‹ Révision des crustacés podophthalmes de golfe de Marseille, suivie d'un essai de classification de la classe des crustacésChapitre 34 sur 59 · NÉE · texte numérisé non relu

NÉE

nexa et dont la distribution est particulière à l'espèce. Le rostre, plus trapu, consiste en une épine terminale relativement courte et én quatre paires d’épines latérales dont la postérieure très réduite et les trois premières aussi développées ou plus développées que l’épine terminale. Plus en dehors et le long de la face antérieure de la carapace (pl. VI, fig. 30), sont d'abord deux courtes épines et, tout à fait à l’angle externe, un fort piquant. Y compris ce dernier, on compte onze épines latérales disposées successivement le long de chacune des parois du céphalothorax. Il y en a dix-sept sur le sillon rostro-gatrique ; les quatre médians sont les plus développés.

Insérée sur la ligne médiane, en dedans du pédoncule oculaire, l’antennule (pl VIL fig. 2) montre un volumineux article basilaire plus trapu que dans G. nexa, et armé, comme dans cette dernière, de trois cornes triangulaires dont la médiane est la moins développée. Des poils courts et nombreux bordent en dehors la corne interne. Les autres articles pédonculaires sont également bien plus robustes que chez G. #exa. Le palpe se compose de onze articles cylindriques, et le fouet, moins long que le flagellum de l’antenne externe, comprend au moins vingt-sept articles dont les douze premiers très larges. Le fouet porte de longues soies externes.

L'antenne externe (pl. VI, fig. 25) se différencie de celle de G. #exa par la présence d’une longue épine à l'extrémité externe du troisième article pédonculaire, par celle d’une épine plus robuste à l'extrémité du même bord du second article, enfin par les écailles qui hérissent la surface des divers articles.

la portion masticatrice de la mandibule (pl. VI, fig. 27) est un peu moins quadrangulaire que dans G. sexa, lorsqu'on examine la face interne de cet appendice, mais elle présente un aspect tout autre, vue par la face externe (pl. VI, fig. 28). En outre, le palpe est un peu plus robuste.

La première mâchoire comprend une lame interne plus large et plus anguleuse, une lame externe plus sinueuse et un palpe moins gréle.

La moitié inférieure du fouet de la seconde mâchoire (pl. IV, fig. 37) est davantage triangulaire; ses angles sont bien plus aigus. En outre, la moitié supérieure est plus large, le palpe plus effilé et les lames-mâchoires mesurent une largeur supérieure et présentent des poils plus nombreux sur la face dorsale.

La première patte-mâchoire offre une étroite ressemblance avec celle de G. Parroceli, à l'exception du palpe. Celui-ci, presque aussi long que le mésognathe, est rétréci à la base ; il s’élargit quelque peu ensuite et porte des soies marginales externes.

La seconde patte-mâ-hoire ne se différencie de celle de G. rexa que par des détails très secondaires. Le cinquième article de la tige, plus irrégulier, dessine extérieurement une forte gibbosité; les poils du sixième article, plus touffus,

occupent la totalité du bord externe; l’article basilaire du palpe est plus volumineux et l’article suivant moins étranglé.

La lèvre inférieure, figurée très incomplètement par Kinahan (loc. cit., page 89), a été représentée par Heller (Crust. Südl. Eur.) pl. VL fig. 3, et non pas pl. VI, fig. 4, faute d'impression, que Th. Barrois (Cat. Crust. Podophth. Concarneau), a reproduite planche I, page 23. L'article basilaire de la tige (pl. VIT, fig. 1), très développée, garni de poils courts le long du bord interne, parcouru dans sa largeur par des plis dentelés sinueux, porte extérieurement des branchies et un fouet réduit, cylindrique à la base, ovalaire dans la moitié libre pourvue de longs poils simples. Le second article, convexe latéralement, très échancré à la face extérieure, se prolonge de chaque côté, de façon à former une forte et longue épine externe et deux épines internes. Très aminci dans le bas, l’article suivant s’élargit ensuite et porte, à partir du tiers supérieur, cinq épines marginales internes dont la terminale très longue. De très longues soies occupent la moitié inférieure du bord interne, tandis que le bord opposé, glabre, se termine sous forme de petits piquants placés à côté l’un de l’autre. Le même article, vu par la face dorsale (pl. VL fig. 33), est traversé dans sa longueur par une ligne sinueuse dentée. Un peu plus long que le second, mais bien plus court que le troisième, le quatrième article porte en dehors quelques fortes soies et décrit vers le milieu du bord interne une saillie anguleuse au-dessus de laquelle s’implantent de très longs poils composés. L'article suivant, bien plus développé que le quatrième, montre quelques petits poils externes et de longues soies internes. Quant à l’article terminal il est recouvert de nombreux poils longs et barbelés dans sa moitié antérieure. Le palpe n'offre rien de particulier.

Les pattes thoraciques de la première paire sont généralement de même longueur dans les petits individus ; celle de droite est un peu plus longue dans les individus de grande taille. Rarement la gauche dépasse la droite. D'autre part, la forme des divers articles se modifie avec le côté. En comparant les fig. 29 et 31 de la pl. VI, on voit que ces différences se rapportent surtout au nombre de piquants du méros et du carpe. Le méros droit porte, en effet, deux piquants supéro-internes, tandis quil yena trois sur le méros gauche, et le carpe gauche présente le long du bord interne dix piquants qui sont moins nombreux sur le carpe droit.

