IIS
plus considérable et dont le fouet affecte dans sa moitié postérieure une forme quadrangulaire et non pas triangulaire.
La première patte-mâchoire (pl. VII, fig. 16) rappelle beaucoup celle de G. nexa, notamment par les angles du fouet, par le renflement du bord externe du palpe et par l'aspect de la lame extérieure de l’endognathe. La forme anguleuse de Ja lame interne de cette dernière région, le raccourcissement du mésognathe et l'allongement de la partie terminale du palpe, ainsi que la distribution des poils sur les deux lames de l’endognathe, differencient C. s/rigosa.
La seconde patte-mâchoire est en tous points semblable à celle de G. squamifera, incomplètement figurée par Kinahan (loc. cit., pl. X, fig. 9, page 86 et page 106, fig. 9) et par Heller (loc. cit., pl. VI, fig. 2) ; la lèvre externe (pl. VII fig. 5) présente une tige formée de six articles. Le premier, divisé en trois parties par deux lignes courbes, plissées et poilues, donne insertion au palpe et à un fouet assez bien développé, étranglé plusieurs fois sur son parcours, pourvu de poils fins qui abondent surtout le long du bord interne et de chaque côté de l'extrémité libre. Le plus volumineux de tous, le second article, consiste en un large cylindre rétréci quelque peu à la base, formant au sommet et de chaque côté une forte apophyse aiguë, celle externe étant de beaucoup la plus iongue et la plus robuste. Cet article est parcouru dans sa longueur par deux lignes poilues, l’une partant de la base de l’épine antéro-externe et rectiligne dans presque toute son étendue, l'autre partant de l’épine antéro-interne et sinueuse. Vu par la face dorsale (fig. VIT, pl.6), le même article montre une extrémité antéro-externe coupée horizontalement, au-dessous de laquelle on aperçoit l’extrémité de la grande épine antérieure, L’extrémité interne, plus bas placée, cache la petite épine. La paroi interne de l’article est formée dans sa totalité par une série de courtes dents. La paroi opposée, pourvue de quelques poils, est doublée par une ligne courbe poilue. Un peu plus court et bien plus étroit, très rétréci à la base, le troisième article présente, vu par la face ventrale, une robuste épine vers le tiers supérieur interne et plus haut deux piquants plus grèles dont l’interne un peu plus court. Le bord externe se termine en un piquant plus réduit que les autres, en dedans duquel en est un autre très court. La face ventrale porte des écailles hérissées de longues soies, Ces écailles n'existent pas à la face dorsale du même article qui montre seulement les épines du bord interne. L’article suivant, bien moins volumineux que les précédents et rétréci à la base, montre un côté externe convexe, très sinueux, garni de quelques longs poils et terminé en pointe aiguë. Le cinquième, un peu plus long , décrit d’abord une concavité interne, puis une forte convexité. Le bord interne comme celui du quatrième article, porte de très longs poils qui entourent l’extrémité de l’article terminal, conique et le plus court de tous. Outre un article basilaire réduit, le palpe présente un second article cylindrique,
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renflé dans la moitié inférieure qui est parsemée de petites écailles poilues. Le troisième article n’offre aucune particularité ; il est suivi d’un dernier article conique, pourvu de soies marginales externes et pluriarticulé.
Les pinces droite et gauche mesurent les mêmes dimensions et reproduisent les mêmes détails. La pince gauche (pl. VII, fig. 9), comparée à celle de G. exa, présente l’une des caractéristiques de cette dernière; elle montre, en effet, une forte apophyse sur le bord interne du dactyle. Ce dernier décrit une courbure moins accentuée et les piquants marginaux externes sont bien plus robustes et disposés avec moins de régularité. En outre, les poils internes, moins longs, sont réunis en petits faisceaux. Enfin, examiné par la face interne (pl. VIT, fig. 11), le dactyle forme en avant une surface élargie et hérissée de fortes dents, en arrière desquelles se succède une rangée de dents bien plus petites. Le doigt immobile du propode, également moins recurvé et bien plus robuste que dans G. nexa, présente des piquants externes répartis avec moins de régularité ; de plus, l'extrémité libre est moins aiguë. Quant au corps du propode, il offre des épines marginales plus fortes, moins nombreuses et des détails tout à fait secondaires qui ne se retrouvent pas dans G. #exa.
Les pattes thoraciques des seconde, troisième et quatrième paires sont semblables entre elles. Elles sont construites d’une façon très peu différente de celle qu'affecte la seconde thoraciqne de G. exa. Recouvert d’écailles poilues entre lesquelles s'élèvent quelques piquants, l'ischion se termine en haut en formant quatre épines signalées précédemment à propos de cette dernière espèce. Le méros ne diffère de celui de G.nexa que par la présence d’écailles poilues et de piquants distribués sur la face dorsale, ainsi que par le nombre et la réduction des épines marginales internes (pl. VII, fig. 10).
La cinquième thoracique ne se différencie guère de celle de G. squamifera que par l'abondance des poils qui garnissent l’article terminal.
La première abdominale dans le mâle (pl. VIT, fig. 7) comprend deux articles dont le terminal, rétréci à la base, élargi au sommet, est en partie rabattu sur l’un des côtés, de manière à former une gouttière incomplète, tandis que l'angle antérieur, prolongé et pourvu de poils, se rabat également. La seconde abdominale
pl. VIL, fig. 8) diffère de celle de G. squamifera par l'allongement cylindrique
et la minceur de la base du second article, ainsi que par l'épaisseur de l'extrémité libre. Les trois pattes suivantes, pareilles entre elles, ne se distinguent pas de celles de G. squamifera, c’est-à-dire qu’elles comprennent chacune un article basilaire sur lequel s’insèrent deux articles cylindriques ajoutés bout à bout. La sixième abdominale est remarquable par les piquants qui garnissent l’apophyse inférointerne de l’article basilaire (pl. VII, fig. 13).
