AMIE
La pince se fait remarquer par la longueur et la minceur de ses doigts et par le recourbement de ces derniers vers le haut de leur étendue. En outre, l’extrémité de ces doigts est effilée et indivise, tandis que l’extrémité du dactyle formait deux crochets dans C. cataphractus et Lacazei. La troisième thoracique (pl. XI, fig. 17), excessivement grêle, est encore plus régulière que dans cette dernière espèce. Enfin la quatrième et la cinquième (pl. XII, fig. 1) se distinguent de celles des deux précédentes espèces : 1° par l'absence de poils sur le dactyle; 2° par la longueur du carpe égalant celle du propode, tandis que dans C. cataphractus le carpe est plus réduit; à ce point de vue, C. Lacazei est intermédiaire.
Les pattes abdominales n’ont rien de particulier. Les œufs, placés entre cellesci, sont surtout portés par les soies qui garnissent l’article basilaire de chacun des membres abdominaux.
Le 3 mars, les femelles ont des œufs dont les embryons sont déjà très développés.
Le telson (pl. XI, fig. 19), plus aminci que dans C. cataphractus, montre un court sillon dorso-médian vers sa base et se termine en pointe effilée de chaque côté de laquelle est un poil composé. Les lames de la sixième patte abdominale mesurent une longueur inférieure à celle de la fourche caudale; la lame externe se termine en pointe efñlée, dépourvue de tout piquant, à l'extrémité externe
e 4. CRANGON TRISPINOSUS.
PIX fig 24-30 et pl. XI, fp. 1-8.
Diacnose. — Rostre indivis, conique, aplati latéralement vers la terminaison, garni de poils et plus court que les yeux. — Une seule épine dorsale placée un peu en arrière du rostre, sur la ligne médiane. Une seule paire d’épines latérales, presque à la même hauteur.— Régions du céphalothorax non
indiquées, à l’exception du segment olfactif et de la région branchiale. Ce segment limité en dehors par une carène non épineuse, tout à fait latérale, en dedans par un sillon oblique partant de cette carène et allant aboutir à l'épine oculaire. Région branchiale ventrale, limitée en dedans par la carène. Épine oculaire triangulaire, aussi longue que le rostre; fosse oculaire arrondie et poilue. Epine olfactive plus développée que le rostre.— Segments abdominaux lisses, sauf le sixième qui montre un sillon médian limité de chaque côté par une carène; ce même segment très rarement pourvu d’une simple carène.— Écaille de l'antenne externe plus développée que le pédoncule du flagellum : bord externe presque rectiligne, terminé en pointe effilée qui est plus courte que le sommet aigu du bord opposé. Fouet interne formé de 11 articles, palpe formé de 12 articles et aussi long que le fouet. — Écaille auditive quadrangulaire, dirigée perpendiculairement à l'axe de
l’antennule; épines supéro-externes des deux premiers articles pédonculaires courtes et arrondies.— Tige de la lèvre inférieure formée de cinq articles : le troisième, cylindrique, en forme de S, plus long que tous les autres mesurés ensemble ; le terminal ovale allongé.
Troisième patte thoracique la plus grêle.
Longueur respective des membres thoraciques : 1, 4, 3, 5, 2.
Imparfaitement représenté par Kinahan (loc. cit., p. 69), ce Crangon a été aussi figuré par Bell (p. 265), mais à un grossissement trop faible.
Les mesures prises sur un individu de taille ordinaire recueillis dans les sables du Prado, par 6-8 mètres de profondeur, sont les suivantes :
Longueur totale (du rostre à l’extrémité du telson)............... Des HAE AURCÉPRAlOENOTAX En RE Re Eee Ce 5,0 Largeur maximum du céphalothorax....... ae en eue etre Eten Ne eee 4,5 Longueur del’abdomen.......... rio More te led dE aol no 13,0 Parveur maximum del'abdomen. MR ere rer AOC 4,2 Pongueurderlantennetexterne 0 Parce on oo 15,0 — delantennule......... boddopc HorLIe Pod an ed o oo noi co 4,0 dela lèvre anieneutenr-eo cm pee ce Fee ete el ee 5,5 — IC la premietelthOTAMIQUE ere EE CE LR EEE 8,2
Le rostre, simple et plus court que les yeux, forme un mamelon assez large, rétréci et terminé en pointe peu acuminée à l'extrémité libre. Des poils en garnissent le sommet et les parois (pl. X, fig. 30).
