, 83 et 84 du texte).

Weber, 1801, Ent. obs., p. 91. — Say, 1824, Journ. Acad. Phil., III, p. 319. — Horn, 1878, Proc. Am. phil. Soc., XVII, p. o46. — Packard, 1890, Ins. inj. to forest and shade trees, p. 92, fig. 34 (1).

(1) Apate dejlexicornis Sturm, Cal., 1843, p. 231.

482 P. Lesne.

Long. 7-12 inill. — Allongé, parîillèle, le prothorax plus étroit que les éivtres; brun, varié de gris, les taches claires formées de groupes de squamules environ trois fois aussi longues que larges; antennes rousses, pattes roussàtres. Dessus de la tète densément squameux, dénudé par places, et laissant apparaître sur le front des granules très nets; pubescence du dessus du labre argentée. Épistome plan, ses angles antérieurs arrondis. Front légèrement convexe par rapport à répistome. Dessus de la tète dénivelé au niveau de la suture frontoclypéale qui est rectiUgne. Yeux à peine détachés en arrière. Prothorax à peu près aussi large que long, assez fortement rétréci en avant, très légèrement en arrière, ses angles antérieurs prolongés en cornes courtes, non déprimées, les postérieurs bien marqués.

souvent pointus et saillants en arrière. Pronotum non ou très légèrement excavé au-dessus du bord antérieur ; aire postérieure couverte de granules brillants, assez denses, et par-

,. , , ,. courue longitudinalement au

Ims». 83 et 84. — Lichenophanes btcornis .,. ....

Web. Portion du tégument de la région ^^"l'^^" P^'" »" ^^^^'^^ ''"''^'"■'' moyenne des élyties (fig. 83) et apex des ^i^se et brillant, caréniforme en élytres c" Q (<'g- 84). arrière. Vestiture du pronotum

moins dense suivant deux espaces un peu allongés attenant à la base, en dedans de l'angle postérieur; flancs du prothorax densément squameux. Élytres assez densément et très fortement ponctués, montrant en outre des granules petits et peu nombreux, et présentant des taches squameuses, peu régulières, subsériées, dont les plus apparentes et les plus claires se trouvent sur le trajet de la carène dorsale interne. Tubercule juxtascutellaire bien mariiué. pointu, mais non spiniforme; nerviu'e dorsale interne toute entière saillante, caréniforme, s'étendant jusqu'au bord supérieur de la déclivité apicale, sa crête légèrement inégale et sinueuse; nervure dorsale externe saillante aussi, mais moins élevée que l'interne, si ce n'est en arrière, où elle se prolonge jusqu'au tiers supérieur de la déclivité apicale en se recourbant en dedans vers la suture ; celle-ci saillante sur la déchvité. Pubescence abdominale subsquameuse, assez dense; ponctuation abdominale extrêmement tine et très dense. Pattes revêtues de poils couchés, denses, subsquameux, surtout sur les tibias. 2<^ article des tarses postérieurs plus grand que le dernier. c5 Angle apical des élytres précédé d'une épine très aiguë. ç Bord apical des élytres angulé mais non épineux avant la suture.

lirvision des liostnichifles. 483

La forme de l'écliancrure antérieure du prothorax est Aariable. Elle est tantôt birectangulaire, tantôt arrondie.

Cette espèce se distingue entre toutes par sa vesliture squameuse et par la continuité et la rectitude de la carène dorsale interne des élytres.

Distrihidioii f/co^r^yJ*/^**^'. — États-Unis, surtout méridi(inau\(//o/'n];

Canada i Label Hst).

Biologie. — D'après M. Hopkius (1), le L. Irironiis se développe dans le P(»mmier. M. Mac Bride (2) Fa trouvé en aorit sous l'écorce morte d'un pieu de Chêne blanc [Quercus alhn) et il pense que la larve vit dans le bois de cette essence.

Lichenophanes caudatus*.

(Voir tabl. d.'S espèces 2, 3, IL 12, 13, 14. 28. — Fig. 85 à 87 du texte).

Lesne, 189o, Ann. Fr., 189o, p. 172.

Long. 10 1 2-14 mill. — Allongé, parallèle, le prothorax à peine plus étroit que les élytres; d'un roux brun terreux ou grisâtre, avec la poitrine et les pattes plus foncées. Le tégument est lui-même brun foncé; mais il est recouvert, dans la région dorsale, d'un feutrage pileux roux ou roux grisâtre, épais, percé de granules noirs et dénudé par places, bien que la vestiture du dessus du corps, prise dans son ensemble, soit assez homogène. Front très densément granuleux, presque glabre, abrupt au devant de la suture fronto-clypéale qui est très fortement marquée; épistome très densément hérissé de poils roux, assez courts, ses angles antérieurs arrondis. Taches dorées des articles de la massue antennaire bien distinctes. Prothorax fortement rétréci en avant, non ou à peine en arrière; angles autt'rieurs rapprochés, pointus, saillants, non déitrimés ni amincis, limitant une échancrure anguleuse, arrondie au fond; angles postérieurs pointus, saillants en arrière. Pronotum non excavé transversalement au-dessus de son bord antérieur, fortement bigibbeux sur le disque, largement déprimé longitudinalement au milieu, dans la région de la râpe, d(»nt les dents sont proéminentes; aire postérieure prc'sentant quelques granules assez petits, pereant le

(1) Bull. 32 West Virginia Agr. St., p. 185, cité par Lintner, Elevcntli Bep., for 18'.I5, New- York, 1896, p. 268.

(2) Canad. Eut., XII, 1880, p. 107.

P. Lesxe.

revêtement, et dénudée au milieu sur un étroit espace longitudinal qui est parfois finement caréniforme en avant. Tubercule juxtascuteilaire bien marqué, plus ou moins aigu; carène prébasilaire élevée, légèrement incurvée, convexe en dedans, suivie d'une série linéaire de tubercules plus écartée de la suture en avant qu'en arrière, où elle aboutit au tubercule marginal supéro-interne de la déclivité apicale. Epaules proéminentes en avant. Déclivité apicale munie supérieure-

Fig. 85 à 87. — Liclienophanes caudalus Lesn. Trois quarts dorsal (fig. 85), profil de l'avant-corps (fig. 86) et extrémité postérieure du corps, vue de trois quarts, en dessous (fig. 87).

ment, de chaque côté, de trois tubercules marginaux saillants, de même vestiture que le reste des élytres, et dont les deux internes sont les plus gros; suture saillante sur la déclivité. Bord apical des élytres épaissi, granulé avant l'apex, l'angle apical prolongé en une apophyse courte, arrondie au sommet, carénée en dessous, tantôt entièrement couverte d'une pubescence gris roux, sauf à l'extrême pointe, tantôt presque dénudée, noire et brillante (1). Épimères protboraciques très rapprochés en arrière des hanches antérieures. Pubescence abdominale très fine et très dense, gris roussâtre, laissant apparaître de nombreux petits espaces circulaires dénudés qui déterminent de fines mouchetures noires. Cuisses très finement et très densément pubescentes. Tibias antérieurs spinuleux dans leur moitié apicale le long de leur arête postéro-iuterne. â*" article des tarses antérieurs notablement moins long que le dernier. Articles 2 et 5 des tarses postérieurs subégaux.

;i) Sans doute par suite de frottements.

Revision des Bosinjchides. 483

Cette espèce est fort remarquable. Elle se distingue de ses congénères |)ar de nombreuses particularités dont la plus exceptionnelle est la présenci' de denticules le long de l'arête postéro-interne du tibia antérieur. La j.;ibbosité du front, la yestiture de Tépistome, celle du pronotum et des élytres, la pubesceuce moucbetée de l'abdomen, la présence d'une apophyse apicale aux élytres, fournissent autant de caractères spéciaux et tranchés. Les tubercules élytraux rappellent, par leur disposition, ceux de plusieurs espèces sud-américaines [plicatiis, Bedeli, fdscidtas).

La longueur de l'apophyse apicale des élytres est un peu variable. Certains individus ont le 2" article des tarses antérieurs à peine aussi long que la moitié du dernier (Gabon, Coll. Bedel), tandis que chez d'autres ce 2*^ article surpasse la moitié de la longueur du dernier.

Distribution géographique. — Guinée (1).

Guinée Portugaise [Coll. Laferté > de Marseul). Vieux-Calabar {British Museunt); Gabon {Coll. Bedel).

Lichenophanes fasciatus*.

(Voir tabl. des espèces 2, 3, 11, 12, 13, 29, 30, 31. — Fig. 88 et 89 du texte).

Lesne, 189o, Ann. Fr., 1893, p. 172.

Long. 10-17 mill — Assez court, large, très convexe, légèrement élargi en arrière, brunâtre, avec des taches de pubescence grise et des mouchetures roux doré. Front densément et fortement granulé, mouclieté de groupes de poils dorés ; suture fronto-clypéale pi^sque droite, bien marquée; épistome légèrement échancré au bord antérieur, ses angles antérieurs obtus. Taches dorées de la massue antennaire grandes, larges, bien apparentes. Yeux assez faiblement détachés en arrière. Prothorax très convexe, subglobuleux, fortement arrondi sur les côtés, rétréci en avant et en arrière, ses angles antérieurs dentiformes, les postérieurs petits, droits ou aigus. Pronotum non ou à peine excavé au dessus de son bord antérieur, les dents de la râpe nombreuses, larges et courtes, glabres; aire postérieure densément et fortement granulée; gibbosités discoïdales larges, peu saillantes. Yestiture du pronotum formée : 1° de groupes de poils dorés distribués entre les dents de la

(ly Un exemplaire delà collection Fairmaire porte la localité « Brésil » {sub fuliginosa Buq.).

486 P. Lesne.

râpe ; i° de deux taches longitudinales de pubescence grise situées sur les côtés de l'aire postérieure et de poils dorés plus ou moins épars sur le disque de la même région. Flancs du prothorax mouchetés de groupes de poils dorés. Tubercule juxtascutellairc des élytres saillant, obtus, suivi d'une carène largement angulée en dehors avant le milieu: cette carène est ininterrompue, mais sa crête présente de petites encoches. La déclivité apicale montre seulement deux saillies marginales costiformes, moins élevées que chez \eplicatus: la saillie inlerieure se prolonge vers la suture. Toute la surface des élytres est parsemée de tubercules lisses, assez gros, et est assez densément ponctuée. La vestiture élytrale se compose de poils gris argenté, formant des taches étendues mais peu nettement délimiti'ês, et de poils d'un roux plus ou moins ardent, disposés en petits groupes irréguliers. Une première tache de pubescence grise occupe l'intervalle (comnuin aux deux élytres) des sinus des carènes dorsales internes et elle en déborde souvent les sonnnets ; elle s'étend un peu le long du bt»rd interne de la carène, en avant et en arrière du sinus ; une autre tache plus petite, isolée, subarrondie, est située sur les côtés des élytres, vers le milieu de leur longueur; une dernière tache forme une fa scie conmume en zig-zag, Fig. 88. — L(c/te- passant au bord supérieur de la déchvité apicale; nophanes fas- (^j^jjj^ ji existe im groupe intrahuméral de poils gris

cifif'iLS r psn r Iv- '

. ' . '„ ,, argenté. Epaules non denticulées en dehors. Suture tr6s VUS QG 3/4

et niontrani le ^^^'^ ^^^ '' peine saillante sur la déclivité, le rebord intrajei de leurs f^'HCur de celle-ci épaissi, l'angle apical proliaigé en fascies. un lobe assez large, tronqué obliquement ou rectan-

gulairement. Vu de derrière, le bord apical de l'élytre est comme obtusément denté auprès delà suture. Les caractères du dessous du corps et des pattes sont les mêmes que chez l'espèce suivante.

c5 Épistome hérissé de hnes soies dressées, d'un blond clair, moins denses que chez le plicatus c?.

9 Épistome sans poils dressés, à part quelques soies latérales.

Parfois le 2'= article des tarses postérieurs est évidemment plus long que le dernier. Il y a, dans quelques cas, l'indication d'un troisième tubercule marginal à la déclivité postérieure et l'on observe des individus ayant aux élytres une carène dorsale externe bien marquée en arrière. La grandeur des taches dorées de la massue antennaire n'est pas constante : souvent les deux taches d'une même face d'un article se fu-

Recisiou (les Bostrijchides. 487

sioiinent en une large tache {iréapicale ; par contre, il est des individus (1) chez lesquels ces mêmes taches ne sont pas plus grandes que chez certains plkatus.

