‹ Révision des crustacés podophthalmes de golfe de Marseille, suivie d'un essai de classification de la classe des crustacésChapitre 43 sur 59 · LT 2È · texte numérisé non relu

LT 2È

La première patte thoracique bidactyle présente un ischion étroit, étranglé vers le tiers supérieur, pourvu d’un court piquant supéro-interne. Le plus long et le plus volumineux des articles est le méros, légèrement atténué à la base qui porte latéralement deux courts piquants internes.

En forme de pomme d'arrosoir, le carpe n’offre rien de particulier. Le propode est un ovale allongé portant un groupe de soies vers la base du bord interne et des poils espacés le long des parois. Le doigt immobile est un appendice conique, quelque peu irrégulier en dehors, garni d’un pinceau de poils terminal et un peu plus court que le dactyle. Celui-ci consiste en un simple crochet recourbé en dedans avec poils terminaux.

Bidactyle également, la seconde patte thoracique est bien plus grêle.

Deux cylindres glabres ou à peine poilus, atténués à la base et renflés au sommet, représentent l'ischion et le méros, celui-ci plus long que celui-là. Plus étroit, et le plus long de tous les articles, le carpe consiste en sept articles cylindriques, glabres et de longueut très variable.

Le propode est un article cylindrique court, prolongé en un doigt conique et moins développé que le dactyle représenté par une pièce également conique et recourbée en dedans. Quelques poils ornent l'extrémité de la pince.

Les pattes thoraciques de la IIT°, IV° et V°® paires sont monodactyles et semblables entre elles. Chacune comprend (pl. XV, fig. 4) un coxa quadrangulaire volumineux, un basos très réduit suivi d’un ischion et d’un méros cylindriques. Ce dernier, le plus long des articles précédents, porte, comme eux, des poils espacés marginaux et, en outre, vers le sommet du bord externe, trois saïllies aiguës et courtes. Le carpe consiste en un article atténué à la base, renflé au sommet où il constitue en dedans une forte apophyse qui surmonte l’origine du propode. Ce dernier, un peu plus long que le méros, sensiblement aminci à la base, s'élargit ensuite, Il présente, outre des poils marginaux fins et espacés, de courts piquants externes au nombre de onze. Le dactyle est le plus réduit des articles, à l'exception du basos. C’est une pièce conique armée le long de la paroi externe de cinq piquants assez robustes dont le terminal recourbé est le plus gros. Enfin, au point d'insertion du basos et du coxa se trouve un appendice pluriarticulé aussi long que le basos et l’ischion et le tiers du méros. Cet appendice montre un premier article basilaire très réduit, suivi d’un second article grêle, allongé et terminé par quatre articles courts et garnis de soies.

Les pattes abdominales n’offrent aucune particularité. La rame externe de la sixième patte se différencie de celle d'. Cranchii par l'absence du piquant placé au fond de la dépression qui existe à l'extrémité du bord externe. Quant au telson (pl. XV, fig. 2), il présente seulement trois paires de piquants dorso-latéraux, au lieu de quatre.

ANCHISTIA SCRIPTA HELLERr PL XV, fig. 5-17.

Dracnose.— Rostre atteignant presque le sommet de l’écaille des antennes externes, légèrement relevé, bifurqué en avant, prolongé en arrière, vers le bord postérieur de la carapace, sous forme d’une crête armée de 6 dents. pourvu de 2 dents petites à la face ventrale.— Écaille auditive très étroite, très courte relativement au premier article pédonculaire de l’antennule et en forme de piquant; fouet très grêle, composé de 31 articles; palpe pourvu de 18 articles basilaires larges et de deux filets terminaux grêles : l’interne le plus court, réduit, composé de 6 articles ; l’externe composé de 19 articles articles. — Écaille de l’antenne externe à bord interne présentant de nombreuses entailles; son épine supéro-externe bien plus courte que la face antéro-interne.— Carpe des IIT°, IV* et V° thoraciques prolongé en apophyse à l'extrémité du bord interne.

