Épistome surmonté en arrière d'une lame saillante
Urn'sidi) îles Bostrijchides.
surtout chez la Ç. Corps plus alloiigt-. Loug. 10-14 1 2
inill B. tetraodon P'airiii.
Bostrychopsis cephalotes.
(Voir caractères du gmiiiic I et tabl. des espèces 1. — Fig. 140 à 142
du texte).
Olivier {non Lesne, olim) (1), 1790, Enc. Méih., V, p. 108. — Id., 1795, Ent.. ly, II" 77. p. (5, Pi. II, f. 8.
Long. 10-13 12 mill. — Assez court; brun. Épistome caréné longitudiiialement au milieu. Articles 3 à 7 des antennes pris ensemble plus longs que les deux premiers réunis. Côtés du prothorax et élytres cou-
Fig. 140 à 142. — Bostrychopsis ccplialotea 01. Profil de la lèledu c^ (lig. 140); profil de l'avant-corps delà 9 (''»■ l'^O; contour du prothorax de la 9
verts d'une pujjescence rousse, couchée, peu dense. Région dorsale des élytres fortement et densément ponctuée. Dessous du coi'ps densément pubescent, surtout sur les côtés de la poitrine.
c5 Déclivité apicale des élytres lisse ou présentant de chaque côté un ou plusieurs très gros points enfoncés disposés en série longitudinale le long du renflement suturai. Bord inférieur de la déclivité assez fortement rélh'chi; tubercules marginaux bien saillants, le sup(''rii'ur moins épais que l'inférieur.
9 Déclivité apicale des élytres très densément et très fortement [lonctuée, [ilus fortement le long de la suture.
•1) Jusqu'en ces derniers temps, j'avais considéré la description d'Olivier comme se rapportant au B. tonsa Imh.
P. Lesne.
Distribution géographique. — Zaïiguobar, Mozambique, Zambézie, Aiin;ola, La Réunion.
Kilimandjaro Jlnrnoncourt in }Ias:é(' de Vienne); X'guru [P. Leroij in Coll. Oberthiir); Mozambi(iue {Coll. Kmvert >• Oberthiir); Manica [Musée de Cape-Town); Zambézie {Péringuey). Angola : Malange [von Mechow in Coll. Quedenfeldt > Oberthiir). I. de la Réunion {Olivier).
Bostrychopsis tetraodon*.
[Voir caractères du groupe I et tabl. des espèces 2.
du texte).
Fiof. 143 et 144
Fairmaire, 1883, Le Nat., V, p. 20o. — Id., 1883, Ann. Fr., 1883,
Cette espèce diffère de la précédente par sa forme plus allongée et par la conformation remarqualjle de son épistome qui s'élève en arrière
en une lame arquée, convexe en avant, et dont la tranche apicale est densément velue de poils roux. Le prolhorax est moins grand que chez le B. cephalotes.
Chez le cj, la déclivité a|iicale présente les mêmes variations que chez ce dernier quant à la ponctuation. Chez la $, les sitinules qui garnissent le front sont plus fines et plus allongées que dans l'espèce précédente.
Distribution géographique. — Abyssinie. Choa. Env. de Khartoum {Muséum de Paris).
Fig. Ii3 et 144. — Bostrychopsis tetraodon Fainn.
Groupe II (Voir tabl. des groupes 2, 3, 4, o). — (3 hétéromorphe : Corps généralement plus large et plus robuste que celui de la 9. Front simple, la suture fronto-clypéale obsolète sur les côtés, enfoncée au milieu. Prothorax plus grand que chez la 9, prolongé aux angles antérieurs en cornes fortement infléchies, uncinées à l'extrémité. Déclivité apicale des élytres plus large que celle de la 9, munie de chaque côté de 2 calus marginaux costiformes et présentant un rebord inférienr. Régions pleurales du dernier segment apparent de l'abdomen générale-
Rerixioii fh's Bostnirhidpx. o31
ment bien visibles et de couleur rousse ou roussâtre. Longues soies du dessous des tarses nombreuses.
ç liétëromor|)he. Front presque plan ou légèrement gibbeux, déclive au Ijord antérieur. Suture fronto-clypéale bien marquée. Prothorav plus petit que chez le J. tronqué en avant, ses angles antérieurs non prolongés en cornes. Calus marginaux de la dt'clivité apicale des élytres effacés ou presque effacés, o*" segment ajiparent de l'abdomen avec une frange épaisse de soies rousses au milieu du bord postérieur. Longues soies du dessous des tarses rares.
(3 homéomorphe. Tète et prothorax comme chez la ç hétéromorphe. Élytres comme chez le (5 hétéromorphe.
ç homéomorphe. Angles antérieurs du prothorax prolongés en cornes moins développées que celles du o hétéromorphe. Semblable pour le reste à la ç hétéromorphe.
Les espèces de ce groupe sont répandues dans les parties chaudes de l'Ancien Monde.
TABLEAU DES ESPÈCES (1)
1-8 — Ponctuation élyU'ale plus ou moins forte, plus ou moins renforcée sur la déclivité apicale. Tégument de l'abdomen lirillant. Sculpture 'de l'aire postérieiu'e du pronotum simulant des écailles imliriquées (PI. I, f. 8).
2-3 — Ponctuation dorsale des élytres peu forte, non sériée, disposée sans ordre entre les nervures, les points enfoncés voisins de la suture arrondis; [jonctuation de la déclivité apicale beaucoup plus forte. Dernier article des tarses postérieurs aussi large que le 2- (lig. 147). — (5 Rebord inférieur de la déclivité apicale relié au calus latéral. — Q Front légèrement gibbeux, densément pubescent au milieu (tig. 14o). Déclivité apicale des élytres munie d'un rebord inférieur bien marqué qui se détache latéralement du bord même de l'élytre et alirège brusquement le sillon marginal. — Long. 10-21 mill. . . B. tonsa Iinli.
3-2 — Ponctuation dorsale des élytres forte, plus ou moins réguhèrement sériée, modérément renforcée sur la décli-
(1) Le BostnjcJiopsis affinis, dont il est question plus loin et qui est encore trop peu connu, ne figure pas dans ce tableau.
o32 P. Lesne.
vite apicale (1). — 9 Rebord inférieur de la déclivité apicale nul ou faible et confondu dans toute sa longueur avec le bord même de Téh tre.
4-0 — 2' article des tarses postérieurs sensiblement plus large que le dernier (dg. 149). Points enfoncés dorsaux des élytres souvent allongés, près de la suture. — ç Front très finement et très densément pubescent au milieu. Déclivité apicale avec un rebord faible, mais sensible
près de l'angle suturai. — Long. O-lo mill
B. parallela Lesn.
/)-4 — 'i" article des tarses postérieurs non ou à peine plus large que le dernier. Écailles du milieu de l'aire postérieure du pronotum un |)eu plus grandes. — 9 Front sans pubesceuce dense.
<j-7 — Ponctuation abdominale aussi dense sur la ligne médiane que sur les côtés. — Long. 7-12 mill. B. Reichei Mars
7-0 — Ponctuation abdominale moins dense au milieu que sur les côtés. — 9 Forme plus allongée. — Long. 9 1,2- 13 mill B. bengalensis Lesn.
8-1 — Ponctuation dorsale des élytres très grossière, au moins aussi forte que celle de la déclivité apicale. Abdomen mat, sauf sur le milieu des premiers segments, sa ponctuation fine, nettement râpeuse. — (5 Rebord inférieur de la déclivité apicale détaché latéralement du bord même de l'élytre, mais non relié au calus latéral. — 9 Rebord inférieur de la déclivité apicale à peine sensible, non détaché latéralement du bord même de l'élytre; angle suturai sans grosse ponctuation. Milieu de l'aire postérieure du pronotimi couvert de grains écrasés. — Long. 8-13 mill B. confossa Fairm.
Bostrychopsis tonsa.
(Voir caractères du groupe II et tabl. des espèces 1, 2. — Fig. 14o à 147 du texte).
ImhofT, 1843, Verh. Nat. GeseUsch. Basel, V, p. 177. cephalotes \ Lesne [non Olivier), 1896, Ann. Fr., 1896, p. 334.
Cette espèce est d'une taille plus grande et d'une forme plus large que les suivantes. La couleur est d'un noir brillant avec l'abdomen
(1) C est ici que se place notre B. affinis dont la déclivité apicale des
Révision des Bostnichidi'.t.
couvert (rune très fine puljescence cendrée et les cuisses sotneut rougeàlres. La ponctuation dorsale des élytres, composée de points arrondis, présente ceci de particulier que, à part les séries assez régulières de points qui longent de part et d'autre chaque nervure, elle ne montre pas d'alignement dans le sens longitudinal. Sur la déclivité apicale cette ponctuation devient beaucoup plus forte.
Le (5 normal, hétéromorphe, a des cornes prothoraciques bien développées et fortement intléchies. Son front est lisse , glabre et très brillant au milieu. Les bords de la déclivité apicale des élytres sont élevés et saillants sur un peu plus de la moitié de la demi-circonférence inférieure, ce qui fait paraître excavée cette
déclivité ; le calus marginal latéral est dans le prolongement du rebord inférieur. La longueur des cornes prothoraciques est légèrement variable.
Chez la ç, le front, gibbeux au milieu, présente, dans cette région, un revêtement de pubescence blonde, couchée, très fine. Le prothorax est tronqué en avant, et ses angles antérieurs sont arrondis. La déclivité apicale n'a pas de rebord en saillie, si ce n'est inférieurement ; ses calus marginaux sont très peu marqués. D'aiUeurs cette femelle hétéromorphe parait aussi variable que celle de l'espèce suivante. Le Musée de Gènes en possède un petit individu (10 i/2 mill.) dont le pro thorax est élargi en arrière et assez fortement arrondi sur les côtés , dont le rebord inférieur de la déclivité apicale est moins saillant que d'ordinaire, et dont les élytres sont [)lus fortement ponctués.
Il existe un d homéomorphe. Nous en avons vu 3 individus (1).
Distribution géographique. — Guinée septentrionale, depuis la colonie de Sierra-Leone {Musée de Stockholm) ; Côte de l'Or et Achanti ;
Fig. 145 à 147. — Bosinjcliopsis (onsa Imii. Profil de la tête $ (tig. 145); contour du piolliora.t Ç ((ig. 146); tarse postérieur (fig. 147).
élytres présente cliez la Ç un rebord inférieur distinct latéralement du bord de l'élytre.
(1) Muséum de Paris; coll. Oberthiir.
P. Lesne.
Togoland; bassins du Bas-Niger et do la Bénoué; Kanieroun; bassins de rOgooué et du Congo; Afrique orientale allemande : Kondoa [Bloijct in Muséum de PflWs);Baie Uelagoa (Co//. fî«W) ; Pays des Soniali : entre Sancourar et Amarr {Bot t ego in Musée de Gènes) ; Glioa : Vallée de Dorfou {Ragazzi in Musée de Gênes).
Bostrychopsis parallela*.
(Voir caractères du groupe II et tabl. des espèces 1, 3, 4. — Fig. 148 à 153 du texte).
Lesne, 1893, Ann. Fr., 189o, p. 174.
Comparée à l'espèce précédente , celle-ci a une forme générale plus étroite et une taille en moyenne plus petite. La ponctuation dorsale des élytres est forte et subsériée, modérément renforcée sur la déclivité apicale (1). Le â'' article tarsien est plus large que chez les autres espèces du même groupe.