Malgré sa parenté intime avec cette dernière espèce, le Lkhenoplmnes fasciatus a un faciès bien spécial. On trouve des pUcatiis dont les côtés du prothorax sont presque aussi fortement arqués que ceux du fasciaius, dont les bosses discoïdales du pronolum sont également effacées, dont les dents de la râpe thuracique sont aussi larges et aussi peu saillantes; mais la convexité du prothorax, la vestiture des élytres, la moindre saillie des carènes et tubercules élytraux, surtout au bord de la déclivité apicale, sont des caractères qui paraissent bien constants et nous n'avons jamais éprouvé de difficultés pour distinguer les deux espèces.

Distribution gco(jr(ipIii(jae. — Brésil [Muséum de Paris: Coll. Bedel; Coll. Oherthiir) : Sao Paulo {Musée de Lei/de : Coll. Bedel]-, Theresopolis (J. Michaelis in Coll. Obei'tliih']. Colombie [Coll. de Marseul).

Lichenophanes plicatus* (2).

(Voir tabl. des espèces 2, 3, 11, 12, 13, 29, 30. 32. — Fig. 47, o9, 60, 90, 92 et 93 du texte).

Guérin, 1844, Icon. Règn. Aniiii., p. 185 (3).

Long. 8-13 mill. — Assez court, parallèle, un peu élargi en arrière, le prothorax plus étroit que les élytres; de couleur variable, grise, roussàtre ou brunâtre, parfois légèrement verdàtre ou châtain. La vestiture dorsale, très dense et continue, au moins entre les carènes dorsales internes des élytres, se compose de poils fins, appliqués au tégument, ordinairement de deux couleurs, les uns blanc argenté, les autres roux vif. Ces derniers se groupent en petites taches, et, suivant que celles-ci sont plus ou moins ('tendues, la teinte générale du corps est roussàtre ou grise; la teinte brunâtre provient de ce que la pubescence

(1) Par exemple, une Çde St-Paul (Coll. Bedel).

(2) Apate inaequalis Dej., Cat., .3" éd., p. 334.

(3) Le type fait partie des collections du Musée de Bruxelles. C'est un ind: vidu Ç.

P. Lesne.

est un peu moins dense. Front simple, densément pubescent, assez éparsement granulé ; suture fronto-clypéale droite, bien marquée au milieu ; éi)istome en général échancré légèrement en avant , parfois droit au bord antérieur, ses angles antérieurs obtus. Yeux bien détachés en arrière. Taches dorées de la massue antennaire petites. Prothorax plus large que long, arrondi sur les côtés, plus fortement rétréci en avant qu'en arrière ; angles antérieurs dentiformes, mais peu développés, limitant le bord antérieur qui est tronqué ; angles postérieurs spiniformes

Fig. 89 à 91. — Licliowplianes fasciatus Lesn. ((ig. 89), L. plicaius Guér. (fig. 90) et L. Bedeli Lesn. (fig. 91), vus de trois quarts.

ou émoussés au sommet, saillants en arrière. Pronotum non ou à ()eine excavé au-dessus de son bord antérieur, bigibbeux sur le disque, les dents latérales de la râpe modérément saillantes; aire postérieure assez densément granulée. Tubercule juxtascutellaire des élytres saillant, pointu, suivi d'une carène largement angulée en dehors avant le milieu. Cette carène est ininterrompue jusqu'au delà du milieu, bien que sa crête présente plusieurs petites encoches, comme chez l'espèce précédente. Cette carène dorsale interne se termine vers les deux tiers de la longueur des élytres: son extrémité est très proche d'un tubercule fortement tricaréné qui occupe le bord supérieur de la déclivité apicale. Les autres saillies marginales de la déclivité apicale sont, de chaque côté, au nombre de deux : l'une , située en dessous et un peu en dehors du tubercule supérieur, est élevée , comprimée en lame, et a une direction transverse; la seconde placée au-dessous de la précédente,

lievision des Bostnjchides.

Fig. 92 et 93. — Lichenoplianes plicaius Guér. Profil de la tête du cf et patte antérieure, vue par sa face antérieure.

est également transverse et comprimée en lame ; c'est dans son prolon- Senieut qu'existe souvent, sur la déclivité même, une quatrième saillie comprimée et transverse. Suture non ou à |>eine élevée sur la déclivit(' apicale, dont le bord inférieur est fortement épaissi ; angle apical brièvement et assez largement lobé ; bord inîéro-apical non granulé. Épaules presque toujours denliculées. Pubescence des élytres percée de granules noirs, inégalement répartie, plus dense près de la base, ainsi que dans l'intervalle entre les deux carènes dorsales internes, sur les tubercules marginaux de la déclivité apicale et sur l'espace qui s'étend immédiatement au-devant d'eux. Prosternum déclive en avant des hanches. Ponctuation et pubescence abdominales fines, inégalement réparties. Pubescence apicale des tibias très épaisse, d'un blanc jaunâtre argenté en dehors, moins développée aux pattes postérieures. Articles 2 et o des tarses postérieurs subégaux.

d Épistome hérissé de longs poils blonds dressés qui masquent la suture fronto-clypéale.

? Épistome sans poils dressés, à part quelques soies latérales.

Tantôt la vestiture des él\ très laisse apparaître des points enfonces assez gros et peu denses, tantôt elle les masque. Les tubercules de la région postérieure des élytres sont assez variables : ainsi la saillie discoidale de la déchvité apicale fait parfois défaut ou n'est indiquée que par quelques granules plus saillants; souvent elle est située audessus du prolongement de la saillie marginaje externe; souvent aussi le tubercule marginal supérieur n'est pas tricar('né et est seulement constitué par une carène sinueuse longitudinale. La courbure des côtés du prothorax est plus ou moins accentuée et la saillie des bosses discoidales du pronotum tend parfois à s'effacer.

Un petit c5 de l'État de Matto Grosso (Coll. Oberthiir) est remarquable par son prothorax moins court, ayant les dents marginales saillantes de la râpe moins nombreuses et plus larges, et par la teinte châtain de la

490 P. Lesne.

base des éh très. 11 ne possède pas de tubercule discoïdal sur la déclivité apicale.

Distribution géographique. — Amérique du Sud septentrionale, orientale et centrale (1).

Colombie : Carlag-ena {Coll. Dcjean^ de Marseul); Bogota {Musée de Leyde). Venezuela {l)^ Moritz Musée de Vienne) : Caracas {Coll. Salle >> Oberthiir). Cayenne {Coll. E. Abeille de Perrin). Brésil : États de Bahia [Pujol in Coll. Oherthitr), de Matto Grosso {Cerniam in Coll. Oberthiir), de Minas Geraes (£. Counelle) et de Sào Paulo {Coll. Bedel); Rio Janeiro {Castelnau in Muséum de Paris); Theresopolis (A. Crouvelle). Paraguay central {Germain in Coll. Oberthiir).

Lichenophanes Bedeli*.

(Voir tabl. des espèces 2, 3, 11, 12, 13, 29, 33. — Fig. 91 du texte). Lesne, 189o, Ann. Fr., 189o, p. 172.

Long. 12-12 12 mill. — Allongé, parallèle, faiblement élargi en arrière, le prothorax plus étroit que les élytres ; brunâtre , le dessus du corps couvert en grande partie d'une pubescence gris jaunâtre ou gris plombeux à reflets soyeux. Cette pubescence, extrêmement Une et très dense, surtout sur les élytres, est coucliée sur le tégument; les poils qui la composent, en majeure partie blonds, deviennent roux par places. Dessus de la tête densément pubescent, présentant des granules peu saillants, assez denses. Suture fronto-clypéale distincte, légèrement arquée, interrompue au nnlieu par une dépression longitudinale; front simple; épistome légèrement échancré en avant, ses angles antérieurs obtus. Yeux plus gros que chez les deux espèces précédentes, modérément détachés en arrière. Taches dorées de la massue antennaire grandes, bien apparentes. Prothorax légèrement transversal, fortement rétréci en avant, à peine en arrière, ses angles antérieurs dentiîormes, les postérieurs aigus, saillants en arrière. Pronotum non excavé au-dessus du bord antérieur, largement déprimé au milieu entre les deux gibbosités discoïdales ; râpe présentant de grandes dents latérales saillantes, peu nombreuses, sa vestiture peu régulièrement répartie; aire postérieure montrant des granules brillants, épars. Flancs du prothorax très densément pubescents. Tubercule juxtascutellaire des élytres saillant. Carène dorsale interne des élytres semblable à celle des

(1) Peut-être se renconlre-t-il aussi dans l'Amérique centrale. Un exemplaire de la Coll. Bedel, provenant de la Coll. Jekei, porte rétiquelle Guatemala.

Revision des Bostnjrhides. 491

deux espèces précédentes, mais interrompue dans toute sa hauteur en plusieurs points; en particulier, la portion qui précède le sinus est distincte et forme une carène prébasilaire élevée , lisse et brillante au sommet. Saillies marginales de la déclivité apicale au noinljre de trois de chaque càU'\ en li>rme de tubercules comprimt'S, tranclianls, à sommet lisse et brillani, les deux supérieurs plus grands que rinfé'rieur. Suture très légèrement saillante sur la déclivité, dont le bord inférieur est épaissi latéralement; angle apical prolongé en un lobe court, tronqué, angulé extérieurement. La vestiture élytrale, extrêmement fine et extrêmement dense, surtout dans la région médiane antérieure et en avant de la déclivité apicale, est percée de gros points enfoncés assez denses; des tubercules irrégvdiers, lisses et brillants, souvent subsériés ou costiformes, parsèment çà et là toute la surface des élytres. Pubescence abdominale dense et très fine, dénudée par places. Les autres caractères du dessous du corps ne dillerent guère de ceux des deux espèces précédentes. Le bord interne des tibias est presque droit.

Chez le (5, comme chez la Ç. l'épistome ne présente ([u'une pubescence couchée.

Les tubercules de la région huiuérale sont variables. L'épaule est munie ou non d'un gros granule saillant, et il existe au-dessous d'elle, et un peu en arrière, un tubercule aigu ou une épine courte, parfois à peine indiquée.

La saillie intercoxale du mésosternum est plus convexe que chez les espèces précédentes; mais elle n'est pas gibbeuse. On sent cependan' sous ce rapport une transition vers le L. aWirans.

Distribution géographique. — Colombie {Coll. de Marseul). Brésil : État d'Espirito Santo {Coll. Bedel).

Lichenophanes albicans )i. sp.

(Voir tabl. des espèces 2, 40, 41. — Fig. 94 à 96 du texte).

Long. 9 12 mill. — Assez allongé, parallèle, un peu déprimé, moins épais que les trois espèces précédentes; brun foncé en dessous, d'un blanc grisâtre tirant sur le jaune en dessus. La vestiture dorsale est constituée de filaments d'une finesse extrême, excessivement denses, formant une sorte de toison feutrée, épaisse, percée çà et là de petits granules noirs. Front simple, son revêtement percé de quelques granules noirs; suture fronto-ch péale indistincte; épistome nu, finement rugueux, ses angles antérieurs obtus. Yeux assez fortement détachés

P. Lesne.

en arrière. Taches dorées des articles de la massue antennaire petites, apicales aux deux premiers articles. Prothorax plus large que long, régulièrement arrondi en avant, non rétréci en arrière ; angles antérieurs rapprochés, marqués par une dent légèrement redressée, plus forte que les dents marginales voisines: angles postérieurs marqués, pointus ou non, un peu saillants en arrière. Pronotum à peine déprimé audessus de son bord antérieur, fortement bigibbeux sur le disque, les dents de la râpe élevées, saillantes, les discoïdales revêtues de poils, les marginales formant une sorte de couronne semi-circulaire interrompue; en avant; aire postérieure avec de petits granules noirs, épars.

Fig. 94 à 96. — Lichcnophanes albicans Lesii. Corps vu de dessus (fig. 94) et de trois quarts (fig. 95). Tôte et proltiorax, vus de devant (fig. 96).

