‹ Révision des crustacés podophthalmes de golfe de Marseille, suivie d'un essai de classification de la classe des crustacésChapitre 41 sur 59 · CRANGON VULGARIS var. MACULOSUS · texte numérisé non relu

CRANGON VULGARIS var. MACULOSUS

Pl. XII, fig 243; pl XII, fig. 11-233 pl. XIV, fig. 1-4.

DraGnose. — Rostre plus court que les yeux, indivis, conique, pourvu de deux touffes latéro-terminales de poils, non séparé de la région gastrique. — Une seule épine dorsale située dans la région gastrique et une seule paire latérale d’épines placée entre le segment olfactif et la région branchiale. — Régions gastrique et cardiaque indistinctes, séparées du segment oculaire ainsi que de la région hépatico-branchiale par un sillon qui se continue avec le rostre. — Segment olfactif très réduit, séparé du segment oculaire par un sillon.— Épine oculaire très petite, rudimentaire, moins avancée que le rostre. — Épine antennaire déjetée en dehors, bien plus longue que le rostre, effilée. — Segments abdominaux lisses. — Écaille auditive quadrangulaire, à sommet antérieur lisse, barbelé et dépassant à peine le premier article pédonculaire de l’antennule; le bord externe de cet article terminé en pointe arrondie ; fouet interne formé de 23 articles et palpe, plus court, formé de 28 articles.— Écaille de l'antenne externe plus longue que la base du flagellum ; le bord externe légèrement convexe et terminé en pointe plus lon-

gue que le sommet arrondi du bord opposé.— Tige quadriarticulée : le second article, le plus long de tous, cylindrique, en forme deS, portant vers le sommet un court piquant marginal externe ; le terminal fusiforme ; poils nombreux et longs sur les divers articles.

La seconde patte thoracique la plus grêle de toutes.

Des taches pigmentaires sur les diverses régions du corps.

Sous ce nom je désigne une variété de Crangon vulgaris, variété qui n’est autre que l’espèce décrite par Rathke sous la dénomination de C. maculosus.

Très commune dans l'étang de Berre, inconnue absolument dans le golfe de Marseille, elle présente les mesures suivantes prises sur un individu de taille

moyenne :

Longueur totale (du rostre à l'extrémité du telson) .............. FAO 0 (UURCEPhalONOrAr eee tee out EESTI a een re)

Bargeurmmaximumduicéphalothorax re 2 -. M TS

Lonsneundelabdomen Lee ee ET TC 41,0

arreurmarmumdelabdoment ee PE re ue 10,0

Longueur de l’antenne externe. ..... 3e AT ere re ea ete CU Se EE 50,0 — desPantennulé. PERRET RARES LEE 13,1 -- de ltlèvretexteme pete Ant FERRER 12 TU 6,0

Le rostre (pl. XIII, fig. 13 et 17), plus court que les yeux, conique, à sommet arrondi et pourvu de deux touffes latérales de poils, se continue en arrière sous la forme de deux sillons latéraux qui limitent en dehors la région gastrocardiaque de la région hépatique ainsi que du segment oculaire. Les régions gastrique et cardiaque, indistinctes, ne se délimitent pas elles-mêmes de la région rostrale ; la première présente cependant une courte épine qui représente la carène médiane dorsale des espèces déjà décrites, du groupe des C. cataphractus. Lacazei, ete. De même, les régions hépatique et branchiale se confondent ; elles présentent une seule épine symétrique, paire, vérs leur point de réunion avec les segments antérieurs. De ceux-ci, l’oculaire, le plus développé, séparé de l’autre par un sillon, forme une fosse arrondie que limite assez mal et en dehors une épine rudimentaire. Quant au segment olfactif, il est très réduit et constitue en dehors une très longue épine efflée.

Des taches pigmentaires disposées dans un certain ordre eten groupes plus ou moins étendus, occupent la surface de la carapace, vue de dos.

Les divers anneaux de l’abdomen (pl. XIII, fig. 17) arrondis à la face dorsale, sont légèrement comprimés sur les parois. D'ailleurs ils sont entièrement lisses.

Les deux derniers sont beaucoup plus longs; le second déborde le premier et

le troisième. Tous sont parsemés de taches pigmentaires et présentent à la face ventrale des poils délicats et serrés.

L’antennule (pl. XIII, fig. 20) comprend une écaille auditive quadrangulaire dirigée en haut et en dehors et dont l’angle supérieur atteint presque le sommet du premier article pédonculaire. Des poils composés avoisinent cet angle. Pourvu de trois poils roides vers l'extrémité du bord interne, prolongé en pointe conique à l'extrémité du bord externe, le premier article pédonculaire est un cylindre régulier bordé de soies courtes. Les autres articles du pédoncule n’offrent aucune particularité ; ils sont dépourvus d’apophyses. Le fouet interne se compose de 23 articles garnis pour la plupart de soies marginales longues ; le premier article est très développé et a l’aspect d’un fuseau tronqué aux extrémités. Moins long que le fouet, le palpe comprend 28 articles courts et trapus, avec courts poils internes.