La 9 a le 2*^ article des tarses postérieurs notablement plus long que le dernier. Son front est pubescent au milieu connue chez le tonsa;
mais il n'est pas gibbeux tt est à peine relevé près du beird ant('rieur. En outre, le faible rebord inférieur de la déclivité apicale se confond dans toute sa longueur avec le bord môme de l'élytre dont le sillon marginal s'atténue insensiblement en arrière. Le prothorax est plus petit que chez le c5 ; en général, il est pres(iue régulièrement carré, tronqué et légèrement sinué au bord antérieur et les côtés du corps sont régulièrement parallèles. Mais il existe des 9 de petite taille, également hétéromorphes, dont la forme est plus courte, non parallèle, le prothorax étant assez fortement arrondi sur les côtés et les élytres légèrement élargis en arrière. La ponctuation de l'abdomen de ces petites 9 est moins dense que chez les 9 typiques et le bord antérieur de leur prothorax est parfois faiblement échancré (2). '
(1) Tandis que la ponctuation du dos des élytres est plus forte dans l'espèce actuelle que chez lo tonsa, celle de la déclivité est notablement moins grosse que chez ce dernier.
(2) Les petites Ç dont nous parlons ici ont été recueillies à Mandar (ChotaxNagpore) par le P. Cardon (Coll. Oberthiir).
li9
Fig. 148 et 149. — Bostrychopsis parallcla Lesn. 9- Profil de la lète et tarse postérieur.
Révision des Bostrurhides.
On observe 3 sortes de c5 : 1" Le (5 normal, hétéromorphe, dont les angles antérieurs du prothorax se prolongent en cornes inflécliies, un peu moins longues que celles du tonsa, et dont le front est glabre. Aux élytres, la déclivité apicale présente les quatre calus costiformes marginaux habituels. De chaque côté, le calus latéral est relié au rebord inférieur qui est bien marcjué, comme chez l'espèce précédente; mais, d'ordinaii'e, ce calus latéral se trouve situé en dedans de la courbe qui prolonge le rebord inférieur. 2° Un c? homéomorphe très remarquable par le singuher mélange de ses caractères mâles i femelles .
l.JO
Fig, 150 à 153. — Doslrychopsis paroUela Lesn. q' (fig 150 et 151) et Ç (lig. 152 et 153) hétéromorplies.
Son front est légèrement relevé en avant comme chez la ç et revêtu au miheu, comme chez celle-ci, d'une pubescenco blonde, serrée ; seulement la largeur de cette aire pubescente est moindre que chez la Q . Le prothorax qui, par sa forme générale et ses dimensions, est celui diin o normal, est dépourvu de cornes. A leur place existent, de chaque côté, deux dents relevées, rapprochées, dont l'interne est un peu plus étroite que Texterne; entre ces dents le bord antérieur est faiblement échancré. Les élytres sont aussi, par leur largeur, des élytres de c? ; mais ils n'ont pas de calus marginaux sur les bords latéraux de leur décUvité apicale et les deux calus du bord supérieur sont à peine indiqut'S. Intérieurement la déclivilé présente un rebord saillant et épais, écarté latéralement du bord de l'élytre (1). 3" Une
(1) Nous ne connaissons qu'un exenii>laire de ce mâle. Il mesure 12 mill. et porte la seule indication « Indes oiientaics » (Muséum de Paris).
536 P. Lesne.
série de formes, homéomorphes aussi, dont la tète et le prothoras sont conformés comme chez le c5 précédent , si ce n'est que parfois la dent interne de l'angle antérieur du prothorax fait défaut, mais dont la déclivité apicale des élytres est munie de calus marginaux plus ou moins saillants (1). C'est parmi ces derniers cJ que l'on doit chercher, au point de vue des caractères élytraux, l'homologue du (5 homéomorphe du B. tonsa. Mais le (5 homéoniorphe du B. parnUela ne peut être rigoureusement comparé à celui-là, à cause de la forme et du volume de son prothorax.
Distribution géographique. — Asie sud-orientale et Insulinde.
Tout le Dekkan. Tchola-Nagpore (P. Cardon in Coll. Oberthi'ir) : Maïnpuri (Mynpoore) {Coll. Oberthilr); Bengale; Assam {Coll. de Marseul); toute rindo-Chine; Chine {Coll.Aubert); Philippines; Bornéo; Sumatra; Java ; Soembawa; Flores; Célèbes; Makassar {Coll. de Marseul).
Biologie. — Cette espèce est nocturne. Guérin-Méneville l'a trouvée dans la racine de Squine {Smilax china) (2).
Forme très voisine insuffisamment connue. — Le Muséum de Paris possède un individu, étiqueté « Congo français », qui ne dilïère du c5 liétéromorphe du Bostrychopsis parallela que par la largeur moindre du 2" article des tarses. — Long. 11 mill.
Bostrychopsis affinis n. sp. (9).
(Voir caractères du groupe II et tabl. des espèces 1, 3).
Cette espèce est très voisine de la précédente. Chez la 9, la pubescence du front, au lieu d'être également répartie, est d'une finesse extrême au milieu et en arrière, ne masquant aucunement la sculpture du tégument, qui, dans cette région, est très densément ponctué. En avant, la pubescence frontale devient très épaisse sur deux côtes légères situées au milieu du front et placées dans le prolongement l'une de l'autre, parallèlement à la suture fronto-clypéale. Le rebord inférieur de la déclivité apicale des élytres forme une côte écartée latéralement du bord même de l'élytre. Cette 9 est, poui' le reste, en tout semblable à celle de B. parallela. — Long. 13 mill.
Distribution géographique. — Formose {Coll. Bedel). — Type unique.
(1) Coll. Baer, coll. Bedel, coll. Fairmaiie.
(2) C'est très probablement son Bostrychus Thoreli [Ann. Fr., 1845, Bull. p. xvi^ dont il n'a pas publié de description.
Revision des Bostrijrhides.
Bostrychopsis bengalensis*.
(Voir caractères du groupe II et tabl. des espèces 1, 3, o, 7. — Fig. lo4 du texte).
Lesne, I89o, Ami. Fr., 189o, p. 174 (Ç).
Cette espèce, dont la femelle seule est encore connue, est très voisine des deux précédentes. L'absence de pubescence frontale dense l'en distingue au premier coup d'oeil. Eu outre, cette ç n'est pas une Q hétéromorphe comme celles des B. parallela et affinis : les angles antérieurs de son prothorax sont prolongés en cornes infléchies et uncinées au bout. Les écailles du milieu de l'aire postérieure du pronotum sont plus grandes que chez le parallela et la ponctuation de l'abdomen est très fine et assez éparse au miUeu. — Long. 9 1/2-13 mill.
Distribution (jéographique. — Inde septentrionale.
Inde boréale {Bacon in Muséum de Paris) ; Bengale [Duvaucel \n Muséum de Paris) ; Ïchota-Nagpore : Barway (P. Cardon in Coll. Oberthlir) ; Maïnpuri (Mynpoore) {Coll. Moore > Oberthiir); Sind [Coll. Moore > Oberthiir]. — 8 individus fl).
Fig. 154.
Bostrychopsis
bencjatensis
Lesn. Ç.
Bostrychopsis Reichei*.
(Voir caractères du groupe II et tabl. des espèces 1, 3, o, 6).
Marseul, 1867, UAbeille, IV, p. xxxv (d").
Cette espèce est extrêmement .voisine de la précédente; mais la 9 du Reichei, qui est aussi une ç homéomorphe, a une forme plus courte que celle du bengalensis , un prothorax sensiblement moins large que les élytres et la ponctuation de l'abdomen, moins fine, est également dense sur toute sa surface.
Le (5 est un c? hétéromorphe, ressemblant beaucoup à celui du tonsa. Il s'en distingue par la ponctuation dorsale des élytres plus forte et assez régulièrement sériée et par les calus et le rebord inférieur de la déclivité apicale moins saillants. Le tiers inférieur de cette déchvité est imponctué. Les cornes prothoraciques sont moins écartées et la forme gcnéi'aleest un peu plus allongée. Comparées à celles
(1) Le Musée de Bruxelles possède un individu type.
o38 P. Lesne.
du (5 hétéromorplie du B. pariillela, les cornes prolhoraciques du Reichei ont une longueur double.
Distribution géographique. — Egypte (Coll. de Marseul : Coll. Abeille (U Perriu); Abyssinie (Raffrag in Coll. Oberthiir); Sénégal [Muséum de Paris: Coll. Fainnaire; Coll. Oberthur) (1). —3 d et 3 9.
Bostrychopsis confossa*.
(Voir caractères du groupe II et tabl. des espèces 8).
Fairmaire, 1880, Le ^at., II, p. 308. — Id., 1880, Ann. Fr., 1880, p. 3.32.
Long. 8-13 niill. — Noir. Faciès du B.jesuita Fabr.
(5 (hétéromorplie). Front t'parsement et très finement ponctué, sauf sur un petit espace médian; ponctuation de Tépistome moins Une et assez dense. Suture fronto-dypéale enfoncée au milieu. Cornes prolhoraciques infléchies presque à angle droit. Angles postérieurs du prothorax granuleux. Aire postérieiu'e du pronotiuii avec ou sans sillon médian. Élytres très fortement et sérialement ponctués, les points enfoncés plus gros au voisinage de la suture, plus ou moins oblongs ou arrondis, mais non réniformes; déclivité apicale un peu excavée, présentant de chaque côté deux calus marginaux costiformes et un rebord inférieur peu accusé, distinct latéralement du bord même de rélytre. Suture peu saillante sur la déclivité. La ponctuation de la déclivité apicale est moins forte ou au plus aussi forte que celle du dos des éhtres; supérieurement existent de très gros points enfoncés le long de la suture. Tégument abdominal mat presque en entier. Ponctuation de l'abdomen dense, râpeuse, sa pubescence très line. Les longues soies du dessous des tarses antérieurs et postérieurs sont plus fournies que chez le c5 des espèces précédentes.
ç (homéomorphe). Front densément ponctué, presque glabre. Corne prothoraciques plus courtes et plus épaisses que chez le c5. Calus marginaux et reboi'd inférieur de la déclivité apicale très peu marqués, le dernier confondu dans touU^ sa longueur avec le bord même de l'élytre. Tiers inférieur de la déclivité très finement ponctué, sans grosse ponctuation.
Cette espèce, voisine des B. Reichei et bengalensis, contribue avec
(1) M. von Heydeii signale cette espèce d'Algérie et du Sahara [Wien. eut Zeil.. XIII, p. 119),
Revision des Bostnjrhides. 539
ello à (''t;il)lir une tnnsitioii très ménagée entre les B. tonsa et jesuita.
Distribution géographique. — Madagascar {Gmndidier in Muséum dr Paris; Sikora in Musée de Vienne: Coll. Bedel); Diego-Suarez [Coll. Oberihiu) ; Nossi-Bé (//. Pierron in Coll. Fainnaire [type o]; CoU.Oberthiir).
Groupe III (voir tabl. des groupes 2, 3, 4, 6, 7). — c5 hétéroniorphc. Prothorax prolongé en cornes aux angles antérieurs. Aire postérieure du pronotuni ornt'e d'une sculjjture simulant des ('cailles imbriquées. Déclivité apicale des élytres avec un seul calus marginal de chaque côté, le calus supérieur étant absent (1).
î liétéromorphe. Bord antérieur du prothorax tronqué ou légèrement échanrré, les angles antérieurs non prolongés en cornes, seulement indiqués, et dentés en dehcirs. Aire postérieure du pronotum couverte de granules écrasés. Calus marginaux de la déclivité apicale obsolètes ou moins marqués que chez le J.
