lti
Fig. 32(ià 328. — Déclivité '^^rff^i\'' apicale des élytres, vue
de dessus, chez un Xylo- Fig. 325. — Angle apico- pertha picea a^ du Séné-
sulural de l'élytre gau- gai (lig. 32t>), chez un A'.
che chez le Xyloper- picea ^ de Tunis (fig. 327)
Iha picen Q, vu du et chez un .Y. sciilula ^^
côté suturai. (fig. 328).
espèce. Les petits grains râpeux de la région dorsale des élytres remontent parfois le long de la suture jusqu'auprès de l'écusson; la |)onctuation des parties latérales est généralement plus grosse postérieurement qu'antérieurement, mais ce caractère n'est pas constant. La déclivité apicale est plus ou moins concave ; la carène qui la limite la laisse immarginée dans sa partie supérieure sur une étendue plus ou moins grande, parfois sur près de la moitié de son pourtoui-, d'autres fois seulement sur un faible intervalle près de la suture (-). Il existe presque toujours sur la déclivité apicale, près do son bord supéro-latéral, deux épines très petites et généralement très aiguës, ne dépassant pas en longueur les poils mi-dressés du voisinage ; le plus souvent la spinule supérieure est un peu plus grande que l'inférieure, mais l'une d'elles, tantôt l'inférieure, tantôt la supérieure, peut disparaître et il arrive que toutes deux fassent défaut. Parfois elles se prolongent chacune antérieurement en une sorte de côte à
(1) Celle échancrure est masquée par les longs poils do la région poslérieure du dernier segment abdominal.
(2) Ce dernier caractère ne s'observe que chez les spécimens provenant des relions chaudes de l'aire d'habitat.
o32 P. Lesne.
surface inégale rappelant beaucoup les côtes homologues du ,Y. criintarsis.
Ces diverses variations ne sont pas sexuelles. Plusieurs d'entre elles paraissent être en rapport avec les particularités de la distribution géographique. Ainsi les individus du l)assin méditerranéen montrent une tendance à constituer une race distincte caractérisée par une forme générale plus allongée, un prothorax plus petit, une carène marginale de la déclivité postérieure moins saillante et plus courte, des élytres mutiques ; mais ces caractères ne sont pas exclusifs et il n'en est aucun qui ne puisse s'observer, assez rarement il est vrai, chez les exemplaires provenant des contrées interlropicales (').
Dans des cas très rares la conformation de l'angle apical des élytres chez la Q est presque identique à celle du X. scutula (-).
Le Xylopertha picea prend place comme terme moyen entre les A', o'initarsis et scutula.
Distribution (jéoijraphique. — Cette espèce se rencontre dans presque toute l'Afrique. Elle est surtout répandue dans les régions interlropicales (•■'), sans paraître dépasser vers le sud le pays Ovampo et le bassin du Zambèze (*). Elle existe à Madagascar, aux Seychelles et aux lies du Cap-Vert (^). Dans le Nord, on la trouve dans tout le Tell algérien et tunisien (^), sans qu'elle ait été encore signalée dans
(1) S'il y avait iilililé à donner un nom à cette race méditerranéenne, on pourrait lui réserver celui de Heijdeni.
(2) Ouari (l> Rotli in Coll. Oherlhur).
(3) Sénégal et bassin du Niger; toute la région guinéenne; Congo indépendant ; LoAnAni Coll. Fairmaire; Coil. Oberthiir) ; Afrique orientale allemande : l)ays des Gallas et pays des Somalis; Abyssinie; Erythrée: Massouah. Keren, etc. {Isscl, Beccari, Rat/azzi, etc. in Musée de Gènes). L'espèce n'a pas encore été rencontrée sur la côte française des Somalis ; elle existe à Berbera {Coll. Argod-Vallon).
(4) Ovampoland {Erihsson in Musée de Cape-Town) ; Zambèze (Durand in Muséum de Paris), Zomba et Fort Johnsion (Haul-Chiré) (£»' P. Rendait in Coll. Oberthiir).
(.j) Diégo-Suarez, Nossi-Bé, Majunga, Antsianaka, baie d'Antongil, Mevatatana,Andriba; Madagascar S.-O. (Co?/. Oberthiir); environs de Tullear (G. Grandidier in Muséum de Paris). Seychelles (Ch. Alluaud). I. du Cap Vert [Olivier).