Un peu en arrière et sur la ligne médiane est une seule épine assez peu robuste, homologue de la carène impaire des C. cataphractus, Lacazei et spinosus. Entre celle-ci et la paroi de la carapace, vue par la face dorsale, en existe une autre; cette dernière est paire et quelquefois se réduit à une saillie épineuse à peine appréciable. La paroi du céphalothorax constitue une carène absolument lisse qui tient lieu de la seconde carène latérale des diverses espèces précédemment décrites. Cette carène limite en dedans la région branchiale tout entière comprise à la face ventrale, ainsi que le segment olfactif.
Celui-ci a la forme d’un triangle à base externe et garnie de poils. L’épine qu'il présente est bien plus longue que le rostre. Quant à l’épine oculaire, elle est le prolongement antérieur de la carène. Avec la paroi du rostre, elle concourt à la formation de la fosse orbitaire, qui est très volumineuse, très poilue et très concave. Les autres régions du céphalothorax (régions gastrique, cardiaque, rostrale et segment oculaire) sont indistinctes.
L'abdomen montre des segments entièrement lisses dont les trois premiers, de même volume, sont presque aussi larges que le céphalothorax, tandis que les
trois autres sont très rétrécis, surtout le sixième qui est cylindrique et le plus long de tous. Ce dernier présente souvent un sillon dorsal comparable à celui de C. Allmanni (Kinahan, p. 64) ; rarement il porte une simple carène.
L’antennule (pl. XI, fig. 2) s'insère un peu en avant et immédiatement en dessous du pédoncule oculaire. Le premier article porte une volumineuse écaille auditive quadrangulaire, dirigée obliquement en dehors, à bord sinueux et pourvu de poils peu nombreux. Cet article se renfle notablement à l’extrémité supérieure. Le second article, élargi dans le haut, constitue à l’extrémité de ses bords deux apophyses dont l’externe conique est bien plus proéminente que linterne, taillée en biseau et hérissée de longues soies. L'article terminal a la forme d’une sphère aplatie de façon à constituer une face supéro-interne servant à l’articulation du fouet et du palpe; cette face est très irrégulièreet montre deux apophyses, l’une placée à la base de l'articulation du palpe, l’autre située plus en dedans. Le palpe comprend douze articles cylindriques dont les six terminaux portent de longues soies marginales externes. Le fouet, de longueur semblable, consiste en onze articles cylindriques, bien plus étroits et munis chacun de longs poils barbelés.
Insérée un peu en arrière et en dehors du pédoncule oculaire, l’antenne externe (pl. X, fig. 27) présente une écaille terminée à l'extrémité du bord externe en pointe triangulaire et moins élevée que le sommet aigu du bord interne. Cette écaille est bien plus longue que le pédoncule du flagellum. Ce dernier, très grêle, se compose d’un grand nombre de petits articles pourvus de courts poils internes.
Très étroite vers le milieu de son étendue, la mandibule (pl. X, fig. 24) s’élargit aux extrémités. L’extrémité supérieure est armée de quatre denticulations dont deux plus externes et séparées des autres par une assez profonde dépression.
La première mâchoire (pl. X, fig. 26) présente une lame interne coudée en dedans, concave en dehors, atténuée et arrondie au sommet, garnie de soies marginales robustes, régulièrement distribuées et espacées. Bien plus volumineuse, la lame externe se recourbe en dedans et porte de fortes dents sur la face antérieure, sans parler des poils placés plus en dehors. Qnant au palpe, il consiste en un simple cylindre formant une courte saillie terminale avec poils.
L’endognathe de la seconde mâchoire (pl. XI, fig. 6), bien plus développé que dans les espèces précédentes, a la forme d’un mamelon terminé par deux longs poils. Le palpe n'offre rien de particulier. Enfin le fouet rappelle celui de C. spinosus, quoique plus allongé.