L’antenne externe (pl. XIII, fig. 18) montre une écaille dont la longueur égale presque celle de l’antennule. Cette écaille, très renflée dans le bas, s’amincit en haut et forme, à l'extrémité du bord externe, une longue épine triangulaire dépassant de beaucoup l’extrémité arrondie du bord interne. Le pédoncule du flagellum est remarquable par sa réduction.

La mandibule (pl. XIII, fig. 11 et 12) présente deux faces, l’une atténuée en avant et terminée en pointe effilée, l’autre bifurquée à l'extrémité libre.

La première mâchoire (pl. XIIT, fig. 14) montre un palpe semblable à celui de C. Lacazei dont il ne diffère que par le sommet qui est indivis. La lame externe, pareille à celle de C. #rispinosus, tourne en dedans son extrémité denticulée. La lame interne ala forme d’un cône légèrement recurvé et bordé de poils.

La seconde mâchoire (pl. XIV, fig. 3) est remarquable par l'allongement du palpe ; l’endognathe consiste en un court mamelon conique hérissé de poils délicats.

La première patte-mâchoire (pl. XII, fig. 24) se rapproche de celle des C. tr1spinosus et spinosus. L'’endognathe rappelle celui de cette dernière espèce ; il en est de même du palpe, ici plus renflé à la base et plus effilé au sommet. L'article basilaire du mésognathe, dont la réduction relative offre quelque ressemblance avec celui de C. trispinosus, se prolonge sous forme d’une série de petits articles cylindriques dontles terminaux portent de longs poils. Quant au fouet, il a, plus encore que dans cette espèce, l'aspect d’un triangle à angle postérieur allongé.

La seconde patte-mâchoire (pl. XIIT, fig. 22) est construite sur le même plan que celle de C. spinosus ou de C. cataphractus. Le quatrième article de la tige, très réduit, porte un piquant à l’extrémité du bord externe ; le suivant dessine, vers la base du même bord, une forte gibbosité propre à la variété maculosus. Enfin le long article du palpe est remarquable par la forte apophyse qui termine le sommet du bord interne.

La lèvre externe (pl. XIII, fig. 19) se rapproche de celle des C. cataphractus et Lacazei par le nombre des articles qui composent la tige. Il y en a, en effet, quatre, mais la forme de ces articles rappelle plutôt celle qu’ils affectent dans C. spinosus et trispinosus. Le premier constitue une très robuste apophyse externe, recourbée vers le bas et une saillie poilue peu volumineuse au sommet du bord interne. Le second est un long cylindre sinueux, bordé de très longs poils composés et pourvu d’un piquant vers l'extrémité du côté interne. Bien plus court est le suivant qui se renfle progressivement à partir de la base et dont les soies marginales externes sont bien plus longues que celles du côté opposé. Quant à l’article terminal, c’est un fuseau à sommet arrondi. De nombreux poils garnissent les parois.

La première patte thoracique (pl. XIV, fig. 1) est remarquable par le piquant qui se trouve vers le milieu du bord interne du méros, par l’acuité de l’apophyse interne du propode presque aussi effilée que dans C. spinosus, enfin par la réduction en longueur du dactyle.

La plus gréle des pattes thoraciques est la seconde patte, contrairement à ce qui existe dans la plupart des Crangons, chez lesquels c’est la troisième. L’ischion, le méros, le carpe et le propode sont de longs articles cylindriques presque entièrement glabres; le carpe, puis le méros mesurent la plus grande longueur. La pince, bien différente de celle de C. cataphractus et Lacazei, rappelle plutôt celle de C. #rispinosus que celle de C. spinosus par le volume de la pince elle-même et les dimensions égales du doigt immobile et du dactyle; elle est particulière par la forme de ses doigts terminés en pointe effiléeet par les nombreux poils très longs qui en recouvrent la surface entière.

Moins gréle que la seconde, mais moins robuste que la cinquième, la troisième thoracique (pl. XTIL, fig. 16) montre, comme dans C. spinosus et trispinosus, un carpe bien plus allongé que le propode, contrairement à la disposition inverse présentée par C. Lacazei et cataphractus. Les poils sont plus longs et plus nombreux dans la variété maculosus.

La quatrième thoracique ne diffère dela cinquième que parce qu’elle est un peu plus robuste. Celle-ci (pl. XIII, fig. 15) se rapproche beaucoup de celle de C. trispinosus, surtout par la longueur du méros un peu supérieure à celle du propode, disposition que l’on constate aussi dans C. cataphractus; mais dans cette dernière la réduction du carpe est plus accentuée que dans C. #rispinosus et C. vulgaris var. maculosus.

La première patte abdominale de la femelle (pl. XIII, fig. 21) est surtout remarquable par la forme de l’article basilaire très volumineux dont l'aspect est celui d’un triangle tronqué à sommet tourné en bas. Le bord externe se prolonge supérieurement en piquant ; le bord opposé montre vers la base une saillie arrondie très petite et garnie de trois courts piquants. La lame interne, pourvue de quel-

ques soies terminales, est un simple article cylindrique, bien plus étroit que la lame externe. Celle-ci se constitue par une pièce ovalaire à la base et prolongée ensuite en une sorte de flagellum multiarticulé, long et garni de soies externes. Cet appendice diffère donc de celui décrit à propos de C. Lacazei. La lame externe rappelle celle de C. trispinosus.