Les mesures prises sur un individu de taille moyenne sont les suivantes :

Longueur du céphalothorax y compris le rostre ,..,...,..,.,...... 1220

Largeur maximum ducéphalothorax. 0. .............:",..., 6,0

Longueur de l’antennule........ Res HÉACE Ta anne 11,0 — de l'antenne externe... ...... Joan ee ire se 1109010 — déltbvretertemme ess ere serie e sise 7,0

Le céphalothorax (pl. XIV, fig.16) a la forme d’un cylindre non comprimé latéralement, échancré en arrière sur la ligne médiane, prolongé antérieurement en un rostre très robuste, bien développé et atteignant presque le sommet de l’écaille de l’antenne externe.

Ce rostre diffère quelque peu de la figure 18, pl. VIIT, donnée par Heller (Crust. Südl. Europa).

Il se différencie, en effet, par sa direction et le nombre des dents. Tandis que, d’après Heller, il décrit une légère convexité ayant pour effet de ramener en bas l'extrémité libre ; il est au contraire, dans les individus marseillais, dirigé quelque peu en haut. En outre, les piquants qui hérissent la face ventrale du rostre sont au nombre de deux, comme dans Æ#wchistia migratoria Heller, et non de trois; les deux branches qui terminent antérieurement le rostre sont bien plus rapprochées et plus fines que dans la figure représentée par l’auteur autrichien; enfin les dents placées en arrière, sur la crête dorso-médiane, sont au nombre de six et non de sept. Des poils courts et nombreux s’implantent en avant de chacune de ces dents. Le bord frontal montre, à la base déprimée du rostre, un enfoncement corres

ru pondant à un orbite et limité en dehors par une apophyse aiguë assez forte. Entre celle-ci et la paroi du céphalothorax, il décrit une ligne courbe déprimée vers le milieu, snr laquelle s'élève un fin piquant et correspondant à l'insertion des antennes. La carapace est entièrement lisse ; elle montre une seule épine placée de chaque côté, dans le voisinage de la paroi et au niveau du tiers antérieur.

Les pédoncules oculaires sont grêles, assez longs, quoique sans atteindre la dent postéro-ventrale du rostre.

L'article basilaire du pédoncule des antennes internes (pl. XIV, fig. 10),remarquable par son développement, constitue une pièce cylindrique prolongée à l'extrémité du bord externe en une forte apophyse, un peu au-dessus de l’articulation des deux premiers articles pédonculaires. Cette apophyse et la presque totalité du bord interne portent de longues soies. Enfin la base du même article montre en dehors une longue et étroite écaille auditive, très remarquable par sa réduction, ainsi qu'une otocyste. Le second article consiste en un étroit cylindre qui se prolonge en haut et en dedans sous forme d’une pointe et pourvu de longues soies marginales internes. Un peu plus court, l’article terminal se renfle au sommet; il est glabre. Le fouet se compose de trente-un articles cylindriques, dont la longueur augmente progressivement et garnis de quelques poils courts. Bien plus volumineuse est la base du palpe formée de dix-huit articles plus larges que longs et dont le terminal se bifurque de façon à donner insertion à deux filets. Le filet interne, très grêle et très court, se réduit à six articles garnis de longues soies externes; le filet externe comprend au moins dix-neuf articles aussi grêles et pourvus de rares et courts poils marginaux.

L’antenne externe (pl. XIV, fig. 17) présente une écaille volumineuse, remarquable par l'irrégularité du bord interne et de la face antérieure, celle-ci étant plus longue que l’épine supéro-externe. Le pédoncule égale à peine le tiers de la longueur totale de l’écaille; il est suivi par un flagellum bien développé et glabre.

La mandibule (pl. XIV, fig. 7), dépourvue de palpe, se bifurque et forme deux branches terminales, plus ou moins cylindriques, inégales, la plus grande pourvue de deux fortes dents qu’accompagnent de poils fins et fournis, la plus petite armée de trois dents moins robustes et glabres.

La lame interne de la première mâchoire (pl. XIV, fig. 9), irrégulièrement triangulaire, à sommet pourvu de deux longues soies roides et de quelques poils, est bien plus réduite que la lame externe. Celle-ci dont les parois sont sinueuses, montre des dents terminales courtes et quelques poils marginaux internes. Quant au palpe, c’est un fort article cylindrique franchement divisé à l'extrémité libre en deux mamelons dont le plus interne est surmonté d’une courte soie.