Les pattes abdominales des individus femelles sont construites de la même
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façon que la quatrième abdominale de G. squamifera femelle. Elles sont toutes semblables entre elles, contrairement à ce qui existe dans cette dernière espèce. Les pattes de la seconde paire sont un peu plus courtes que les autres dont la longueur est presque la même.
Les femelles portent des œufs peu avancés le 20 janvier. Certains individus, longs à peine de 15 millimètres et recueillis dans les fonds vaseux au large de
Mourepiano, portent déjà des œufs, le 3 février.
Genre GNATHOPHYLLUM LaATReILe.
Syn.: A/pheus Risso.— Drimo Risso, Roux.— Grathophyllum Latreille, M.-Edwards, Dana, Heller.
Dans son Histoire naturelle des Crustacés, H. Milne-Kdwards distingue dans la tribu des Palémoniens les genres Gnathophylle, Hippolyte, Rhynchocinète et Pandale, chez lesquels les antennes internes sont terminées par deux filets multiarticulés, et d'autre part, les genres Lysmate et Palémon, chez lesquels les antennules sont terminées par trois filets multiarticulés. Il y a la une inexactitude, du moins en ce qui concerne le G. gnathophyllum qui porte trois filets multiarticulés bien distincts à l'extrémité des antennes internes et qui, par suite, se range à côté des Lysmates et des Palémons proprement dits.
Dracnose.— Carapace oblongue, comprimée latéralement, renflée à la face ventrale, armée en avant d’un rostre oblique.— Ce dernier comprimé, tranchant, de longueur égale ou supérieure à celle des pédoncules oculaires, hérissé de dents courtes — Épine limitant en dehors la fosse orbitaire courte et aiguë. — Segments abdominaux I”, Il°, III‘ très gros; segments IV, V°et VI° réduits, les deux derniers rabattus à la face ventrale. — Antenne interne pourvue de trois filéts multiarticulés. — Mandibule large et garnie le long du bord interne de dents cylindro-coniques, parallèles, toutes de même longueur ; palpe uniarticulé.— Palpe de la première patte-mâchoire multiarticulé.— Seconde patte-mâchoire très développée et quadriarticulée; tige plus longue que le palpe.— Lèvre externe composée de cing articles, les trois premiers très développés, foliacés, recouvrant complètement la face buccale, les deux terminaux réduits et rabattus à la face interne du troisième article. — I" patte thoracique plus courte que la IT°; toutes deux bidactyles et pourvues d’un carpe court et non annelé.— Carpe des III°, IV* et V° thoraciques allongé et indivis; le dactyle denté sur le bord externe.
GNATHOPHYLLUM ELEGANS, var. BREVIROSTRIS PP AE EET7.
DraGnose. — Rostre de même longueur que les pédoncules oculaires, armé en
— Et —=
dessus de trois dents, — Filet externe supplémentaire de l’antennule composé de 6 ou 7 articles et bien-plus court que le palpe auquel il est annexé. Troisième article de la lèvre externe plus large que long et armé d’une rangée marginale de piquants internes. — Carpe des III", IV' et V° thoraciques pourvu d’une apophyse supéro interne ; dactyle muni de trois dents marginales externes.
Dans ses belles recherches sur la topographie zoologique du golfe de Marseille, M. le professeur A.-F. Marion a identifié avec le Gnathophyllum de Risso, certaines Salicoques remarquables par leur coloration rouge brique et tachetées de petits espaces sphériques plus clairs, disposés régulièrement sur tout le corps. Ces individus présentent cependant quelques particularités qui nous ont engagé à les considérer comme une variété de l’espèce type. La description incomplète de cette dernière ne nous a pas permis de pousser la comparaison jusque dans les moindres détails, mais la structure du rostre et de la lèvre externe représentés dans le Règne Animal, pl. 52, fig. 24, 2bet2c,ne se retrouve pas exactement dans les spécimens marseillais, et les différences constatées suffisent, croyons-nous, pour justifier notre détermination.
Les mesures prises sur un individu de taille ordinaire sont les suivantes :
Longueur totale, du rostre à l’extrémité du telson .................. 33"",0 » du céphalothorax.................. dois Co ee ORE 202,0 Largeur maximum du céphalothorax ..... Soon Oo Rnurt 9,0 Longueur de l’abdomen................................... +5829:0 Largeur maximum de l'abdomen ............... ............... 8,0 Longueur de l'antenne externe......... id tenta ee ep ee CUS D 23,5 » ÿ Ratdoee POS ME 0 Me PNEUS 2e DOC » de la lèvre externe ............4.........rs De CIO » de la première thoracique ....... .............. ..... 1 3,6 » de la seconde thoracique,............................. 720
Le rostre, aussi court que les pédoncules oculaires, forme une crête hérissée de trois piquants peu développés, séparés les uns des autres par de larges dépressions. La cavité orbitaire (pl. IX, fig. 10) réduite est limitée en dehors par une épine fine et aiguë. Bien plus vaste, la fosse antennaire s'étend jusqu’à l’angle saillant formé par les bords de la carapace. Celle-ci est oblongue, comprimée latéraiement, absolument lisse, très renflée à la face ventrale, mesurant sa plus grande largeur au niveau de l'insertion de la seconde patte thoracique.