ç homéomorphe. Semijlable à la précédente, mais ayant les angles antérieurs du prolhorax prolongés en cornes moins infléchies et beaucoup plus courtes que celles du c?-
Bostrychopsis jesuita.
(Voir caractères du groupe III. — Fig. 137 et loo à lo7 du texte).
Fabricius, 1773, Si/st. Eut., p. o4. - Id., 1792. Eut. Si/st., I, 2, p. 361. — Boisduval, 1835, Voij. .\stwl., II, p. 461.
Canarii Nordlinger, 1880, Lebensw. von Forstkerf., 2*" éd., Append., p. 66.
Long. 11-19 mill. — Noir. Élytres très légèrement élargis en arrière chez le d- Front légèrement déprimé par rapport au vertex. Suture fronto-clypéale bien distincte au milieu. Ponctuation dorsale des élytres dense et très grosso. Sillon marginal des élytres graduellement atténué en arrière.
(5 Front lisse et brillant au milieu, ponctué sur les côtés et le long
(1) Au-dessous (lu calus latéral, on observe, seulement chez le c^, un calus accessoire, triangulaire, brillant, séparé du bord de l'élytre par le sillon marginal.
P. Lesxe.
du bord antérieur. Épistome finement ponctué. Cornes prothoraciques parallèles, infléchies à angle droit. Angles postérieurs du prothorax granuleux. Écusson brillant, tuberculiforme, marqué de quelques petits points enfoncés. Points enfoncés dorsaux des élytres réniformes. Déclivité apicale des élytres légèrement concave, moins densément ponctuée que les parties dorsales, sa ponctuation atténuée intérieurement. Suture un peu saillante sur la déclivité. Abdomen densément
ponctué , densément et très finement pubescent. Tarses postérieur£ avec de longues soies, leurs articles 2 et o subégaux.
9 Forme iilus allongée que celle du (5. Milieu du front présentant une ponctuation fine et éparse, râpeuse, sauf tout à fait au centre où il est lisse. Ponctuation de répistome transversalement confluente. au moins sur les côtés, et déterminant des sortes de rides. Déclivité apicale des élytres non concave, au moins aussi densément ponctuée, dans sa moitié supérieure, que la région dorsale des élytres ; calus latéral à peine marqué, le rebord inférieur moins épais que chez le c5. Tarses postérieurs sans longues soies, leur 2" article sensiblement plus long que le dernier.
Il existe des formes de transition entre la 9 hétéromorplie et la 9
homéomorphe, mais ces individus de passage paraissent être très rares.
Les yeux sont plus petits chez le c? que chez la 9; la grosseur de
ces organes varie dans des proportions assez fortes dans ce dernier
sexe.
Fig. 155 à 157. — Boslrychopsis jesuita F. Avantcorps vu de trois quarts chez le cr' (fig- 155), cliez la Ç homéomorplie (fig. 156) et cliez la 9 hétéromorphe (fig. 157).
Toute l'Australie. Parait manquer en
Distribution géograpliique.
Tasmanie.
Biologie. — C'est évidemment cette espèce dont Nôrdlinger [toc. cit.) a trouvé un individu immature et mort, dans l'aubier du Canarium australianum (Anacardiacée). M. Ollilî la qualifie de « bark-borer » et la signale comme attaquant le Poivrier et le Cèdre blanc (1).
(1) Voyez Ins. Life, IV, n» 9-10, 1892, p. 294.
fievision des Bosiiijchides. o41
Groupe IV (Voir tabl. des groupes 2, 3, 4, 6, 8). — c5hétéromorpho. Région frontale glabre. Épistome couvert en son milieu d'une pubescence dressée, courte et très dense, composée de poils roussàtres. Angles antérieurs du prothorax prolongés chacun en une corne intléchie, peu robuste, uncinée à l'apex, et présentant dursalement une dent aigué. Sculpture du milieu de l'aire postérieure du pronotum simulant des écailles imbriquées. Déclivité apicale des élytres présentant de cliaque côté deux tubercules marginaux dont l'inférieur est plus grand. Tarses antérieurs et postérieurs garnis de longues soies en dessous.
9 Région frontale couverte de poils normaux ou modiliés. Prothorax arrondi ou tronqué en avant, ses angles antérieurs non prolongés en cornes. Déclivité apicale des élytres sans tubercules marginaux. Tarses sans longues soies en dessous.
c" homéomorphe. Tète, prothorax et pattes antérieures comme chez la 9. Élytres et pattes postérieures comme chez le c? hétéromorphe.
Les espèces de ce groupe sont propres à l'Amérique du Sud.
TABLEAU DES ESPÈCES (1)
1-14 — Articles 3-7 des antennes pris ensemble plus longs que les deux premiers réunis (lig. 1(51 a 103). Premier article des antennes brusquement élargi à la base; 2^ article glabre en dessus.
2-0 — Déclivité apicale des élytres présentant de chaque côté deux tubercules marginaux. Front glabre. Prothorax prolongé en cornes aux angles antérieurs (flg. 159 ) (5 liétéromorphes (2)
3-4 — Portion déclive antérieure du pronotum couverte, sur une surface semi-circulaire, d'une pubescence dorée, dense, très line et très courte, couchée. Tubercules marginaux de la déclivité postérieure des élytres émoussés ; celle-ci presque imponctuée. Élytres densément et assez finement ponctués et présentant en outre des rides transversales sineuses. Long. 14-17 1/2 mill B. valida u. sp. (5
(1) Il n'est pas question dans ce tableau des c^ lioméomorplies. 11 eût été inutile de les y faire figurer.
(2) Le cf du B. Ganglbaueri est encore inconnu.
o42 P. Lesxe.
4-3 — Porlion déclive antérieure du i)ronotum sans pubescence dense. Tubercules marginaux de la déclivité ajiicale des élytres pointus, au moins les inférieurs (lig. lo9). Long. 6-14 12 mill B. uncinata Gerni. c?
0-2 — Déclivité apicale des élytres sans tubercules marginaux. Front (lensément pubescent ou spinuleux. Prothorax arrondi ou tronqué en avant Ç
()-7 — Portion médiane antérieure du front revêtue d'une pubescence dorée, très tine. couchée; milieu de l'épistome hérissé de poils très courts, épaissis, brun roux. Aire postérieure du pronotum sans plage irisée, couverte au milieu de granules écrasés et brillants, simulant des écailles imbri(|uées. Élytres densément et assez finement ponctués et présentant en outre de fines rides
transversales sinueuses. Long. 14-17 1/2 mill
B. valida n. sp. Q
7-6 — Épistome nu ou couvert de poils semblables à ceux du front.
8-l> — Région frontale et épistome revêtus d'une pubescence très fine, duveteuse, dense, d'un blond clair [Wg. lo8). Milieu de l'aire postérieure du pronotum couvert de gramdes écrasés, mats, bien plus grands en avant. Angles postérieurs du prolhorax lisses et brillants sur une grande largeur. Face antérieure des tibias antérieurs garnie d'un duvet blanchâtre. Ponctuation ély traie forte. Long. 14 mill. B. Ganglbaueri ti. sp. Q
9-8 — Front et épistome sans pubescence duveteuse, les poils de cette région très courts et épaissis, spinuleux, bruns, perpendiculairement dressés. Pronotum avec une large surface irisée en arrière de la râpe. Ponctuation élytrale moins forte. Long. 6-14 1,2 mill. (1).
(1) L'impossibililé où nous nous sommes trouvé, relativement aux trois femefies qui suivent, d'établir une dlstinclion entre les mâles correspondants, bien que nous ayons examiné au moins deux de ces mâles, nous oblige à adopter une nomenclature spéciale pour les femelles en question. Nous les dédions aux trois naturalistes français qui, par leurs récoltes entomologiques et par leurs travaux, ont contribué le plus à faire connaître la faune coléoptérologique des parties centrales et orientales de l'Amérique du Sud.
Revision des Bostrijchides. 543
10-11 — Dessus de la tête présentant trois pans longitudinaux à peu près d'égale étendue dont le médian est couvert de spinules assez fortes, disposées suivant 6 rangées longitudinales (fig. 136, 161). Épistome nu. Plage irisée du pronotiuu sans sillon transverse ou à sillon à peine marqué. Tibias antérieurs sans frange de poils
au bord externe B. uncinata Germ.
Ç Castelnaui nob.
11-10 — Région frontale presque plane (lig. 162), couverte toute entière, ainsi que l'épistome, de poils spinuleux très courts, et limitée en arrière par une impression arquée. Plage irisée du pronotum parcourue par un sillon transverse sinueux.
12-13 — Tégument foncier du front brillant en entier. 4*^ article des antennes agrandi (fig. 162). Tibias antérieurs sans pubescence spéciale sur leur face antérieure —
B. uncinata Germ. (?)
Q Orbignyi nob.
13-12 — Front présentant au milieu un carré mat. 4« article des antennes simple. Tibias antérieurs revêtus, sur leur face antérieure, de fins poils blanchâtres, dressés B. uncinata Germ (?)
9 Gounellei nob.
14-1 — Les deux premiers articles des antennes réunis aussi longs ou plus longs que les articles 3-7 pris ensemble (tîg. 164, 16o). l"^"" arUde allongé, graduellement épaissi, pubescent sur sa face supérieure ainsi que le second article.
10-16 — 9 l'''" et 2° articles des antennes revêtus, sur leur face supérieure, d'une pubescence dense, très tine et très courte, semblable siu' les deux articles. Épistome assez fortement, mais peu densément ponctué, glabre et très brillant, tranchant par son poli sur le labre et sur le fi'ont qui sont mats. Région frontale couverte d'une pubescence très dense et d'une finesse extrême, non perceptible à la loupe. Ponctuation de la déclivité apicale des élylres carieuse, non composée de points enfoncés distincts, mais d'infundibuliuus irrégulièrement étoiles ou lobés; intervalles et partie inférieure de la déclivité couverts de granules brillants.
544 P. Lesne.
déprimés, uniponctués. — c5 inconnu. — Long. 8 1/2-
H 1/2 mill B. eremita Er.
IG-lo — 2<= article des antennes portant en dessus une liouppe de crins roux, assez loogs, dressés (fig. 165). — Q Épistome mat comme le front, hérissé comme lui de poils spiuuleux fort courts, denses, perpendiculairement dressés. Déclivité apicale des élytres présentant de chaque côté de la suture de très gros points enfoncés plus ou moins confluents ; intervalles de la ponctuation non granuleux. — c5 Élytres couverts, sur leur moitié antérieure, d'une ponctuation assez dense, atténuée en arrière; moitié postérieure de la région dorsale imponctuée, mais parcourue presque toujours, de chaque côté de la suture, par des rides ohliques convergeant en arrière. — Long. 8-14 mill. B. trimorpha n. sp.
Bostrychopsis valida n. sp.
(Voir caractères du groupe lY et tabl. des espèces 1, 2, 3, o, 6).
Les caractères donnés ci-dessus définissent suffisamment cette espèce. Chez le (5, la déclivité apicale des élytres ne présente quelques points enfoncés que dans sa partie médio-supérieure ; les tubercules marginaux sont émoussés, plus petits que chez les espèces voisines. Chez la 9, bien reconnaissable à la vestiture dissemblable du front et de l'épistome, la déclivité apicale des élytres est couverte, dans sa partie supérieure, d'une ponctuation forte et contluente, tandis qu'inîérieurement elle est finement granuleuse. Dans les deux sexes, la ponctuation des élytres est plus forte vers la base, les angles postérieurs du prothorax sont droits, pointus, ou même saillants. Les antonnes ne présentent pas de particularités notables.