La seconde mâchoire (pl. XIV, fig. 11) montre un fouet développé dont les extrémités sont arrondies, un palpe conique, un peu coudé en dedans, glabre, et un

endognathe. Ce dernier comprend une lame externe profondément divisée vers la moitié de sa longueur en deux lamelles poilues, et une lame interne très rudimentaire et consistant en une simple saillie arrondie, complètement dépourvue de poils.

L'endognathe de la première patte-mâchoire (pl. XIV, fig. 15) est une pièce volumineuse, irrégulière et hérissée de poils en dedans, convexe et glabre en dehors, montrant vers la base du bord interne une petite échancrure qui indique le commencement de la bipartition de l’endognathe en deux lames distinctes. Le mésognathe est une simple saillie conique, régulière, avec un seul poil terminal. Le palpe présente une région basilaire élargie, convexe et poilue en dehors, légerement concave et glabre en dedans, et une région supérieure cylindrique, rétrécie, arquée extérieurement, suivie de deux courts articles étroits dont le terminal porte un bouquet de longs poils. Caché en partie par la base du palpe, le fouet est une pièce triangulaire à angles arrondis, à côté inféro-externe déprimé, entièrement dépourvu de poils.

La seconde patte-machoire (pl. XIV, fig. 8) comprend un fouet large, court, quelque peu rétréci à la base, glabre. Le palpe présente un second article cylindrique, élargi dans le tiers inférieur, dépourvu de poils et suivi d’un article terminal bien plus court, un peu plus large et sétacé. Les quatre premiers articles de la tige n’offrent aucune particularité remarquable. Le cinquième a pris un grand développement; il a l’aspect d’un triangle dont l’un des angles correspond à l'articulation inférieure. Le côté externe forme une forte apophyse arrondie et sétacée. Enfin le sixième article rectangulaire et très étroit se déprime légèrement vers le milieu du bord terminal armé de poils composés courts et assez fournis.

La lèvre externe comprend un fouet rudimentaire, glabre, un palpe uniarticulé, cylindrique, coudé vers le milieu de son étendue, sétacé vers le sommet, aussi long que les IT°, III° et IV® articles de la tige mesurés ensemble, enfin une tige formée de six articles. Le cinquième, puis le sixième sont les plus longs et portent des poils marginaux isolés ou groupés, surtout abondants sur l’article terminal (pl. XIV, fig. 5).

La première patte thoracique (pl. XIV, fig. 13), la plus courte des membres thoraciques, est moins robuste que la seconde. Le basos porte à l'extrémité interne une forte épine aiguë. Un peu plus allongé, l’ischion se renfle en haut eten dedans. Plus développé encore, le méros constitue un article fusiforme suivi d’un carpe presque aussi long, rétréci à la base, à partir de laquelle il se renfle graduellement. Les divers articles précités portent des poils très rares, très écartés et très courts. Le propode est un cylindre déprimé vers le milieu de son étendue; son doigt immobile forme un appendice conique, pourvu de quelques faisceaux poilus et opposé à un dactyle semblable à ce doigt.

Également terminée en pince bidactyle, la seconde thoracique (pl. XIV, fig. 14) est de beaucoup la plus robuste. Elle est à peine un peu plus courte que la troisième. De longueur peu différente, l’ischion et le méros sont des cylindres pourvus de rares poils marginaux. Le carpe, bien plus court que les articles précédents, est plus réduit en longueur et plus trapu que dans la première thoracique. Il se renfle très sensiblement au sommet. Le propode, plus allongé que le carpe, présente ainsi la disposition inverse de celle de la première patte. Son doigt est très long, conique, recourbé, pourvu de quelques poils seulement. Enfin le dactyle est un article également conique et recurvé, un peu plus étroit que le doigt du propode et forme avec ce dernier une très longue pince.