L’antennule (pl. IX, fig. 12) présente un pédoncule triarticulé dont l’article basilaire volumineux, terminé en haut et en dedans en pointe effilée, du reste assez courte, forme une robuste apophyse que surmonte en dehors une longue épine. A cet article est annexée extérieurement une écaille auditive peu développée,
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conique, convexe en dehors, irrégulièrement concave en dedans, absolument glabre. Les deux autres articles, bien plus réduits, mesurent des dimensions de moins en moins grandes et constituent des apophyses aiguës, le second article à l'extrémité du bord externe, le troisième article au sommet du bord interne. Tous deux sont dépourvus de poils. Le fouet interne pluriarticulé n’offre rien à signaler. Le palpe comprend dix-huit articles basilaires cylindriques, un peu plus larges que ceux du fouet, et donnant insertion à deux flagellums dont l’externe très réduit et grêle consiste seulement en 6 ou 7 articles avec poils marginaux internes.
Bien plus longue que l’antennule, l’antenne externe (pl. IX, fig. 9) montre une large et volumineuse écaille, rétrécie à la base, renflée et légèrement anguleuse vers le milieu du bord interne, terminée à l'extrémité du bord opposé en pointe triangulaire moins haute que la face antérieure arrondie de l’écaille. Le flagellum multiarticulé et très long décrit d’abord une légère courbe et se dirige ensuite franchement en arrière.
La mandibule (pl. IX. fig. 5) consiste en une robuste pièce irrégulièrement quadrangulaire dont le bord interne, quelque peu convexe, est armé de nombreuses dents cylindro-coniques, grêles, parallèles, rangées les unes à côté des autres. Les bords postérieur et intérieur, les plus longs, présentent une succession de saillies et de dépressions. La face libre est parsemée de nombreuses taches pigmentaires. Enfin un volumineux article trapu, légèrement concave en haut, atténué vers le sommet qui porte un seul poil barbelé, constitue le palpe:
Le fouet et le palpe de la seconde mâchoire (pl. IX, fig. 16) ont une forme remarquable. Le fouet se constitue par une pièce allongée très étroite, surtout dans la partie inférieure. Quant au palpe, c'est un assez volumineux article conique, à bords sinueux et complètement glabres.
La première patte-mâchoire présente un endognathe divisé en une portion interne, glabre, composée elle-même de deux mamelons très réduits et en une portion externe excessivement développée, cylindro-conique, pourvue de fins poils le long du bord interne et tout autour du sommet. Une lame conique, peu résistante, aplatie, dépourvue de poils, pouvant s’enrouler sur elle-même, forme le mésognathe. Le palpe et le fouet sont intimement soudés dans la presque totalité de leur étendue, mais le palpe est libre vers le haut et affecte alors la forme d'un appendice cylindrique, multiarticulé, dont le sommet dépasse beaucoup celui de l’endognathe.
La seconde patte-mâchoire (pl. IX, fig. 6) est remarquable par son grand développement et par le petit nombre (quatre) des articles qui composent la tige. La longueur totale de celle-ci mesure 9" lorsqu'on la distend, et sa plus grande
mm
largeur atteint 3"",2. Le premier article est un cylindre étroit qui s’élargit beau-
coup à l'extrémité du bord interne, de manière à constituer une très large face articulaire pour l'insertion du second article. Ce dernier, long de 3°”, a l’aspect d’un triangle dont le côté le plus court est basilaire. Des deux autres, l’externe décrit une convexité régulière, et l'interne, bien moins allongé, une concavité qui présente près de l'extrémité supérieure une saillie assez sensible. Quant à l’angle résultant de la réunion des bords interne et externe, il est tronqué et donne attache au troisième article. Celui-ci, le moins volumineux de tous, est une courte pièce pourvue d’une apophyse basilaire interne. Comme les deux précédents, il est absolument glabre. Enfin le quatrième article dont le sommet se cache normalement sous l’article 2, a la forme d’un croissant à bord externe convexe et à bord interne franchement concave. Ce dernier porte une seule soie terminale, tandis que des piquants assez fournis garnissent la totalité du bord opposé. Le palpe dont la minceur est typique, consiste en un long article renflé dans le tiers inférieur où il porte quelques poils espacés. Il est suivi de six articles très courts et munis de poils marginaux externes. La longueur du palpe est inférieure à celle de la tige distendue.
La lévre externe (pl. IX, fig. 7) recouvre complètement la face buccale et dépasse même l'extrémité antérieure du céphalothorax lorsqu'elle est distendue, c’est-à-dire lorsqu'on ramène en avant les deux articles terminaux de la tige qui, normalement, sont rabattus à la face interne du troisième article. La tige, imparfaitement représentée par Heller et par M.-Edwards, consiste en cinq articles et et non pas en quatre. Développé en largeur, le premier atteint sa plus grande longueur au niveau du bord interne; il présente une face supérieure articulaire concave dans la presque totalité de son étendue, relevée et anguleuse extérieurement. Il est presque entièrement glabre. Le second article a la forme d’un triangle dont le sommet est tourné en dehors, tandis que la base correspond au côté interne, le seul qui porte de longs piquants. L'article suivant, très volumineux et quadrangulaire, mesure 47" de largeur. Assez peu convexe, à la face libre, il dessine, à la face opposée, une concavité très sensible que l'on retrouve, quoique un peu moins accentuée, sur les autres articles. Les bords interne et externe sont convexes et pourvus de poils peu serrés accompagnés en dedans de courts piquants.
L’angle supéro-interne tronqué forme une petite face articulaire pour l’insertion du quatrième article. Ce dernier, relativement très petit, est un ovoïde aplati en dedans et à ses deux bouts; il porte quelques poils marginaux internes. Enfin, l'article terminal ovale, quelque peu rétréci à la base, pourvu de poils internes, porte, en outre, Sur la face libre des poils courts, épars, existant aussi sur le précédent article. Quant au palpe qui s’insère à la face externe du premier article de la tige, il consiste en un article conique garni vers la base de poils externes et
en cinq ou six articles courts avec soies marginales. Le sommet du palpe atteint celu' du quatrième article.