Distribution géographique. — Brésil : État de Bahia {Muséum de Paris).
{Coll. Fairmaire; Coït. Oberthiir). — 6 individus.
Bostrychopsis Gangibaueri n. sp. (9) (1).
(Voir caractères du groupe IV et tabl. des espèces 1, 5, 7, 8. — Fig. 158 du texte).
Aux caractères bien tranchés que présentent les deux femelles exa-
(1) Apate mutica Dej.,fn coll.
Rei'ision des Bostriirliidc.t.
minées par nous, caractères que nous avons exposés plus liaut. nous ajouterons les suivants : Le vertex présente une légère impression en arc de cercle dont le fond est revêtu, comme le front, de poils lanugineux. Le funicule antennaire est pubescent; son 4« article, plus long que le précédent et que le suivant, est à peine épaissi. Le prothorax est très légèrement échancré an bord postérieur et ses angles postérieurs sont saillants en arrière; les angles antérieurs, au contraire , ne sont nullement indiqués. La ponctuation de la déclivité apicale, dans sa partie supérieure, est très grossière, largement contluente; celle du dos des élytres est plus forte que dans \eB. uncinata.
Je suis heureux de dédier cette espèce à réminent entomologiste du Musée de Vienne.
Distribution géographique. — Brésil [Muséum de Paris; Musée de Vienne) (i). — 2 individus.
Fig. 158. — Bostrijc/iopsis Ganglbaueri Lesn.
Bostrychopsis uncinata.
(Voir caractères du groupe IV et tabl. des espèces 1, 2, 4, o, 7, 9, 10, 11, 12. 13. — PI. L f. 14; tig. 45, 136, 138 et 139 à 163 du texte).
Germar, 1824. Ins. spec. nov., p. 463 ((5).
furcata Perty, 1834, Del. Anim. artic, p. 83, PI. XVI, f. lo [6).
serrata E. Blanchard, 1843, Voif. d'Orb., Ent., p. 204. PI. XIX, f. 3 (d).
Long. 6-14 1,2 mill. — D'un brun plus ou moins foncé avec les pattes souvent plus claires et les antennes roussàtres. La déclivité antérieure du prothorax du o" normal ne présente que des poils très épars. Les angles postérieurs du prothorax sont tantôt droits, tantôt obtus, tantôt arrondis au sommet. .
Cette espèce est particulièrement poecilomorphe. Elle est très répandue dans les collections, mais son étude a été fort négligée jusqu'ici.
(5 hétéromorphe. — Nous avons caractérisé plus haut trois formes Ç
(1) L'exemplaire du Musée de Vienne porte une étiquetle manuscrite sur laquelle j'ai cru lire o Minien ». L'espèce habiterait donc l'État de Minas Geraes.
P. Lesne.
Fig. lb9. — Bostrychopsis îincinala Germ., ç^ héléromor phe.
parfaitement distinctes que nous rattaclions à l'espèce actuelle, car, bien que nous ayons examiné au moins deux des (5 correspondants, il nous a étr impossil)le de les distinguer l'un del'aulre dans la pUij»art des cas. Ces c5 semblent en ellet constituer une série linéaire dont les termes extr(''mes, reliés entre eux par tous les passages, correspondraient l'un à la ç Castelnaui, l'autre à la ç Orbignyi. Seules, la forme et la ponctuation des élytres nous ont paru capables de fournir, et seulement dans certains cas, les caractères distinctifs de ces c5- Chez celui qui se rapporte à la 9 Castdnaui et que nous considérons comme le c5 type, les élytres ne sont nullement élargis en arrière et leur ponctuation dorsale, partout égale. s'étend jusqu'au bord de la déclivité apicale. Dans le c5 que nous rapprochons de la Q Orbigiuji, les élytres, plus brillants, sont au contraire élargis en arrière et leur ponctuation, moins forte, s'atténue ou disparait postérieurement. C'est très probablement le cJ que M. E. Blanchard avait appelé serrata.
Nous le répétons, ces caractères distinctifs ne sont aucunement constants. Les autres particularités sur lesquelles notre attention a été attirée sont d'importance encore moindre : saillie des tubercules marginaux de la déclivité apicale, sillon de la face externe des tibias postérieurs, soies des tibias, etc. C'est aussi sans succès que nous avons eu recours à l'examen de l'armure génitale et que nous avons compté le nombre et noté la longueur des cils raides qui garnissent le bord postérieur du 9^ urosternite.
c5 homéomorphe. — Nous ne connaissons qu'une forme (5 homéomorphe, celle qui correspond à la Ç Casteliuini. Chez ce (5, la tète, le prothorax et les tarses antérieurs sont en tout semblables aux mômes parties de la 9 Costelnmii. Les élvtres, non élargis en arrière et même faible- .,.
ment rétrécis a 1 apex, sont entièrement ponctues et mon- . ,
^ ' * Antenne
trent presque toujours des rides obliques de chaque C(')té ^^^^ j^^stni-
de la suture. J'en ai vu 6 individus (1) mesurant de 10 à cliopsisun-
14 12 miU. de longueur. L'un d'eux, provenant de la cinatacf.
(1) Brésil [Coll. Obcrthitr. 1 ind.; Coll. Abeille de Pcnin, I ind.); Ypaneina {Musée de Vienne, 2 ind.); Vallée du Rio Béni {Balzan in Musée de Gênes, 1 ind.); Montevideo [Coll. Sleinheil > Obertliiir, 1 ind.j.
Reviiiion des lioslriirlùdes. o47
v;ill(M' du Rio Boni, paraît, au preniior abord, être intermédiain' outre le d honiéomorphe habituel et la Q ; mais on ne peut aflirnier qu'il en soit ainsi. La déclivité apicale de ses élytres est en effet couverte d'iuie ponctuation forte et continente et les tubercules marginaux sont comme usés. Il s'agit ici, selon toute apparence, d'une véritable usure, et, quant à la ponctuation, elle est tout aussi forte chez un autre o homéomorphe dont les tubercules élytraux sont bien dévelopiiés.
9 Cdstdiiaiii. — Des trois facettes que présente la région frontale, la facette médiane, spinuleuse, est mate; les lat('rales, nues, llnement et
Fig. 161 à 163. — Doslrycliopsis uncinata Gerin., Ç Castelaaui (lig. 161), '■^ Orbigmji (lig. 162), %: Gounellei (lig. 163).
un peu ràpeusemeiit itonctuées, sont brillantes. Les bords latéraux de la brosse médiane sont parallèles et son bord postérieur est arrondi. Les spinules qui la composent sont elles-mêmes constituées chacune d'un poil élargi ft comprimé, inséré à la base postérieure ou postéro-externe d'une éminence spiniforme du tégument. L'épistome, nu, à part quelques très courtes spinules dans sa partie médio-postérieure, fait un angle prononcé avec le front. Le ¥ article des antennes est tantôt épaissi, tantôt de dimensions presque égales à celles des deux articles voisins. Quelquefois les 3 derniers articles du funicule sont élargis comme chez la 9 Orbigujji (1). La partie supérieure de la déclivité apicale des élytres est couverte d'une ponctuation très forte et confluente. Cette forme ç est la plus abondante dans les collections.
ç OrbignijL - Celle-ci est en moyenne d'une taille un peu inférieure à celle de la ç Castelnaui. Son épistome n'est pas aussi déclive par rapport au front. Front et épistome sont couverts de spinules plus pe-
(l) 2 individus de la Coll. Miiiszecli > Oberlhiir.
548 P. Lesxe.
tites que chez la 9 Castelnaui et simples, c'est-à-dire formées de poils courts et coniques, sans éminences adjacentes du t(''gument. Cette sorte de brosse frontale, qui s'étend sur les côtés jusqu'auprès de l'œil, est limitée en arrière par une impression subanguleuse. Les antennes sont remarquables par l'agrandissement de leur ¥ article, surtout en largeur, par l'élargissement des .3 articles suivants et par les |)oils dressés, assez abondants, qui garnissent presque toujours les articles du funicule. La pubescence qui couvre le bord antérieur du prothorax s'étend parfois en arrière, couvrant une surface triangulaire dont la pointe postérieure atteint presque l'aire irisée.
Q Gounellei. — Bien que parfaitement distincte des deux précédentes, la Q Gounellei doit être considérée comme établissant un passage entre elles (1). Le front est un peu moins convexe que chez la Ç Castelnaui, mais il l'est plus que chez la 9 Orbignyi. Chez la plupart des individus, on voit nettement se dessiner les trois facettes frontales do la Q Castehviui; mais les facettes latérales, brillantes comme chez celle-ci, conservent leur revêtement de spinules. Le carré mat central du front rappelle la facette médiane mate de la Ç Castelnaui; il est couvert comme le reste du front de poils spinuleux simples. Le funicule antennaire est normal; c'est à peine si parfois son 4'' article est légèrement élargi. Le sillon transverse de l'aire irisée du pronotum est marqué comme dans la ç Orl)ignyi. Quant aux tibias antérieurs, ils sont très caractéristiques, par suite de la présence d'une fine pubescence blanchâtre, dressée et duveteuse, qui frange la partie externe de leur face antérieure.
11 semble, lorsqu'on étudie le Bostrijchopsis uncinata, que l'on se trouve en présence d'une forme en voie de se différencier suivant trois directions, c'est-à-dire de donner naissance à trois espèces distinctes. Les études biologiques permettront seules de décider si cette vue est exacte.
Distribution géographique. — Amérique du Sud septentrionale, orientale et centrale, depuis la Colombie et le Venezuela jusqu'aux limites de la Patagonie. Se trouve dans le Pérou oriental, la Bolivie et le Tucumau {Burmeister), mais paraît faire défaut sur le versant occidental des Andes.
Caracas {Coll. Salle >> Oberthiir); Bogota {Musée de Leyde); Vallée de rOrénoque {Chaffanjon in Muséum de Paris); Cayenne [Coll. Abeille de Perrin) ; Brésil; Bolivie : Santa-Cruz, Chiquitos et Guarayos (A. d'Or-
(l) Nous en avons examiné jusqu'ici 10 inilividus.
Revision des Bostriichides.
/v/f/»// , Vîillrr (lu Hiu Bciii di-partemcnl de la Paz) {Balzan in Musée de (îèiiesj 1) ; Pérou oriental : Tarapoto(.V. de Mathan in Crdl. Oberthùv) (2; ; Paraguay: Uruguay; République Argentine jusqu'au Rio .Xegro (Carmen de Patagones, ^l. dUJrbignij in Muséum de Paris).
Les dilTérentes formes c5 et 9 ne paraissent pas localisées. Elles cohabitent très souvent dans la même localité. C'est ainsi que M. E. Gounelle a pris à Conderiba le o" type, le c5 serrata, la ç Castelnaui et la V GouneUei. A Aguas Bellas (Pernambuco), le même entomologiste a capturé à la fois le c? type, la 9 Orbicjnyi et la 9 Castelnaui. Ces exemples pourraient être multipliés. Je ne sais si la 9 Orbignyi se rencontre en Colombie et au Venezuela; elle parait prédominer dans les parties méridionales de l'aire d'hai)itat. Quant à la 9 GouneUei, elle n'a encore é'té trouvée que dans l'État de Bahia (Cidade de (londeriba, E. Gounelle, en novembre-décembre) et au Paraguay (Puerto 14 de Mayo, G. Boggiani in Musée de Gènes, en septembre).
