‹ Révoltée; pièce en quatre actesChapitre 9 sur 63 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les iMêmes, BARILLON.

:\îadam£ herbeau.

Ah! monsieur Barillon! venez à mon secours ! On me souille, on me viole et je me meurs de honte!

DARILLON, ahuri.

Madame...

MADAME DE VOVES.

Monsieur Barillon, permettez-moi de vous présenter à madame Herbeau, une de vos ferventes, et à ma jeune amie, madame Pierre Rousseau.

BARILLON, à Hélène.

Ah ! madame, vous n'êtes point une inconnue pour moi, et je suis depuis longtemps, sans que vous le

sachiez, un des respectueu-s admirateurs de votre grâce. El tenez, pas plus tard qu'hier matin, je me suis permis de vous admirer, — de loin, — à l'exposition des Arti incoercibles. Vous étiez arrêtée avec votre mari devant la. Femme verte, vous rappelez vous? (ABreiigny.) Au reste, monsieur, quoique je n'aie pas encore eu l'honneur de vous rencontrer, je vous connais beaucoup par mon confrère Thénard, de l'Académie des sciences, qui fait le plus grand cas de votre caractère et de votre esprit.

Embarras général.

HÉLÈNE

Vous vous trompez, monsieur. M. de Bretigny n'est point mon mari, et si vous avez pu m'apercevoir à cette exposition, c'est que mon mari m'avait confiée à la mère de M. de Bretigny, qui, tandis que nous regardions la Femme verte, s'était attardée devant une Femme bleue, de M. Jacobus Dupont. M. de Bretigny n'est point professeur de mathématiques et n'a jamais présenté de mémoire à l'Académie des sciences. Ce n'est qu'un moeste sportsman, clown à ses moments perdus.

BARILLON

Excusez-moij madame, (a part.) Je crois que j'ai fait une sottise.

MADAME HERBEÂU.

Ah! monsieur, que je suis donc heureuse de faire votre connaissance 1 II faut vous dire que j'aime à la folie les hommes de talent. Vous me voyez encore toute ravie de votre admirable discours I Ah! quel esprit! quel charme! quelle distinction!

HÉLÈNE

Oui, M. Barillon a joliraenl blagué la vertu.

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