Un peu plus courte que la seconde, la première thoracique (pl. IX, fig. 11) présente des articles cylindriques pour la plupart renflés au sommet et dépourvus de poils. Le méros, puis le carpe, l’ischion et le propode se raccourcissent successivement. Le doigt immobile (pl. 1X, fig. 17) terminé en pointe recurvée, porte des poils marginaux externes ; le bord interne ne présente aucune denticulation. A peine un peu plus long, le dactyle se termine en pointe recourbée. Dépourvu de dents, il montre seulement des pinceaux de poils vers le tiers supérieur de la face dorsale,
La seconde thoracique diffère de la précédente par le raccourcissement du carpe, l'allongement du propode et les détails de structure de la pince (pl. IX, fig. 13et 15). Le doigt immobile porte dans le tiers inférieur du bord interne deux dents ou apophyses aiguës dont l’inférieure est la plus volumineuse. Pareillement, le dactyle présente deux dents qui s'engrènent avec les deux opposées. II se termine en pointe tournée en dedans; il est un peu plus long que le doigt immobile.
Les trois autres pattes, semblables entre elles, ne se distinguent les unes des autres que par leurs dimensions. La longueur des diver sarticles est exprimée par la proportion 6, 4, 5, 3, 7, 1,2. Ces articles sont des cylindres en général dépourvus de poils. Le carpe (pl. IX, fig. 14) forme à l'extrémité supéro-interne une forte apophyse conique et le dactyle est un cône très effilé au sommet et pourvu, le long de la paroi externe, de trois dents aiguës dont la basilaire rudimentaire.
L'abdomen se replie à la face ventrale au niveau du quatrième segment. La largeur des anneaux est la suivante : 3, 2, 1, 6, 5, 4. Tous sont comprimés latéralement et entierement lisses.
Les pattes abdominales n'offrent rien de particulier. Chacune d'elles comprend un article basilaire suivi de deux lames garnies de soies marginales. La sixième (pl. IX, fig. 8) présente une lame externe divisée par une double dépression en deux parties dont l’inférieure arrondie porte des soies. L'étranglement du bord externe montre deux piquants dont le plus interne est le moins volumineux. Bien plus longue est la lame interne remarquable par une dépression arrondie qui entaille le bord externe.
De longueur presque égale a celle de la lame externe, le telson est une pièce atténuée vers le sommet. Celui-ci forme une courte saillie conique et médiane de chaque côté de laquelle est un volumineux piquant. Entre ce dernier et la saillie médiane s'implante une soie assez courte. Enfin, le long des parois du telson et dans la moitié postérieure, existent trois paires de piquants assez peu développés.
NIKA EDULIS Risso.
PI. IX, fig. 18-26 et pl. X, fig. 1-7,
Diacnose. — Rostre à peine un peu plus court que les yeux. — Écaille auditive rudimentaire, quadrangulaire, prolongée en haut et en dedans. — Palpe de l’antennule composé de 41 articles. — Écaille de l'antenne externe étroite et plus longue que le pédoncule du flagellum.— Article terminal de la tige de la lèvre externe, pourvu d’un fort piquant vers le milieu du bord externe ; lèvre externe un peu plus longue et plus trapue que la première patte thora-
cique. — Première thoracique gauche aussi longue et aussi trapue que la droite, — L'ischion de la seconde thoracique droite pourvu de 4 fausses articulations, le méros de 13 et le carpe de 42. — Le méros de la seconde
thoracique gauche pourvu de 4 fausses articulations et le carpe de 24.
Les mesures prises sur un individu de taille ordinaire sont les suivantes :
Lotevenrniiotale dUAEOSEre AUtElODA se MR ele rc ec 5h Oo Largeur du céphalothorax au niveau du premier segment abdominal.. 7,0 Ponsmeur détlabdoment RARE 2 ele nr dues ceci 24,0 Largeur de l'abdomen au niveau du deuxième segment abdominal.... 6,0
» de l’abdomen au niveau du sixième segment abdominal ...... 3,0
Les individus recueillis dans les graviers des Goudes, par 35 mètres, présentent une réduction de taille évidente. Les dimensions ordinaires sont les suivantes :
Monpueurtoraletduirostrepautels one, Re A ce 18720 Largeur du céphalothorax, au niveau du premier segment abdominal.. 3,5 LR M Eros O0 60 NO PC EC 12,0 Largeur de l'abdomen au niveau du deuxième segment abdominal.... 2,5
» de l’abdomen, au niveau du sixième segment abdominal... . 2,0
Le corps présente une coloration rouge tachetée de jaune.
La carapace (pl. IX, fig. 20) lisse, glabre, allongée, quelque peu comprimée à la face dorsale et sur les flancs, se renfle légèrement en arrière où elle offre sur la ligne médiane une échancrure dorsale laissant à découvert le cinquième anneau thoracique, particularité que l’on retrouve par exemple chez les Lophogaster typicus Sars, et que l’on doit considérer comme formée en vue de la beauté de l'animal et non pas comme un arrêt de concentration. Elle se termine en avant par trois pointes dont une, celle du milieu ou rostre, est la plus longue, la plus robuste, impaire et quelque peu infléchie vers le bas. Des deux autres qui sont paires, la plus externe n’est autre que l'épine antennaire formée par le prolongement des paroïs du céphalothorax; plus réduite, l’interne limite en dehors la fosse
orbitaire. Les yeux, supportés par des pédoncules qui sont fortement étranglés vers la base, dépassent à peine l'extrémité rostrale, tandis que le contraire aurait lieu d’après V. Carus (Prodromus Faunæ Medit., Arthropoda, 1885, page 484).
Aplati sur le dos, l'abdomen se recourbe à la face ventrale, sous le céphalothorax, à la hauteur du quatrième segment. De ces segments le second, puis le troisième, sont les plus longs et les plus larges; vient ensuite le premier comme largeur. A partir du troisième, les anneaux se rétrécissent progressivement.
