A N DUE
Oh 1 pas grand'chose au fond. Tu sais que je ne peux pas le souffrir. Je l'ai plaisanté sur ses talents de gymnaste, et il a pris mes plaisanteries de travers.
ROUSSEAU
Tu es resté hier avec moi pendant une heure. Pourquoi ne m'as-tu rien dit?
ANDRÉ
Je n'y ai pas songé. Puis à quoi bon t'inquiéter? Cela n'en valait pas la peine... Mais laisse-moi sortir, on m'attend.
On t'attendra. Pourquoi avais-tu l'air si ému, si singulier, l'autre nuit, à ce maudit bal, en me disant adieu ?
ANDRÉ
Moi?
ROUSSEAU
Et pourquoi es-tu venu me voir hier? Pourquoi m'as-tu parlé comme tu as fait?
ANDRÉ
Je te voyais triste. J'ai cru te donner un bon conseil.
ROUSSEAU
Écoute, André, si tu m'aimes, dis-moi la vérité. Et que je le sente et que je le croie. Parle, il le faut ; car si tu refuses de parler, où veux-tu que je marrête dans mes suppositions? Ne vois-tu pas que ton silence est pire que tous les aveux ?