‹ Révision des crustacés podophthalmes de golfe de Marseille, suivie d'un essai de classification de la classe des crustacésChapitre 37 sur 59 · CRANGON CATAPHRACTUS · texte numérisé non relu

CRANGON CATAPHRACTUS

PI. XII, fig. 3-18.

Dracnose. — Rostre non séparé de la région gastrique, plus court que les yeux, divisé en deux branches triangulaires très courtes dont l’écartement décrit un V.— Céphalothorax pourvu de 7 carènes longitudinales épineuses : la

médiane composée de 5 épines dont 3 dans la région gastrique et 2 dans la région cardiaque ; la première latérale de 9, la seconde latérale également de 9, la troisième paire ou la ventrale de 10. — Carène gastro-cardiaque composée de 4 épines.— Région gastrique pourvue d’une petite dent placée entre la carène médiane et la première carène latérale. Segment oculaire et olfactif indistincts ; une épine située entre les précédents segments et la région hépatique; celle-ci séparée de la région branchiale par la seconde carène latérale. Région branchiale traversée dans sa longueur par la carène ventrale qui la subdivise en deux portions. — Segments abdominaux carénés et sculptés, le V° portant 2 carènes latérales, le VI° une seule. — Écaille auditive irrégulièrement triangulaire, dessinant un angle antérieur dentelé et dépassant le sommet du premier article pédonculaire de l’antennule. Celui-ci et le suivant pourvus chacun d’une longue épine supéro-externe. Fouet interne formé de 14 articles et palpe de 8 articles.— Écaille de l’antenne externe plus courte que le pédoncule du flagellum, dentelée sur le bord externe qui constitue une large pointe triangulaire dépassant l'extrémité supérieure également triangulaire du bord interne.— Tige de la lèvre externe quadriarticulée : second article le plus long, aminci et concave de chaque côté de la moitié inférieure; quatrième article conique, hérissé sur la face dorsale de robustes piquants.

Troisième patte thoracique la plus grêle.

Longueur respective des membres thoraciques : 1, 3, 4, 6, 2.

Cette espèce, identifiée par Bell à Crangon spinosus (loc. cit., p. 261), se rapporte à une forme différente, parfaitement caractérisée, comme l’a très bien compris Heller. Les individus que nous rapportons à Ç. cataphractus sont identiques à ceux désignés sous ce nom par ce dernier naturaliste.

Les mesures prises sur un spécimen de taille ordinaire sont les suivantes :

Longueur totale (du telson à l’extrémité du rostre)........,..,..... 32"®,0 — AHÉCÉDOAIOE OA EE Pie int es nine dre Me deu ee V0 9:0

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Longueur de l’antenne externe... ... DaD oo dora 00.2 Ua pote ne 16,0 — dé l'antennule en Er ee : : 5,0 dela lèvrerexterne.-e rer d0 00006 DAT RS Haie 9,5

Le céphalothorax, vu de face, montre l'aspect figuré pl. XII, fig. 14, aspect quelque peu différent de celui représenté par Heller (loc. cit., pl. VIL fig. 12). Le rostre, plus court que les yeux, a le sommet divisé en deux branches triangulaire aiguës, petites, dont l’écartement décrit un V. En arrière du rostre, le long de la ligne médiane, est la carène impaire dorsale armée de cinq épines dont l’antérieure très réduite est presque entièrement effacée dans certains individus. De ces épines, les trois premières dépendent de la région gastrique, les deux autres de la région cardiaque ; toutes portent des poils à leur base. Sur les parois de la carapace s’étagent trois paires de carènes : la première latérale est une crête longitudinale, décrivant une courbe dont la convexité regarde en dehors; elle porte neuf piquants qui augmentent de dimensions d’arrière en avant; — la seconde latérale, plus extérieure, moins recurvée, occupe exactement les parois de la carapace, vue par le dos; elle comprend neuf piquants, robustes surtout dans le voisinage de la face antérieure ; — la troisième, tout à fait ventrale, invisible par la face dorsale, maïs très nette sur la carapace examinée de profil, dessine une ligne courbe sur laquelle s’implantent dix piquants. Entre la carène médiane et la première des carènes latéralesse rencontre la carène gastro-cardiaque qui établit la limite entre les deux régions cardiaque et gastrique. Elle est formée par quatre piquants et non par trois, comme l'indique la figure 12, pl. VII, donnée par Heller. Deux autres piquants concourent à la protection du céphalothorax. L'un, très réduit, est situé entre la carène médiane et la première latérale, tout à fait en avant, presque à la hauteur de la première épine de la carène dorsale. L'autre, assez développé, se trouve entre les deux carènes latérales et forme la seule séparation entre la région hépathique et les segments oculaire et antennaire.