Base des élytres étroitement dénudée de chaque côté de l'écusson, le tubercule juxtascutellaire peu distinct; épaules pointues, saillantes en avant. Carène dorsale interne élevée et fragmentée en trois tronçons tout à fait distincts : l'antérieur formant une carène prébasilaire à crête dénudée, noire et brillante ; le médian, sinueux et oblique, s'écartant en avant de la suture; le postérieur, angulé et ramilié, plus élevé que les précédents, et constituant la saillie marginale supérieure de la déclivité apicale. Celle-ci présente en outre, de chaque côté, deux autres sailUes marginales, transverses, comprimées dans le sens dorso-venlral et tranchantes, la supérieure bien plus grande et très proéminente. Suture non saillante sur la déclivité, dont le bord inférieur est épaissi; angle apical prolongé en un lobe court, obliquement tronqué et angulé en dehors. Vus de côté, les élytres montrent, au coté externe de la ca-

Revision des Bostnjchides. 493

rêne dorsale fragmentt'o, une ligne noire, sinueuse et bifurquée en arrière, semblable à une trace charbonneuse. Une traînée noire, moins nette que la précédente, traverse en ligne droite la déclivité apicale entre les deux tubercules marginaux inférieurs. Lobe mésosternal gibbeux entre les hanches intermédiaires. Pubescence abdominale line et dense. Pattes foncées, les tibias, surtout les antérieurs, incurvés en dehors et dépourvus de manchette apicale de pubescence blanche. Tibias antérieurs nettement convexes au Jjord interne, fortement pluridentés vers l'apex, au bord externe. 2'' article des tarses postérieurs un peu plus long que le dernier.

La place naturelle de cette espèce est auprès des L. plicatus et Bedeli dont elle a le faciès et dont la rapprochent plusieurs caractères communs, fournis surtout par les saillies des él\ très et par la forme de leur angle apical. D'autre part, la gibbosité du lobe mésosternal, ce caractère si exceptionnel chez les Bostrychides. la rapprocherait de ses congénères malgaches. La nature du revêtement dorsal du corps, la disposition des dents marginales de la râpe prothoracique, l'incurvation des tibias, sont des particularités qui lui sont propres.

Distribution géographique. — Brésil : État de Sào Paulo [Coll. Bedel). — Type unique.

Liichenophanes verrucosus *.

(Voir tabl. des espèces 2, ',i, M, 12, 34, 3o, 3G. — Fig. 97 du texte). Gorhara, 1883, Biol. Centr.-Ani., Coi, III. 2. p. 214, PI. X, f. 22.

Long. 7 1/2-12 mill. — Allongé, paralèlle, légèrement élargi en arrière, le prothorax un peu plus étroit que les élytres; brun ruussàtre mat en dessus , noir brillant en dessous. Vestiture dorsale composée de poils roux, couchés, courts et très lins, iné- .galement répartis, le tégument étant dénudé par places. Front simple, très Fig. 07. — f.ichenophanes verrucosus Goili. finement et très dense- Pfofi' «lorsal.

ment granulé, avec quelques longues soies brunes dressées; suture fronto-clypéale bien marquée, presque droite; épistome arrondi aux angles antérieurs, hérissé de soies brunes, dressées, assez longues, peu denses, et pré-

494 P. Lesxe.

sentant au milieu un petit tubercule caréniforme. Frange du labre brun roussâtre. Antennes brun foncé, les taches pileuses de la massue concolores. Prothorax un peu plus long que large, arrondi sur les côtés, fortement rétréci en avant, légèrement en arrière, ses angles antérieurs unciformes, d'épaisseur variable à la base, les postérieurs marqués seulement par un tubercule pointu, en arrière duquel le prothorax est fortement rétréci obliquement. Pronotiun non excavé au-dessus de son bord antérieur, sans gibbosités discoïdales saillantes; aire postérieure présentant quelques forts granules, deux tubercules basilaires rapprochés et une fine ligne longitudinale enfoncée, dénudée, parfois caréniforme; dents latérales de la râpe allongées, saillantes, peu nombreuses. Élytres tri'S fortement et assez densément ponctués, ornés de gros tubercules plus ou moins velus, assez nombreux, plus ou moins régulièrement sériés. Tubercule j\i\tascutelkiire très saillant, aigu; épaules rectangulaires, un peu saillantes en avant. Déclivité apicale présentant de chaque côté trois tubercules marginaux abondamment velus, dont les deux supérieurs sont très gros. Suture à peine élevée sur la déclivité, le bord inf<'rieur de celle-ci épaissi, hnenient granulé en dessous. Abdomen assez linement ponctué, très linement mais peu densément pubescent. Pubescence des pattes brun foncé. Ailes brunes.

ô Bord apical des élytres prolongé en une épine aigur- avant l'angle suturai qui est lui-même pointu.

9 Saillie du bord apical des élytres plus courte et plus large, non spiniforme.

Distribution géographique . — Amérique centrale (région des isthmes). Guatemala (Gorham; Musée île Gènes; Coll. Sr///e >■ Oberthiir); Costa-Rica {BioUeij in CoU. Fairnuiire).

Lichenophanes spectabilis*.

(Voir tabl. des espèces 2, .3, H, 12. 34, 3o. 37. — Fig. 08 du texte).

Lesne, 189o, Ann. Fr., ISOo. p. 173.

Long, lo 1/2 mill. — Allongé, i)anillèle, légèrement élargi en arrière, le prothorax un peu plus étroit que les élytres; d'un brun plombé mat en dessus, d'un noir assez brillant en dessous. Front simple, finement granulé, sa pubescence rousse, très fine et très courte, peu dense, couchée; suture fronto-clypéale bien distincte, fine, droite; épistome couvert de granules peu saillants, son bord antérieur garni d'une frange

W'cisiou .(Jps Bn.striichidt's.

dcnso de [mh brun foncé intorrompiie au milit'u. Frange du labre brune, un peu roussàtre. Yeux fortement surélevés en arrière, sans former d'angle rentrant. Antennes brun foncé, les taches pileuses de la massue concolores. Protborax un peu |)lus large que long, arrondi sur les ciMés, un ]>eu plus r(''lréci en avant cpi'en arrière, ses angles antérieurs prolongés en deux cornes écartées, parallèles, assez longues, étroites, terminées par un uncus, et entre lesquelles le bord antérieur du pronotum est rectiligne ; angles postérieurs un peu aigus, un peu saillants en arrière, le bord postérieiu' arrondi au milieu. Pronotum

Fig. 98 à 100. — Lichenophatiea spectabUis Lesii. (fig. 98), L. insignitus l'airrn, (fig. 99) el L. pcnicillalu^ Lesn. (lig. 100), vus de trois quarts.

non excavé au-dessus de son bord antérieur, nullement bigibbeux sur le disque; dents latérales de la râpe courtes et assez peu saillantes; aire postérieure présentant de gros granules brillants, denses, sauf en dedans des angles postérieurs et sur un espace médian transverse, espace marqué de deux dépressions arrondies, symétriques, dont le fond est ponctué. Pubescence du pronotum peu apparente, sauf sur la face externe des dents de la râpe, et formée de poils fins et très courts, couchés, d'un roux ardent. Élytres ponctués de gros points enfoncés assez denses, un peu allongés, et ornés dorsalement d'un réticulum discontinu de côtes saillantes, à sommet lisse et brilkuil, sur les faces desquelles

493 P. Le>.\e.

s'insèrent de lins et très courts poils couchés, d'un rou\ ardent. Tubercule juxtascutellaire fort, très saillant, aigu. Épaules rectangulaires. Déclivité apicale plus fortement ponctuée que le reste des élytres, munie supérieurement, de chaque côté, de deux tubercules assez écartés, analogues aux côtes saillantes du dos des élytres, mais plus élevés et plus pubescents ; le rudiment d'un troisième tubercule marginal se montre au-dessous du plus externe des précédents. Suture à peine élevée sur la déclivité, le bord inférieur de celle-ci peu fortement épaissi, faiblement angulé avant la suture, non granulé en dessous. Poitrine et abdomen densément et assez fortement ponctués, très linement et peu densément pubescents. Pubescence des pattes brun foncé. 2<= article des tarses postérieurs plus long que le dernier.

Cette espèce est une des plus remarquables du genre actuel.

Distribution géographique. — Californie (Co//. Mniszech^ Oberthiir). — Type unique.

Lichenophanes insignitus^.

(Voir tabl. des espèces 2, 3, 11, 12, 34, 38. — Fig. 99 du texte).

Fairmaire, 1883, .\ini. Fr.. 1883, p. 9o.

Long. H l'2 mill. — Allongé, le prothorax bien plus étroit que les élytres, ceux-ci régulièrement élargis en arrière; brun foncé mat. un peu plombé; massue antennaire roussàtre. Front simple, très finement e' très densément granulé, couvert d'une pubescence couchée, dense, fort courte, de coloration foncée, difficile à percevoir; suture fronloc'ypéale bien marquée; épistome hérissé de soies foncées assez longues et assez denses. Yeux assez fortement surélevés en arrière. Articles de la massue antennaire très épais, leurs taches pileuses brunes. Prothorax presque aussi long que large, fortement rétréci en avant, à peine en arrière; angles antérieurs spiniformes, les postérieurs indiqués par un tubercule obtus en arrière duquel le prothorax est obliquement rétréci. Pronotum non excavé au-dessus de son bord antérieur, présentant deux gibbosités discoïdales plurituberculi'es: dents latérales de la râpe longues et aiguës, saillantes, au nombre de trois de chaque côté, outre la dent de l'angle antérieur; aire postérieure avec des granules assez brillants, épars, sur un fond très finement rugueux. Li vestiture du pronotum, peu dense et composée de poils brun roussàtre très courts, n'est guère a|tparente, si ce n'est autour des dents de la râpe et sur les deux gibbosités discoïdales. Élytres fortement et

lievisioH des Bostrtjch'des. 497

densément ponctués, présentant qiielqiips potits granules entre les points enfoncés, les intervalles glabres, mais couverts de rugosités extrêmement Unes. Saillie juxtasculellaire large, bien apparente; épaules obtuses. Carène prébasilaire courte et peu élevée, dissinudée sous un faisceau conique de poils bruns. De nombreux fascicules pileux dressés, semblables au précédent, mais ne paraissant pas abriter de saillies du tégument, sont dispersés sur toute la surface des élytres, sauf sur la moitié inférieure de la déclivité apicale, et sont disposés, sur chaque élytre. eu o séries longitudinales assez régulières, les fascicules des deux séries externes étant un peu plus petits que ceux des séries dorsales. Suture à peine saillante sur la déclivité, le bord inférieur de celle-ci à peine épaissi, obtusément angulé avant la suture, non granulé en dessous. Pubescence du dessous du corps plus fme que celle du dessus, de coloration claire, mais fort courte et peu apparente. Abdomen llnement et densémenl ponctué; saillie intercoxale de son premier segment large. Pubescence sous-tarsienne brune. Articles 2 et o des tarses postérieurs subégaux.

Celte espèce est encore d'un type tout spécial, et elle ne se rattache directement à aucune autre forme connue.

Distribution yéoijraphiquc. — Abyssinie {Raffmij in Coll. Fainnaire). — Type unique.

Lichenophanes penicillatus*.

(Voir tabl. des espèces 2. 3. 11, 39. — Fig. 100 du texte).

Lesne, 1895. Ann. Fr., 189o, p. 171.

verrucosus i^Gorh., 1886, Biol. Centr.-Am., Col., Ill, 2« part., SuppL. p. 3o3.

Long. 9-13 mill. —Allongé, parallèle, le prothorax presque aussi large que les élytres; d'un brun grisâtre ou roussàtre en dessus, noir en dessous. Dessus de la tête simple, son tégument masqué par un double revêtement : l"" une pubescence couchée, fine et dense, à reflets changeants, blonds ou roux; 2'' une pilosité dressée brun roussàtre, assez dense, s'étendant à la fois sur le front et sur l'épistome. Suture Ironto-clypéale fortement enfoncée, mais peu distincte; angles antérieurs de l'épistome arrondis. Frange du labre rousse ou roux brunâtre. Yeux assez fortement surélevés en arrière. Funicule antennaire roussàtre, les articles de la massue brun foncé, nettement comprimés, à taches pileuses

498 P. Lesxe.

Ijrunes. Protliorax un peu plus hu'ge que long, fortement rétréci en avant, légèrement en arrière, ses angles antérieurs marqués |iar deux forts uncus assez longs, parallèles, entre lesquels le bord antérieur est tronqué rectilignement ; angles postérieurs pointus, saillants. Pronotum non excavé antérieurement, sans gibbosités discoïdales accusées, bituberculé au milieu du bord postérieur, l'aire postérieure présentant en avant quelques granules assez gros. Vestiture du pronotum double, comprenant : 1" une pubescence fine, assez longue, peu dense, couchée (sauf sur le pourtour du protborax), à reflets gris argenté ou rou\ ardent, suivant l'incidence de la lumière; 2" des groupes pénicillés assez nombreux, formés de longs poils bruns dressés perpendiculairement et situés presque tous sur l'aire antérieure du [ironotum. Angles postérieurs densément velus, grisâtres; dents latérales de la râpe assez [•etites, peu visibles sous la pubescence. Élytres parallèles, très fortement et densément ponctués. Leur vestiture présente aussi deux sortes de poils : 1° une pubescence couchée ou mi-dressée (sauf sur le pourtour des élytres où elle est dressée), assez longue, formée de poils à reflets variables, gris argenté ou roux ardent, suivant l'incidence de la lumière, mais toujours gris à la pointe; ces poils sont disposés en petits groupes fascicules sur le disque des élytres; sur l'épaule ils sont plus denses et plus serrés; 2° de longs poils brun foncé ou brun roussàtre, perpendiculairement dressés, formant de remarquables touiïes pénicillées. Ces pinceaux de poils sont au nombre de 4 principaux sur chaque élylre et il existe sur les côtés des mêmes organes un certain nombre de pinceaux pileux plus petits, sériés. Des 4 toufl'es principales.;] sont situées sur le trajet de la nervure dorsale interne : la 1'% albtngée, masquant la carène prébasilaire, la 2^ un peu plus grande et plus allongée. i)lacée presque au milieu de la longueur des élytres, la 3'' arrondie, située au bord siqjérieur de la déclivité apicale. Au-dessous d'elle et en dehors se trouve le 4° fascicule, arrondi aussi, un peu moins grand que le 3^ Tubercule juxtascutellaire très saillant. Suture peu élevée sur la déclivité dont le bord inférieur est légèrement réfléchi; angles suturaux des élytres séparément arrondis au sommet. Abdomen densément et assez fortement ponctué, très linement, mais non densément pubescent. Tibias des trois paires hérissés de poils bruns sur leur face externe. Pubescence sous-tarsienne brun foncé. 2'^ article des tarses postérieurs beaucoup plus court que le dernier.