La seconde se distingue de la première par la multiarticulation de la lame interne qui porte en outre de longues soies marginales externes. Il en est de même des trois autres pattes.

Le telson (pl. XIII, fig. 23), terminé en pointe, présente de chaque côté et vers l'extrémité inférieure deux piquants robustes. ]l en porte également deux autres le long de ses parois, bordées de poils fins et serrés. La lame externe de la sixième patte abdominale se termine à l'extrémité du bord externe par une saillie épineuse en dedans de laquelle est un piquant qui fait défaut dans la plupart des Crangons.

Les femelles portent des œufs peu avancés à la fin janvier.

ALPHEUS RUBER PI. XV, fig. 7-19.

DraGxose. — Rostre de longueur modérée, infléchi vers le bas, triangulaire, pourvu de quatre paires d’épines latérales.— Kpine oculaire égalant la moitié de la longueur du rostre. — Ecaille auditive étroite, aiguë, bien plus

longue que le second article pédonculaire de l’antennule., — Écaille externe très élargie vers le tiers inférieur du bord interne, effilée au sommet où l’épine externe est un peu plus longue que l’extrémité interne obliquement tronquée. — Article terminal de la tige de la lèvre externe multiarticulé et hérissé sur toute sa surface de poils longs et serrés.— Dactyle de la première thoracique droite conique, régulière; extrémité supérieure du propode grêle et cylindrique — Carpe de la seconde thoracique formé de six articles.

Les individus pris pour exemple dans la description suivante ont été recueillis dans les algues du fond de l’anse de Poumégué (calanque du Lazaret à Pomegues). Ils ont un corps jaunâtre marbré de gris qui se confond avec les Bryopsis à la base desquels ils se creusent chacun une petite galerie.

Conservé en captivité dans un vase spacieux, l”’Æ/pheus ruber demeure d’ordinaire sur le fond, marchant lentement, souvent immobile. Si on le trouble, il s'élance en arrière par la détente de son abdomen; mais, si les tracasseries continuent, il nage alors vivement en avant au moyen des pattes abdominales, en étendant les deux pinces devant lui et rapprochées l’une de l’autre. Il fait entendre

quelquefois un bruit très éclatant dont M. le professeur Marion a pu reconnaître la manifestation extérieure.

Lorsqu'il est tourmenté, il écarte excessivement l’article mobile de sa grande pince. Cet article se place presque à angle droit avec le propode, puis subitement il se referme avec un bruit très sec et très fort, rappelant, par l'effet de la résonnance du vase, le son d’un épais bâton de verre que l’on briserait. Ce bruit semble résulter du frottement avec pression anormale, mais intentionnelle, de la base de l’article mobile sur son point d’articulation.

Les mesures prises sur un individu de taille moyenne sont les suivantes :

Longueuriduicéphalothordx 2e ee eme cet me Ce Le re Cole) PargeurimaextmumiIuNeephalothotax PET ET. 5,0 Tongueuride l'abdomen ee r e e m en EETePR n 19,0 Parseumanideiabdomen te PP RER ER 5,0 Ponpueuridelatlévremn émeutes #2 tes le ME 10,3 — della première thoraciquerdroite #4..." 2450 Parseurdu/propodelde la MEME ee 6,0 Longueur de la première thoracique gauche........ ........,..... 20,0 Parpeurdu propodeldéMalméme tn. eee arte rr ce 35

Le céphalothorax, très aplati sur les côtés, se termine en un rostre effilé, très sensiblement infléchi vers le bas et de longueur modérée, mais dont le développement est très remarquable si on le compare aux individus anglais chez lesquels, d'après Bell, le rostre fait complètement défaut ou est insignifiant (pl. XV, fig. 13). Vu de face (pl. XV, fig. 12), ce rostre a l’aspect d’un triangle ; il présente de chaque côté quatre épines excessivement courtes et surmontées chacune d’une soie, La face antérieure du céphalothorax montre en outre, entre le rostre et l'angle antéro-externe, une forte épine surmontant l’œil et égalant la moitié de la longueur du rostre. Enfin, les parois de la carapace, nettement échancrée en arrière, se prolongent par suite sous forme de saillies épineuses.

L'’antennule (pl. XV, fig. 10) n’offre rien de particulier, si ce n’est le développement de l’écaille auditive dont le sommet effñilé dépasse le second article pédonculaire et atteint le tiers inférieur du troisième article. Elle est très étroite et très aiguë et elle porte quelques poils marginaux vers le milieu du bord externe. En dehors de cette écaille, le premier article pédonculaire montre à l'extrémité supéroexterne, une épine aussi longue quele second articleet, à l’extrémité supéro-interne, une épine plus courte et moins robuste. Une apophyse épineuse termine supérieurement le bord interne du second article qui est aussi glabre que le premier. Le troisième, le plus long de tous, est un cylindre hérissé de quelques poils et formant en haut une longue apophyse interne. Enfin l’article terminal est le plus étroit et le plus court. Le fouet interne et le palpe se composent de nombreux et courts articles pourvus de rares et courts poils marginaux.