Biologie. — Le Bostrgchopsis uncinata est nocturne: il vole le soir, au crépuscule, et est souvent attiré par les lumières. Au Brésil, il a été trouvé en nomljre dans certaines lianes qu'il avait taraudées de ses galeries [E. Gounelle).
Bostrychopsis eremita* (3).
(Voir caractères du groupe IV et tabl. des espèces 14. lo. — Fig. 164 du texte).
Erichson, 1847. Wiegni Arch. f. yatarg., XIIJ, 1, p. 87 (9).
On ne connaît encore que la 9 de cette espèce. Aux caractères donnés plus haut nous ajouterons les suivants. Yeux de grandeur normale. 4*^ article des antennes légè- i-^"^;»
rement agrandi. Angles antérieurs du prothorax h'gèroment accusés, mais mutiques, les postérieurs lisses ou granuleux, marqués ou arrondis. Dents marginales de la râpe un peu plus grosses et écailles du milieu de l'aire postérieure du pronotum plus grandes que chez l'espèce suivante. Le bord inférieur de la déclivité apicale des élytres est aussi plus épaissi que chez celle-ci.
La pubescence du front est tellement Une et tellement courte qu'on parvient à peine a la J.
(1) et (2) '+ Castelnaui.
(3) M. le D'' Kolbe, conservateur au Musée de Berlin, a eu l'exlrèine ainai)ilité de me communiquer un individu typique de celte espèce.
Fig. 164. — Bostrychopsis eremita Er.
p. Lesxe.
percevoir à l'aide des plus fortes loupes. C/est une pubescence couchée.
Distribution géographique. — Pérou {Eridison in Musée de Berlin); Uruguay? {Coll. Bedel).
Bostrychopsis trimorpha n. sp.
(Voir caractî'res du groupe IV et tabl. des espèces 14, 16. — Fig. lO") du texte).
Long. 8-14 mill. — Parallèle, brun, comme les espèces précédentes; abdomen et épisternes métathoraciques couverts d'une pubescence gris roussàtre fine et dense. 2'' article des antennes de moitié ou des 2/3 plus court que le précédent, portant sur sa face supérieure une touffe de crins, d'ordinaire peu fournie chez le o". Articles 3-7 du funicule pris ensemble plus courts que les deux premiers réunis. Milieu de l'aire postérieure du pronolum couverte, dans les deux sexes, d'une sculpture simulant des écailles imbriquées. Yeux plus gros que chez les espèces Fig. 1G5. - Boslrg- voisines.
chopsis Irimorplia
£esn. C. ? Le front est légèrement déprimé transversa
lement au niveau de la partie postérieure des yeux. Les spinules de l'épistome sont plus petites et moins denses que celles du front. La suture fronto-clypéale est finement caréniforme. 4'' article des antennes non épaissi, légèrement allongé ou non. Bord antérieur du prothorax tronqué ou légèrement échancré; angles postérieurs largement lisses et brillants en dessus.
Outre le c? hétéromorphe, on observe un c5 homéomorphe possédant la tête, le prothorax et les tarses antérieurs de la 9 et l'arrière-corps du o^ (1).
Distribution géographique. — Amérique du Sud septentrionale.
Colombie [Muséum de Pans: Musée de Stockhohn; Coll. Mniszech > Obertliilr) : Darien, bords du Chagres {F. Geai/); Cartagena {Coll. Dej-ran > de Mnrseul): Mariquita {Bolivar in Muséum de Paris). Venezuela {CJiaper in Muséum de Paris; D'' Moritz in Musée de Vienne); Sarare, forêt de San Camillo (F. Ceag); San Fernando de Apure [La-
(1) J'ai vu 2 individus de ce c^ homéomorphe : Mariquita {Bolivar in Muséum de Paris); Caracas {Coll. Salle > Oberlliiir).
Révision des Bostrurhides.
ool
(jlaize in Muséiuii de Paris) ; rives do rOrrnoiiLie {Cliaffanjon in Muséum de Paris). Bolivie [Musée de Berlin). Brésil?
Groupe V (voir tabl. des groupes 2, 10). — La seule espèce connue est surtout apparentée à celles du groupe précédent.
lOG
Bostrychopsis laminifer*.
(Fig. IGG et i67 du texte).
Lesne, 189o, Ann. Fr., 189o, p. 174.
Long. 7-11 mill. - Parallèle, assez allongé, plus court chez le (5; brun, avec les antennes rousses et les pattes souvent rougeàtres. Lame frontale élargie et mate sur sa tranche apicale qui est couverte de grains excessivement fins et extrêmement denses; finement et densément granulée sur sa face anti'rieure. i^]pistome très densément et très finement granuleux. Yeux de grandeur normale. Antennes normales, les articles 3-7 pris ensemble plus longs que 1-2 réunis; taches pileuses dorées des articles de la massue bien délimitées. Prothorax subcarré, un peu rétréci en avant, ses angles postérieurs largement lisses et brillants, pointus; milieu de Taire postérieure du pronotum écailleux. Portion dorsale des élytres plus ou moins fortement et densément ponctuée: sillon marginal des élytres abrégé à Tangli' apical externe. Tibias postérieurs présentant à leur face externe des soies micouchées, peu abondantes, souvent absentes. Articles 2 et o des tarses postérieurs subégaux. Pas de cornes prothoraciques ni de tubercules élytraux dans les deux sexes.
c5 Lame frontale notablement moins large que l'espace séparant les yeux. Épistome peu convexe. Angles antérieurs du prothorax munis seulement d'un uncus robuste. Ponctuation de la portion basilaire dorsale des éhtres assez forte et assez dense, atténuée en arrière. Déclivité apicale légèrement
Fig. 166 et 1G7. — nosirij-
cliopsis hnninifer Lesn.
5o2 P. Lesxe.
excavée, rebordée iuférieui'omcnl, fortement mais [)eu densément ponetuée, sa région suturalo déprimée supérieurement.
Ç Lame frontale un peu plus large que l'espace séparant les yeux. Épistome rentlé transversalement. Angles antérieurs du prothorax sans dent uncinée, munis seulement d'une dent redressée, écartée du bord antérieur. Élytres densément et fortement ponctués sur toute leur région dorsale; déclivité apicaie légèrement déprimée, très fortement et très densément ponctuée, surtout le long de la suture; celle-ci légèrement saillante.
Chez le c5, la largeur de la lame frontale et la convexité de l'épistome sont variables.
Distribution (/éographiquc. — Brésil : Cidade de Conderiba (État de Bahia), en novembre-décembre {E. Gounelle in Coll. Gounellc, Muséum, de Paris, Coll. Fairmairc]-. Jatahy (État de Goyaz) [Muséum de Paris); Bolivie (Co//. Cuérin-Ménecille "^ Oberthih'); Paraguay : Asuncioii [Balzan in Musée de Gêne.^) et Puerto 14 de Mayo [Boggiaiù in Musée de Gènes); Bépublique Argentine : Province de Corricnles [A. d'Orbifjng in Muséum de Paris).
Groupe YI (voir tabl. des groupes 2, 3. 9). — L'unique espèce de ce groupe constitue un type isolé, sans liens de })arenté immédiats.
Bostrychopsis fortis.
(Fig. 139 et 1G8 du texte).
Leconte, 186o, :Sew Spec. Col., p. 101. — Honi, 1878. Proc. .\m. phil. Soc., XVII, p. o47.
Long. 9 1/2-17 mill. — Assez allongé, parallèle, brun foncé, brillant sur les élytres, glabre en dessus. Front abrupt le long de la suture fronto-clypéale, sa région postérieure brillante, lisse ou très finement |ionctuée, séparée du vertex par une impression en arc de cercle. Épistome et ])ortion convexe du front densément et assez linement ponctués. Taches pileuses des articles de la massue antennaire fort [teu apparentes, mais cependant nettement délimitées. Prothorax ti'ansverse, fortement rétréci en avant, ses angles antérieurs rapprochés, prolongés dans les deux sexes en cornes uncinées à l'extrémité ; aire postérieure du pronotum couverte de granules. Élytres très fortement et assez densément ponctués dans leur région dorsale, leur sillon marginal gra-
Revision des Bostnjchides.
diK'llenient atténué en arrière; nervure marginale épaissie et saillante dans sa moitié antérieure; déclivité apicale dépourvue de tubercules marginaux dans les deux sexes. Abdomen très finement et densément ponctué, sa pubescence extrêmement fine et très coiu'te, surtout sensible au Ijord postérieur des deux pénultièmes segments. Tibias postérieurs sans soies dressées à la face externe. 2*^ article des tarses postérieurs un peu plus long que le dernier, le 3'' article des mêmes tarses deux fois aussi long que le 4^
c5 Angle apical des élytres présentant, sur son rebord externe épaissi, une fossette punctiforme d'où nait une touffe serrée de poils roux.
ç Angle apical des élytres presque toujours épineux en dessous, sans fossette punctiforme ni touffe de poils.
Chez cette espèce la direction des cornes prothoraciques est variable; ces prolongements sont g(''néralement convergents chez le cJ, parallèles chez la ç ; mais les exceptions sont assez nombreuses. En outre, chez les grands c?, ces cornes deviennent proportionnellement plus longues et plus robustes en même temps (lue le prothorax devient plus grand, que les granules de l'aire postérieure du pronotum s'écrasent et prennent la forme d'écaillés, que les parties postérieures des élytres deviennent très lisses et très brillantes, sauf la partie inférieure de la déclivité apicale qui reste finement ponctuée. Au contraire, chez la ç. Comme chez le (5 homéomorphe, la déclivité apicale est toute entière fortement et très densément ponctuée. Ce mode de variation est comparable à celui qui a été observé depuis longtemps chez beaucoup de Lucanides et de Scarabéides.
Distribution géographiiiue. — Utah méridional : St-George (Horn). Arizona {Horn). Basse-Californie [Leconte ; L. DigUet in Muséum de Paris, cic).
Biologie. — Durant ses séjours en Basse-Californie, M. Léon Diguet capturait cette espèce surtout le soir, à la lumière, dès le mois de mai et jusqu'en novembre. L'adulte attaque indifféremment tous les bois secs, mais préfère celui du Prosopis pubescens, connu dans le pays sous le nom de « Mttiquite amargo » (L. Diguet).
Fig. 168. — Bostrychopsis fortis Lee.
(j^ hétéromorphe.
P. Lesxe.
Corps cy niveau du
Fig. 169.
Antenne de
VHeterobostrychus
brunneus
Murr. c/".
Genre Heterobostryclius n. g.
(Voir tabl. des genres 2, 4, 8, 10, 14, lo).
lindrique ou un peu déprimé. Tète sans constriction au bord postérieur des yeux. Angles antérieurs de l'épistome pointus, droits ou obtus [H. aequalis). Cadre buccal non denté au-dessous des yeux. Sous-menton trapézoïde, simple dans les deux sexes. Articles de la massue antennaires sans taches pileuses nettement délimitées. Prothorax fortement rétréci en avant, légèrement excavé au-dessus du milieu de son bord antérieur. Élytres sans nervures dorsales en saillie, non granuleux ni denticulés à leur bord inféro-apical, leur sillon marginal brusquement abrégé avant Tapex. Méso et métasternum en contact au côté externe de la hanche intermédiaire. Saillie intercoxale du l'^'' segment de Tabdomen présentant une facette plane ventrale : o" segment abdominal simple. Calcar des tibias antérieurs normal, incurvé. Tarses et tibias postérieurs subégaux, les derniers dépourvus de poils dressés à leur face externe.