Monodactyles et semblables entre eux, les autres membres thoraciques mesurent des dimensions différentes. Le troisième, puis le cinquième sont les plus longs. Celui-ci (pl. XIV, fig. 6) présente un ischion cylindrique un peu plus court que le carpe, un méros de même forme, un peu élargi vers le haut, un peu moins développé que le propode, un carpe remarquable par l’apophyse triangulaire qui termine le bord interne, un propode consistant en un très long cylindre régulier, armé de cinq petites dents marginales externes et de quelques poils très espacés sur la paroï interne, enfin un dactyle très court, réduit à une griffe recurvée et accompagnée d’une fine dent externe. Dans la quatrième et la troisième pattes, les piquants éxternes du propode sont un peu plus longs et les poils un peu moins rares.

L’abdomen se replie en bas et en avant vers le milieu du troisième anneau, sans qu’il lui soit possible de se déployer entièrement, La proportion suivante exprime la longueur des divers segments : 3, 2, 4, 5, 6,1.

La première patte abdominale comprend un long article cylindrique légèrement renflé à la base du bord interne. Une lame externe lancéolée et sétacée et une lame interne bien plus courte et plus étroite, conique, à sommet poilu et arrondi, complètent la structure de la première abdominale. La seconde en diffère par une taille un peu supérieure, par la forme lancéolée de la lame interne presque aussi volumineuse que la lame externe, enfin par l'annexion d’un mamelon cylindrique élargi et recourbé en dedans à l'extrémité libre qui porte des poils courts et roides. Un peu plus courte que la précédente, la troisième s'en distingue par la longueur moindre de la lame interne et par l’extrémité du mamelon terminé en pointe recourbée et évidée. Les deux suivantes sont successivement un peu plus courtes. Bien développée, la sixième (pl. XIV, fig. 12) forme à l'extrémité postéro-externe de la lame extérieure une apophyse aiguë, courte, en dedans de laquelle est un court piquant. Les deux lames sont un peu plus longues que le

telson.

Ce dernier consiste en une lame quadrangulaire un peu déprimée vers le milieu

de sa longueur. L’extrémité postérieure, terminée en une très petite pointe médiane, montre, de chaque côté de celle-ci, trois piquants dont l'intermédiaire est le plus long. Enfin, le long des parois, dans la moitié postérieure s’implantent deux paires de courts piquants.

PENŒUS SIPHONOCERUS Pair.

PI. XVI, fig. 13-23 et pl. X VII, fig. 1-6.

Dracxose. — Rostre se prolongeant en arrière jusqu’au sillon cervical sous forme d’une carène pourvue de 5 dents, plus court que les yeux, légèrement relevé, cilié en dessous. — Sillon cervical complet et armé de 2 petites dents. — Écaille auditive très réduite et bien plus courte que le premier article pédonculaire de l’antennule, celui-ci pourvu d’un appendice interne biarticulé; fouet composé de 74 articles plus larges que longs; palpe à peine un peu plus long et bien plus grêle que le fouet, et composé de 78-80 articles. Écaille externe aussi longue que le pédoncule antennulaire, l’épine externe à peine un peu longue que le sommet du bord interne.— Troisième article de la tige de la lèvre externe plus court que le quatrième.

Les mesures prises sur un individu ordinaire provenant des fonds de 17 mètres sont les suivantes :

Longueur totale du corps.............. SCORE EU Tee 58°=,0 — UICÉDHAO ROME ee clre sl sie ete ee a eos mese cie 19,5 Largeunimaxonnm du céphalothorax. "0922 0.0 7,0 Longueuride l'abdomen... 44... SES a rat detre 38,5 Largeur maximum de l’abdomen............ LENS CRE PRE LE 6,5 ODPHCOMR EN ARÉERDLLC EAN E dA 1e sms un ma chrome et 38,0 — delécalléidesantenneslextennes. 20... 12,0 — CENHNÉVTO RENE ee semer sine see see 26,0 — Je AP'ENNerENPatt EM tDUTACIQUE..... ee. ae 17,0

Les Penœus des fonds vaseux (70-78 mètres) sont de plus grande taille ; ils mesurent neuf centimètres sans les antennes.

La carapace (pl. X VI, fig. 19), assez bien développée, est un cylindre non comprimé latéralement, terminé en avant par un rostre pointu, sinueux, aplati, cilié en dessous, se prolongeant en arrière jusqu’au sillon cervical sous forme d’une crête médiane.