Le palpe est plus large que le fouet.

L'écaille de l’antenne externe (pl. XV, fig. 18), atténuée dans le haut, s’élargit dans le bas. Elle atteint sa plus grande largeur au niveau du tiers postérieur où elle présente un renflement externe très prononcé.

Le bord interne, très légèrement déprimé, constitue une longue épine antérieure très étroite, quelque peu recurvée en dehors et dont le sommet dépasse la face antérieure de l’écaille.

La mandibule est identique à celle d’4. Gabrieli dont elle reproduit tous les détails.

La première mâchoire (pl. XV, fig. 1 5) consiste en une forte lame élargie dans le haut où elle est bordée de fines dents serrées les unes contre les autres. Le palpe se constitue par une pièce qui s’amincit à mesure qu'elle s'éloigne de son insertion et qui se bifurque à l’extrémité libre sous forme de deux mamelons arrondis et glabres.

La seconde mâchoire (pl. XV, fig. 14) offre un fouet très allongé, très rétréci surtout dans le quart supérieur qui se recourbe fortement en dedans. Une fois moins long que la lame externe de l’endognathe, le palpe a l'aspect d’un mamelon conique, à parois sinueuses, présentant vers le milieu du bord interne une saillie très prononcée. Quelques poils à la base du bord externe, La lame externe de l’endognathe se constitue par une large et volumineuse pièce divisée en deux par une dépression assez peu profonde; la portion interne consiste en un court mamelon élargi et pourvu de quelques poils au sommet. La première pattemâchoire montre un endognathe assez peu original, un mésognathe très étroit, biarticulé, pourvu d’une longue soie terminale, un palpe dans lequel on peut distinguer une région basilaire relativement élargie, nettement arquée en dedans, garnie de soies externes et une région cylindrique, étroite, coudée vers le milieu de son étendue et bordée dans le tiers supérieur de fines soies.

Six articles forment la tige de la seconde patte-mâchoire (pl. XV, fig. FU à

Le premier se prolonge nettement en haut et en dehors pour donner insertion

‘au palpe. Un pey plus volumineux, l’article suivant est un cylindre déprimé à la face supérieure, mais constituant à l'extrémité supéro-interne une forte apophyse arrondie qui encadre les deux tiers du troisième article. Celui-ci et le quatrième sont très remarquables par leur réduction. Le cinquième a la forme d’une demisphère dont la convexité est hérissée de longs poils. Enfin l’article terminal, dont l’aspect est celui d’un cône légèrement recurvé en dehors, porte le long de la paroi externe, une série de piquants très rapprochés et des poils très espacés, rangés sur deux lignes parallèles dorsales.

La lèvre externe est quadriarticulée (pl. XV, fig. 17). Le premier article a la forme d’un quadrilatère dont l’anglesupéro-externe donne insertion au palpe. Le second, le plus long de tous, est un cylindre à bord interne irrégulier et hérissé de

poils distribués sans ordre. L'article suivant est le plus court; il porte, outre des poils marginaux externes, des touffes de poils internes. Enfin l’article terminal est un cylindre multiarticulé et couvert de longues soies sur la totalité de sa surface. Quant au palpe, il consiste en un seul article un peu plus développé que le second article de la tige. Élargi dans le tiers inférieur, rétréci au milieu, il s’élargit ensuite dans le voisinage de l’extrémité libre où il porte des soies latérales.

La première patte thoracique varie suivant le côté. En général, celle de droite est la plus longue et la plus volumineuse. Le contraire s’observe quelquefois. Celle du côté droit (pl. XV, fig. get 11) comprend un basos étroit, cylindrique, recurvé. Encore plus réduit, l’ischion consiste en un article triangulaire dont le sommet regarde en dehors, tandis que la base convexe correspond au bord interne. Le méros, bien plus développé, a la forme d’un triangle dont le sommet tronqué est tourné en bas, tandis que la base représente la face supérieure; le bord interne porte quelques fines denticulations vers le milieu et se termine en haut sous forme d’une pointe. Le carpe, presque aussi réduit que l’ischion, est un quadrilatère à bords supérieur et inférieur quelque peu concaves. Ces divers articles sont glabres. Le plus volumineux des articles est le propode. Ce dernier a l’aspect d’un ovale renflé à la base, prolongé en haut et en dedans sous forme d’un doigt immobile court, conique, pourvu d’une touffe poilue. Enfin le dactyle se constitue par un volumineux article conique, presque complètement glabre et recurvé en dedans. Ces deux derniers articles diffèrent quelque peu lorsqu'on les regarde par la face ventrale. [ls ont alors l’aspect représenté pl. XV, fig. 9.

Le propode et le dactyle de la première thoracique gauche (pl. XV, fig. 19) sont bien plus allongés. L’épine qui termine le bord externe du propode droit est moins marginale et se trouve plutôt sur la face antérieure de cet article. Le doigt immobile est un long cône dont le sommet se recourbe légèrement et qui présente une gouttière le long de la face interne et ventrale, gouttière ciliée dans laquelle peut se loger le bord interne du dactyle. Ce dernier est un cône infléchi au sommet, traversé dans toute la longueur du bord opposé au propode’ par une gouttière qui reçoit le bord interne du doigt du propode.

