‹ Révolution de 1830 et situation présente (nov. 1833): expliquées et éclairées par lesChapitre 10 sur 18 · MT · texte numérisé non relu

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êeanai toute noayelle coalition ; poavant exciter par soa nom seul Fenthousiasme guerrier qui va peut-être nous éire Bécessaire, Napoléon II a des partisans parmi les fonctionnaires de l'empire, les vieux soldats et le peuple.

Cependant on peut redouter son éducation par Metternîch , rinfluence de rAutriche , de sa mère et des serriles instrumens du despotisme impérial ; il est d'ailleurs absent, et Ton ne sait pas même si le cabinet autrichien consentirait à le donner.

Le congrès Taccepterait-il? Il est bien plus probable ^e son cboix tomberait sur le duc d'Orléans.

' ^'un parti patriote ait eu la pensée de proclamer son pève après 47^ ; que Dumouriez ait eu le projet de ie

Î proclamer lui-même ; qn^une tentative ait été faite en sa àveur pendant la première guerre d'Espagne ; qu on l'ait renouvelée peu avant les cent-jours, et depuis ; qu'il ait peraonnellement l'ambition d'un trône ; on peut le nier flomme on peut l'affîpmer.

Maïs ce qui parait certain, «'est qu'un parti l'adopte depois 4 S29 , et que -ce parti se compose d'intrigans , qtti riFeolent des places; de libéraux , qui veulent un roi ; ée doctrinaires et d'hommes de la restauration, qui prévrâeiit une insurrection inévitable et redoutent d'en être les vis- <imefl ; et de quelques patriotes, qui croient au prince an ftéritable patriotisme.

Le peuple ne le connaît que comme un Bourbon, et 4e comprend dans sa haine d'instinct contre cette race ; mais ee peuple est si confiant , il a tant besoin d'aimer , qu il n'est pas difficile de captiver son affection par des démonstrations populaires.

Les hommes énergiques hii reprochent son isolement, son indifférence, son égoïsme et son inaction pendant la restauration ; mais la masse des patriotes se laisse faaiiement séduire par tout le bien qu'on dit de lui. ( Voyez page 426 ) , et la masse des timides fait des vœux po«r ion élection.

Il est presque certain que le congrès le préférerait à aes rivaux.

Ah! s'il a l'ambition de trôner, s'il aime le repos et

quelque peu la liberté, qu'il doit avoir de regrets aujour^ d'hui de n'avoir pas demandé un congrès l

Quel funeste service lui ont rendu ses conseillers oo ses flatteurs, ou peut-être des ennemis cachés sous le masque du dévouement !

§ 40. — Que faut-il faire pour rEXTÉRiEUR?

Républicain ou monarchique , mais constitué par un congrès et accepté par la nation, s'identifiant avec le pays , montrant une confiance entière au peuple qui s'en est montré si digne , honorant la révolution et s'appuyant sur elle , le gouvernement, ne pourra redouter, à Viniérieur , ni émeutes ni adversaires quelconques.

Et à l'extérieur?

La révolution de 89, les àiscossions de la Constituante , de la Législative et de là Convention ont jeté partout en Europe les germes de la liberté. — Nos conquêtes ont répandu nos mœan , nos institutions et nos lois. — Nos deux inv««oB» de 4 844 et 4 84 6 eUes-mêmes «nt libéralisé les arvoées européennes. «- Notre presse et notre tribune, soas !• restauration , ont encore éclairé les peuples — Enfin k latte engagée depuis le 8 août fixe leur attention et captive leur intérêt, quand ils apprennent à la fois et i^ ooopdetat et 1 expulsion des Bourbons

, AffAgjonr» àe combat.

^^Lliéitrff»* counge du peuple de Paris , sa merveil- 1 M ^S***» "■ générosité sublime excitent l'enthou-

'^ ilfl rSaro^ et Tadmiration du monde.

^*^Jj mie jamais la nation française paraît être la libé-

^^ jea nations : partout, en Europe, dans les deux

'JJJJ^cs, jusques au fond de F Asie, à Delhi, à Madras

^^ycicutta, on célèbre son triomphe comme le signal

gp ji liberté universelle 5 partout on arbore ses couleurs ,

^,11 oliante sa Parisieniie et sa Marseillaise: on lui envoie

, J0« députations et des adresses, on jure d'empêcher les

tét àe l'attaquer, on brûle d'impatience de suivre son

^ÊÊtfÉÊ^ l*ouvricr de Paris est un héros que tous les ou-

^^^^^■lent imiter.