Cette très belle espèce se sépare de toutes ses congénères par la pré^ sence de soies dressées à la face externe des tibias postérieurs et par la vestiture très remarquable de la face dorsale du corps.

•«"-JT^, llerision des Bostnjcltide.s. 499

Distribution géographique. — Mexique [Giesbreght in Musèiiin de Paris, individu type).

Sierra de Durango {Fl(dir in Coll. Oljerthiir); Almolonga [Hoege in British Museuiii).

Lichenophanes Kûnckeli*.

(Voir tabl. des espèces 2, 40, 42, 43, 44. — Fig. 101 du texte).

Lesne, 189o, .\nn. Fr., 1895, Bull., p. clxxvui.

Long. 9-lo mill. — Allongé, parallèle, très légèrement élargi en arrière, le prothorax à peine plus étroit que les élylres; jjrunàtre, varié de gris et de roux en dessus, noir en dessous. Vestiture dorsale plus dense et plus claire sur le dos que sur les côtés. Sur les flancs du prothorax et des élytres, elle se compose de taches pileuses irrégulières, conflueutes, giises, jaunâtres ou rousses, formées de poils courts, couchés. Sur le dos, les poils sont plus longs, de coloration plus claire, argentés, flexueux, couchés aussi sur le tégument et disposés en groupes palmés s'étendant en deux grandes plages : Tune sur le pronotum, occupant le milieu de l'aire postérieure et l'intervalle des deux gibbosites discoïdales (cette tache est constamment marquée d'un point central dénudé, noir) ; l'autre sur les élytres, formant une grande tache commune un peu transverse, située immtKiiatement en arrière des carènes prébasilaires, tache continuée en arrière, le long de la suture, jusque sur le milieu de la déclivité apicale, par de petites taches claires plus ou moins contiguës. Front simple, revêtu ainsi que l'épistome d'une pubesceuce couchée, courte et dense, rousse ou roussàtre, et parsemé de granules; suture fronto-clypéale enfoncée; épistome légèrement échancré au bord antérieur, ses angles antérieurs obtus, Itien marqués. Yeux assez fortement surélevés en arrière. Antennes brun roussàtre, les taches dorées des articles de la massue bien apparentes. Prothorax un peu plus large que long, fortement rétréci en avant, légèrement en arrière, ses angles antérieurs courts et larges, déprimés, limitant une échancrure arrondie ou anguleuse; angles postérieurs pointus, plus ou moins saillants. Pronotum très légèrement excavé audessus de son bord antérieur, présentant deux gibbositôs discoïdales écartées; dents latérales saillantes de la râpe au nombre de 2 ou 3 (celle de l'angle antérieur non comprise) ; aire postérieure bituberculée au milieu du bord postérieur et montrant sur les côtés des granules assez gros et assez denses. Élytres très fortement et très densément ponctués, linement granulés dans les intervalles. Saillie juxtascutellaire peu sensible; épaules obtuses. Carène prébasilaire forte, élevée

P. Lesne.

lisse et brillante au sommet. Deux fascicules de poils dressés, d'une coloration roux argenté, existent sur le trajet de la nervure dorsale interne, en arrière de la carène prébasilaire : le premier un peu avant le milieu de la longueur des élytres; le second au bord supérieur de la déclivité apicale. Cette déclivité présente en outre, de chaque côté, deux autres fascicules pileux de même aspect, dont l'externe est le plus petit. Suture légèrement élevée dans la partie inférieure de la déclivité ; bord ai>ical des élytres épaissi, non granulé eu dessous, obtusénient denté

immédiatement avant l'angle apical qui est lui-même dentiforme. Épimôres pruthoraciques très rapprochés en arrière. Lobe intercoxal du mésosternum fortement gibbeux. Ponctuation de l'abdomen fine et très dense, sa pubescence extrêmement fine, dense, argentée. Cuisses postérieures un peu moins fortes que les antérieures.

2° article des tarses postérieurs plus long que le dernier. Pubescence sous-tarsienne claire.

Je n'ai pu découvrir de caractères sexuels secondaires.

Chez cette espèce, l'angle humerai de l'élytre se prolonge en dessous et en arrière en une côte assez vague, sur le trajet de laquelle s'insère très souvent un denticule tout à fait semblable à celui qu'on observe au même endroit chez le L. Bedeli. Dans l'une et l'autre espèce ce caractère est inconstant.

C'est des Lichenoplianes fascicuhiris et Obertliihi qu'il convient de rapprocher le L. Kilnckeli et ses deux congénères malgaches.

Distribution géographique. — Madagascar.

Diego-Suarez {AUuaud); Baie d'Antongil (.1. Mocquenjs in Muséum de Paris): ^ossi-Bé [Cloué in Muséum de Paris); Fénérive, Région de Tamatave, Pays Antsianaka {Coll. Oberthiir, Muséum de Paris); Fianarantsoa (Coll. Oberthiir).

Fig. 101 et 102. — Lichenoplianes Kiinckeli Lesn. (fig. 101) elZ. Martini Lesn. (lig. 102), vus de profil.

Ri'cision des Bostrychides. 501

Biologie. — D'après M. A. Mocquerys, cotte espèco se promène pendant le jour sur le tronc des arbres, du C(Mé de l'ombre.

Lichenophanes Martini n. sp.

(Voir tabl. des espèces 2, 40, 42, 43, 4o. — Fig. 102 du texte).

Long. 13-16 mill. — Espèce très voisine de la précédente dont elle diffère principalement par les caractères suivants :

Forme un peu plus large, plus robuste. Coloration brune, variée de gris argenté ou de gris roussàtre, les taclies pileuses moins étendues que chez le h'ihtckeli. Dessus de la tète en grande partie dénude'', densément granuh". Bord postérieur des yeux en arête coupante. Prothorax à peine rétréci en arrière, ses angles postérieurs non saillants en dehors, ses angles antérieurs plus petits, moins saillants que chez l'espèce précédente; bord antérieur légèrement arrondi en arc de cercle ou tronqué presque en ligne droite; gibbositésdiscoidales du pronotum moins accusées; aire postérieure du pronotum densément couverte de gros granules sur les côtés. Granules des élytres notablement plus gros que chez le Ki'mckeli. Suture non élevée sur la déchvité; bord apical de l'élytre ol)tusément denté avant l'angle suturai, celui-ci non ou à peine saillant. Ponctuation abdominale plus forte sur les côtés du l'^'' segment et sur le milieu des segments suivants. Cuisses postérieures un peu plus épaisses que les antérieures .

La pubescence du dos des élytres ne forme pas de grande plao-e commune. Il n'existe dans cette région que des taches irréguhères, séparées, et les taches des côtés des élytres ne sont pas confluentes comme chez le Kiinekeli.

.le suis heureux de dédier cette belle espèce à M. le D'' Ch. Martin qui l'a capturée lui-môme au cours de ses voyages dans l'Afrique australe.

Distribution fjéogyapJiiqne. — Madagascar.

Diego-Suarez (D' Ch. Martin); env. de Suberbieville {Février in Coll. Fainuaire: Muséum de Paris).

Lichenophanes Perrieri n. sp.

(Voir tabl. des espèces 2, 40, 42, 46. — Fig. 103 et 104 du texte).

Long. 10 1/2 mill. — Cette espèce est voisine des deux précédentes. Elle diffère du L. Kiincl-eli par les particularités suivantes :

P. Lesxe.

Forme plus régulièremont parallèle, le prothorax aussi large que les elytres. Dessus du corps entièrement brun roussàtre. Taches dorées

des articles de la massue antennaire très petites. Dent du bord apical des élytres légèrement écartée de Tangle suturai. Ponctuation

de l'abdomen moins fine, sa pubescence plus courte et moins ténue. Segments abdominaux convexes en arrière, le long de leur bord postérieur. Pubescence soustarsienne d'un roux brunâtre.

La vestiture du prothorax et des élytres est très caractéristique. Il n'existe, sur le dos, aucune plage de pubescence argentée. Cette région n'est occupée que par de petites taches irrégulières de poils squameux, roux, couchés, entre lesquelles le tégument est dénudé. Les côtés des élytres, au contraire, sont couverts d'un revêtement très dense de squamules lirun châtain, revêtement percé de petits granules brillants. Des squamules semblables existent sur les flancs du prothorax. La coloration des fascicules pileux dressés des élytres est brune ou rousse.

Fig. 103 et 104. — Lichenopimncs Perrieri Lesn. Profil de l'arrière-corps (fig. 103) et portion du tégument des flancs des t'iytres (fig. 104).

Distribution (léographique. — Madagascar {Perrier in Coll. Fairmaire). — Type unique.

env. de Suberbieville

Genre Scliisloceros n. g.

(Voir tabl. des genres 2, 3).

Amphicerus \\ Leconte, 1861, Class. of Col. of N. Ant., p. 208 {partim) (1). — Horn, 1878, Pvoc. Am. phil. Soc, XVII, p. o41 et 546.

(1) Leconte avait établi ce genre pour les Bostrychus hamatus F. [bicaitdatns Say) et cornutus Pall. [punclipennis Lee.) et l'avait caractérisé par l'effacement de la suture fronto-clypéale sur les côtés. Cependant en 1865 il y rangeait l'espèce décrite par lui sous le nom de fortis, espèce dont la Ç a le front marginé en avant dans toute sa largeur, sauf contre l'orbite même! Dès lors le genre n'était plus délimité et l'on ne s'explique pas que G. H. Horn l'ait adopté sans modifications.

Le caractère de l'effacement de la suture fronto-clypéale sur les côtés n'a d'ailleurs aucune valeur générique. En outre le nom proposé par Leconte est

Recision des Bostrychides.

, Caenophrada Watciiiouso, 1888, Ann. Nat. Ilist., 1888, I, p. 3oU {ad part.).

Corps cylindrique. Front tantôt simple, tantôt gibbeiix en avant ou costiforme le long (le son bord antérieur, quelquefois légèrement déprimé en arrière. Angles antérieurs de répistome aigus, pointus. Cadre buccal sans dent saillante au-dessous des yeux. Articles de la massue antennaire parcourus sur chaque face par deux fins canalicules longitudinaux. Prothorax fortement rétréci en avant, non excavé au-dessus du bord antérieur. Élytres sans nervures dorsales saillantes. Méso et métasternum eu contact au bord externe de la hanche intermédiaire (sauf chez S. simplex). Saillie intercoxale du 1''^ segment apparent de Fabdomen présentant une facette ventrale. o" segment apparent de Tabdomen simple , quelquefois légèrement sinué au milieu du bord postérieur. Calcar des tibias antérieurs normal, incurvé.

Les espèces de ce genre appartiennent à 4 types. Elles se disposent comme il suit :

Fig. 105 et 106. — Antennes des Scliistoceros cornu- <wsPall.(lig. 105) et .S. liaiuatus F. (lig. 106).

Amphicp.rus. Schistoceros s. sir.

V.tabl. des espèces V.tabl. des espèces V. tabl. des espèces V.tabl. des espèce s I, 2, 3. 1, 2, 1-2, 13, 18. 1, 23. 2i.