Les espèces de ce genre, peu nombreuses , habitent les parties chaudes de TAncien Monde. Elles appartiennent à 4 types bien tranchés dont voici les caractères.
Suture fronto-clypéale obsolète. Yeux très peu surélevés à leur bortl postérieur, sous lequel les tempes ne forment pas d'angle rentrant. Angles postérieurs du prothorax généralement arrondis. Tarses antt'-" rieurs avec une frange interne de soies blondes.
(5 hétéromorphc. Front simple, à profil rectiligne. Prothorax plus grand, avec un fort uncus à chaque angle antérieur. Aire postérieure du pronotum ornée d'une sculpture simulant des écailles imbriquées. DécUvité apicale des élytres présentant de chaque côté, à son bord supérieur, deus tubercules dont l'interne est unciforme.
ç Front muni d'une gibbosité médiane velue empiétant sur l'épistome. Prothorax moins grand, faiblement échancré au bord antérieur, ses angles antérieurs indiqués, mais non saillants. Aire postérieure du pronotum couverte de grains écrasés. Déclivité apicale des élytres sans tubercules marginaux.
Ri'vision des Ikistnjrhides. 555
(5 homéomorphe. Front conformé comme chez la ç ; prothorax somlilablo à relui du (5 hétéromorphe, si ce n'est que les uncus des angles antérieurs sont remplacés chacun par une simple dent redressée. Éh très comme chez le (S hétéromorphe.
Deux espèces : H. uniconiis et //. jrilmtus.
Front semblaJjle dans les deux sexes, légèrement déprimé par rapport au vertex et à Tépistome, celui-ci convexe, un peu renflé. Suture Ironto-clypéale obsolète, non enfoncée au milieu. Angles antérieurs de i'épistome obtus, non saillants, mais à sommet pointu. Yeux faiblement surélevés en arrière. Ang-les postérieurs du i)roth<irax marqués, souvent loljés. Aire postérieure du pronotum présentant de gros points enfoncés et ornée au milieu d'une sculpture plus ou moins distincte, simulant des écailles imbriquées. Bord apical des élytres prolongé et légèrement redressé, o'^ segment abdominal frangé de longues soies rousses au milieu de son bord postérieiu". 2« article des tarses postérieurs plus court que le dernier.
(5 hétéromor|)he. Prothorax plus grand, l'aire postiTieure du pronotum très éparsement ponctuée. Déclivité apicale des élytres munie supérieurement, de chaque côté, de deux tul»ercales marginaux dont l'interne est unciforme.
ç Prothorax plus petit. Aire postérieure du pronotum densément ponctuée. Déclivité apicale des élytres sans tubercules marginaux.
(5 homéomorphe. Prothorax comme celui de la ç. Tubercule marginal supéro-interne de la déclivité apicale beaucoup moins développé que chez le c5 hétéromorphe.
Une seule espèce : H. aeqiialis.
Front nullement déprimé, épistome non rentlé, le prolil du dessus de la tète décrivant, dans les deux sexes, une courbe réguhère. Suture fronto-clypéale bien marquée au milieu. Yeux très légèrement surélevés en arrière. Angles posti'rieurs du prothorax droits ou obtus, pres- ([ue toujours pointus au sommet, quelquefois même un peu lobés chez la ?. Bord apical des élytres non réfléchi. Articles 2 et o des tarses postérieurs subégaux.
o Angles antérieurs du prothorax prolongés en cornes uncinées.
53(1 P. Lesne.
Milieu do l'aire postérieure du proiiotuni couvert d'écaillés. Déclivité apicale des élytres munie de chaque C(')té d'une apophyse marginale. Fleurîtes du dernier segment abdominal plus apparents.
9 Angles antérieurs du prothorax nuuiis seulement d'une forte dent redressée. Milieu de l'aire postérieure du pronotum couvert de granules râpeux. Déclivité apicale des élytres montrant seulement de chaque côté un calus marginal.
Une seule espèce : //. hamdtipcnnis.
Front simple dans les deux sexes, déprimé pai" rapport au vertex, rectilignement continu avec l'épistome (vu de prolil). Suture frontoclypéale obsolète. Yeux nettement détachés en arrière, les tempes formant un angle rentrant au-dessous de leur bord postérieur. Prothorax armé au bord antérieur de deux fortes dents recourbées, peu écartées, ses angles postérieurs droits, bien marqués, souvent saillants, prolongés en un lol>e court, arrondi. Milieu de l'aire postérieure du pronotum couvert de grains non écrasés. Élytres sans carènes ni tubercules dans les deux sexes, présentant seulement une côte au bord intéro-latéral de la déclivité postérieure. Tarses un peu plus courts que les tibias correspondants, leur dernier article notablement pins long que le 2^ Dernier article des tarses antérieurs à peine moins long que l'ensemble des articles précédents.
Dimorphisme sexuel très faible.
Une seule espèce : //. brunneus.
Malgré cette diversité de conformation, le genre Heterobostrijchus est naturel. Par bien des particularités ses espèces se rapprochent les unes des autres et elles possèdent en commun un caractère de nervulation alaire sur lequel nous reviendrons ultérieurement et qui ne se retrouve d'autre part que chez les Bostnjchoplites. Ce fait est l'indice d'une proche parenté des deux genres. Les Hpterobostrijchus se rattachent aussi aux BostnjrJiopsis à la fois par l'intermédiaire de 1'//. hamatiprnnis et par celui des H. uniconiis et pileatns dont le mode de variation sexuelle est identique, dans ses traits principaux, à celui de plusieurs Bostnjchopsis. En outre, les Heterobostrijchus unicornis et pileatus possèdent chacun un d" homéomorphe parfaitement homologable à l'un des c? homéomor|»hes du Bostrijchopsis paraUela.
Au point de vue des caractères extérieurs, les deux sexes de VHeii'robostnjrhns aequalis peuvent être considérés comme formant deux
Revision des Uostnjrhides. 537
s érios convergentes. A moins d'avoir recours ;i Fexamen des pièces génitales, il est parfois difficile de décider si l'on a sous les yeux un (3 ou une ç. Ici le (5 hétéroniorphe et le c5 homéomorphe sont reliés pai' de nombreux termes de passage. La ç est beaucoup moins varialjle; mais on voit quelquefois se développer chez elle, au liord supérieur de la déclivité apicale, un tubercule aussi élevé que celui présenté par certains â-
On ne connaît, chez 1'//. Iiumatipennis, que le d et la 9 hétéromorphes. Chez 17/. hnnuieMS. les deux sexes sont à peine différents.
TABLEAU DES ESPÈCES
1-8 — Suture fronto-clypéale obsolète ou peu apparente, non ou à peine enfoncée au milieu. — d Pas de cornes priv thoraciques.
2-7 — Yeux faiblement ou à peine surélevés à leur bord postérieur. Élylres glabres. Grains de l'aire postérieure du pronotum écrasés ou simulant des écailles imbriquées.
;{-6 — Angles postérieurs du prothorax arrondis ou peu marqu(''S. Aire postérieure du pronotum sans gros points enfoncés.
4-0 — Protborax aussi large que long. Ponctuation ('-ly traie plus forte. — 9 Diamètre transverse de la houppe frontale n'atteignant pas le 1/4 de l'espace interoculaire. — Long. 9 1 2-11 1/2 mill H. unicornis Wal.
0-4 — Prothorax plus long que large. Ponctuation élytrale moins forte. — ç Diamètre transverse de la houppe frontale dépassant le 13 de l'espace interoculaire. — Long. 9-11 mill H. pileatus n. sp.
6-3 — Angles postérieurs du prothorax marqués, presque toujours lobés au sommet (fig. 174); aire postérieure du pronotum avec de gros peins enfoncés. Long. 6-13 mill H. aequalis Wat.
7-2 - Yeux fortement surélevés et détachés à angle rentrant en arrière. Élytres très brièvement pubescents. Grains du milieu de l'aire postérieure du pronotum non écrasés. Long. 0-11 mill H. brunneus Murr.
P. Lesne.
8-1 — Salure fronto-clypéale forteim'iil enfoncôc au miliou. Yeux faiblement surélevés en arrière. — ô Des cornes prothoraciques. — Long. 9-151/2mill. H.hamatipennisLesn.
Heterobostrychus unicornis*.
(Voir caractères du groupe I et tabl. des espèces 1. 2. 3, 4. — Fig. 170 du te\te).
Waterhouse, 1879, Ann. (utd May. of Nat. Hist., o'^ sér., III. p. 361. — Fairmaire, 1893, Ann. Behj., 1893, p. 539 (1).
Long. 9 1/2-11 12 mill. — Allongé, parallèle, brun foncé, avec les cuisses un peu rougeàtres et la massue antennaire rousse. (5 hétéromorphe inconnu .
9 Tète munie en dessus d'un tubercule densément velu situé sur le trajet de la suture fronto-cIypéale et empiétant à la fois sur le front et sur répistome. Le diamètre transversc de ce tubercule n'atteint pas le 14 de l'espace interoculaire. Suture fronto-clypéale presque indistincte, indiquée par une côte assez vague. Ponctuation du front très tine, dense, râpeuse. Prothorax subcarré, légèrement arrondi siu' les côtés, son maximum de largeur se trouvant près du milieu; bord antérieur légèrement écbancré, l'écliancrure limitée de part et d'autre par une dent redressée nullement saillante; angles postérieurs arrondis. Milieu de l'aire postérieure du pronotum couvert de granules écrasés lins et denses. Ponctuation élytrale forte, homogène, non régulièrement sériée. Di'clivité apicale déprimi'e de part et d'autre de la suture; celle-ci saillante. Angle suturai brillant et imponctué. Apex des élytres un peu relevé et présentant un rebord qui, latéralement, s'épaissit et se sépare du bord même de l'élytre. Lobe intercoxal du mésosternum avec une fine carène médiane. Ponctuation de l'abdomen lîne et dense, sa pubescence excessivement tine. Articles 2 et 5 des tarses postérieurs subégaux.
c5 homéomorphe. Le type de l'espèce est un ô" homéomorj)he. Sa tète est semblable à celle de la ç, tandis que ses élytres sont munis de chaque côté, au bord supérieur de la déclivitf' apicale, de deux tuber-
F,g. 170. — Iletelohosiriiclius unicornis Wal. '. .
[Ij Celle ilescription est une reproJuclioii de celle de Walerlioiise.
Recision (1rs Ikistnjrhidt's.
cules, roxlerno simiile, rinterne plus grand, prolongt' en une corne robuste incurvée en dedans.
Distribution géographique. — Madagascar el Comores; Inde et Indo- Chine.
Anjduan [Waterhouse] (individu type); Madagascar [Grandidier in Muséum (le Paris); Madras {Coll. de Marseul); Rangoun {British Muséum): Cochincliine (Coll. Moore >■ Oberthùr).
Heterobostrychus pileatiis n. sp.
(Voir caractères du groupe I et talil. des espèces 1, 2, 3, o. et 172 du texte).
Fig. 171
Long. 9-11 niill. — Très voisin du précédent. S'en distingue par sa
ponctuation élytrale moins forte et par son protliorax plus lung que
large, légèrement élargi en arrière du milieu. Chez la ç, la houppe pileuse du front est bien plus ^- ">/
grosse que chez Vunicornis ; le prothorax est sensi- a'-';- ||
lilemenl plus étroit, ses angles antérieurs sont moins
mar(|ués, presque toujours mutiques, ses angles
postérieurs sont plus largement arrondis. Les soies
([ui garnissent les tarses antérieurs sont du double
plus longues. La ponctuation abdominale est plus
liiie.