Les antennules (pl. IX, fig. 24) s’insèrent à la face ventrale, immédiatement sous les pédoncules oculaires et un peu en avant. Chacune d'elles comprend un pédoncule triarticulé, un fouet et un palpe. Le premier article pédonculaire, très élargi à la base, s’amincit ensuite et s’excave latéralement pour se renfler de nouveau au sommet. Plus long que les deux autres articles mesurés ensemble, i} porte à la base une petite écaille auditive, quadrangulaire, dont l'angle supérointerne est saillant, tandis que l’angle externo-médian présente quelques poils. Plus régulier est le second article qui s’atténue un peu en avant où il forme un piquant interne. Un peu moins volumineux est l’article terminal qui présente deux faces articulaires disposées sur deux plans. De longs poils barbelés marginaux et des poils plus courts, dorsaux, hérissent le pédoncule. Plus long que le corps de l'animal, le fouet se rabat ordinairement en arrière ; il se compose d’un nombre considérable d'articles munis chacun d’un poil interne très court, sauf vers la base où ces poils sont longs et barbelés. Le palpe, bien moins développé, comprend d’abord vingt-quatre articles garnis en dehors de longues soies et en dedans de poils courts, puis quatorze autres articles plus grêles et dépourvus de soies.
Les antennes externes (pl. IX, fig. 22) prennent leur insertion en arrière eten dehors des pédoncules oculaires. Chacune d’elles montre une écaille très étroite et très longue, quelque peu déprimée en dehors, convexeet garnie de soies en dedans, obliquement tronquée et amincie au sommet qui est également pourvu de soies. Cette écaille est plus allongée que le pédoncule du flagellum pluriarticulé.
La mandibule (pl. X, fig. 1) constitue un appendice composé de deux articles dont le terminal s’élargit peu à peu jusqu’au sommet divisé par une profonde entaille en deux portions. L’une d’elles présente deux fortes apophyses en arrière desquelles se trouve une rangée verticale de piquants un peu plus robustes. Plus étroite, l’autre portion porte également deux fortes denticulations, escortées de dents plus réduites.
La première mâchoire est surtout remarquable par la forme du palpe qui s’effile et se coude à angle aigu non loin du sommet (pl. IX, fig. 18).
La seconde mâchoire (pl. IX, fig. 25) montre un fouet allongé, assez grêle, quadrangulaire dans le tiers supérieur, triangulaire dans le tiers supérieur, déprimé vers le milieu du bord externe. Le palpe est uniarticulé, conique, concave
en dedans et terminé par un poil unique. L'endognathe est très irrégulier et comprend quatre mamelons successifs, peu développés dont les deux postérieurs et internes sont absolument glabres.
La première patte-mâchoire (pl. IX, fig. 23) présente un fouet dont le développement est bien moindre que celui du palpe. Le fouet, dépourvu complètement de poils, comprend une portion supérieure conique et rétrécie vers le haut, et une portion inférieure plus volumineuse, à parois très sinueuses, que termine tout à fait en arrière un petit mamelon sphérique. Le palpe se constitue par une large pièce bordée de soies et atténuée postérieurement, ainsi que par un appendice cylindrique plus interne, sinueux, poilu et uniarticulé non loin de son extrémité libre. À peine aussi long que la pièce basilaire externe du palpe, le mésognathe consiste en un cylindre légèrement arqué en dedans et tronqué obliquement au sommet. Enfin une volumineuse pièce, garnie de poils marginaux, représente l’endognathe, qui comprend également une pièce plus interne non représentée dans la fig. 23.
Sur l’article globuleux et basilaire de la seconde patte-mâchoire (pl. IX, fig. 26) s’insère un fouet quise dirige en dehors et en bas et comprend deux articles : le premier, coudé à angle obtus et élargi à la base, se rétrécit ensuite et devient cylindrique. Le second, plus court, est un cylindre à bords irréguliers. Tous deux sont glabres. Six articles forment la tige. Le second a la forme d’un quadrilatère dont l’un des angles tronqué correspond à l'insertion inférieure, tandis que le côté opposé constitue une double articulation pour le palpe et pour le troisième article. Les deux côtés, placés en dedans, portent seuls quelques poils. Le troisième article, glabre et réduit, est un triangle à sommet tourné en bas et à base correspondant à l'articulation supérieure. Un ovoïde tronqué postérieurement représente l’article suivant, encore plus réduit. Le cinquième article, presque aussi volumineux que le second, s’effile en pointe à l'extrémité du bord interne, tandis que le bord antérieur en forme de S et le sommet du bord externe portent de longues soies. Enfin l’article terminal est un triangle dont la base est interne et dont le bord libre sinueux est hérissé de poils barbelés.
La lèvre externe (pl. X, fig. 3) montre, insérée sur un article basilaire, une tige quadriarticulée qui est un peu plus longue et plus trapue que la première patte thoracique. Le premier article, très réduit, présente une face articulaire externe pour l'insertion du palpe. Le suivant, le plus long et le plus volumineux de tous, est un large cylindre rétréci dans le bas, pourvu de bouquets de poils marginaux et peu serrés. Le troisième article s’élargit graduellement à partir de la base et porte des bouquets externes et espacés de poils courts, tandis que le bord externe n’en montre que dans la moitié supérieure dentelée. L'article terminal, conique, aussi long que le précédent, est remarquable, outre les nombreux pinceaux de
poils dont sa surface est hérissée, par les piquants qui garnissent la moitié snpérieure du bord externe. Quant au palpe, il est bien moins long que le second article de la tige et consiste en un article basilaire développé, cylindrique, glabre, suivi de 13 ou 14 petits articles dont les dimensions diminuent progressivement jusqu’au sommet. De longs poils garnissent ces articles terminaux.