Les trois paires suivantes, pareilles entre elles, ont une structure très voisine de celle qu’elles montrent dans G. rexa. La principale modification intéresse le méros et l'extrémité supérieure de l’ischion (pl. VI, fig. 32). Celle-ci est, en effet, pourvue, au bout du bord externe, de quatre robustes piquants opposés à deux piquants internes. D'autre part, le méros, terminé comme dans G. nexa, ne porte jamais de piquants le long du bord interne, contrairement à ce qui existe dans cette

dernière espèce et se rapproche, à ce point de vue, des individus de G. rexa ramenés par les palangres.

La cinquième thoracique, formée de cinq articles, diffère de celle de G. nexa. par la longueur du troisième article supérieure à celle du quatrième, par la longueur relative du cinquième, enfin par la forme plus régulière des divers articles et la distribution différente des poils.

La première abdominale, dans le mâle (pl. VI, fig. 36), est biarticulée. L'article basilaire est un cylindre un peu irrégulier et plus étroit que le terminal. Celui-ci a la forme d’un cône à sommet inférieur et pourvu d’une petite apophyse latérale et à base supérieure, évidée, prolongéesur l’une de ses faces de façon à constituer une lamelle ovale garnie de soies marginales et pouvant se rabattre sur la face opposée. La seconde patte (pl. VI, fig. 35) présente un premier article cylindrique terminé, en haut de chaque côté, en pointe plus où moins aiguë et un second article bien plus court, conique, renflé vers le milieu et, sur l’un de ses côtés, hérissé de longs poils. De même longueur et de même forme, les troisième et quatrième abdominales se composent chacune d’un article basilaire volumineux, renflé et pourvu de soies marginales dans les deux tiers supérieurs du bord externe ; à l'extrémité supérieure du bord interne s’insèrent deux articles cylindriques placés bout à bout, tandis qu’il n’y en a qu’un seul dans G. Parroceli. La ciiquième patte, plus courte et plus étroite, montre trois articles successifs et dépendant d’un article basilaire semblable à celui des pattes précédentes (pl. VI, fig. 26). Enfin la sixième patte (pl. VI, fig. 34) se différencie de celle de G. rexa par la forme de l’article basilaire, le nombre et le volume des piquants distribués sur la face dorsale des rames.

Les femelles portent cinq paires de pattes, celles de la première paire faisant défaut. La seconde patte comprend trois articles cylindriques garnis de longues soies filamenteuses qui existent sur les trois paires de pattes suivantes et sur lesquelles s’attachent les œufs. Plus longue que la précédente, la troisième patte consiste en quatre articles cylindriques; la quatrième et la cinquième, également plus longues, sont semblables entre elles et se composent de trois robustes articles. Quant à la sixième, elle ne diffère pas de celle des individus mâles.

GALATHEA STRIGOSA Fasricius.

PI. VII, fig. 3-16.

Diacnose. — Rostre triangulaire formant une épine terminale grêle et plus longue que les quatre paires d’épines latérales ; parmi celles-ci, la quatrième. très réduite, les autres bien développées. — Sillon rostro-gastrique armé de six piquants bien développés, disposés deux par deux les uns au-dessus des

autres. — Plis céphalothoraciques ondés, velus, armés de fortes denticulations, très nombreux. — KFouet de l’antennule composé de onze articles; palpe composé également de onze articles. — Second article de la tige inférieure

presque aussi long que le troisième.

Les mesures prises sur un individu d’assez grande taille sont les suivantes :

Doteneuntotaledurostre auitelson, ANS r ee tete STE 94"",0 » DVICOMPTIS LES DITES APIOIELÉER As ir ae ele ete eee 167,0 » EIRE ES ER AT ee DORMI De PAL 49,0 Largeur du céphalothorax ........... FAO Jo Modena dot 34,0 » duipremiensegment abdominale eee eee seen Y: 30,0

Cette espèce, la ‘“Puraiso” des pêcheurs marseillais, est commune et comestible. Elle a été très bien figurée par divers auteurs, notamment par Bell (loc. cit. page 200). Elle est très remarquable et facilement reconnaissable, grâce à la coloration bleue de quelques-uns des sillons qui traversent la carapace et l'abdomen, notamment du sillon qui limite en arrière et latéralement la région gastrique. Moins trapu et moins court que dans G. squamifera, le rostre se rapproche plutét de celui de G. nexa. Comme dans cette dernière, 1l est effilé et triangulaire, mais les dents latérales et surtout celles qui dépendent de la région faciale sont remarquables par leur longueur. Le nombre des dents qui bordent le céphalothorax est le même ; le volume seul est supérieur. Les plis qui ornent les diverses régions affectent un ordre particulier et se distinguent à première vue par les nombreux piquants qu’ils présentent dans leur parcours.

L’antennule ne se différencie de celle de G. squamifera que par les poils plus longs, plus robustes et plus nombreux de l’article basilaire et par le nombre moindre (onze) des articles qui composent le fouet.

Un peu plus longue que les pinces, l’antenne externe rappelle presque absolument celle de G. squamifera dont elle ne diffère que par la longueur et la largeur supérieures des piquants, par le nombre des poils et par le flagellum entièrement glabre.

Dans ses études sur les Crangons et les Galathées, Kinahan a représenté, pl. X, page 86, les diverses pièces péribuccales de G. s/rigosa, mais les dessins qu'il en donne sont trop schématiques et très incomplets. La mandibule (pl. VII, fig. 4) se différencie de celle de G. squamifera par la longueur de la lèvre inférieure de la portion masticatrice ; elle présente, en outre, un aspect différent et elle paraît bien plus allongée lorsqu'on l’observe par la face ventrale (pl. VIT, fig. 3).

La forme plus quadrangulaire et plus trapue de la lame interne de la première mâchoire et le plus grand nombre de poils, caractérisent la G. strigosa. I] en est de même pour la seconde mâchoire (pl. VIT, fig. 15) dont le palpe a un volume

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