S. tubularis. S. malayanus. S. bimarulalus. S. tcrcg.

S. lif/nator. S. caenophradoi- S. simplex.

S. cornulus. des.

S. consanguineus, S. anobioides.

S. hamatus.

Ainsi constitué, le genre Schistoceros pourra sembler, à un premier examen, assez hétérogène; mais, sans parler de l'important caractère fourni par les antennes, il y a bien des raisons de penser que, malgré leur apparence, les espèces qui le composent ont entre elles des afli-

préoccupé {Amphiceras Gray, 1847, Mollusques gastéropodes). Nous I'avon'5 pourtant utilisé à titre de désignation subgénérique

504 P. Lesne.

nités étroites. Ainsi, on observe à lu fois cliez les Schistoceros s. str. et chez les Amphicerus le phénomène si exceptionnel du dimorphisme sexuel du sous-menlon et, fait très remarquable, Félargissement singulier des derniers articles du funicule antennaire du Sclnstoceros anobioides Q se retrouve quoique moins marqui' chez la femelle de VAmphicerus consanguine us. Ces faits sont d'autant plus probants qu'aucun autre groupe de Bostrychides n'en présente de semblables. D'autre part on est frappé de la similitude de la forme et de la vestiture caractéristiques du prothorax chez les Schistoceros s. str. 9 et chez le S. bimaculnius, et l'apophyse élytrale du (5 de ce dernier est horaolo- ■gue à celle de VAmphicerus haniatus çj. En réalité, dans les trois premières coupes établies ci-dessus, la variété du faciès tient surtout aux modes divers de dillerenciation sexuelle.

Les caractères sexuels secondaires sont en eiïet très apparents. Ils modifient même complètement l'aspect de l'insecte chez les Schistoceros proprement dits, où le dimorphisme atteint presque toutes les parties du corps. On rangerait volontiers mâles et femelles dans des genres distincts, si diverses considérations ne permettaient d'aftirmer leur identité spécifique. Les caractères sexuels des Amphicerus n'affectent guère que les angles antérieurs du prothorax et la déclivité apicale des élytres, et ceux du Schistoceros hiniaculatus sont localisés dans cette dernière région. On ne connaît pas encore d'une façon certaine les différences sexuelles des S. tercs et sitnplex.

Les Schistoceros proprement dits habitent les deux péninsules sudorientales de l'Asie et les iles de la Sonde; une de leurs espèces se retrouve sur les bords de la mer Rouge. Les Amphicerus sont conlinés en Amérique et dans l'archipel d'Hawaii. Deux autres espèces américaines encore peu connues paraissent locaUsées dans la région californienne et dans celle du Texas. Le genre est représenté dans la région méditerranéenne par une espèce unique.

1-24 — Sculpture de l'aire postérieure du i)ronotum granuleuse ou simulant des écailles imbriquées. Angles antérieurs de l'épistome pointus, légèrement aigus, mais non subspiniformes. 2'' et o'^ articles des tarses postérieurs généralement subégaux.

2-23 — Bord inféro-apical des élytres lisse, non granuleux ni denticulé. Sillon marginal des élytres abrégé à l'angle

Révision des Bostrijchiiles. oOo

opicyl extorne. Tibias postérieurs avec de longues soies à la face externe (1).

3-12 — Front légèrement gibbeux au milieu. Sous-menton convexe ou rentlé au milieu. Angles anténeur's du [irothorax prolongés en cornes courtes dans les deux sexes. Yeux détacliés à angle rentrant à leur bord postérieur. Milieu de l'aire postérieure du pronotum couvert d'écailles imbriquées (2) ou subgranuleusement ponctué. [Amphiccrus).

4-0 — Angles postérieurs du prothorax marqués, droits. Aire postérieure du pronotum subgranuleusement ponctuée au milieu. Ponctuation dorsale des élytres faillie. Galus marginal su|iérieur de la déclivité apicale fort peu saillant. Long. 8 mill S. tubularis Gorli.

0-4 — Angles postérieurs du prothorax arrondis (tig. 110, m, etc.). Aire- postérieure du pronotum couverte en son milieu d'écaillés imbriquées.

6-7 — Ponctuation abdominale homogène, dense et assez line; pubescence de l'abdomen également répartie. Front glabre. Sous-menton sans gibbosité ni troncature spéciales. — 9 (?) Déclivité apicale des élytres munie d'un rebord inférieur prolongé latéralement jusqu'au milieu de sa hauteur et présentant en outre supérieurement, sur le disque, une courte carène longitudinale (tig. 109). — Long. G 1/2 mill S. lignator n. sp.

7-6 — Ponctuation et pubescence abdominales très Unes et très denses, mêlées de gros points enfoncés à pourtour dénudé, donnant chacun naissance à une soie dressée. Front presque toujours villeux en avant. Sous-menton granuleusement ponctué, renflé au milieu en une légère gibbosité tronquée en avant (3).

8-11 — Élytres glabres. — d Déclivité apicale des élytres munie de deux ou de quatre tubercules marginaux costiformes (fig. Ho et 116).

(t) Cliez le S. caenopfiradoïdes, ces soies sont très peu nombreuses.

(2) C'est pour abréger que nous employons cette exj)ression impropre, mais bien en rapport avec l'aspect de la sculpture dont il s'agit,

(3) Sauf chez le 5. hamalus Fabr. çj^.

596 P. Lesne.

9-10 — o Déclivité npicale des ôlytres munie rie 4 tubercules marginaux costil'ormes (fig. Ho). — 9 Dernier article du funicule antennaire notablement moins large que le l'"'" article di^ la massue (fig. 112 et 113). — Long. 7-lo mill. S. cornutus Pall.

10-9 — Forme plus large. — d Déclivité apicale des élytres présentant suiiérieurement, de cha(]ue côté, un tubercule costiforrae et, latéralement, une bosse large, arrondie, peu saillante (fig. 116). — ç Dernier article du funicule antennaire à peine moins large que le l'^'' article

de la massue (fig. 114). — Long. 12 1/2-14 mill

S. consanguineus n. sp.

11-8 — Élytres pubescents. Forme plus étroite. Taille plus petite. — 6 Déclivité apicale des élytres munie supérieurement, de chaque côté, d'une apophyse cylindroïde (fig. 117). — Long. 0 1 2-10 mill S. hamatus Fabr.

12-3 — Front simple ou légèrement relevé en avant ou transversalement costiforme le long de son bord antérieur. Angles postérieurs du prothorax largement arrondis. Aire postérieure du pronotum couverte au milieu de granules écrasés ou d'écaillés imbriquées. — 9 Angles antérieurs du prothorax non marqués (fig. 127). — Long. 12-18 mill. {Schistoceros s. str.).

13-18 — Déclivité apicale des élytres présentant de chaque côté deux tubercules marginaux (fig. 120). Prothorax grand, prolongé en cornes aux angles antérieurs (fig. 118). Sous-menton trapézoide, assez faiblement échancré en avant, l'échancrure simple. Front dépourvu de poils spinuleux. Corps court, robuste d

14-17 — Front densément et finement granuleux, non déprimé en arc de cercle en arrière. Déclivité apicale des élytres fortement ponctuée sur toute sa surface, son rebord inférieur s'écartant latéralement du bord même de rélytre(fig. 120).

lo-lG — Pubescence blond clair de l'écusson bien apparente, tranchant sur la coloration noire du reste du dessus du corps. Front moins finement granuleux, son b(M"d antérieur un peu plus saillant (fig. 118). Rebord inlV-rieur de la déclivité apicale sinué latéralement. S. malayanus Lesn. (5

Revision des Bostnjchides. 507

16 -lo — Pnljosconce claire do Técusson pou apparonte. Front plus flnomont granuleux. Rebord inférieur de la déclivité

apicale décrivant une courbe très régulière

S. caenophradoides Lesn. (5

17-14 — Front très finement et peu densément ponctué, présentant en arrière une impression en arc de cercle. Déclivité apicale des élytres imponctuée dans son tiers inférieur, son rebord inférieur confondu dans toute sa

longueur avec le bord même de l'élytre

S. anobioides Wat. (5

18-13 — Déclivité apicale des élytres sans tubercules marginaux. Protborax arrondi en avant. Forme plus allongée que chez le (3 (llg. 127) Q

19-22 — Front densément bérissé de poils dressés, spinuleux, très courts, formant l)rosse. Région frontale non impressionnée en arrière, son bord antérieur costiforme au milieu. Articles 4-7 des antennes normaux. Sous-menton clypéiforme, très convexe, subcarré, avancé mais non denté au miUeude son bord antérieur, couvert de spinules courtes, et présentant sur la ligne médiane une frange de longues soies dressées (llg. 123). Bord antérieur du protborax couvert d'une pubescence rousse très courte et très dense, en partie couchée. Face interne des tarses postérieurs presque dépourvue de longues soies.

20-21 — Spinules frontales moins fines et moins denses. Côte frontale plus saillante {tig. 119). Pubescence du bord antérieur du protborax d'un roux ardent. Écussou couvert d'une pubescence roux clair tranchant sur la coloration noire des élytres S. malayanus Lesn, Q

21-20 — Spinules frontales plus fines et plus denses. Cote frontale moins saillante (fig. 122). Yeux plus gros. Pubescence du bord antérieur du prothorax de coloration moins vive. Écussoupresque concolore. S. caenophradoides Lesn. Q

22-19 — Front finement ponctué, densément velu d'une pubescence blonde, couchée, extrêmement fine, ne masquant pas le tégument, et présentant en arrière une impression en arc de cercle ; son bord antérieur simple, non costiforme. Articles 4-7 des antennes agrandis, aussi larges que les articles de la massue, très densément velus

508 P. Lesne.

de poils raides sur leur face antérieure (1). Sous-menton transverse, sans spinules ni frange médiane de soies, denté au milieu dubordantérieur (fig, 124). Prothorax hérissé, près du bord antérieur, d'une pubescence dressée, fine, assez longue. Tarses postérieurs avec de longues soies rousses à la face interne S. anobioides Wat. Ç

23-2 — Bord inféro-apical des élytres érodé. Front légèrement convexe le long de son liord antérieur. Sutui'c frontodypéale peu distincte. Sous-menton rectangulaire, simple dans les deux sexes. Yeux assez petits (fig. 128), peu. saillants, peu fortement détachés en arrière. Prothorax régulièrement arrondi en avant, ses angles postérieurs arrondis. — d Déclivité apicale des élytres munie supérieurement, de chaque côté, d'une forte apophyse subcylindrique. — Long. o-U mill S. bimaculatus 01.

24-1 — Aire postérieure du pronotum couverte de costules longitudinales. Angles antérieurs del'épistome très aigus, subspiniformes. 2'^ article des tarses postérieurs notablement plus l(Mig que le dernier. Front légèrement saillant en avant, un peu déprimé en arrière. Suture fronto-clypéale bien marquée. Sous-menton simple, trapézoïde. Prothorax court, arrondi sur les côtés, faiblement échancré au bord antérieur, ses angles antérieurs inermes,les postérieurs largement arrondis (fig. 133 et 133). Élytres sans côtes, carènes, ni tubercules (sauf le renflement suturai sur la déclivité), leur sillon marginal non interrompu à l'angle apical externe. Bord inférieur de la déclivité apicale non épaissi, finement crodé prés de l'angle suturai. SaiUie intercoxale de l'abdomen légèrement rétrécie près de sa base. Bord postérieur du dernier segment abdominal plus ou moins largement sinué au milieu.

23-26 — Prolhorax aussi long que large, modérément élargi eu arrière, hérissé antérieurement de longues soies dressées (fig. 132 et 133). Élytres hérissf'S sur toute leur surface de soies dressées, assez longues. Tibias postérieurs présentant des soies dressées sur leur tranche externe.

(1) Ce que nous appelons face antérieure de l'antenne est la face visible lorsque l'appendice est replié conire le corps, en dessous des yeux. Cette face parait homologue à la face antérieure des pattes.

Révision- des Bostnichides. 309

Méso et métasterinmi en contact au bord externe de la hanche intermédiaire. Long. 41/2-7 1 '2 niill. S. teres Horn.

26-2o — Prothorax moins long que large, fortement élargi en arrière (tlg. 133), très brièvement pnbescent en avant. Élytres glabres (à part quelques courtes soies dressées sur les côtés, vers Textrémité), moins fortement ponctués, légèrement réfléchis au sommet. Tibias postérieurs sans soies dressées à la face externe. Méso et métasternum non en contact au côté externe de la lianche intermédiaire. Long. 6 12 mill S. simplex Ilorn.

Schistoceros tubularis*.