Les pattes thoraciques de la première paire, moins longues et plus robustes que tous les autres membres thoraciques, sont dissemblables. Celle de droite (pl. X, fig. 6) présente un méros remarquable par la face supérieure taillée obliquement, un ischion qui a la forme d’une cuisse aplatie en dehors et qui est le plus long et le plus volumineux des articles, un carpe qui, très aminci à son insertion inférieure, s’élargit presque aussitôt et a l'aspect d’une cloche, enfin une pince. Celle-ci (pl. IX, fig. 19) montre un propode ovale allongé, quelque peu aplati en dehors, pourvu de deux fortes saillies coniques vers la moitié interne de la face antérieure, prolongé enfin en un doigt immobile très aminci à son origine, par suite d’un étranglement profond, recurvé en dehors vers le tiers supérieur où il s’effile.
Plus large est la base du dactyle qui reproduit ensuite presque exactement les détails du doigt. Des poils isolés ou groupés existent surtout sur le bord interne des divers articles, tandis qu'ils sont bien moins fréquents sur les bords opposés.
De même dimension que la droite, la première thoracique gauche (pl. X, fig. 6) en diffère par la forme des articles, surtout à partir de l’ischion. Le méros est plus aminci à son insertion inférieure, le carpe est à peine un peu moins large à Ja base qu'au sommet et la pince n'existe pas. Le propode consiste, en effet, en un long article conique, concave en dedans et le dactyle en une courte griffe portant, vers le milieu du bord interne, une saillie arrondie et hérissée de fins poils. Des poils plus longs se remarquent sur les divers articles, surtout le long du bord interne ; 1l en existe également à la face dorsale du carpe et du propode.
La seconde patte thoracique droite, représentée dans le Règne animal, pl. 52, fig. 1c,ne montre pas exactement les détails des divers articles. Le coxa (pl. X, fig. 7) est une pièce quadrangulaire, élargie vers l’insertion basilaire et pourvue de deux mamelons arrondis sur le bord externe. Le basos se réduit à un petit article élargi en haut où il se prolonge antérieurement en un long piquant. Les trois articles suivants sont de tres longs cylindres. Le moins long et le plus large des trois, l’ischion, présente quatre fausses articulations à partir du milieu de son étendue, tandis qu'il offre dans la moitié inférieure une aile membraneuse triangulaire. Plus développé et plus grêle, le méros montre treize fausses articulations sinueuses, tandis que le carpe, encore plus allongé et plus étroit, en possède quarante-deux. Le propode (pl. X, fig. 2) consiste en un article cylindrique régulier, glabre; son doigt a l’aspect d’un fuseau dont l'extrémité supérieure se recourbe en dehors et dont la face dorsale porte deux touffes de longs poils. Moins régu-
lier et plus trapu, le dactyle présente trois dépressions internes et une extrémité snpérieure effilée et recourbée en dedans; un pinceau de poils orne la face dorsale de cette extrémité. Sauf cette pince, les articles sont glabres (carpe et méros) ou portent (ischion, basos, coxa) de rares et courts poils marginaux.
La seconde thoracique gauche se distingue de la droite par sa longueur un peu moindre et par le nombre plus restreint des fausses articulations du méros (4 au lieu de 13) et du carpe (24 au lieu de 42).
Les autres membres thoraciques sont monodactyles et tous semblables, abstraction faite de la longueur : ceux de la cinquième paire sont les plus courts, puis ceux de la troisième paire. Chacun d’eux comprend (pl. X, fig. 4) un coxa court et large, un basos plus étroit et plus allongé, ainsi que quatre articles cylindriques, grèles, pourvus de poils marginaux très fins, plus robustes et plus fournis cependant sur le propode. Enfin le dactyle est un crochet conique, recourbé, terminé par un bouquet de poils.
La première patte abdominale présente un premier article cylindrique légerement rétréci au sommet, garni de longs poils le long du bord externe, tandis que le bord opposé porte quelques poils simples plus courts ainsi que quatre piquants. Des deux lames terminales bordées de soies, l’interne est une fois plus courte et un peu moins large. La seconde patte abdominale diffère de la précédente par la moindre réduction de la lame terminale interne à laquelle est, en outre, annexé un petit appendice marginal interne, cylindrique et légèrement renflé au sommet. La troisième est un peu plus longue, la cinquième un peu plus petite que la seconde, la quatrième de taille égale à celle-ci; toutes sont identiques. Leur article basilaire se différencie de celui de la première patte par le raccourcissement des piquants internes qui sont au nombre de cinq. Enfin la sixième (pl. IV, fig. 21) présente un article basilaire très peu développé et deux lames dont l’externe, plus longue et plus volumineuse, est divisée à l'extrémité inférieure par une profonde échancrure qui montre deux piquants. La lame interne, ovalaire, porte, comme la précédente, des poils épars sur la totalité de la face dorsale.
Le telson (fig. IX, pl. 21) est une pièce plus courte que les lames de la sixième patte. Élargi à la base, quelque peu concave dans la plus grande partie de ses bords, il forme à l'extrémité postérieure un angle très obtus. Ce dernier porte un seul poil composé de chaque côté duquel existent d’abord deux poils plus longs et ensuite deux piquants. La face dorsale est hérissée de poils très courts et très espacés; elle montre aussi, presque sur les côtés, deux paires de petits piquants.
LYSMATA SETICAUDATA PI. X, fig. 8-23.