Les diverses régions tracées sur la carapace comprennent d’abord, sur la ligne médiane dorsale, une région antérieure rostrale, se confondant avec la région moyenne ou gastrique, et une région postérieure cardiaque, toutes ces régions étant limitées en dehors par la première carène latérale ; puis, sur les parois, un segment oculaire et un segment olfactif, placés côte à côte et suivis de la région hépatique. Les deux segments sont indistincts. Le premier constitue une fosse oculaire, anguleuse, comprise entre le rostre et un piquant qu'on peut désigner sous le nom d’épine oculaire. Cette épine, aussi élevée que le rostre, dépend de la face antérieure de la carapace; elle forme la limite interne de la fosse antennaire que décrit le segment olfactif. Cette dernière fosse, pourvue de poils, est cernée en dehors par le piquant antérieur de la seconde carène latérale, piquant

qui dépasse de beaucoup le sommet du rostre. Séparée des segments par une seule épine, la région hépatique est comprise dans les deux tiers postérieurs de la carapace, entre les deux carènes latérales. Quant à la région branchiale, comprise à la face ventrale, elle est traversée dans sa longueur par la carène ventrale qui la subdivise en deux portions. Le bord libre de cette région dessine un grand angle très obtus; il porte des poils sur toute sa longueur et se termine antérieurement en pointe aiguë.

L’abdomen comprend six anneaux imbriqués les uns sur les autres, à l’exception du second qui déborde à la fois le premier et le troisième. La longueur respective des segments est exprimée par la proportion 2, 4, 3, 1, 6, $. Chacun d’eux présente des sculptures très irrégulières et des carènes, formant des lignes courbes ou sinueuses, dirigées soit dans le sens longitudinal, soit dans le sens transversal, et surmontées de saillies épineuses, surtout sur le premier, le quatrième, le cinquième et le sixième anneaux. Ce dernier même constitue trois courtes épines le long dela face médiane dorsale ; il y a une pareille épine sur le premier segment. A leur extrémité inféro-ventrale, les segments s’amincissent et constituent des saillies anguleuses que bordent des poils fins et courts.

L’antennule (pl. XII, fig. 6) montre un pédoncule triarticulé. Le premier des articles, incomplètement représenté par Heller, porte une écaille auditive irrégulièrement triangulaire, dentelée dans le voisinage du sommet, garnie de soies marginales; il se continue de façon à former une robuste apophyse externe, presque aussi longue que le second article, tandis que le côté interne s’arrondit à l’extrémité supérieure pourvue d'une touffe de poils. L'article suivant, bien moins volumineux, reproduit en petit l’aspect du précédent article, abstraction faite de l’écaille auditive. Enfin l’article terminal, le plus réduit de tous, se termine en constituant deux faces articulaires pour le palpe et le fouet interne. Le palpe se compose de huit articles cylindriques, déprimés quelque peu vers le milieu de leur longueur et munis de quelques rares poils courts et distribués sans ordre. Le fouet interne, un peu plus développé que le palpe, comprend d’abord six articles cylindriques, robustes, suivis de huit articles plus grêles ; tous portent de rares poils.

L’écaille externe de l’antenne de la seconde paire (pl. XII, fig. 7) est une lame ovale, dentelée tout le long du bord externe, gibbeuse vers le milieu du bord opposé qui porte de longues soïies ; l'extrémité interne forme un angle droit, plus court que l'extrémité triangulaire du bord externe. Trois articles dont les deux basilaires réduits et le troisième allongé constituent le pédoncule du flagellum ; ce pédoncule est plus long que l’écaille externe.

Allongé et grêle, la mandibule (pl. XII, fig. 4) se renfle à l'extrémité supérieure terminée de part et d'autre par une volumineuse dent triangulaire aiguë.

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