Autant et plus qu^en 89 , 92 et 'l 8^ 5 , tous les trônes ikbsolus sont ébranlés , toutes les aristocraties sentent leur injuste domination et leurs privilèges menacés, et, comme alors , les aristocraties et les rois sont dans la nécessité de se liguer pour conjurer le danger commun.

Mais les dispositions de leurs peuples paralysent leurs

{projets hostiles : examinez TAngleterre , la Belgique , 'Espagne y Fltalie, la Prusse, F Allemagne et la Hongrie; considérez leur enthousiasme pour la réyolution française^ et vous serez convaincus que la France tient dans ses mains les destinées de Tunivers, et que c'est elle qui peut dire aux rois : Soyez sages.

Qu'elle déploie donc toute sa force et sa puissance, comme si tous les rois devaient l'attaquer! Qu'elle se lève tout entière et s'enrégimente 1 qu'elle ne s'occupe qu'à fabriquer des armes , et qu'elle se montre enfin debout et armée sur ses frontières I qu'elle ne perde pas un instant ! Qu'elle ne néglige rien I Plus son élan sera rapide et son armée nombreuse, plus son influence sera irrésistible et le succès certain.

L'enthousiasme qui l'anime , et qu'on peut exalter encore , renouvellera tous les prodiges : quelques jours suffisent pour réunir au Champ-de-Mars 60 mille gardes nationaux; quelques mois suffiront pour organiser des millions de citoyens-soldats et de soldats-citoyens.

Qu'elle ne craigne rien ! aucune puissance n'est prête en A 850 et n'osera tenter de l'envahir avant qu'elle soit elle-même complètement organisée : la Prusse en fournira la preuve , lorsque , sur la fin de septembre , voulant secourir son parent Guillaume, chassé par les Belges, elle s'arrêtera à la voix de la France menaçant de voler au secours de la Belgique.

Qu'elle ne craigne rien surtout dès qu'elle sera sous les armes! car qui pourrait avoir la pensée de l'envahir alors ?

Point de conquête ! point d'atteinte à l'indépendance des autres nations !

Mais qu'elle ne consulte et n'écoute que la justice , sa dignité, son honneur, son intérêt et 1 intérêt des peuples , sans rien sacrifier à la crainte de la guerre !

Qui pourrait la faire hésiter? L'intérêt des rois?

Gamme si la justice condamnait deux cent millions d'bommes habitant ITurope à rester éternellement opprimés par quelques rois , quelques princes et cinq ou six cent mille aristocrates !

Qu'elle se déclare donc Tappui des peuples! qu'elle proclame que chacun d'eux a le droit de s'arranger comme il veut avec son gouvernement; que les autres gouverncmens n'ont pas le droit d'intervenir; que^ s'ils s'abstiennent, elle ne franchira pas sa frontière; mais que , s'ils veulent attaquer une révolution populaire quelconque , elle est prête à s'élancer pour la secourir.

Sûr de n'avoir à lutter que contre son propre roi et sa propre aristocratie , chaque peuple va s'affranchir I Dix révolutions populaires vont éclater !

Dira-t-on que c'est un rêve, une imagination, une Ululion?

£h ! les révolutions de Belgique , de Suisse , de plusieurs petits états d'Allemagne j de Pologne et d'Italie ne sont-elles pas une preuve incontestable , une démonstration sans réplique ? Ces révolutions ont éclaté quoique la France s'endormît presque désarmée ! Qu'auraitrce été si la France eût veillé sous les armes en promettant son appui ^

iian(

^énérei

l*Oîque Pologne I

Qu'on ne craigne pas la guerre., et l'on n'aura pas la guerre !

Mais si les rois , entraînés par la fatalité , veulent tenter la chance des combats , alors la propagande !

Que la France menacée fasse un appel aux peuples ! qu'elle élève le drapeau de l'affranchissement! qu'elle Aide partout les amis de la liberté, et les amis de la liberté , délivrés par son secours , viendront à sa défense 1 I*a Turquie et la Perse elles-mêmes mettront peut-etrt S00,000 hommes à sa disposition ! La victoire ne peut être douteuse.