Le fouet de la première patte-mâchoire (pl. X, fig. 25), un peu plus réduit que dans les espèces décrites précédemment, est un triangle fortement déprimé vers le milieu du bord externe et déjeté quelque peu en dehors aux deux extrémités. L'article basilaire du palpe constitue un long cylindre, aminci vers le
haut, bien moins volumineux que dans les Crangons précités, plus long que la moitié supérieure du fouet et présentant deux saillies très espacées le long du bord externe. Le second article est excessivement petit. Le suivant, fusiforme, est bien plus développé. Enfin l’article terminal est un cône bordé de soies externes. Une lame s’élargissant progressivement à partir de la base, taillée obliquement au sommet, constitue le mésognathe pourvu de poils terminaux et internes, courts et peu nombreux. Enfin l’endognathe est complètement atrophié ; il n’est même pas représenté par des poils.
La tige de la seconde patte-mäâchoire (pl. XI, fig. 5) ne comprend pas six articles, mais seulement cinq, contrairement à la disposition ordinaire des Crangons. Cela résulte de la fusion complète des cinquième et sixième articlesen un seul article remarquable par son développement exagéré. Cet article terminal est un ovale dont le petit bout correspond au sommet et dont le bord externe est hérissé de longs crochets et de nombreux poils. Les autres articles n’offrent aucune particularité. Quant au palpe, il consiste en cinq articles dont les trois terminaux courts et pourvus de poils marginaux externes.
La lèvre inférieure (pl. X, fig. 29), non recourbée d'ordinaire, dépasse quelque peu la région frontale. Elle se rapproche plutôt de celle de C. spinosus. La tige se compose de cinq articles, tous pourvus de longs poils. Le troisième est un long cylindre décrivant une grande S ; le terminal est ovale allongé. Huit articles forment le palpe : le premier est excessivement rudimentaire; le suivant, court et très large, déborde les articles qu'il relie ; les troisième et quatrième sont les plus longs et absolument glabres, comme ceux qui les précèdent; enfin les terminaux se font remarquer par leur petitesse.
La première patte thoracique (pl. XI, fig. 7 et 8) diffère surtout de celle des Crangons déjà décrits et surtout de celle du €. Lacaxei par la forme particulière de l’apophyse externe du propode et par l’étranglement que présente cet article vers le tiers supérieur du bord interne. En outre, le méros est remarquable par l’épine terminale interne. Enfin les poils affectent une distribution un peu particulière.
La seconde thoracique ne rappelle guère la structure qu’elle montre dans les autres espèces (pl. XI, fig. 4). Non seulement elle n’est pas grêle, mais encore la longueur relative des articles est particulière; elle est exprimée par la proportion 45 35 23 7 6, 2, 1. Ce qui est à noter, c'est que le méros mesure une longueur supérieure à celle de l’ischion et que le carpe a un volume plus considérable que celui du propode. Le dactyle, très effilé et garni de long poils externes, se termine en pointe mousse, absolument dépourvu de piquants.
La forme particulière et la réduction du dactyle distinguent la troisième thora= cique qui est la plus grêle des pattes.
Semblables entre elles, la quatrième et la cinquième thoraciques (pl. XI, fig. 3) ne se différencient guère de celles de C. spinosus que par la longueur du carpe un peu supérieure à celle du méros et par la distribution des poils.
La première patte abdominale consiste en un volumineux article basilaire (pl. X, fig. 28), fortement échancré vers le tiers supérieur du bord interne. Dans cette échancrure s’insère un lame interne qui a la forme d’un cône irrégulièrement rétréci et pourvu de rares poils.
Au sommet de l’article basilaire s'articule une lame externe très développée, ayant l'aspect d’un cône allongé et composé d’un très grand nombre de courts articles poilus.
Les autres pattes abdominales diffèrent de la précédente par la réduction moins grande de la lame interne et par la multiarticulation de celle-ci dont les articles portent des soies.
Enfin le telson, terminé en pointe, présente de chaque côté du sommet deux forts poils barbelés, tandis que des soies plus délicates bordent les parois irrégulières de la fourche caudale (pl. XI, fig. 1). Des deux lames qui forment la sixième patte abdominale, l’externe est très sensiblement la plus courte et se termine en pointe supéro-externe très réduite; l’interne est presque aussi longue que le telson lui-même et porte quelques poils épars sur toute sa surface, outre les longues soies marginales.