(Voir tabl. des espèces 1. 2, 3. 4).

Gorbam, 1883, Biol. Ceutr.-Ain., Col., III, part. 2, p. 216.

Long. 8 mill. — Allongé, cylindrique, brun foncé brillant; antennes roussàtres, pattes brunes. Ressemble beaucoup au S. coniutus Pall. Il en diffère par son prothorax moins arrondi sur les côtés et dont les angles postéiieurs sont marciués, droits. Aire postérieure du pronotum subgranuleusement ponctuée au milieu. Ponctuation des élytres moins forte que chez le comutus, snbobsolète. La déclivité apicale i»résente de chaque côté un tubercule latéral bien net, et, supérieurement, un calus longitudinal très peu saillant; son bord inférieur est plus réfléchi que chez le cornu tus. Les cornes prothoraciques sont très courtes.

Cette espèce devra être l'objet d'un nouvel examen. A l'époque où nous avons vu le type au British Muséum, nous ne connaissions pas encore le caractère antennaire des Schistoceros et nous ne l'avons pas vérifié sur l'espèce actuelle; nous nous étions borné à constater ses aflinités avec le comutus Pall. et à noter les caractères qui l'en séparent. Nous n'avons de données ni sur la conformation du sous-menton, ni sur la sculpture et la pubescence de l'abdomen du S. tubularis.

Distribution géographique. — Panama : Biigaba [British Muséum). — Type uniijue.

Schistoceros lignator n. sp.

(Voir tabl. des espèces 1, 2, 3, o, 6. — Fig. 107 à 109 du texte).

Long. (1 12 mill. — Allongé, i)arallèle, assez étroit; brun foncé brillant, plus clair sur la partie antérieure des éhtres; massue antennaire

P. Lksxe.

rousse, pattes rougeàtres. Front glabre en avant, légèrement gibbeux au milieu antérieurement, brillant et presque lisse sur cette gibbosité.

Vertex non impres-

sionné. Sous-menton brillant , légèrement et régulièrement convexe en son milieu, présentant quelques très tins granules épars. Cornes prothol'aciques très courtes. Élytres glabres.

Ponctuation él\ traie dense, modérément lorte, non sériée, plus grosse sur la déclivité apicale. Suture très peu saillante sur la déciiviti'. Celle-ci présente un rebord inférieur semicirculaire et, supérieurement, sur chaque élytre, une carène discoïdale longitudinale. Ponctuation de Taljdomen homogène, sa puijescence rousse, assez longue, couch(''C, n'-gulièrement répartie.

Distribution géoyiaphique. — Venezuela (/)'' Moritz in Musée de Vienne). — Type uniipie.

Fig. 107 à 109. — Sc/tisloceros liijnator Lesn. Pro- Ihorax vu de dessus (fig. 107), prolil de lavant-corps (fig. 108) eldéclivilé apicale des élytres, vue de trois quarts (lig. 109).

Schistoceros cornutus.

(Voir labl. des espèces 1, 2, ;{, o, 7, 8, 9. — Fig. 10o,H0à 113 et llo

du texte).

Pallas, 1772, Spic. Zool., Fasc. IX, p. 8, PI. I, f. IV (Ç).

bicornutus Latreille, 1833, Voy. Ilunib., II, p. 6o, PI. XXXIV, f. 6 (cJ).

peregrinus Erichson, 1847, Wieyni. Arclt.f. Naturg., XIII, 1, p. 87 (1).

punctipennis Leconte, 1838, Proc. Ac. Phil., 18o8, p. 73. — Horn, 1878, Proc. Am.phiî. Soc., XVII, p. o47. — Gorham, 1883, Biol. Centr.- Am., CoL, m, part. 2, p. 213.

inigrator Sharp, 188o, Scient. Trans. Pi. Dublin Soc, 2*^ sér., III, p. ItW. — Gorham, 188G, loc. cit., SuppL, p. 352.

Long. 7-lo mill. — Allongé, parallèle, très légèrement élargi en arrière ; brun foncé brillant, glabre sur le disque du pronotum et sur les élytres. Tégument frontal granulé sur sa [lartie antérieure gibbeuse et

(1) CiiclibOii a décrit les deux sexes, mais en les intervertissant.

Rpviaion des Bostryrhidcs.

densôment velu au milieu dans la même région, lisse et brillant en arrière, où il est séparé du vertex par une légère impression en arc de cercle. Troncature antérieure du sousmenton abrupte. Écusson couvert de poils blond roux. Ponctuation élytrale forte et dense, non sériée, un peu plus forte sur la déclivité apicale. Tarses munis de soies raides en dessus.

(5 Pubescence frontale laissant souvent apparaître deux grains brillants.

Déclivité apicale avec 4 tubercules marginaux costiformes, pointus au sommet.

ç Pubescence du front un peu tm m

plus abondante. Cornes protboraci- y^^ ^o et ni. - sdiisicceros ques un peu plus courtes et plus pu- cormittts Pall. r^ (lig. i lO) et o bescentes que chez le cî- Déclivité (fîg. ni), apicali' des élytres avec deux faibles calus mai'ginaux costiformes, non saillants, souvent indistincts.

Cette espèce est assez constante; mais, chez elle, la largeur des articles du îunicule antennaire varie. On observe des femelles dont les derniers arliclt^ du funicule sont bien détachés les uns des autres, tandis que chez d'autres femelles les arlicles qui précèdent immédiatement la massue sont un peu plus larges et plus serrés. Des transitions existent entre ces deux formes dont la seconde constitue , au point de vue de ces caractères, un terme de passage vers le S. consangiiiurKS.

Il arrive fréquemment chez le o", moins souvent chez la ç, que le front soit glabre. Le o" î> quelquefois la moitié supérieure de la déclivité apicale linement et éparsement ponctuée, et ses élytres sont parfois sensiblement élargis en arrière.

Distribution géoi/yopliiquc. — Etats-Unis du Sud : Californie, Arizona. Utah. Xouveau-Mexique, Texas. Mexique et Basse-Californie. Guatemala. Nicaragua. Panama. Colombie : Barranquilla [Coll. Steinlieil >- Oberthur): Bogota [Musée de Leijde, etc.). Venezuela : Caracas {Coll. Salle >> Oberthiir); vallée de l'Orénoque [Clmffanjon in Muséum de Paris; F. Ceai/]. Pérou {Erichson). Brésil septentrional (1). Antilles :

(t; J'inscris celte indication avec quelque doute, d'après les données suivantes. La collection Bodel contient un individu provenant de la collection

P. Lesne.

Cuba, La Jamaïque, Porto-Rico, St-Thomas, St-Martin, Antigua, La Guadeloupe, Marie Galante. L Hawaii (1).

Biologie. — Les mœurs de cette espèce sont sans doute très analogues à celles de sa congénère S. haiitatus F., mais elles sont encore fort peu connues.

Au retour d'un voyage dans la Floride sud-orientale. M. E.-A. Schwarz écrivait (2) qu'il avait observé, en avril et mai, le Schistoreros cornutiix perforant, en compagnie du Tetrapriocova loïKjicoi'Dis, le tronc t't les branches en vie du Hlius metopium (Térébinthacée) et de divers autres arlires. La première espèce était très rare, tandis que la seconde

Fig. 112 à 116. — Antennes du Schistoceros cornutus Pâli Ç ((ig. 112 et 113) et du S. consangtiineus Lesn. Q (fig. 114). Déclivité apicaie des élyires chez le S. cornutus (f (fig. 115) et chez le S. consanguineus çj^ (fig. llG).

était abondante. M. Schwarz avait été incapable de trouver les larves de l'une et de l'autre dans les arbres ainsi attaqués. Un jour, son attention fut attirée par les racines mortes d'un Smilax qui faisaient saillie hors de terre dans un espace récemment éclairci et brûlé. Ces racines, elles-mêmes à demi brûlées, étaient habitées par de nombreux Tetrapriocera aux divers états et une recherche prolongée y lit rencontrer aussi des S. cornutus et des larves se rapportant sans doute à cette espèce.

M. Coquillett, de Los Angeles, a trouvé, dans les premiers jours d'octobre, deux adultes morts, à l'intérieur d'une galerie creusée dans un cep de vigne mort et desséché. « C'est évidemment à l'état adulte qu'ils avaient foré leur galerie dans le cep, dit l'entomologiste

Jeliel et étiqueté (( Brésil ». Deux autres individus appartenant à M. Abeille de Perrln portent aussi la localilé Brésil. Enfin, j'ai vu un quatrième spécimen étiqueté « Aniazonas ».

(1) I. Fidji [Sonfried in Musée de Bruxelles). Nous inscrivons cette provenance avec doute.

(2) H.-G. Hubbard, Entomologica americana. IV, avr.-déc 1888, p. 95.

Revision des Bostrijchides. 513

californien (1), car leurs lètes étaient tournées dans une direction opposée à celle de l'ouverture •» \]\\ troisième individu fut trouvé vivant à la même époque.

Entîn, d'après M. Decaux (2), \o Schistoceros coniutus pratiipierait, au Nicaragua, des galeries longitudinales « dans les branches d'un kina ou (piiiiquina nommé Quino crno cJinto (jraiide par les naturels ».

Schistoceros consanguineus n. sp.

(Voir tabl. des espèces 1, 2, 3, o. 7, 8. 10. — Fig. M4 et IIG du texte).

Long. 12 1/2-14 mill. — Cette forme est très voisine de la précédente. Son corps est notablement plus large, plus robuste. Chez le c5, la dent latérale aiguë de la déclivité apicale du cornutiis c5 est remplacée par une bosse large, [teu saillante, presque imponctuée. La ç a le dernier article du funicule antennaire presque aussi large que le l^'' article de la massue. On ne peut manquer d'être frappé de la ressemblance de cette conformation avec celle que l'on observe chez le S. anobioides î. Des caractères communs, dont il a été question plus haut, rapjirochent aussi ce dernier de l'espèce actuelle qui doit (Hre considérée comme établissant un lien intime entre les Schistoceros s. str. et les Amphicerus.

Nous n'avons malheureusement aucune donnée sur la provenance des deux seuls individus connus {Coll. Fdinnaire). Il est extrêmement probable que l'espèce haliite l'Amérique.

Schistoceros hamatus.

(Voir tabl. des espèces 1, 2, 3, 5, 7. 11. — Fig. 48, 106 et 117 du texte).

Fabricius, 1787, Mant. Ins.. I. p. 33 (d). — Olivier, 1790, Enc. Méth., Ins., V, p. 108 (d). — Fabricius, 1792, Ent. Syst., I, 2, p. 3(30. — Id.. 1801, Sijst. EL, II, p. 380.

serricollis Germar, 1824, Ins. sp. nov., p. 464 (d) (3).

(1) Ins. Life, IV. 1891-1892, p. 260.

(2) Étude sur tes Ins. nuis. rec. à VExpos. univ., Paris, 1890 (Soc. des Agric. de France).

(3) La préface de l'ouvrage de Germar est datée du 10 septembre 1823; le mémoire de Say contenant la description du .S", bicaudalus a été lu dans la séance du 22 octobre 1823 de l'Académie des Sciences de Philadelphie.

P. Lesne.

aspericoîlis Gerniar, 1824, loc. cit., p. 465 (9).

hicmulatus Say, 1824, Journ. Ac. Phil, III. p. 320 (c? 9). — Horn, 1878, Proc. \m. phil. Soc, XVII, p. 547 (1).

Long 5 1 2-10 mill. — Allongé, parallèle, les élytres légèrement élargis en arrière chez le d ; bi'un ou brun roussàtre avec les pattes et les antennes rousses. Flancs du prothorax, côtés de Taire postérieure du pronotum, élytres et dessous du corps re\ètus de poils roux, couchés, denses, assez longs. Front et épistome densément velus de poils dressés, surtout chez la 9 ; partie postérieure du front lisse et brillante au milieu, sans impression à la Umite du vertex. Fimicule antennaire normal. Sous-menton faiblement gibjjeux et tronqué avant le bord antérieur (9), à peine renflé (c?). Cornes prothoraciques très courtes dans les deux sexes. Ponctuation élytrale forte et dense, non sériée, plus forte et continente dans le bas de la déclivité apicale. Suture saillante sur la déclivité, dont le reboi'd inféi'ieur est épais.

c? Déclivité apicale avec une apophyse lati'rale cylindroïde .

9 Déclivité apicale avec un simple calus hiléral, parfois à peine distinct.

J'ai vu plusieurs femelles de cette espèce dont la mandibule gauche était assez largement tronquée au sommet, sans doute par suite d'usure.