^ Jftais , encore une fois , on n'aurait pas eu la guerre -y

k paii aurait été bientôt certaine; Tindustrie n'aurttt pas langui; Fenthousiasme ne se serait pas éteint, les citoyens ne se seraient pas divisés ; la liberté régnerait sur tous les peuples, et la France, libre, tranquille, hmreuse^ serait la bienfaitrice des nations.

Oui , qu'on y réfléchisse ! la révolution de juillet ^t jpeut-être, de tous les événemens qu'enregisti^^Thistoirv, celui qui pouvait avoir le plus .d'influence sur le bonheur de rhumanité.

Qu'il était facile d'en tirer ks heureuses conséquences !

Qu'il a fallu d'infernal génie pour tarir la source de tant de biens I

Que de douleur, que de regrets n'éprouve4-Qn jpas quand on pense au bonheur et à la gloire que des ousérâbles ont ravis à leur patne !

Qu'ils sont coupables «nvers la France et tous les peuples !

Et que dVxécration la postérité leur réserve si la liberté «uccombe dans la lutte que lui prépare le despotisme !

I^ous icenons de voir ce qu'on aurait dû faire : voyoM maintenant ce qu'on a fait.

*^ Malheureusement nous n'aurons plus à signaler que des fautes , des usurpations , des trahisons .et des périls ! *J^

§ l'I . — Conspiration orléaniste pour s* emparer de 2a

rètolvAiwi*

J'ai parle d'un parti orléaniste existant certainement depuis )829 au moins. {Voyez page ^129. )

Quelques hommes de ce parti jconspirevd.

C'est Talleyrand qui est l'âme et le chef du complot.

« Dominé par les prêtres , se dit-il , «nkalné par je fanatique parti de Goblents , Charles X nous repousse ou nous repoussera , tandis que le duc d'Orléans nous appellerait à lui. I^ peuple d'ailleurs est furieux ; une violenta insurrection est infaillible , et la république ou Napoléon II aeront proclamés. Alors gare & nous tous, trattre8^,[; an-

tenrs, fauteurs et complices de la restauration de 4814

et de rinvasion de 1845! Non, nous ne pourrons

nous sauver qu'avec le duc d'Orléans! Mais, même

avec lui , si la révolution est populaire , si la nation se réunit dans un congrès, adieu nos places et notre crédit! Et si la guerre exigeait un recours à l'énergie

du peuple , gare encore à nous ! Il nous faut donc le

duc d'Orléans en place de Charles X , avec la charte et la *paix, c'est-à-dire une quasi-révolution ou une qnasfrestauration , et une quasi-souveraineté ou une quasi-légîlimité, en un mot un juste-milieu! H faut conserver nos pairs, nos députés, nos juges, nos fonctionnaires, nos amis, et ne faire d'autre changement que celui de la branche aînée , à laquelle nous substituerons la branche eadette , et celui des ministres dont nous aurons les portefeuilles

» Tout cela est bien difficile!... Essayons cependant.

» Ne pourrions-nous pas séduire les uns en parlant de légalité, d'ordre public, de droits acquis? Enrayer les antres en leur montrant 95, le pillage et V impiété f N'avons-nous pas de l'influence ! Quand on verra que je m'en mêle , moi , Talleyrand , qui ne conspire que quand le succès est certain ,. qui refusera de venir ménter les faveurs d'un astre nouveau? Ne sommes-nous pas sârs de la majorité des pairs et des députés? Ne sommesnous pas riches, et, en avançant trois ou quatre millions , ne pourrions-nous pas acheter six ou huit régi-

mens? N'aurons-nous pas facilement des colonels

qu'on fera généraux , et des généraux auxquels on fera avoir le bâton de maréchal? Qui pourrait nous empêcher de faire uu 48 fructidor, ou un nouveau 48 brumaire, ou un nouveau premier avril 4 84 4 ; de faire , au commencement d'une séance, prononcer la déchéance de Charles X et de sa postérité , et l'élection du duc d'Orléans par les deux chambrei appuyées de quelques régimens? Toute la bourgeoisie n'applaudira-t-elle pas?