(6) Bou Kanefis (dép. d'Oran) (.)/. de Vauloger); Mostaganern (cordier in Muséiim de Paris): ûuarsenis (M. de Vaulofjer); Oued Deurdeur, entre Affreville et Teniel et Had (.1/. de Vavlogcr); Marguerilte, près Miliana(ro^/. Abeille de Perrin); Alger (L. Bedel; J. Kiinchel d'Herculais); Hoghari (Ancey sec. Schilshy); Bou Saada [Leprieur in Coll. Pic); Djidjelli {Le-
Ui'rision (lei> Uostnjchides. ^'X,\
le Sahara septentrional. Elle a été prise sur la côte arabe de la mer Rouge et en Palestine ('). Sa présence en Andalousie et en Sardaigne (-) est peut-être accidentelle.
Dans l'Amérique du Sud, où elle a été évidemment importée, l'espèce existe dans la majeure partie du Brésil, dans la Guyane française, dans le Pérou oriental et peut-être aussi en Colombie. Elle atteint vers le Sud la partie septentrionale de l'État de Saint-Paul (•^).
Biologie. — Au Soudan Iranciais, le Xglopertha picea se développe de préférence, semble-t-il, dans le bois des arbres du genre Acnriit [A. Yerek, A. albicans, A. Adansoni, A. tortilis) (^): il vit aussi dans des Ziziphus et dans le Baobab {Adansonia digitata). En Algérie, il a été trouvé par H. Lucas dans le Cbène Zéen [Querctis Mirbecki) (*) et M. Kiinckel d'Herculais l'a observé, aux environs d'Alger, dans les douves en Chêne des tonneaux qu'il taraudait de ses galeries {''>).
Cet insecte est attiré le soir par les lumières. La femelle, comme celle du Scobicia Chevrieri, vient fréquemment mourir à l'entrée de sa galerie, dont elle obture très exactement rorilice à l'aide de sa déclivité apicale.
prieur); Aïn Smara (D' Iteboiid in Muséum de Paris); Bône et Sainte-Anne [Abeille de Perrin ; Desbrochers sec. SchilsIiy);Lii Calle (H. Lucas); Souk el Arba (D' Normand) ; Tunis (l)' Normand, etc.).
(1) Arabie, côte de la mer Rouge (Arnaud in Muséum de Paris). Jaft'a [E. Abeille de Perrin). Olivier avait déjà signalé l'espèce comme se trouvant en Syrie.
(2) Cordoue (Coll. Pcrez Arcas > Musée de Madrid), un indiv. ; Sardaigne : Sarrabus (iS. Ferrfiri in Musée de Gènes), un indiv.
(3) Colombie (Le Bas in Musée de Bruxelles ; Coll. Thorey > OberthUr); Cayenne (Coll. JJejean); Rrésil : États de l'ara (Coll. Oberthiir), d'Amazonas (.V. de Mathan : Hahnel), de Malto-Grossoi jusqu'à la frontière de Bolivie) (Castelnau). de Parahyba (Germain), de Pernambuco (E. Gounelle), de Bahia (A. Grouvelle), de Minas Geraes (Castetnau, Germain, Tor(jue},de Sao Paulo (Muséum deParis). Rio de Janeiro (Castelnau). Pérou oriental : l^ebas (M. de Malhan in Coll. Oberlh'dr).
L'introduction de cette espèce en Amérique parait être bien antérieure au dix-neuvième siècle.
(i) A son retour d'une mission scientiiique au Sénégal et au Soudan, M. A. Chevalier a bien voulu nous laisser exammer la collection de bois rassemblée par lui dans ces contrées, ce qui nous a permis de prendre note de plusieurs des essences nourricières du Xyloperdia picea ciléeti plus haut.
{."i) Expl. scient, de l'Altjérie, Ins., t. I, ISi'.t, p. 467.
(6) Bull. Soc. ent. Fr., 18'J;J, p. cccvn.
Xylopertha crinitarsis.
(Voir tabl. des espèces 1. — Fig. 330 et 332 du texte).
Imhoff, 1843, Yerh. Naturf. Ges. Basel, Y, p. 177.
pubescens * Murray, 1867, Ann. and Mag. ofXat. Hist., XX, p. 93 {Col. Old Cal., 1878, p. 116).