Les autres membres thoraciques sont semblables à ceux d’Æ/pheus Gabrieli.

La troisième thoracique montre un méros cylindrique terminé en haut et en dehors par une forte apophyse aiguë bien séparée du reste de l’article. Le carpe, très rétréci à la base, est incurvé en dehors, s’élargit vers le sommet qui porte un robuste piquant externe, tandis que le côté interne présente quelques poils assez courts. Le dactyle, plus long et plus étroit, quelque peu déprimé en dedans, montre le long du bord externe des piquants irrégulièrement distribués et accompagné de poils très fins. Le dactyle consiste en une simple griffe.

Les pattes abdominales ne diffèrent pas de celles d’Æ/pheus Gabrieli.

Le telson (pl. XV, fig. 8) est une lame quadrangulaire, un peu amincie dans le bas, pourvue d’un piquant à l’angle postérieur, tandis que la face postérieure porte environ vingt longues soies. La face dorsale présente deux paires de piquants robustes, placés à peu de distance des parois et superposés.

L'article basilaire de la sixième patte abdominale montre trois forts piquants dont le médian moins développé, et distribués sur la face qui donne insertion aux lames. La lame externe dessine une épine à l’extrémité du bord externe ; sous cette épine est une dépression dont le fond se prolonge sous forme d’un très robuste piquant.

ALPHEUS GABRIELI PI. XV, fig. 21-22 et pl. XVI, fig. 1-12.

DiaGnose. — Rostre moins avancé que les épines oculaires, rectiligne, conique, lisse le long des parois.— Épines oculaires placées en avant des yeux. — Écaille auditive rudimentaire, plus courte que le second article pédonculaire de l’antennule, glabre, en forme de cône à sommet obliquement tronqué.— Écaille externe renflée vers le milieu du bord interne et pourvue d’une épine externe triangulaire, très robuste et bien plus longue que l'extrémité interne ovalaire.— Article terminal de la tige de la lèvre inférieure indivis, sinueux latéralement et garni de touffes poilues marginales. — Dactyle de la première thoracique droite élargi et tronqué au sommet ; extrémité du propode robuste et triangulaire. — Carpe de la seconde thoracique furmé de 4 articles.

Cette espèce, que je dédie à mon excellent ami, M. Ach. Gabriel, se loge dans les tubes d'Hermelles de la Pointe-Rouge de Montredon. Dans ces tubes où on ne la trouve pas en abondance, elle se tient presque immobile. Exposée dans un vase, on la voit se déplacer par saccades brusques vivement répétées. Elle ne tarde pas à s'arrêter et de préférence dans les parties sombres du vase, le plus souvent à côté des débris d’algues ou des corps étrangers contenus dans ce dernier. Si on la tracasse alors, elle reprend sa course, mais, en aucun cas, elle ne fait craquer ses pinces. Elle ne semble pas non plus se mouvoir à reculons.

Le céphalothorax présente, ainsi que l'abdomen, une teinte générale hyaline parsemée de petits points foncés. Une large bande jaunâtre coupe la carapace à la hauteur de la seconde patte-thoracique. Les pinces sont colorées en rouge avec plaques jaunâtres plus claires. Les autres membres et les antennes sont d’un blanc hyalin.

Un individu de taille ordinaire montre les dimensions suivantes :

Longueur totale y compris les antennes. ..............,. dattes rate els 20 TS

Tongueuratotale, sansiles'anfennestextennes PRE CEE PP P TER PRE 12,0°" = \ducéphalothorax EM RER EC EN ECRIRE 4,9 Largeurmaximumiduicéphalothoraxe CR RE RENE PR EE 272 Tonpsueur de l'abdomen RE ET. 3 GS Larseur del abdoment FPE CRE ec deteste eee 2,0 Lonsueurdelarpince droite Eee ee Te 7,0 arseuridurpropode defcette pince see ee me ee 2,0 Tonpueurde lapincetraucher rem Ce Me ee 5,0 Parseuridupropoderdeleette pince re ee ee cer 0,8

Examiné par la face dorsale, le céphalothorax a l’aspect d’un cylindre légèrement élargi en avant (pl. XVI, fig. 11). Un sillon très net cerne la région frontale dont la face antérieure décrit une légère concavité limitée de part et d’autre par une épine assez courte. [Il montre en son milieu un piquant robuste, sorte de rostre qui dépasse à peine le bord frontal. Ce rostre, conique, et rectiligne, a les parois entiérement lisses.

Graduellement rétrécis d'avant en arrière, les segments abdominaux présentent une longueur variable exprimée par la proportion 4, $, 6, 2, 3et 1.

L'antennule (pl. XVI, fig. 12) est remarquable par la forme particulière et la réduction de l’écaille auditive, représentée par un mamelon conique à sommet tronqué, et de longueur inférieure à celle du second article pédonculaire. Ce dernier se prolonge à l'extrémité du bord externe en une assez longue épine appliquée contre le troisième article. De rares pinceaux de poils garnissent le bord interne des trois derniers articles pédonculaires. Le fouet interne, le plus large, comprend 17 articles parmi lesquels les 5°, 6°, 7° 8‘ et 9° portent de longues soies marginales externes. Le fouet externe, multiarticulé, est bien plus étroit.