» Oui... mais le peuple? Eh bien! on lui prodiguera des éloges , on lui fera quelques concessions ; on reconnaîtra , par exemple , sa souveraineté, ce qui ne nous embarrassera pas plus que la reconnaissance de la repu- ^itjue n'embarrassa l'emperenr. Le peuple est si confiant l

— ISS —

D'ailleurs , le prince se rendra populaire ; il captivera facilement Laffitte^ Lafayette et Dupont de TEure, qui le croient très libéral.

» Nous dirons aux patriotes : Vous devei être cou» tens : car vous avez la souveraineté et un roi républicain ; aux Ugiiimistes : Vous devez être heureux ; car . nous évitons la république , et nous vous donnons un Bour*> bon ; à l'étranger : Vous devez être tranquilles , car nous avons le même intérêt que vous à contenir la liberté; à conserver l'ordre, à éviter tout ce qui pourra agiter nfh tre peuple et les vôtres ; nous ratifierons les traités, nous entrerons dans votre sainte-alliance, nous nous unirons à vous pour comprimer les révolutions

D Àh ! tout cela est bien difficile et bien périlleux 1 . . . . — Oui, mais... la république! Napoléon II!... D'ailleurs nous nous rendrons nécessaires à la garde nationale, aux bourgeois, aux marchands, à tous... . Et puis le hasard!.,. Et puis, ne sera-t-il pas toujours temps de planter là le pays? Essayons donc... Guettons la révolu* tion. . . et tâchons de Farrêter au passage. »

On voit que c'est une intrigue plutôt encore qu'une tonspiration: et, si les conspirateurs se décident à agir, ce ne sera que pour opérer une révolution dépotais, de janissaires ou de chambres , ou pour dénaturer une révolution populaire.

Autour de Talleyrand se groupent l'abbé Louis, De* cazes, de Broglie, Pasquier, etc....

Guizot ( qui s'est fait admettre dans la société Aide* toi, le ciel t'aidera; pour se populariser et se faire élire député), Sébastiani, Dupin et Bertin de Vaux, n'ont qu un pied dans cette coterie.

Royer-GoUard ne s'opposera pas, mais s'abstiendra.

Lalfitte , bien .que partisan du duc^ qu'il croit honnête homme, sincère et patriote, reste en dehors : mais, qi^and il en sera- temps , on obtiendra sa coopération par Thiers et Mignet , qui mangent aussi souvent à, sa tanle qu'à' celle de Talleyrand.

Ces deux écrivains sont les principaux agens de ce

dernier I qui, pour avoir on organe qui puisse adroitement pnéparer les voies , fonde ou fait fonder le iViof ional avec 1 abbé Louis , et leur en confie la rédaction.

Quand ils apercevront Tinsurrection populaire, ils fl^eflraieront , parleront d'imprudence et dillégaliié, et même prendront la fuite ; mais ils reviendront bientôt après la victoire du peuple , et ce sont eux qui , les pre* miers, .proposeroqt dans leur journal de choisir le dmc d'Orléans et de conserver 2a charte (4).

Uex-carbonaro de Schonen est peut-être le plus actif des membres de cette coterie. C'est lui qui, sur la fin de décembre i 829 et au commencement de janvier à 850 , sonde les carbonuri : pour avoir leur appui , il l«ur confie

Îrue deux révolutions sont près d^éclater; qu'il s'ag^it de aire le duc de Modène roi d'Italie , et le duc d'Orléans roi de France ; qu'un patriote italien (2) vient d'arriver à Paris ; qu'il offre beaucoup d'argent pour commencer la révolution française , À condition que celle-ci aidera et lacijitera la révolution italienne; u met tant d'importance dans le succès, de sa démarche, qu'il renouvelle sept ou huit jours de. suite ses instances, de grand matin, au milieu de l'hiver ; et comme les républicains montrent peu de dispositions à se compromettre pour le duc d^Orléans , il leur avoue que la royauté ne sera qu'une trainsitiiOn k la république, qu'il chérit et désire autant i^'eux; mais ses efforts sont mutiles.

Que d'autres mystères et que d'autres noms l'avenir dévoilera peut-être biettlét !

Quoi au'il en soit^ cette coterie, dirigée par les ronës

. de la pe&ce et de la diplomatie , et uniquement occupée

des moyens d'escanaoter la victoire, aura d'immenses

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