Long, o 2/3-9 2/3 mill. — Outre sa taille en moyenne plus grande, cette espèce se distingue du pkea, par les caractères suivants :
Coloration plus foncée, brune, avec la base des élytres et la partie postérieure du prothorax roussâtres, le corps étant quelquefois entièrement roussàtre. Pubescence générale plus fine et plus dense que chez le picea. Sculpture des élytres plus forte. Près de é
la base, les élytres sont finement et assez "^'
densément ponctués ; à partir du tiers
Fig. 329 à 331. — Déclivité apicale, vue de profil, chez les Xylopertha pkea 9 (fig- 329), A', crinitarsis ^ (''g- 330) et X.. scutula ^ (fig. 331). c, carène marginale.
Fig. 332. — Angle aplcosutiiral de l'élytre gauche chez le Xylopertha crinitarsis ^, vu du côté suturai.
antérieur apparaissent des grains saillants d'abord espacés, puis devenant plus gros et plus rapprochés en même temps que la ponctuation devient grosse et très dense, en sorte que la sculpture de la région avoisinant le bord supérieur de la déclivité est très forte. La déclivité apicale est rebordée dans un peu moins de sa moitié inférieure; elle est très fortement et très densément ponctuée dans toute son étendue (*). En dedans de sou bord supérieur, d'ailleurs peu neltemenl marqué, existent, de chaque côté, deux épines fortes et très aiguës.
(1) Plus fortement et plus densément que chez le picea.
Revision des liostrtjchides. 080
lioiiiologues à colles du picea, mais beaucoup plus grandes. Laléraleinent uncalus marginal fait suite au bout libre de la carène limitante. Suture saillante sur les deux tiers inférieurs de la déclivité. Bord iniV'ro-apical des élytres à tubercules obsolètes ou peu marqués.
d Bord inféro-apical des élytres simple.
9 Tranche apicale des élytres moins large que chez le picea. Angles suturaux non conformés en cupule. Vu de derrière, le bord ajiical (le rélytre est écliancré au niveau de la suture et présente, de cliaque rùlé de cette écliancrure, une dent plate, glabre ('), qui semble représenter le lobe antérieur de la cupule élytrale du pirea. Le lobe postérieur serait constitué par l'angle suturai lui-même qui est légèrement redressé. Échancnu'e du dernier segment apparent de l'abdomen notablement plus grande que chez le picea et limitée par deux dents spiniformes convergentes.
Distribution géographique. — Espèce très répandue clans la région gninéenne depuis la colonie de Sierra Leone jusqu'au Loanda \-). Se rencontre à l'île San Thomé (').
Xylopertha scutula n. sp.
(Voir tabl. des espèces 2, 4. — Fig. 328, 331 et 334 du texte.)
Long. 4-0 12 mill. — Très voisin du picea dont il a la formé générale. Sa coloration est aussi très semblable, roux brun, avec la partie I)ostérieure du prothorax et la région basilaire des élytres un peu plus claires.
Granulation de la partie dorso-postérieure des élytres moins développée qu'elle ne l'est gén(''ralement chez le picea. Ponctuation des lianes des élytres non ou à iieine renforcée en arrière. Déclivité apicale légèrement convexe de part et d'autre de la suture, sur le disque de
(I) La largeur de cette dent varie presque du simple au double.
Cl) Nous citons seulement ci-après les localilcs extrêmes de l'aire d'habitat : Sierra-Leone (Musée deStocliholin);liAo\i\é (Pobécjuin'xn Muséum de Varis : Bonhoure in Coll. Bedel); Bismarclvburg (A. Conradt in Musée de Berlin); bassin de la Haute-Sangha (Ferrière in Muséum de Paris]; Ibembo. sur le Hautltimbiri [Duvivier in Musée de Bruxelles) ; bassin du Kassaï (A. Cloclens \n Musée de Bruxelles); Angola {Brilisli Muséum) -. Loanda (ro/i. W. Rolli- SihddZ> Oberthur).
L'insecte vole le soir et est attiré par les lumières.
(3) A. Mocquerys in Coll. Oberihûr.
P. Le?>e.
chacune des moitiés latérales, carène très peu saillante et n"o
Fig. 333 et 33 i. — Cupule apicale des élytres, rue de dessous, chez les XyJopertha picea (fig. 333) et sciitulo 'tig.