(5 ht'téromorphe. Tète et prothorax plus gros que
chez la ç. Front simple, lisse et brillant au milieu.
Angles antérieurs du prothorax munis chacun d'un uncus, hmitant de
part et d'autre une échancrure médiane assez étroite et peu profonde.
Tubercule marginal inférieur de la déclivité apicale modérément développé. C(»mprimé, non relié au rebord inférieur, le tubercule supérieur beaucoup plus grand, prolongé en une corne infléchie en dedans. Rebord inférieur de la
Fig. 171. — Heterobostrychus pileatus Lesn. Ç.
Fig. 17'2. — Ilelerobostrijclms pileatus Lesn. c^. Prolil el déclivité apicale des élylres, vue de trois quarts.
déclivité épaissi latéralement et distinct du bord même de Félytre.
Il existe un c? homéomorphe (1), pour la descrifition duquel mm renvoyons à ce qui a été dit plus haut (Groupe I).
(1) Un individu des Sept Pagodes iTonkin) {Coll. Allard).
o60 P. Lesxe.
Distribution géographique. — Inde, ludo-Chine, Philippines.
Province de Bomljay : Canara [Coll.Andrewes) (1). Bangkok (/'. Larvaudie in Muxcuiii de Paris); Battambang à Pnom-Penh {Parie in Muséum de Paris). Tonkin (Z>'' Langue in Muséum de Paris: Coll. Lameg), Sept Pagodes {Coll. Allard). Philippines {Semper in Coll. Oberthiir).
Heterobostrychus aequalis*.
(Voir caractères du groupe II et tabl. des espèces 1, 2, 6. — Fig. 29, 31, 173. 174 du texte).
Waterhouse, 1884, Proc. Zool. Soc. Lond.. 1884. p. 21o. PI. XVI,
uncipennis* Lesne, 189o, Ann. Fr., 189o, p. 173 (d Ç).
'} papuensis M'dC Leay. 188G, Proc. Linn. Soc. N. S. IV., 2'' sér.. I. p. lo4 (9).
Long. 6-13 miU. — Parallèle, très légèrement déprimé, d'un brun plus ou moins foncé, souvent rougeâtre, glabre en dessus; cuisses fréquemment rougeàtres. Front et épistome ràpeusement et irrégulièrement ponctués , très brièvement et peu densément pubescents. Élytres 173 j-4 très fortement et densémcnt
Fig. 173 et 17'.. - Helerohostrychus aequa- VOnc\Ax(^% h^S pohits enfoncés /ts Wat. c^, vude profil (tig. i73),etpro. disposes en séries striales thorax de la ^, vu de dessus ((ig. 174). :>ssez réguhères ; ponctuation
de la déclivité apicale variable. Bord apical des élytres réfléchi et muni d'un rebord latéralement épaissi et écarté du bord même de l'élytre. Abdomen couvert d'une ponctuation très fine et très dense, râpeuse, sa pubescence excessivement liue, peu apparente. 2"" article des tarses postérieurs beaucoup plus court que le dernier.
Bien que nous ayons déjà parlé plus haut des caractères sexuels, nous devons y revenir ici. Chez le (3 hétéromorphe, le prothorax est plus grand, dépassant parfois les élytres enlargeur ; ses angles postérieurs
(1) Cité à toit par moi comme étant Vunicornis (Ann. Belg., 1897, p. 18).
(2) Celte figure est inexacte et de nature à tromper par suite de la longueur exagérée donnée aux dénis marginales de la râpe prothoracique.
Révision des Bostnjrhides. o61
ne sont pas ou sont pou netlement lobos. et la dont des angles antérieurs est généralement plus saillante que dans les autres formes. L'espacement des gros points enfoncés de l'aire postérieure du pronotum laisse apparaître la sculpture foncière qui simule des écailles imbri- (piées, brillantes, à contours finement marqués. La dérli\ité apicalo (les élytres montre, de chaque côté, à son bord supérieur, une dent allongée, légèrement inclinée vers l'axe du corps et incurvée en dessus; en deiiors de cette sorte d'uncus se trouve un calus costiforme (1).
Chez la ç, le prothorax est plus petit; ses angles postérieurs sont lires(itie toujoiu's nettement lobés; la densité des gros points enfoncés qui couvrent l'aire postérieure du pronotum etïace toute autre sculpture. 11 n'existe de chaque côté, au bord snpéiieur de la déclivit('' apicale, que deux calus costiformes très peu saillants.
Certains (5, d'une taille en moyenne inférieure à celle du c5 hétéromorphe, sont caractérisés par un prothorax proportionnellement iilus petit que celui de ce dernier, ressemblant à celui de la ç, avec l'aire postérieure fortement et densément ponctuée et les angles postérieurs souvent lobés. La dent élytrale est courte, non ou à peine incurvée, et parfois même elle est remplacée par une simple côte saillante (2). Mais cette forme homéomorphe n'est pas fixe; des termes de transition la relient au type hétéromorphe.
D'ailleurs l'épine redressée des élytres du d, même lorsqu'elle est bien développée, est assez variable. Plus ou moins rugueuse et ponctuée à la base, elle est tantôt simple, régulièrement arquée et amincie ^ ers la pointe, tantôt munie vers le milieu de sa face postérieure d'un tubercule qui la fait paraître comme bifurquée. La ponctuation de la déclivité apicalo du d est plus ou moins forte, plus ou moins dense.
On observe des 9 chez lesquelles le calus supéro-interne de la déclivité est remplacé par un tubercuh? costiforme très court, mais pointu et bien apparent. Ces Q ressemblent beaucoup à certains c?.
Dans les deux sexes, la forme de l'échancrure antérieure du pronotum est très variable, arquée, anguleuse, trapézoïde. quelquefois nulle. Le bord antérieur du prothorax est alors tronrpié presque rectilignement entre les deux dents marginales, dont l'écartement est aussi sujet à variation.
(1) Ces dents et calus élylraux rappellent lout à fait ceux des inàies des H. unicornis et pileatus et on n'en observe de semblables cliez aucun autre Bostrycliide.
(2) Un individu de Soembawa {Coll. Bedcl).
Distribution gm/raphique. — Inde, Indo-Chine, Chine méridionale, InsuUnde, Nouvelle-Guinée, Madagascar et Comores.
Nous citons seulement ci-dessous les localités extrêmes de la |iériphérie de l'aire d'hahitat.
Sind {Coll. Moorr > Oberthilr). Satledj : env. de Simla [Coll. Obrrtliiu-). Bhoutan anglais : Maria Basti [Coll. Oberthàr). Bhamo [Fen in Musée de Gcncs). Yimnan occidental {D'^Anderson in Coll. Oberthiir). Fou-kien : Amoy {Musée de Leijde). Philippines. I. Mariannes {Marche in Muséum de Paris). I. Arou {Musée de Leyde) et Timor Laoet {Waterhouse). Nouvelle-Calédonie : Moindou {Coll. Gambe>j > Oberthiir). Nouméa {Ph. François) (1). Mayotte {Coll. Mniszech > Oberthiir).
Bioloç/ie. — A Calicut, cette espèce perfore les caisses à thé faites du ])ois de Bontbax malabaricum (Bairlow).
Heterobostrychus hamatipennis*.
(Voir caractères du groupe III et tabl. des espèces 8. — Fig. 175 du texte).
Lesne, 189o. Ann. Fr., 189o, p. 173 (o"9).
niponensis Lewis, 1896, Ann. Nat. Hist., sér. 6, vol. XVII, p. 339 ((5).
Long. 9-lo 1/2 mill. — Parallèle, assez large, robuste; brun foncé, avec les cuisses quelquefois rougeàtres. Dessus du corps couvert d'une pnbescence rousse, extrêmement courte et assez éparse, plus dense piès du bord antérieur du pronotum et, chez le çj, sur la déclivité apicale des élytres qui paraît souvent recouverte d'une sorte de pulvéruleuce jaune. Pubescence de l'écusson plus dense, déterminant parlois une tache claire bien apparente. Pubescence ventrale moins courte et plus abondante que celle du dessus du corps. Tête grosse. Front plus ou moins ponctué ou râpeux. Épistome densément pubescent. surtout chez le d, finement caréné longitudinalement au miheu. Labre pubescent en dessus. Sculpture de l'aire postérieure du pronotum assez grossière, râpeuse, formée de tubercules scalloïdes, plus saillants chez la ç. Angles postérieurs du prothorax généralement droits, i)ointus, rarement arrondis, parfois légèrement lobés chez la Q. Ponctuation dorsale des élytres très forte et très dense, assez régulièri'ment sériée.
d Déclivité apicale d'ordinaire moins fortement et moins densément ponctuée que le dos des élytres, et présentant de chaque côté une apo-
(1) Il est vraisemblable que l'existence de VH. aequaUs en Nouvelle-Calédonie résulte d'une importation relativement récente.
Hcrisioii (li's liostri/rliides.
Fig. 175. — 11eterobostrychiis hamatipsnnis Lesn. o"-
l)li>s<' iiKirginalo suljcylindriquo, assez épaisse, obliquement tronquée au sommet et pointue en dedans. Rebord inférieur de la déclivité bien net. brillant, détaché latéralement du bord même de rélytre. Articles 2 à 4 des tarses antérieurs munis de longues soies en dessous.
ç Yeux plus gros. Déclivité apicalc aussi fortement ou plus fortement ponctuée que la région dorsale, cette ponctuation très serrée ; apophyses marginales remplacées chacune par un calus; rebord inféiieur non distinct lati'ralement du bord même de l'élytre. Tarses antérieurs sans longues soies en dessous.
Cette espèce est assez variable au point de vue de la sculpture et de la pubescence dorsales, de la forme de réchanci'ure antérieure et des angles postérieurs du protliorav et surtout au point de vue de la forme des ap( 1(111 y ses ély traies du o, dont la iiosition par rapport à la suture varie sensiblement aussi.
Ces apopbyses ont généralement la forme que nous avons décrite. Chez les individus du Tonkin, elles sont plus épaisses et moins [xiintues a Textrémité. Dans les exemplaires de l'archipel Riou-lviou, elles sont moitié plus courtes que d'ordinaire tout en restant aussi épaisses. Les spécimens de l'de Maurice ont une forme un peu plus courte que ceux d'Asie; les apophyses élytrales du c? sont bien développées, pointues en dedans au sommet. Les individus de Madagascar di fièrent à peine de ceux de l'Inde. Nous n'avons pu utiliser ces variations pour caractériser des races suftisamment distinctes.
VUeterobostnjchns Iiainatipennis étabht une transition entre les Bostriirhopsis et le genre actuel. Le o possède en elTet bien des caractères du o hétéromorphe des /îo.s://'//r/;o7>.sw.-prolilcéphallque, suture frontoclyjiéale, pubescence clypéale, cornes prothoraciqucs, visibiUté des pleurites du dernier segment apparent de l'abdomen.
Dixtrihniioii gcofiraphiqur. — Inde, Ind(vCliine, Cbine méridionale, Ja])on méridional, Philippines, Bornéo, Madagascar, Ile Maurice.