Diacnose. — Rostre plus court que l’écaille externe, sexdenté en-dessus, bidenté
en dessous, — Ecaille auditive triangulaire et aussi longue que les deux 5-17
premiers articles pédonculaires de l’antennule. — Tige dela lèvre externe composée de six articles grêles dont les deux terminaux garnis de courts piquants externes. — Seconde patte thoracique plus longue que la lèvre externe; le carpe formé de 31 articles successifs très courts. — Sommet du dactyle des III°, IV° et V° pattes thoraciques pourvu de deux griffes. — Telson bordé de soies dans les deux tiers postérieurs.
Les mesures prises sur un individu de taille moyenne sont les suivantes :
Pongueuritotalesdurrostre ani felson- en. mi. 41°°,0 — dis céphalothorax. 2er nee merters ce chan rn. 15,0
Parsetromaimumiduncepnalo thorax PEER Tree ER EE 9.0 imairimunidelabdomeNsT ie. eat PTE 8,0
Ponsueurdelaflévresestenme Pr AV RC ER EL PC 17,0 —. dela premiereipattoithoraciquee Ne et -eee 16,0 — dela/secandethoraeique- Here CE re 24,5
Cette espèce, d’un rouge corail interrompu par des lignes longitudinales blanchâtres, représente à elle seule le genre ZLysmata Risso (G. Melicerta Risso antea) remarquable par la multiarticulation du carpe de la seconde patte thoracique et par la présence d’un appendice palpiforme aux trois dernières paires de pattes thoraciques.
De longueur médiocre, atténué dans la moitié antérieure, quelque peu saillant le long des faces latérales et sur le milieu de celles-ci, le céphalothorax (pl. X, fig. 18) présente sur la ligne médiane dorsale une crête prolongée antérieurement en un rostre efflé, comprimé, sensiblement relevé, plus court que l’écaille des antennes externes. Cette crête,qui n’est autre que l'origine du rostre, est armée de six dents robustes. À la hauteur des deux antérieures de ces dents, maisen dessous du rostre, existent deux dents plus grêles et plus rapprochées. La fosse orbitaire (pl. X, fig. 23) arrondie s'étend entre le rostre et une épine oculaire aiguë, plus courte que les yeux et dépendant du bord frontal de la carapace. Cette épine montre à sa base interne une saillie triangulaire poilue. Plus antérieure est la cavité antennaire que limite en dehors l’extrémité des parois du céphalothorax; cette extrémité dépasse l’épine oculaire ; ses bords sont lisses, tandis que quelques piquants très réduits hérissent le bord externe de l’épineoculaire. Les pédoncules oculaires sont très courts et les yeux atteignent à peine l'origine des dents ventrales du rostre.
Régulièrement convexe sur le dos, l'abdomen se rétrécit graduellement vers le bout et peut se rabattre ou se déployer à volonté. La longueur des divers segments est exprimée par la proportion 6, 2, 3, 5, 4 et 1. Le premier segment montre à l'extrémité antéro-ventrale deux courts piquants.
Le pédoncule des antennules (pl. X, fig. 9) est triarticulé. Le premier article est un cylindre légèrement tordu, atténué en avant, prolongé en pointe à l’extrémité du bord interne, arrondi à l'extrémité du bord opposé, laquelle porte six courts piquants. L’écaille auditive qui lui est annexée est une lame triangulaire allongée, glabre, aussi longue que les deux premiers articles pédonculaires mesurés ensemble. Le second article forme une courte apophyse antéro-interne et porte un petit piquant à l’extrémité opposée. Quant au troisième article, il n'offre rien de particulier, si ce n’est la présence de deux petits piquants au sommet du bord externe.
Le fouet se compose d’un grand nombre d'articles cylindriques dont la longueur est extrêmement variable, et pourvus de quelques rares poils. Risso, le premier, puis H. Milne-Fdwards et les divers autres carcinologistes ont décrit ce fouet comme pourvu d’nn filet multiarticulé supplémentaire, de telle sorte que les Lysmata reproduiraient l’une des caractéristiques les plus importantes du genre Palæemon et du genre Gnathophyllum. Ce filet n'existe pas dans les individus marseillais, bien que ces derniers se rapportent par tous leurs autres caractères à Lysmata seticaudata. Le palpe, plus volumineux, comprend une longue série d'articles plus larges que longs, pourvus à la face dorsale de poils très fins, très courts et distribués sur des rangées parallèles.
L’antenne externe (pl. X, fig. 17) montre une volumineuse écaille bien plus longue que le rostre. Prolongée au sommet du bord externe en une forte épine triangulaire qui dépasse la face antérieure, cette écaille présente une paroi externe quelque peu rabattue, dans la presque totalité de son étendue, sur la face dorsale. Le flagellum, inséré sur un volumineux article basilaire, comprend deux gros articles qui, mesurés ensemble, sont bien plus courts que l’écaille et sont suivis de courts articles cylindriques.
Dépourvue de palpe, la mandibule (pl. X, fig. 11) consiste en une unique pièce armée sur la face antérieure libre de quatre robustes saillies, très inégales, à sommet ordinairement arrondi, avec un seul pinceau de poils.
La mâchoire de la première paire (pl. X, fig. 12), conformée sur celle des Palémons, comprend une forte lame ovoïde, tronquée en avant où s'élève une longue rangée de denticulations qu’accompagnent des poils fins et peu nombreux Plus en dedans est une autre lame plus petite, conique, recurvée, dont le sommet tronqué est pourvu de trois dents, précédées ou accompagnées de quelques poils. Enfin le palpe se constitue par un appendice assez développé, coudé vers le tiers supérieur qui se relève. L’extrémité libre bifurquée porte quelques poils courts.