L’antenne externe (pl. XVI, fig. 1) offre une structure différente de celle d’A. ruber. L'article basilaire, pourvu d’une très petite épine dans cette dernière, acquiert ici un grand développement. L’écaille qui lui est annexée porte une épine supéro-externe bien plus développée soit en largeur, soit en longueur. En outre, l’article basilaire du flagellum dépasse l’extrémité interne de l’écaille, contrairement à ce qui existe dans 4. ruber.

La mandibule (pl. XVI, fig. 6) consiste en une pièce élargie et presque globuleuse dans la moitié supérieure. Celle-ci est traversée dans le haut et à la face dorsale par trois rangées de denticulations parallèles entre elles. Le palpe comprend deux articles dont le basilaire est conique, glabre, à sommet tourné en arrière; le terminal est un ovale irrégulier, pourvu de longs poils externes.

Plus étroite et plus allongée que dans 4. ruber, la lame qui constitue la première mâchoire (pl. XV, fig. 21) se renfle et se recourbe en dedans dans le quart supérieur où sont implantées de fortes dents. Le palpe ne diffère sensiblement pas de celui d’À. ruber.

La minceur et l'allongement du fouet, l'aspect du palpe séparé par un étranglement médian en deux portions bien distinctes, le développement relativement considérable des lames internes de l'endognathe constituent autant de caractères propres à la seconde mâchoire d'A. Gabrieli (pl. XV, fig. 22) et qui la distinguent de celle d’A. ruber.

La première patte-mâchoire ne diffère guère de celle de cette dernière espèce que par la convexité plus accentuée de la lame interne de l’endognathe, la dépression du bord libre de la lame externe, et la largeur un peu supérieure du palpe.

La seconde patte-mâchoire offre des détails propres (pl. XVI, fig. 8), consistant dans la réduction moindre des troisième et quatrième articles de la tige, dans l'absence de l’apophyse externe formée par l'article basilaire, dans celle de l’apophyse interne formée par le second article, enfin dans la concavité bien plus profonde que décrit l’article terminal sur le bord externe.

La lèvre externe (pl. XVI, fig. 9) est quadriarticulée. L'article basilaire porte à l'angle supéro-interne une apophyse épineuse bien développée. Le suivant, remarquable par sa longueur, décrit une concavité externe ; c’est un cylindre recurvé, aminci à la base et pourvu de rares poils marginaux. Le plus court des articles, le troisième présente quelques pinceaux de poils, surtout en dehors. De pareils pinceaux bordent les parois de l’article terminal qui est indivis.

La forme et les dimensions de la première thoracique varient avec le côté. Les modifications intéressent surtout la pince et le carpe. Celui-ci dessine un angle poilu à l'extrémité postéro-externe. Le propode (pl. XVI, fig. 2) de la pince droite est divisé par un étranglement bilatéral en deux portions inégales. L'inférieure, la plus volumineuse, forme en bas et en dehors une saillie anguleuse, robuste ; elle a la forme d’un ovale. La supérieure, très légèrement déprimée en dedans, très irrégulière en dehors, se prolonge à l'extrémité supéro-externe sous forme d’un mamelon conique, à quelque distance du sommet duquel sont quelques denticulations. Opposé à ce mamelon, le dactyle consiste en une pièce élargie en haut et quelque peu recurvée en dedans. Quelques poils simples, groupés ou non, sont distribués sans ordre sur la pince droite. Plus allongée et plus grêle que celle-ci, la pince gauche (pl. XVI, fig. 3) est moins régulière que cel'e d'A. ruber ; les poils qu’elle montre sont bien plus longs et plus espacés.

La seconde thoracique (pl. XVI, fig. 4) terminée en pince, est remarquable par ja multiarticulation du carpe, qui se compose de quatre articles dont les deux intermédiaires plus courts et plus étroits que les terminaux, tandis que le carpe d'A. ruber comprend six articles. Le propode cylindrique forme un doigt conique régulier, un peu recourbé en dedans. Le dactyle est un cône dont le bord opposé au doigt du propode montre, non loin de sa base, un étranglement et de

nombreux poils distribués sans ordre. Quelques poils isolés ou groupés occupent cette pince.

La troisième thoracique (pl. XVI, fig. 7), semblable à la quatrième et à la cinquième, est monodactyle.

Le basos et l’ischion sont deux cylindres, le premier recourbé en dedans, le second, en dehors. Plus long que les deux précédents articles mesurés ensemble, le méros s'élargit graduellement à partir de la base et présente près de l’extrémité supérieure du bord externe unlong piquant bien plus grêle que celui qui existe au même point dans 4. ruber. Le carpe, également plus étroit, se distingue de celui de cette dernière espèce, surtout par les piquants qui occupent le bord externe. Tandis que ce bord porte un seul piquant dans 4. ruber, il présente dans À. Gabrieli deux piquants placés l’un au-dessus de l’autre vers le milieu de la longueur et deux autres à l’extrémité supérieure. Le long du bord externe, le propode montre pareillement un plus grand nombre de piquants, qui sont en outre disposés avec une très grande régularité. Enfin le dactyle est représenté par une robuste griffe accompagnée vers l'extrémité d’une griffe plus petite. Des poils sont épars sur les divers articles.