Celle-ci porte cinq dents assez robustes, séparées par des dépressions assez profondes.

Le sillon cervical, très sinueux, parcourt obliquement la largeur de la carapace et montre deux épines très petites. En avant de ce sillon et dans le voisinage de la fosse orbitaire se trouve de chaque côté un piquant très fort. La fosse orbitaire très vaste présente en son milieu une courte épine; un piquant plus robuste la limite extérieurement Aussi étendue, mais moins profonde, la cavité antennaire se termine à la courte saillie formée par la paroi antérieure du céphalothorax.

L'abdomen, très comprimé latéralement, mesure une longueur bien supérieure à celle du céphalothorax. Les III°, IV“, V* et VI° segments sont surmontés d’une carène médiane, tandis que les deux autres ont la face dorsale arrondie. Le second anneau est remarquable par la réduction de sa longueur. La longueur des divers segments est exprimée par la proportion 6, 6, 4, 3,2, 1.

Les yeux, gros et presque globuleux, sont portés par des pédoncules courts, étroits et coudés.

L’antennule (pl. XVII, fig. 2) bien moins développée que le corps, présente un premier article pédonculaire très remarquable. C’est un cylindre cilié extérieurement, prolongé de chaque côté en pointe aiguë et développée, pourvu d’une écaille auditive réduite, triangulaire et poilue, creusé en dessus d’une fossette ovale pour loger l'œil, enfin portant:en dedans un appendice biarticulé, concave en dehors, sétacé.

Plus étroit et plus court, le second article se prolonge également en apophyses dont l’externe plus robuste est tronquée au sommet. Des poils nombreux en garnissent les parois. L'article terminal, très irrégulier, hérissé de longs poils internes, donne insertion à un fouet et à un palpe. Celui-là gros, aplati, garni de poils très courts en dedans, se compose de 74 articles; celui-ci, à peine un peu plus long, gréle et cylindrique comprend, 78 ou 80 articles.

L’écaille de l'antenne externe (pl. XVI, fig. 20), au moins aussi longue que le pédoncule antennulaire, a l'aspect d’une lame triangulaire, concave en bas, prolongée en dehors sous forme d’une épine dont le sommet dépasse à peine celui de la face antéro-interne. Le pédoncule du flagellum est très réduit.

La mandibule (pl. XVI fig. 21), vue par la face interne, montre une portion antérieure quadrangulaire, épaissie sur le bord interne et pourvue en arrière d’une lèvre large et incomplète. Le palpe biarticulé se différencie très nettement de celui de Penæus caramote (Règne animal, pl. 50, fig. 1 h) par le développement du premier article aussi volumineux que le second, contrairement à ce que l’on voit dans cette dernière espèce. Ils forment par leur réunion une grosse lame foliacée, hérissée de poils longs et abondants surtout sur le second article; ils ont l'aspect d’un triangle ; mais, tandis que le premier a le sommet tourné en arrière, le second l’a tourné en avant.

La première mâchoire (pl. XVI, fig. 18) présente une lame interne ovale,

garnie de dents terminales et de poils externes, moins volumineuse et plus courte que la lame externe dont le sommet élargi est armé de dents dont Ja longueur et la distribution n’affectent aucun ordre régulier. Presque aussi développé, le palpe a la forme d’un cône à sommet très rétréci et coudé, à bord interne sinueux et poilu, à bord externe régulier, glabre et pourvu vers l'insertion d’une forte apophyse conique hérissée de poils nombreux.

Le fouet de la seconde mâchoire (pl. XVI, fig. 22) est remarquable par sa longueur ; l'extrémité inférieure a la forme d’un triangle, l'extrémité opposée est arrondie et serecourbeen dedans. Un appendice large, assez court, incomplètement bifurqué au sommet, constitue le palpe. L’endognathe comprend deux lames : l’une externe est formée de deux lamelles bien développées et inégales ; l’autre interne se subdivise en deux lamelles plus réduites, inégales, celle postérieure étant la plus volumineuse et irrégulière.