Distribution géographique. — Canada sud-oriental. États-Unis, à l'Est des Montagnes Rocheuses. Floride {Schwarz, Hubbard). Cuba? {Coll. de Marseul, 1 indiv.).

Biologie. — Bien que cette ?spèce soit commune dans les États- Unis de l'Ouest et du Sud et que ses déprédations dans les vergers, les pépinières et les vignobles aient été maintes fois signalées par les entomologistes américains, son histoire biologique est loin d'être suttisamment connue. C'est seulement en 1888 que furent pui^liées les premières observations précises sur le mode de vie de la larve. Quelques années auparavant, M. H. -G. Hubbard l'avait découverte en Floride, dans les tiges souterraines d'une espèce de Smilax. « Celle-ci, dit Hubbard (2), est une plante rampante de croissance vigoureuse, for-

Fig. 117. — Déclivité apicale des élytres , vue de trois quarts, du Scfiisloceroshamatus ¥., cf.

(1) Apate modestaDej., Cai., 3" éd., p. 334.

(2) Entomologica americana,\V, 1888, p. 95.

Révision des nostrijchidrs. olo

mant auprès ou juste au-dessous de la surface du sol un enchevêtrement très étendu de rhizomes épaissis qui ont reçu le nom local de briar root. Les racines vivantes sont des réceptacles dans lesquels la plante met en réserve une abondante provision d'amidon destinée à nourrir les jeunes et vigoureuses racines. Aux périodes décroissance, celles-ci épuisent certaines portions de la tige souterraine qui meurent ensuite et deviennent sèches et pleines de moelle. Les « racines » mortes sont d'une couleur rouge sombre et paraissent contenir une grande proportion de tannin. Dans ces conditions, elles constituent un milieu très favorable pour le développement de VAinphicrrus hicaiidatus et sont criltlées de ses galeries. On peut y trouver les larves en grand nombre; elles creusent, dans la moelle, des galeries cyUndriques dirigées en tous sens. Ces larves furent d'abord observées à Crescent City, au printemps et au début de l'été 1884, dans un amas considérable de racines qui avaient été arrachées dans les bois l'année précédente et qui avaient été suspendues à l'abri d'une toiture de véranda, en guise d'ornement rustique. Pendant l'été de 1884, les larves rejetèrent hors de leurs galeries une grande quantité de sciure fine; mais elles n'achevèrent pas leur développement avant l'année suivante, et, à l'époque de la nymphose, il y avait certainement deux et très probablement trois années que les œufs dont elles provenaient avaient été pondus. Les nymphes furent observées en mars et avril 188o, et les adultes apparurent un mois plus tard ». M. Hubbard ajoute que ces nymphes étaient nues et qu'on les trouvait dans les galeries creusées par les larves ou par les adultes.

Ni l'accouplement ni la ponte n'ont été observés et l'on ne sait à quelles époques l'un et l'autre ont lieu; mais on a de nombreux témoignages relatifs à la singuhère habitude qu'ont les adultes, mâles et femelles, de perforer le cœur des rameaux vivants de divers arbres et arbustes : Pommier, Poirier (Riley, etc.), Pêcher (Riley), Cerisier (Lintner), Vigne (Glover, Putman, D'' Shimer), Noyer blanc (Glover) (1). On doit noter que, pour la plupart, ces essences ne sont pas indigènes dans l'Amérique du Nord. Parmi elles, VAmplikerus montre une préférence marquée pour le Pommier (2), d'où il tient son nom vulgaire

(1) V.-H. Lowe (v. Lintner Twelfth Rep. on the inj. and olh. Ins. of tlie State of N.-Y. for the year 1896, Append., p. .362) a vu cette espèce creuser le bois d'un Tamarix africain. On sait que les Tainarix sont tous originaires de l'Ancien Monde et qu'ils sont certainement fort peu répandus aux États-Unis.

(2) « L'insecte, dit Riley (Fourth Anii. Rep, on the nox., ben. and olh. Ins. of the State of Missouri, 1872, p. 51), semble préférer certaines variétés telles que Benoni et Red June aux autres variétés de Pommier, et quoiqu'il

516 P. Lesxe.

d' <i Apple-tN\ig borer ». Si, dans la règlo. il no s'attaque qu'au bois vivant, il creuse parfois aussi le bois récemment mort, puisque le D'' Shimer (1) l'a vu pénétrer dans un sarment de Vigne tué par la gelée l'hiver précédent.

C'est au printemps, et notamment en mai et juin, que l'adulte se livre à ce travail de forage. Au moins n'a-l-on de déclarations explicites que pour celte époque de l'anuf-e (2). Il entame les jeiuies branches en un point éloigné de lo à 30 centimètres de leur extrémité et situé immédiatement au-dessus d'un bourgeon ou de la fourche de deux rameaux; puis il pratique une galerie profonde de 2o à 40 millimètres (3), dirigée d'ordinaire vers la base de la branche. Bien que Riley (4) ait observé l'Apple-twig borer forant le bois vieux de trois ans, les rameaux attaqués sont presque toujours ceux de la dernière pousse. Ainsi évidés, ils ne tardent pas à se flétrir; leurs feuilles brunissent et très souvent ils sont brisés par le vent (o).

Est-ce seulement pour trouver de la nourriture que l'insecte creuse les jeunes branches? Ou bien y cherche-t-il aussi un abri momentané ou une retraite pour passer l'hiver? Ces questions ne sont pas résolues. Dans tous les cas, malgré la fréquence de l'insecte, on n'a jamais observé sa larve d'une façon authentique dans les rameaux ainsi attaqués. Linlner (6) a mis en doute le fait d'une hibernation normale; mais on a plus d'une fois trouvé dans leurs galeries, durant la mauvaise saison, des individus vivants mâles et femelles (7). Il semble

se rencontre aussi dans les tiges de la Vigne, du Poirier et du Pêcher, je ne l'ai jamais trouvé dans celles du Pommier sauvage. »

(1) Trans. Am. eut. Soc, II, 1868-69, Proc, p. VIll.

(2) Walsh [Practical En(omol.,l, 18G5, p. 27); Lowe (in Linlner, loc. cit.). M. Putman {Proc. Davenp. Acad., I, 1867-76, p. 36) montrait à l'Académie de Davenport, dans sa séance du 24 mai 1872, plusieurs exemplaires du Schi.stoceros hamatus qu'il avait surpris peu de temps auparavant creusant des ceps de vigne.

(3) Elle atteint jusqu'à 75 millimètres, d'après Putinan.

(4) Loc. cit., p. 52.

(5) Asa Fitch (Tliird, fourth and fifth rep., 1859, p. 12); Riley [loc. cit., p. 53). Ces dégâts ont élé signalés pour la première fois par Harris, en 1854 {Rep. ta Amer. Pomol. Soc, p. 7). Ils ne peuvent être considérés comme préjudiciables que dans les pépinières; dans les vergers l'insecte n'est guère dangereux (Riley).

(6) Sec Aiin. Rep. on the i)ij. aud oth. 1ns. of tlie State of. N.-Y., 1885. Le mémoire de Linlner est, à noire connaissance, le plus important qui ait élé publié sur le Schistoceros.

(7) Riley {toc. cit.) et Linlner {loc cit., p. 128); Kriedelbaugb {Western Pomologist, nov. 1871).

Recishti (Ip>< Rnstrijchides. 517

il'îiillours que l'adulte se reiicoiiti't' ijciukint presque toute l'année (1).

Schistoceros malayanus*.

(Voir tabl. des espèces 1, 2, 12, 1:5, 14, lo, 18, 19, 20. — Fig. 118 à 120 (lu texte).

Lesne, 1898, Notes fwiu the Lri/d. Max., XX, p. 23.).

Long. 12-18 mill. — Brun foncé; l»ord antérieur du prothorax couvert d'une pubescence roux ardent; pubescence de l'écusson, de la

Fig. 118 à 120. ~ ScJiisloceros malayanus Lesn. Piolîl de l'avant-coi'iis du rf ((ig. lis) et de la 9 (lig. 119) et déclivité apicale des élytres du q^, vue de trois quarts (tîg. 120).

poitrine et de l'abdomen rousse, dense. Prothorax moins large que long, assez fortement rétréci en avant, arrondi sur les côtés et aux angles postérieurs. Aire postérieure du pronotum couverte d'écailles imbriquées (c?) ou de granules écrasés (9). Élytres légèrement élargis

(1; Riley {Fiflk Ann. Rep. on llie nox., ben. and olh. Ins. of the State of Missouri, 1873, p. 54) a conservé vivant pendant cinq mois un individu qu'il avait reçu au printemps. Walsli [loc. cit.) a capturé l'adulte en septeinjjre et l'a trouvé aussi dès le premier printemps.

Pour la bibliographie du Schistoceros hamatus (sub Amphicerus bicaudatus) consultez : S. Ilenshaw, Bibliography of the more iinportant conlril)utions to American économie entomolorjij, Washington, 1889-1896, et le mémoire cité de Lintner.

llensliaw a reporté par erreur au Lichenophanes bicornis (sub Bostrychus la citation de Glover : Rep. of theentom., dans liep. Comm. Agric. for 1867, 18G8, p. 71, qui a trait en réalité à l'espèce actuelle.

518 P. Lesxk.

ou arrière, très fortement ponctués, leur ponctuation dorsale formée de gros points enfoncés, ridés sur les bords et comme irrégulièrement étoiles. Suture peu saillante sur la déclivité apicale qui. chez la Q. est densément granulée dans sa partie inférieure.

Les principaux caractères sexuels secondaires ont déjà été signalés plus haut. Rappelons (ju'ils résident dans la forme générale du corps, dans la forme et dans la vestiture du front, dans la grosseur des yeux, dans la conformation du sous-menton, du bord antérieur du prothorax et de la déclivité apicale des élytres, dans la sculpture de l'aire postérieure du pronotum et des élytres, etc. Ces remarques s'appliquent aussi aux deux espèces qui suivent.

Distribution géographique. — Malaisie.

Presqu'île de Malacca {De Morgan in Muséum de Paris). Sumatra {Bouchard, Hagen, etc., in Musée de Leijde, Musée de Vienne, Coll. Bedel, Coll. Oberthilr). Bornéo occidental : Rivière Sambeh {Buffat in Coll. Oberthur).

Schistoceros caenophradoides*.

(Voir labl. des espèces 1, 2, 12, 13, 14, 10. 18, 19, 21. — Fig. 121 123 du texte).

Lesne, 189o, Ann. Fr., 1895, p. 174.

Cette espèce est extrêmement voisine de la forme précédente qui pourrait lui être adjointe à titre de sous-espèce. Nous n'avons rien à

ajouter à ce que nous en disons plus haut dans le tableau synoptique.

Distribution géographique. —

Indo-Chine orientale.

Monts de La-Khon (Mékong

Fig. 121 ei 122. - Schistoceros caeno- moyen) {D' Hannand in Mu-

phradoides Lesn. Profil de l'avant- séum de Paris). Hué (Co//. Au-

corps du o^ et de la Ç. bert). Cambodge ( D' Harmand

in Muséum de Paris). Cochinchine {Genitain in Muséum de Paris: Coll. Oberthur) (1).

(1) C'est par suite d'une confusion avec le r^ de l'espèce suivante, à une époque où je ne savais pas encore le distinguer de celui du Schistoceros caenophradoides. que j'ai cité ce dernier comme existant au Musée de Bruxelles et dans les collections Bedel el Fainiiaire.

Révision des Rostnjchides.

Schistoceros anobioides *■ .

(Voir ttibl. des espèces 1, 2, 12, 13, 17. 18, 22. — Fig. 124 à 127 du

texte).

Waterhouse, 1888. Ann. Nat. Hist., 1888, 1. p. 350 (ç) {siih Caeuophrada). — Lesne, 1897, Ann. Bekj., 1897, p. 18 (d).

Les caractères remarquables de la femelle sont simplement sexuels et ne justilient pas la création d'une coupe générique spéciale. L'espèce est proche parente des deux précédentes qui la relient aux formes normales du genre.

Le faciès est absolument celui du S. caenophradoides: mais, chez la ç, la ponctuation des élytres est moins forte et le prothorax un peu

Fig. 12.3 à 125. — Sous-inentons, vus de trois quarts, des Schistoceros caenophradoides Lesn. Ç (lig. 123)elrtHObioides Wal. J (fig. 124) cl antenne du S. anobioides Ç (Hg. 125).