La femelle porte des œufs peu avancés le 29 janvier entre les pattes abdominales. La première se constitue par un long article basilaire, cylindrique, garni de longs poils marginaux et sur lequel s’insèrent deux lames inégales dont une ovale, volumineuse, porte de longues soies, tandis que l’autre conique, réduite, est presque glabre. La seconde abdominale montre deux lames terminales presque égales, ovales, allongées, munies de soies marginales; vers le milieu de l’une d’elles est un mamelon cylindrique dépourvu de poils. Les autres pattes ne diffèrent pas de la précédente, sauf la sixième. L'article basilaire de celle-ci décrit une profonde échancrure limitée par deux saillies aiguës. Comme dans À. ruber, la lame externe présente une dépression d’où sort un piquant assez grêle.

Le telson (pl. XVI, fig. 5) ne se distingue guère de celui d’4. ruber que par le nombre moindre des soies qui occupent l'extrémité postéro-médiane et par la présence de deux piquants, au lieu d’un seul, à l'angle postérieur.

HIPPOLYTE CRANCHII Leacx PI. XIV, fig. 18-27 et pl. XV, fig. 1 et fig. 20,

Dracnose. — Rostre bifurqué au sommet, armé de trois dents dorsales, lisse à la face ventrale, à peine un peu plus long que les yeux.— Fosse antennaire et cavité orbitaire indistinctes. — Palpe de l’antennule composé de 12 articles basilaires larges; écaille auditive grêle, effilée, aussi longue que les deux premiers articles pédonculaires.— Palpe mandibulaire formé de deux articles

cylindriques. — Article terminal de la tige de la lèvre externe armé de piquants terminaux.— 4 piquants sur chacun des côtés du telson dont la longueur égale celle des rames de la sixième patte abdominale.

Les mesures prises sur un individu de taille moyenne sont les suivantes :

Foneteunitotaledurostte antelson eme eee eue eee 1927,0 — detailed names meer pie ne : 5,0 — derllantenneiextetnes 1... REA bec cut 19,0 — HEPÉCAUIE CRTC TD an ee NA le MUR DE TURIN ES 3,0 — dellartroisième patte-mACHOITE. "4... SAS Lo 7,0

La livrée de cette petite Salicoque s’adapte admirablement, d’après les observations de M. le professeur A.-F. Marion, à la teinte de l’algue qui l’abrite : brune dans les Cystoseira, rouge dans les Ceramium.

Le rostre (pl. XIV, fig. 25) naît du front sous forme d’une lame triangulaire, si on observe l’Hippolyte par la face dorsale. Il présente en outre deux dents sur le milieu de cette lame et une autre plus reculée dépendant de la carapace ellemême. Vu de profil (pl. XIV, fig. 26), ilest légèrement infléchi et offre trois dents dorsales dont les deux antérieures assez bien développées et la postérieure en général très réduite. L’extrémité libre est bifurquée, la pointe supérieure dépassant un peu l’inférieure. Court, large, très peu bombé, le céphalothogax forme antérieurement et de chaque côté une forte apophyse que surmonte une courte épine. Entre chacune de ces saillies et le rostre existe une dépresssion profonde qui correspond à la fosse antennaire et à la cavité orbitaire, indistinctes entre elles. L’abdomen n'offre aucune particularité, sine n’est celle de ne pouvoir se redresser complètement.

Le pédoncule de l’antenne interne est triarticulé (pl. XIV, fig. 22). Le premier article est un cylindre atténué en haut et pourvu d’un fort piquant à chacune de ses extrémités et dont la base porte une écaille auditive triangulaire. Cette écaille, à sommet très effilé, est glabre ; elle mesure une longueur égale à celle des deux premiers articles pédonculaires supposés réunis.

Le second article, aminci à la base, s’élargit ensuite progressivement jusqu’au haut où le bord externe se prolonge en pointe, comme c’est le cas pour l’article terminal, Sur ce dernier s’insèrent un fouet très long, composé de longs articles cylindriques étroits, et un palpe formé d’abord de douze articles volumineux, bien plus larges que longs, pourvus de courts poils internes, puis d’une série d'articles cylindriques excessivement grêles.

L'’antenne externe (pl. XIV, fig. 18) présente une écaille très volumineuse, à bord externe rectiligne et terminé en une épine plus longue que l’extrémité du

bord opposé. Ce dernier se renfle surtout dans le tiers inférieur et porte de longues soies marginales qui existent aussi à la face antérieure oblique de l’écaille. Les trois articles pédonculaires du flagellum sont bien plus courts que cette dernière. À l'exception du premier, les divers articles du flagellum sont plus larges que longs et munis de quelques courts poils marginaux.