La première patte-mâchoire (pl. XVII, fig. 4) présente un fouet volumineux, triangulaire, dont la base tournée en haut correspond à la base du mésognathe. Des poils assez fournis garnissent la face dorsale de ce fouet. Le mésognathe, plus allongé que dans Penœus caramote, consiste en un volumineux appendice, quelque peu irrégulier, atténué et sétacé vers le sommet. Trois articles forment le palpe : le premier montre une moitié inférieure ovalaire, suivie d’une moitié cylindrique ; le second est un assez court cylindre coudé vers le tiers inférieur ; enfin le troisième, un peu plus long que les deux précédents mesurés ensemble, est également coudé vers le milieu de son étendue et porte des poils marginaux assez longs. La longueur de ces articles est exprimée par la proportion 3, 1, 2, tandis qu’elle est 1, 2, 3, dans Penœus caramote. Plus atténuée au sommet est la lame externe de l’endognathe; la lame interne est enfin plus nette que dans cette dernière espèce.

La seconde patte-mâchoire (pl. XVII, fig. 3) se différencie de celle de Penœus caramote (Règne animal, pl. 50, fig. 1 d) par la réduction très notable du palpe qui est bien plus court que le troisième article de la tige, tandis que sa longueur dépasse sensiblement celle de la tige elle-même dans cette dernière espèce. En outre, les piquants qui bordent le sommet et le bord interne du sixième article et ceux qui existent au sommet de l’article précédent ne se retrouvent pas dans P. caramote.

La lèvre externe, placée en dehors de la bouche et fonctionnant plutôt comme membre locomoteur, se distingue (pl. XVII, fig. 1). très aisément aussi de celle de P. caramote.

Le palpe dans celle-ci est aussi long que les I*, II° IIT° et IV* articles de la tige; il atteint à peine la moitié de la longueur du second article dans P. siphonocerus où, du reste, ilest bien plus grêle et sétacé. En outre, les articles dela tige

ont une longueur relative différente. Dans P. caramote, la proportion est 2, 3, 4, 1,6,5; dans P. siphonocerus elle est de 2, 4, 5,6, 3, 1. Enfin le fouet a une forme bien différente.

Les poils qui garnissent soit isolément, soit groupés, les diverses régions de la lèvre externe sont particulièrement abondants sur la paroi interne.

La première patte thoracique (pl. XVI, fig. 16) est remarquable par la présence d’un appendice flabelliforme, grêle, multiarticulé, sétacé, un peu plus long que le basos et l’ischion mesurés ensemble. Ces deux articles, quadrangulaires, de volume peu différent, présentent chacun, outre de longs poils, une forte apophyse marginale interne quise retrouve aussi dans P. caramote. Un cylindre régulier, incomplètement poilu en dedans, garni de nombreux poils externes, constitue le méros, dont les dimensions sont inférieures à celles du carpe. Celui-ci, le plus long et le plus volumineux des divers articles, est un fuseau à extrémités tronquées et quelque peu atténué à la base. Également aminci à sa base, le propode s’élargit ensuite et surtout en dedans, de façon à se prolonger sous forme d’un doigt garni, dans les deux tiers supérieurs du bord externe, de petites denticulations opposées à des denticulations semblables et dépendant du dactyle. La pince diffère surtout de celle de P. caramote par ces dents.

La seconde patte thoracique (pl. XVII, fig. 5) se différencie de celle de la première paire par la réduction de l’appendice flabelliforme dont la longueur ne dépasse pas celle du basos, par la présence d’un piquant au sommet interne du coxa, par l'allongement de l’ischion notablement moindre que celui du basos, par l’absence de toute apophyse sur ces deux derniers articles, enfin par la forme particulière des divers autres articles. C’est ainsi que le méros, bien plus court que le carpe, est fusiforme et que le carpe très allongé est élargi vers la base. Enfin la pince reproduit les détails offerts par celle de la troisième thoracique.

Cette dernière (pl. XVI, fig. 15) montre une pince quelque peu différente de celle de la première thoracique. Le doigt et le dactyle sont plus effilés et la distribution des dents un peu particulière ; en outre, la longueur du dactyle dépasse très sensiblement celle du doigt annexé au propode. Le méros et surtout le carpe se font remarquer par leur allongement et leur minceur. Quant au basos et au coxa, ils sont identiques à ceux de la quatrième et de la cinquième paires.