Inde septentrionale : Dehra Doun {Coll. Moore >- Oberthiir); Sikkim {Coll. Oberlhiiy)', Bhoutan anglais : Maria Basti {Coll. Oberthur): Sylliet {British Mmeuin). xMaïssour {Coll. Boutarel). Ceylan {British Mnsi'iiiii : Coll. Oberthur). Malacca (Co//. de Mar.seul). Saigon {Cenaain in Mkschih de Paris). Hué {Coll. Fairiiiaire; Coll. Fient iaiix). Laos {Pdcie in Miisénin de Paris). Tonkin {Mti^éaiii de Paris). Chang-Haï
564 P. Lesxe.
{Musée de Vienne). Archipel Riou-Kiou : I. Osliima {Fei-rié in Coll. Oberthiir) et I- Okinava (L^^r/.?). Japon : Province de Satsuma {Coll. OherthHr).Piûi\oum {Coll. Bedel ; Coll. Oberthur) ; Mindanao [Coll. Baer). Bornéo occidental : Rivière Sambeh {Fr. Biiffat in Coll. Oberthur). Madagascar : Baie d'Antongil {Mocquerys in Coll. Allucmd): Antianaks {D'' Juillet in Coll. Allunud); Tamatave {D' Ch. Martin). I. Maurice (Z>. d" Emulerez in Coll. Alluaud, Muséum de Paris).
Heterobostrychus brunneus*.
(Voir caractères du groupe IV et tabl. des espèces 1,7. — Fig. 44. 169. 176. 177 du texte).
Murray. 1867, Ann. and Mag. of Nat. Hist., XX, p. 92. — Id., 1878, Col. Old Cal., p. llo. — Quedenfeldt, 1886, Berl. eut Zeitschr., 1886, p. 326.
Grayanus" Wollaston, 1867, Col.Hesp., p. 109.
picipcnnis* Fâhraeus. 1872, Ofv. Vetensk. - Akad. Forh., XXVUI,
Long. 5-11 mill. — Brun, presque mat, un peu plus foncé sur le prothorax; dessous et pattes souvent rougeàlres. Corps couvert d'une
pubescence rousse extrêmement courte, coucliée. Front et t'Iiistome (inemeut et ràpeusement ponctués. Élytres à peine redressés à Tapex, fortement et densément ponctués, leur '"6 ponctuation non régulièrement
Fig. 176 et 177. — Heterobostrychus sériée ; ponctuation de la décli- 6n«HneH5 Murr. Profil et piûlliorax, vu vite postérieure un peu plus de dessus. forte que celle de la région dor-
sale. Rebord de la déclivité écarté latéralement de la marge élytrale. Suture peu saillante sur la ûi'clivité. Abdomen couvert d'une ponctuation Une, dense, riii)euse.
Comparé à la 9, le c? a lechancrure antérieure du jirothorax moins large et plus pi'ofonde avec ses uncus limitants plus longs et plus fortement redressés. Ces dilïérences sexuelles, d'ailleurs faibles, ne sont pas toujours faciles à apprécier à cause de la variabilité des uncus protlioraci(iues et de l'échancrure qu'ils délimitent. Cette dernière est tantôt arquée, tantôt anguleuse, trapézoïde ou rectangulaire. Les deux premiers cas ne se présentent guère que chez la ç.
Krcisioii (Icx liostnjchides.
Los angles postérieurs du protlKirax sont également variables, ainsi (jiie la grosseur et la dcnsili' des grains de l'aire postérieure du pronotinn.
Il serait possible que cette espèce eût cpielque parenté avec le Bostrijchus capuriHus et le Diwkrdlcx robustus: mais c'est avec les Heterobostrijrlnis <irqunUs et hamntipcwMS qu'elle a les afiinités les plus étroites et les plus évidentes.
Distribution gcogniphiqae. — Toute l'Afrique intertropicale et australe, depuis le Sénégal et les iles du Cap Vert (S. Thiago, Wollaston), le Soudan {Coll. Abeilli' de Perrin), l'Abyssiuie {Raffray in Coll. Obertliiir) et le pajs des SomaU {Dottego in Musée de Gènes), jusqu'au Cap de Bonne-Espérance. Madagascar : Nossi-Bé {Pierron in Muséum de Paris).
Genre Bostryelioplitcs n. g.
(Voir tabl. des genres 2, 4, 8, 9).
Capsule céplialique rétrécie entre les yeux et le vertex, sou protil dorsal décrivant une courije rentrante entre l'épistome et le vertex; la tête comprend ainsi une portion i)asilaire globuleuse, renflée surtout en dessus, et une portion antéoculaire déprimée, élargie en avant, dans la région cljpéale (1). Épistome convexe le long de
I<"jg. 178. — Capsule céplialique du Bostrijchoplites cornutus 01., vue de dessus et de profil.
Fig. 179 à 181. — Antennes des Boslrychoplites ZiclieiiMairs. ((ig. 179), prodvctus (lig. 180) et cornutus 01. (lig. 181).
Imh.
(I) Ces caractères s'atténuent beaucoup chez les femelles de petite taille du B. Zicheii.
o66 P. Lksxe.
son bord antérieur, écliancré en avant, ses angles antérieurs plus ou moins aigus et saillants, embrassant les côtés du labre. Suture fronto-clypéale fine, distincte sur une partie de sa longueur, jamais fortement enfoncée. Cadre buccal presque toujours fortement denté au-dessous des yeux, parfois seidenient lobé (/>. Norinandi). Sous-menton trapézoïde, déprimé au milieu du bord antérieur, ses angles antérieurs plus ou moins proéminents. Yeux saillants, fortement surélevés au bord postérieur. Articles de la massue antennaire sans taches pileuses nettement délimitées (1) . Angles antérieurs du prothorax prolongés, dans les deux sexes, encornes robustes. Déclivité antérieure du pronotum aijrupte, son aire postérieure couverte de granules écrasés ou non, ou ornée d'une sculpture en écailles imbriquées, mais toujours dépourvue de points enfoncés. Pas de tubercules proprement dits au bord supérieur de la déclivité apicale des élytres. Méso et métasternum en contact au bord externe de la hanche intermédiaire. Saillie intercoxale de l'abdomen présentant une facette plane ventrale, o'^ segment abdominal apparent simple dans les deux sexes. Calcar des tibias antérieurs incurvé, plus ou moins développé. 2° article des tarses postérieurs aussi long ou plus long que le dernier; 3*= article un peu plus long que 4*^; articles 2-4 revêtus en dessous d'une abondante pubescence dorée.
(5 Prothorax plus grand que chez la 9, plus large que les élytres aux épaules, ses cornes antérieures plus développées que chez la ç. Calcar des tibias antérieurs plus long et plus robuste.
Les Bosîrjjchoplitcs sont essentiellement africains. Ils constitueraient un groupe parfaitement homogène si l'on pouvait en distraire les n. Nonnandi et ZickcJi; mais, en l'état actuel de nos connaissances, il y aurait plus d'inconvénients que d'avantages à séparer généri(iuement ces deux espèces.
Les caractères sexuels sont toujours bien apparents. Nous n'avons pas constaté ici de phénomènes d'homéomorphisme.
Un fait intéressant, présenté par une espèce de ce genre [B. conuitu-^ 01.), est la fermeture en arrière des cavités cotyloïdes antérieures par rapprochement des épimères prothoraciques.
TABLEAU DES ESPÈCES
1-4 — Élytres sans nervures discoïdales saillantes. Yertex impressionné en arc de cercle. Ponctuation élytrale sans
(11 Chez la plupart des espèces, l'emplacement des dépressions composées est marqué seulement par une légère condensation des pores sensoriels et ne présente pas de poils protecteurs.
Revision <les Bostnjchides. 507
grnimlos interposés. Tibias postérieurs sans soies dressées a la face externe. Cornes prothoraciqiies iniléchies (llg. 184).
2-3 — Tarses postérieurs plus longs que les tibias correspondants. Épistomeéparsement ponctué, brillant, légèrement saillant au milieu du bord antérieur, ses angles antérieiH's infléchis, aigus. Cadre buccal faiblement lobé audessous des yeux. Aire postérieure du pronotum présentant au milieu des granules écrasés, allongés, brillants, assez denses. Élylres peu fortement et assez irrégulièrement ponctués, déprimés dans la région postérieure le long de la suture; bord apical non denticulé en dessous, angulé de chaque côté avant l'apex. Forme plus allongée. — c? Face interne des tarses antérieurs sans longues soies. — Long. 7-8 mill B. Normand! Lesn.
3-2 — Tarses postérieurs un peu plus courts que les tibias correspondants. Épistome assez linement ponctué en arrière, fortement eu avant, droit au bord antérieur, ses angles antérieurs bien marqués mais non aigus. Cadre buccal nettement denté au-dessous des yeux. Aire posti'rieure du pronotum couverte de petits granules non écrasés, subcirculaires. Élytres fortement et régulièrement ponctués, à peine déprimés en arrière dans la région supérieure de la déclivité ; bord apical denticulé en dessous, non angulé avant l'apex. Forme plus courte (tig. 183). — d Tarses antérieurs avec de longues soies au coté antéro-interne. — Long. o-lO 1,2 mill. B. ZickeliMars.
4-1 — Élytres avec des nervures dorsales plus ou moins saillantes, au moins en arrière. Vertex non impressionné. Angles antérieurs de l'épistome prolongés en dent aiguë (lig. 178). Tibias postérieurs munis de soies plus ou moins dressées sur leur tranche externe.
0-8 — Nervures dorsales des élytres également saillantes sur toule leur longueur; portion apicale épaissie de la nervure marginale externe non confondue avec le bord de l'élytre. Surface élytrale densément ponctuée, et en outre granuleuse. — c5 Front orné de longs poils roux plus ou moins dressés.
G 7 — Nervures dorsales des élvtres cariniformes. 2'- article
368 P. Les.ne.
des tarses à peine plus large que le .'3« (lig. 187). Cavités cotyloïdes antérieures fermées en arrière par rapprochement des épimères prothoraciques (fig. 185). Long. 6 1,2-17 1/2 mil! B. cornutus 01.
7-6 — Nervures dorsales des élytres costiformes. 2<= article des tarses notablement plus large que le 3% l'un et l'autre pourvus en dessous de brosses de poils plus développées
que chez le cornutus (flg. 188). Long. 18 mill
B. megaceros n. sp.
8-0 — Nervures dorsales des élytres non saillantes en avant, cariniformes ou costiformes on arrière. Tégmnent des élytres non granuleux, au moins dans la moitié antérieure.
— c? Milieu du front dépourvu de longs poils dressés.
9-10 — Dernier segment apparent de l'abdomen trapézoïde, non rebordé en arrière. Suture sinqjlement élevée sur la déclivité, sans côtes ni carènes adjacentes. — c5 Cornes prothoraciques écartées à la base, fortement convergentes en avant (lîg. 191). Fond de l'échancrure du prothorax présentant de chaque côté, en dedans de la base des cornes, un tubercule lisse et brillant. Angle apical de chaque élytre prolongé en une apophyse épaisse, arrondie, lisse et brillante (lig. 191). — ç Écbancrure antérieure du prothorax plus profonde que large, sans tubercules; ses bords latéraux parallèles. Élytres conjointement saillants à ra[)ex, mais sans lobes mamilhformes (flg. 192). — Long. 14-24 mili B. productus Imh.
10-9 — Dernier segment apparent de l'abdomen réguUèremenl arrondi en arrière. — (5 Angle apical des élytres sans lobe mamilliforme. — 9 Élytres non proéminents à l'extrémité.
11-12 — Deuxième article des tarses postérieurs heaucou|) plus long que le dernier (flg. 194). Aire postérieure du pronotum présentant un sillon longitudinal médian bien mar(iué. Bord inféro-apical des élytres pluriluljerculé.
— 9 Cornes prothoraciques généralement plus lai'ges que l'échancrure qu'elles délimitent (lig. 193). — Long.