Chevalier in Muséatn de Paris] âe yiadrid). un individu (*).
limitée dans sou tiers inférieur par une fTraut pas de spinules près de son bord supérieur ') : sa ponctuation plus dense que chez le picea. Suture à peine saillante sur la déclivité chez le 5. plus renllée chez la Ç. Angle suturai nullement redressé (5Ç). Pas de tubercules au bord inféro-apical des élytres. Abdomen densément et assez fortement ponctué, densément pubescent.
Chez la ç, Tangle suturai de chaque élytre est creusé en cupule comme dans le picea ; mais ici les lobes formant la cupule sont moins grands et Tapophyse interne du lobe antérieur dépasse celui-ci en longueur.
Distribution géographique. — Sénégal : Thiès [Coll. Oberthiir). un o; Sierra-Leone : Free Town [A.Mocquerys in Coll. OberthUr. une ç ; Soudan français : région de la Haute Vulta. entre Sikasso, Bobo-Dioulassou et San ^4.
, un o; Abyssinie A. Raffray in Musée
Genre Xylo<Iecles /*. g.
(Voir tabl. des genres 1. i. 10. 14. i6. 17. 19. il. ii. 24. 26). 'J 1 1
Portion visible de la tète réguUèrement globuleuse, régulièrement convexe en dessus. Front sans couronne de soies dressées. Bord antérieur de répistome inerme. légèrement avancé au milieu et échancré de chaque côté de cette portion médiane. Mandibules d y asymétriques , c^lle de droite obtuse, arrondie au sommet, celle de gauche pointue au bout. Yeux relativement petits, bien détachés des tempes. Antennes de
(1) Dans lindividu de Thies il existe un très faible rudiment de spinule sur chaque élytre.
(2) En outre, dans la collection Bedel, deux einplaires ^^ sans indication de proTenance.
lîerision de:^ fiostnjchides. 537
dix arficles, les articles 3-7 pris ensemble à peine aussi longs que le S" : massue environ une fois et demie aussi longue que le funicule.. ses articles dt'pour^ us de grandes dépressions et présentant seulement sur chaque face deux centres de condensation des pores sensoriels sans pubescence protectrice spéciale (';. Protliorax fortement rétréci en avant, dépourvu de suture latérale; angles antérieurs saillants, terminés chacun en une dent unciuée, le bord antérieur éclumcré entre ^g. 335. __ Antenne du X>jlodecies veeux: angles postérieurs mar- ««s^ms c^, vue par la face antérieure, que s d'une C(jte légèrement arquée. Râpe prothoracique circulaire, parfaitement délimitée. Aire postérieure du pronotum lisse - . Stigmates de la première paire très grands, latéraux. Déclivité apicale des élytres ornée de chaque côté d'une épine courte située au bord supérieur, non loin de la suture et d'une autre épine beaucoup plus grande insérée au bord latéral. Bord inféro-apical des élytres conformé en faux-épipleure. Dernier segment apparent de l'abdomen plus long que les précédents. Tibias antérieurs non sillonnés à la face externe. Tarses postérieurs portant de longues soies au côté interne.
O Dernier segment apparent de l'abdomen entier, sans pièces pleurales visibles, frangé de très longs poils blonds à son bord postérieur, sans relief ni tubercule sur le disque. Apophyses latérales de la déclivité postérieure longues, minces, incurvées en dedans.
ç Dernier segment apparent de l'abdomen profondément échancré au miheu du bord postérieur et présentant un relief ou un tubercule liss*et brillant en avant de cette échancrure. Apophyses latérales de la déclivité postérieure non ou à peine arquées, plus courtes et plus épaisses que chez le j-
Ce genre ne renferme que deux espèces habitant la région indo-malaise et l'Australie et dont le système de coloration est très particulier.
(1) Ces centres de condensation des pores correspondent sur les articles 8 et et 9 à de faibles impressions du tégument dont la limite proximale est légèrement accusée.
(2! Sauf dans sa partie antéro-médiane.
338 P. Lesne.
TABLEAU DES ESPÈCES
i-i — Flancs dos élytres bruns ou tachés de l}run dans leur moi lié antérieure (rig.336); massue antennaire brune ou brunâtre ; poitrine brune au moins en partie. — c5 Apophyses latérales de la déclivité insérées au niveau du milieu de la hauteur de celle-ci (fig. ;}36). — 9 Échancrure du dernier segment abdominal non ou à peine
plus profonde que large. — Long. :{ 12-0 mili