Dans ces dernières, en effet (pl. XVI, fig. 13 et 22),le premier article porte d’abord une branchie volumineuse, aplatie, à sommet dessinant un V, cachée complètement sous le céphalothorax. A côté se trouve inséré une sorte de fouet biarticulé, sétacé, dont l’article basilaire volumineux supporte un court article, atténué à la base. Enfin, dépendant du basos, est un palpe grêle, multiarticulé, bordé de soies et aussi long que le second et le troisième articles mesurés ensemble. Les articles suivants n’offrent rien à signaler; ils sont assez réguliers.

Le carpeest toujours l’article le plus long. Quant au dactyle, il se réduit à un simple crochet non recourbé et placé à la suite du propode.

Contrairement à l’assertion de M.-Edwards (Hist. nat. Crustacés), la première patte abdominale n’est pas uniramée; elle présente, en dedans d’une grande et longue rame sétacée, une rame bien plus petite et rudimentaire. Les autres pattes abdominales croïssent progressivement ; la rame interne, plus développée, atteint les deux tiers du volume de la rame opposée et, comme celle-ci, elle est multiarticulée et garnie de longue soies marginales.

SIRIELLA CLAUSII Sars PI. XIII, fig. 2-7.

Les individus de cette espèce se rapportent assez exactement à la figure donnée par Sars (pl. 29). Cependant ils présentent certaines particularités qui ne sont d'aucune manière des différences sexuelles, mais plutôt des modifications individuelles.

Dans les nombreux spécimens que j'ai observés, le rostre mesure une longueur bien inférieure à celle qu’il a dans l’espèce type. Il est, en outre, moins acuminé.

L’antennule ne se différencie que par la distribution particulière et le nombre moindre des poils. L’antenne externe présente une écaille plus allongée et plus grêle que dans l’espèce type. Le palpe mandibulaire, très long, se compose de quatre articles dont les deux premiers sont glabres et courts. Le troisième, très développé, a la forme d’un cylindre sinueux, en forme de S, aminci aux extrémités et pourvu de quelques poils marginaux. Un cône muni de longs poils constitue l’article terminal. La portion masticatoire de la mandibule et les deux mâchoires sont identiques avec les mêmes appendices de l’espèce type. 11 n’en est pas de même de la tige du premier maxillipède, composé d’articles plus longs sur lesquels les poils affectent une répartition propre aux individus marseillais. Le second et le troisième maxillipèdes, ainsi que les quatre premières thoraciques reproduisent les divers détails de $. Clausii. Quant à la cinquième thoracique, elle ne diffère des précédentes que par l'absence de l’épine placée dans les membres antérieurs à l'extrémité supéro-externe de l’article basilaire du palpe.

Un simple mamelon très court, conique, avec pinceau de poils terminal représente chacune des pattes abdominales, La sixième abdominale se différencie de celle de S, Clausii par des particularités très secondaires, notamment par le nombre moindre des piquants qui bordent les deux lames interne et externe. Quant au telson, il présente des crochets ou épines marginales groupées un peu différemment. Celles de gauche se composent dans l’espèce type de huit groupes formés d’arrière en avant par 3, 3,4, 4, 4, 4, 3, 3, et dans les individus marseillais de sept groupes formés par 4, 4, 4, 3, 3, 4, 3 piquants. D'autre part, tandis que le

type montre également à droite huit groupes composés de 3, 3, 4, 4, 4, 4, 4, 4, piquants, dans nos spécimens ces groupes en comprennent 4, 4, 4 4, 3» 3 3:

En observant un grand nombre d'individus se rapportant à S. Clausii, j'ai pu constater des différences individuelles portant soit sur le nombre des piquants bordant les lames de la sixième patte abdominale, soit sur celui des épines qui bordent le telson lui-même. Le tableau suivant indique ces variations :

BORD EXTERNE | BORD INTERNE | BORD DROIT BORD GAUCHE de la de la

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