La lame interne de la mandibule (pl. XIV, fig. 19) estune pièce irrégulière, fortement gibbeuse sur le côté interne, glabre, se terminant de façon à constituer une face arrondie, très irrégulièrement dentelée et représentée fig. 20. Vue de profil, elle a, vers le tiers supérieur, l’aspect d’une lame à bord externe convexe en partie pouvue de courtes soies et, à bord interne presque rectiligne. La face libre paraît alors inégalement divisée en une portion externe conique et en une portion interne grêle dont le sommet serait bifurqué. Bien moins développée, la lame externe de la mandibule apparaît toujours comme un appendice cylindrique dont le sommet présente tantôt quatre, tantôt cinq petites dents. Plus réduit encore est le palpe qui se compose de deux articles cylindriques étroits avec bouquet de poils terminal.

La première mâchoire (pl. XIV, fig. 21) se constitue par deux lames et un palpe. La lame interne, assez peu volumineuse, est un cône concave en dehors avec poils marginaux et terminaux. Bien plus développée est la lame externe dont l'aspect est celui d’un ovale tronqué obliquement en haut et en dedans, très atténué à la base. Les dents qu’elle porte sont nombreuses et assez grêles. Quant au palpe, c'est un seul article cylindrique, plus large que la lame interne, coudé, bifurqué et poilu au sommet,

Très aminci et coudé dans la moitié postérieure, le fouet de la seconde mâchoire (pl. XIV, fig. 23) montre une extrémité supérieure irrégulière. Le palpe, très réduit et élargi dans le bas, s’amincit vers le milieu de sa longueur et décrit une forte concavité vers le milieu du bord interne. Le sommet paraît bifide. L'endognathe se constitue par trois lames, la plus externe étant la plus volumineuse, l’interne la plus réduite ; la lame intermédiaire est la plus saillante.

La première patte-mâchoire (pl. XIV, fig. 27) porte un fouet triangulaire, bien détaché du corps de l’appendice auquel il ne tient que par l’un de ses angles. Ce fouet, absolument glabre, se fait remarquer par sa forme originale, chacun de ses côtés étant fortement déprimé vers le milieu de sa longueur. Le palpe est un quadrilatère peu développé, dirigé obliquement en haut et en dehors, à angle antéro-externe sétacé, tandis que l'angle antéro-externe se prolonge sous forme d’un long appendice conique, dont la moitié supérieure multiarticulée porte quelques poils. Une courte pièce recourbée en dehors et se confondant à la base avec le corps de la mâchoire donne insertion à un article conique dont le sommet coupé obliquement et poilu dépasse à peine la base du mésognathe : telle est la

structure du palpe. Enfin l'endognathe comprend deux lames : l’externe consiste en une pièce quadrangulaire, déprimée sur le bord interne et hérissée de longs poils; l’interne, bien moins volumineuse, montre un angle postéro-interne trés saillant.

La tige de la seconde patte mâchoire (pl. XV, fig. 20) se fait remarquer par la réduction des troisième et quatrième articles, par le développement du second et du cinquième, ce dernier portant de longs poils sur la face antérieure, poils qui existent aussi sur la face libre de l’article terminal. Le palpe n'offre aucune particularité, si ce n’est la présence de soies sur chacun des côtés et dans le voisinage du sommet.

Quatre articles seulement forment la tige de la lèvre externe (pl. XIV, fig. 24). Le premier, court et large, dessine en dehors une petite saillie crochue que surmonte une rangée de poils très fins. Très allongé et très volumineux, le second article est coudé non loin de la base qni est très sensiblement amincie, tandis qu'au-dessus il devient cylindrique et s’élargit. Des poils assez espacés et de longueur assez variable longent le bord interne, tandis qu’il n’en existe que quelquesuns dans la moitié supérieure du bord opposé. Ce dernier porte en haut un piquant terminal. Le troisième article est le plus court et le moins large de tous. C’est un cylindre sur lequel sont distribués avec ordre des pinceaux de poils. Enfin l’article terminal, aussi long que le second article, est le plus grêle. C’est un cylindre dont le sommet arrondi s’élargit sensiblement et porte à l'extrémité antérieure deux paires de piquants et un piquant impair médian tout à fait terminal. Un peu en arrière sont trois autres piquants. Des pinceaux de poils fins garnissent la totalité de la face dorsale de cet article. Le palpe comprend un premier article rudimentaire, suivi d’un second article conique, glabre, allongé, suivi de cinq courts cylindres pourvus de longs poils marginaux externes. La longueur totale de ce palpe est un peu inférieure à celle des deux premiers articles de la troisième patte-mâchoire.

La longueur des membres thoraciques est exprimée par la proportion suivante : 2, 3 4, 5, 1. De ces membres le premier est le plus robuste, puis successivement le troisième, le quatrième, le cinquième. La seconde patte est de beaucoup la plus grêle. Toutes sont identiques à celles d’Æippolyte Marioni et seront décrites à propos de cette espèce,

Des six pattes abdominales la première a une structure particulière. Elle comprend un article basilaire cylindrique, légèrement renflé en haut et deux lames dont l’une ovale allongée, bordée de longues soies, et l’autre plus courte, un peu plus large, indivise, terminée en pointe mousse et garnie de quelques soies. Les autres pattes diffèrent en ce que les deux lames sont presque égales et portent toutes deux des soies marginales. A la lame externe est annexé sur le bord externe

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