La seconde mâchoire (pl. X, fig. 10) possède un endognathe formé par deux James. L'interne, qui fait défaut dans Palæmon treillianus par exemple (voyez Heller, pl. IX, fig. 3), se subdivise à son tour en deux portions très inégales, la
plus interne représentée par un court mamelon conique glabre, l'autre plus large aplatie, pourvue de poils. Bien plus développée, la lame externe offre deux lamelles séparées par une assez profonde dépression et sétacées. Un mamelon conique avec poils terminaux et marginaux représente le palpe qui est un peu plus court que la lame externe de l’endognathe. Enfin le fouet bien développé, arrondi en haut, anguleux en bas, est divisé en deux portions presque égales par un petit étranglement.
La première patte-mâchoire (pl. X, fig. 19) présente un endognathe divisé par une dépression peu accentuée en une lame interne et en une lame externe, celle-ci la plus grosse et anguleuse. Le mésognathe se réduit à un appendice gréle, un peu plus long que la lame externe précitée, garni de fins poils marginaux internes, quelque peu recourbé en dedans. Le palpe offre une portion basilaire élargie, irrégulière, sétacée, arrondie en haut où elle se prolonge sous forme d’un cylindre recurvé en dehors, multiarticulé dans la moitié supérieure garnie de longs poils. Cette structure rappelle celle des Pa/æmon, abstraction faite du fouet qui manque dans Lysmata.
La tige de la seconde patte-mächoire (pl. X, fig. 1$) est très remarquable par la réduction des IT*, III*, IV* articles et par le développement du sixième article supérieur à celui du cinquième. Le sixième article est inégalement divisé par une rangée de poils qui en traverse la largeur ; sa face antérieure est armée de fortes dents, très serrées entre elles, et que l’on retrouve en moins grand nombre dans les deux tiers antérieurs externes du cinquième article.
Inséré sur le prolongement antéro-externe du premier article de la tige, le palpe montre un article très court suivi d’un autre article conique, allongé en forme deS, plus long que la tige, poilu dans le voisinage du sommet.
Six articles composent la tige de la lèvre externe qui est très grêle et à peine un peu plus longue que la première patte thoracique. Le premier article (pl. X, fig. 22) constitue une saillie extérieure en forme de bec et le second, le plus réduit, est un triangle dont la base correspond à la paroi interne. Les articles suivants sont des cylindres assez réguliers, mais de longueurs dissemblables. Le troisième, puis le cinquième sont les plus longs, le sixième est de beaucoup le plus court. Tandis que le troisième est entièrement glabre, il y a des poils marginaux sur les articles qui suivent. Le cinquième porte, en outre, trois courts piquants marginaux externes ; il y en a cinq sur l’article terminal. Distendu, le palpe est aussi long que les IT°, IIT° et IV* articles mesurés ensemble. Très grêle, pourvu d’un renflement oviforme non loin de son insertion, il a l’aspect d’un appendice très irrégulier, multiarticulé et poilu dans la moitié supérieure.
Les deux premières paires de membres thoraciques ont une pince bidactyle Ceux de la première paire montrent chacun (pl. X, fig. 20) un long méros cylin-
drique, renflé vers le milieu, aminci surtout à la base et presque complètement glabre. Plus régulier et plus court, lecarpe est garni de poils marginaux internes assez espacés. Le propode (pl. X, fig. 8), renflé à la base, s’amincit ensuite pour former enfin un doigt assez étroit, dépourvu de dents et terminé en pointe dirigée vers le dactyle. Celui-ci, un peu plus long et plus large, dirige son extrémité libre en sens inverse. De rares poils sont épars sur la pince.
Bien plus longue et bien plus grêle, la seconde patte (pl. X, fig. 21) présente, sans parler de l’ischion et du méros qui sont des cylindres réguliers garnis de quelques poils, un carpe remarquable par sa longueur bien supérieure à celle des deux articles précédents mesurés ensemble. Le carpe se compose de 31 articles plus larges que longs, pour la plupart dépourvus de poils. Le propode (pl. X, fig. 16) est une courte pièce efflée au sommet, au-dessous duquel est une petite dent externe. Le dactyle, à peine plus volumineux que le doigt du propode, se termine en pointe efñilée; il est dépourvu de dents. Quelques poils, surtout à l'extrémité, ornent la pièce.
Les pattes de la IIT°, IVe et V: paires sont semblables entre elles et monodactyles, Le dactyle (pl. X, fig. 14) consiste en un article conique, à bord interne sinueux, à bord externe irrégulier, concave et garni de deux piquants, à sommet bifurqué et se terminant sous forme de deux robustes épines. Le propode est un long article cylindrique dont la paroi externe est armée de 14 piquants, tandis que la paroi opposée et la face dorsale portent de longs poils espacés. Bien plus réduit est le carpe qui s’élargit peu à peu jusqu'au sommet où le bord interne se termine par une forte apophyse. Le méros, un peu plus long que le propode, montre trois robustes piquants externes et quelques longs poils internes ; c’est un cylindre légèrement recourbé en dedans. De longueur presque semblable à celle du carpe, l’ischion n'offre rien de particulier, ainsi que les deux autres articles.
Les cinq premières pattes abdominales ne présentent rien de remarquable. La sixième (pl. X, fig. 13) montre un article basilaire dont la face postérieure est divisée par une dépression arrondie en deux portions dont l’externe s’allonge sous forme d’une épine, tandis que l’interne, bien plus courte, est un simple mamelon conique. Des deux rames annexées à la fourche caudale, l’externe, la plus développée se termine postérieurement et en dehors en forme de pointe, en dedans de laquelle est une dépresssion pourvue de deux robustes piquants. À peine un peu plus longue que le telson lui-même, la rame interne n’a rien de particulier.
Le telson est une lame quadrangulaire dont les côtés sont convexes et sinueux. Le bord postérieur forme une courte saillie médiane hérissée de quelques fines soies. La face dorsale est glabre; elle présente trois paires de courts piquants, implantés dans le voisinage des parois qui sont sétacées dans les deux tiers postérieurs de leur étendue.