Fig. 126 et 127. — Scliisloceros anobioides Wat. cf C'g- 126) et 2 (fig. 127).

plus rétréci en avant que chez ce dernier; le front est légèrement saillant au bord antérieur, mais non costiforme. Dans le même sexe, les yeux sont notablement plus gros que chez les deux espèces précédentes, la déclivité apicale des élytres ne présente pas de vestiges de calus marginaux et sa moitié inférieure est régulièrement granulée; les antennes sont aussi plus longues.

Certaines ç ont une sculpture élytrale quidevient râpeuse par suite du dévelop|)ement de petits tubercules dans les intervalles de la ponctuation.

ôiO P. Lesne.

Dans les doux sexes, il existe sur les élytres une pubescence roussùtre extrêmement fine et très courte.

Le caractère saillant de cette espèce est fourni par la conformation des antennes de la ç. Les principaux caractères sexuels ont été signalés plus haut.

Distribution géographique. — Birmanie, Inde et bassin de la mer Rouge.

Birmanie : Minhia [Coniotto in Coll. Oberthiir). Bengale iDaraucel, P. Cardon, etc., in Muséum de Paris, Masre de Bruxelles ; Calcutta {Coll. Oberthiir). Inde septentrionale : Dinapore (Muséum de Paris). Tchota-Nagpore : Hazaribag, en avril (1). Inde centrale: Saugor {Coll. Oberthiir). Province de Bombay : Belgaum, en mars, et Canara {Andreives). Madras {Coll. Bedel). Ceyian {Coll. Oberthiir ; Coll. Abeille de Perrin). Sind {Coll. Oberthiir).

Massaouali (2 individus c) {Coll. Baudi). Obok {Coll. Aubcrt) (ç). Choa : Malial-Uonz, en juin {Musée de Cènes) (Ç).

Biologie. — M. Cotes a signalé cette espèce comme creusant le bois d'im Goyavier {Psidium guava) {Ind. Mus. Notes, vol. II, n'^ 6, 1893, p. loO).

Schistoceros bimaculatus.

(Voir tabl. des espèces 1, i, 3. — Fig. 128 à 131 du texte).

Olivier, 1790, Enc. Méth., Ins., V, p. 109. — Id., 1793, Ent., IV, n- 77, p. 10, PI. II, f. 14. - J. Duval, Gen. des Col., PI. o6, f. 279. — V. Mayet, 1890, Ins. de la Vigne, p. 392. — Zoufal, 1894, Wicn. ent. Z«7.,XIII,p.41.

auritus Friwaldsky, 183o, A Magyar tudùs, p. 207, PI. VI, f. 10. — AValtl, 1838, Isis, p. 468.

Long, o-ll mill. — Allongé, parallèle, le prothorax aussi large que les élytres ; d'une teinte g'?nérale brun grisâtre en dessus ; antennes roussàtres, palpes roux. Front granuleux, densément couvert de poils couchés, assez longs, roux doré, convergeant vers le milieu de son bord antérieur. É|jistome moins pubescent, peu densément [tonctué. Frange du labre roux doré. Yeux petits, transverses. Prothorax à peu près aussi large que long, arrondi en avant et aux angles postérieurs, ses côtés légèrement arqués; angles antérieurs non indiqués, si ce n'est par les deux dents antéro-latérales de la râpe, entre les(iuelles

(1) Aoles on Ind. Ins Pests I. 1889, n" 1, ]). 61.

lirvisiOH (les Boslruchidcs.

lo bord anlériciir est très épais et proéminent (1); région de la ràpo couverte d"Line pubescence dense, roux doré: milieu de Taire postérieure présentant une sculpture en écailles imbriquées, ses côtés revêtus d'une i)ubescence grise, couchée, sauf en deux points où le tégument est dénudé et qui forment deux petites taches noires, arrondies. Élytres ornés de reliefs irréguliers lisses et d'un noir brillant ; entre ces reliefs, le tégument, linement granuleux et marqué de gros points enfoncés, porte des grou|)es de poils couchés d'un roux doré. Base des élytres légèrement avancée au milieu; suture peu saillante sur la déclivité. Poitrine et abdomen densément et assez finement ponctués.

Fig. 128 à 131. — Sckistoceros bimaculatus 01. Piotil de ravant-corps (fig. 128). Extrémité |)Ostéiieure du corps, vue de profd, chez le cr* (fig. 129) et clioz la 9 (fig. 130). Antenne (fig. 131) (un canalicule seulement a été figuré sur chaque article de la massue).

couverts d'une pubescence dressée, grise, plus longue sur l'abdomen, sur lequel existe en outre une pubescence couchée très courte. Une tache circulaire dénudée sur les côtés de chaque segment abdominal. Tibias et tarses intermédiaires et postérieurs munis de longues soies,

c5 Déclivité apicale présentant supérieurement deux grosses apophyses subcylindriques, à sommet obliquement tronqué et pointu en dedans, et, intérieurement, un très petit denticule dans l'angle apical, contre la suture. Sillon marginal de l'élytre brusquement abrégé avant l'apex. Tégument de la déclivité apicale fortement ponctué, non granulé.

5 DécUvité apicale munie seulement de chaque côté d'un calus supéro-latéral, son tégument inégal et assez densément granulé. Pas de

(1) Celte conformation est identique à. celle des Scliistoceros s. str. Ç; mais ici elle est commune aux deux sexes. .

322 P. Lesxe.

douticule dans l'angle suturai. Sillon marginal do l'élytro non abrégé, s'effaçant gracluoUement en arrière.

La forme du prothorax et la vestiture de sa région anti'rieure ne sont pas, outre les caractères génériques, les seules particularités rattachant cette espèce aux Schistoceros s. str. Q Les différences sexuelles quant à la sculpture de la déclivité apicale et à la terminaison du sillon marginal de l'élytre sont également semblables.

Distribution géographique. — Région méditerranéenne.

Espagne : Andalousie {DiecV)\ Cordoue {Morei). Baléares. Corse. Sardaigne. Sicile {Musée de Gênes). Hérault: Montpellier {Y. Maijet) ; Gard : Nîmes {Coll. de Marseul); Bouches-du-Rhône : Camargue {V. Mmjet); Var : Toulon et Hyères {Abeille de Perriu, etc.), Fréjus {Coll. Puton), env. de Draguignan {Robert, etc.); Le Luc {Robert). Piémont {Ghiliani). Banat {Coll. de Vauloger). Dalmatie {Cuntraine in Musée de Leyde); Herzégovine {.Apfelbeck). Turquie : Conslantinople {Clair). Grèce (Fou Oertzen, etc.). Asie Mineure : Smyrne {Delagrauge). Balikesser {Agathon). Chypre {Baudi). Syrie : Akl)ès {Delagrange], Jérusalem {Coll. de Mar.teul). Turkestan {Zoufal). Algérie : Les Heumis, près Tenès {A. Petit): Alger {Poupillier in Coll. Léveillé).

Biologie. — Cette espèce se développe dans la Vigne et dans le Tamarix (1). On rencontre Fadulte au printemps.

Schistoceros teres.

(Voir tabl. des espèces 24, Ta. — Fig. 132 et 133 du texte).. Horn, 1878, Proc. Am. Phil. Soc, XVII, p. o48.

Nous rapportons à cette espèce un individu auquel s'applique bien

la description originale. Outre les caractères cités ci-dessus, nous mentionnerons les suivants :

Forme allongée. Front et épistome densément hérissés de longs jjoils dressés. Prothorax légèrement échancré au bord antérieur, 133 132 hérissé de soies dressées dans la

Fig. 132 et 133. — Schistoceros teres région de la râpe et sur les côtés ; Horn. Profil de lavant-corps et con- aire postérieure couverte de costour du prothorax. tules longitudinales un peu écra-

(DPerris (Lavces de Col., 1877, p. 218); Rey {Ann. Soc. Linn. Lyon, XXXIII, 1887, p. 220); V. Mayet [Ins. de la Vigne, p. 392), etc. Rey observe

W'cision dcx Uostnjrhidi's,

sées. brillantes. Ponctuation éhtralr l'orle et dense; suture renll»''e sur la déclivité apicale; él\ très conjointement arrondis au bout.

Distribution tjéographiqae. — Californie méridionale : Fort Yuma [Horn -, Basse-Californie {Diguet in Muséum de Paris).

Schistoceros simplex*.

(Voir tabl. des espèces 24, 20. — Fig. 134 et 13o du texte). Horn, 188o, Tr. Am. Eut. Soc, XII, p. loo.

Cette espèce est très nettement apparentée à la précédente; mais elle s'en distingue par des caractères nombreux dont nous avons déjà cité les plus importants et dont le plus remarquable est le léger écartement des pièces méso et métasternale au côté externe de la banche intermédiaire. Ajoutons les caractères suivants :

Forme plus courte que celle du teres. Angles antérieurs de Té pistome moins pointus, prothorax plus convexe, carinules de Taire postérieure du pronotum plus fines, non écrasées; suture moins saillante sur la décUvité apicale.

Chez l'exemplaire typique olTert au Muséum de Paris par feu le D'" G. -H. Horn, le front et l'épistome sont glalires, régulièrement et assez fortement granulés; le protborax n'est pas échancré au bord antérieur et les costules de l'aire postérieure du pronotum sont assez écartées.

Chez un second individu provenant de Basse-Californie et que je rapporte avec quelque doute à la même espèce, la forme du corps est plus étroite, le front et l'épistome sont hérissés de poils courts, dressés, le bord antérieur du prothorax est nettement et assez étroitement échancré et les costules de l'aire postérieure du pronotum sont très denses. Les élytres se prolongent conjointement en pointe obtuse en arrière; enfin la ponctuation abdominale est plus dense que dans l'exemplaire typique. Il se peut que tous ces caractères soient sexuels et propres au ô'.

l^ig. 134 et 135. — .Schi'iloceros simplex Horn. Profil de l'avant-corps et contour du prolhorax.

que sa larve détruit el pulvérise les tiges de Tamari.\ a en procédant de haut en bas ".

P. Lesxe.

Distribution géographique. — Texas sud-occidontal {Horn). Sp. propr.7 : Basse-Californie [Bignet in Muséum de Paris).

Genre Bostryeliopsis n. g.

(Voir tabl. des genres 2, 4, 8, 10, 14, 16, 17).

Corps c\ lindriqiie. Capsule céphalique sansconstriction post-oculaire. Tète non régulièrement convexe en dessus, son profd dorsal non en arc de cercle. Angles antérieurs de l'épistome droits ou un peu aigus, pointus. Cadre buccal non denté au-dessous des yeux. Ceux-ci surélevés à angle rentrant à leur bord postérieur. Sous-menton rectangulaire ou trapézoïde, plan, semblable dans les deux sexes. Articles de la massue antennaire montrant des taches pileuses dorées plus ou moins nettement délimitées. Protliorax non excavé au-dessus de son

Fig. 136. — Capsule céphalique du Bostrychopsis uncinaia Germ., $ Castelnaui, face dorsale.

Fig. 137 à 139. — Aniennesdes Bostrychopsis jesidtaV . (fig. 137), B.

uncinata Germ., Ç Castehioui (fig. 138) et J?./br«sLec.(fig. 139).

bord antérieur; celui-ci dépourvu de rangée marginale de dents. Angles postérieurs du prothorax arrondis ou droits (1), non lobés. Élytres sans carènes ni tuliercules en avant , leur bord inféro-apical non granuleux ni érodé. Méso et métasternum en contact au bord externe de la hanche intermédiaire. SailHe intercoxale du 1" segment apparent de

(1) On observe dans la même espèce des individus à angles postérieurs du prottiorax largement arrondis et d'autres où ces même?; angles sont droits, pointus.

Recisioii des liostt'ucltides. o2o

l'abdomen prosentaut une facette plane ventrale. Dernier segment apparent de TalKlomen régulièrement arrondi en arrière, ses pleurites souvent apparents chez le c5. Calcar des tibias antérieurs normal, incurvé.

Les Bostnjciwpsis sont de taille moyenne et de cctuleur lirune. Ils sont répandus dans toutes les régions chaudes du globe, à rexception, semble-t-il, de rAmérique centrale et des archipels du Pacillque. Chez plusieurs de leurs espèces, le polymorphisme sexuel atteint un degré inusité chez les Coléoptères.

D'après leurs afiinités mutuelles, les ditîérentes formes spécifiques se groupent connue il suit :

i. II. m. IV. V. VI.

B. cephalotes. D. lonsa. B.jesuila. B. valida. B. laminifer. B.forlis.

B. telraodon. B. parallela. B. Ganglbaueri.

B. a f finis. B.uncinata.

B. Reichei. B. eremita.

B. beagalensis. B. trimorpha.

B. confossa.

Aiuien Monde. Australie. Amérique du Sud. Amérique

du Nord.

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