‹ Révolution de 1830 et situation présente (nov. 1833): expliquées et éclairées par lesChapitre 9 sur 18 · ET SITUATION PRÉSENTE (OCTOBRE · texte numérisé non relu

ET SITUATION PRÉSENTE (OCTOBRE

g 4er — Qui a fait la révolution ?

Après la Tictoiro , chacun voudra se proclamer vaia queur : c'est peut-être le lâche et même l'adversaire qui se vantera le plus de son courage et de ses services , et qui mettra le plus d'ardeui* à demander le prix de fat victoire.

Mais quels sont les combattans?

La presse patriote , bravant les ordonnances et les me> naces, donne Texcmple de la résistance, et provoque courageusement à Tinsurrection.

Le» ouvriers , ceux en imprimerie surtout ; le peuple , qui compte dans ses rangs tant de vieux soldats , et chef lequel on trouve cent fois plus de patriotisme et d'hoaneur que dans Faristocratie de naissance et de fortune, les étudians ^ et surtout FËeole de droit , TÉcole de inédedne et FÉcole polytechnique ^ la jeunesse , et notamment celle du commerce; les patriotes, et principalement les carbonarïy prennent spontanément les armes; eana concert , sans chefs et sans direction.

-Qoelqaes hommes . entrés depuis dans la résistanoe, Baiihe , par exemple , et de Schonen , prennent part a« mouvement ; d'autres approuvent et laissent £aire.

Et les députés? les fameux deux cent vimft-un ? -— Peu se trouvent à Paris. Parmi ceux-ci , Audry de Puicaveau , Mauguin , A. Delaberde , JBérard , Lafitte , La^ fsyette, Baonoa , Labbey-Pompierres , Bernard^ Bavoox,

Cbardel , de Schonen ^ Marschal , Duckaffaut, veulent se mettre à la tête de l'insurrection.

Casimir-Périer , Sébastiani , les deux Dupin , Méchin , Bertin de Vaux , Villemain , Guizot , s'y opposent.

Mais le 29 , combattant depuis trois jours sans les dé-

£utés, le peuple est enfin vainqueur. L'Hôtel-de-Ville, le ouvre et les Tuileries sont les tropbées de son héroïque -courage.

C'est alors que les députés nomment Lafayette commandant delà g[arde nationale, et Gérard commandant de l'armée , et qu'ils instituent une commission municipale composée de : Audry de Puiraveau , Mauguin , Lobau , de Scbonon , et Casirair-Périer.

Lafayette , Gérard et les quatre premiers s'installent à l'Hôtel-de-Ville , le 29 au soir, et proclament , dès le 54 , la déchéance de Charles X , prononcée par la victoire du peuple.

Casimir Périer ne paraît que pour s'opposer à cette déchéance et entraver ses collègues.

Quant à la masse des aristocrates, des légitimistes, des hommes de salons , tous si intrépides en paroles , iû n'osent pas combattre l'insurrection qu'ib condamnent et qu'ils redoutent.

Et quant aux carlistes eux-mêmes , si menaçaas aujourd'hui , que font-ils alors ? — Chateaubriand va répondre :

« Je laisse la peur, dit-il, à ces généreux royalittês n qui n'ont jamais sacrifié une obole ou une place à leur » loyauté, à ces cimmpions de V autel et d\i tréne, » qui naguère me traitaient de renégat , d'apostat et de i révolutionnaire. Pieux libellistes! le renégat vous apn pelle. Venez donc balbutier un mot , un seul mot avec » fui, pour rinfortuné maître qui vous combla de ses » dons et que vous avez perdu. Provocateurs de coupi » d'état, prédicateurs du pouvoir constituant, où étes- » vous ? Vous vous cachez dans la houe , du fond de la- 1» quelle vous leviez vaillamment la tète pour calomnier tt les vrais serviteurs du roi : votre silence d'aujourd'hui » oat digne de votre langage d'hiep. Que tous ces preux,

• dont les exploits projetés ont fait chasser les descendais » de Henri IV à coups de fourches , tremhUnt mainte- » nant , a4:croupis Mms la cocarde tricolore , c'est tout » naturel : les nobles couleurs dont ils se parent protë- » geront leurs personnes et ne couvriront pas leur lé* » cheté. » ( Discours à la chambre des pairs. Moniteur du 44 août. )

§ 2. — Efforts p(mr sauver la restauration.

Quelques-uns de ceux qui se sont compromis sous la restauration , ou qui Tapprouyent et en espèrent des

{daces , ou qui doutent du succès populaire et craignent es Tengeanccs de la cour , font ouyertement quelques efforts pour sauver les Bourbons et la légitimité.

Ainsi , MM. de Sémonville , de Yitrolle , Mortemart , Colin de Sussy , Forbin-Janson et d' Argent ( qui , préfet en 4 84 5 , a fait hruler le drapeau tricolore par la main du bourreau sur la place publique à Pau , et qui a écrit que la lé^fitimitë était le seul port de salut pour la France), négocient publiquement pour conserver le trône à Charles X.

MM. Dupin frères et Bertin-Devaux (rédacteur, avec Chateaubriand , du Moniteur royal, à Gand, pendant les cent-jours, et directeur des Dé&oto), se soumettent aux ordonnances et s'opposent à Finsurrection.

C. Périer, libéral , mais non patriote ; plus aristocrate qu'un grand seigneur ; l'un des partisans les plus prononcés de la restauration; qui, comme Ten vante Royer- CoUard, n^ a jamais désiré la révolution; oui ne faisait de l'opposition qu'aux ministres et aux porteieuilles ; dévoué à Charles X, qui Tegrettait qu'il ne fût pas homme ne; fréquentant la cour, y dansant avec la princesse; recevant magnifiquement le roi dans une de ses terres ; gam dant le silence k la tribune depuis deux ans, parce qu'il avait l'espérance d'arriver au ministère; effectivement choisi par Polignac ; ayant accepté ^ et n'ayant pu y entrer que parce que des patriotes, secrètement consultés par lui, refusaient leur concours; nommé ministre avec

M. -de Mortemart appés les oedcnuMnces, Gaaimir Périep, dis-je, s'oppose à rinrarreetiou et à U déchéance; et même, quoique membre du gouinniement proTÛoire, il Jiégfoeîe aeerèiement à Auteuil et à Paris avec im ëge^t de Charles X.

Sébafiiw ( auaai partisan que Gasinûr Péner de Taristocratie ^ de la restauration , de la charte et d'im poitefeuillc, ayant été comme lui nommé collègue de Polignac, et ayant accepté comme lui) s'oppose également à l'insurrection dans les premières réunions de députés.

(Voyez V Histoire des Trois-Joumées , par Armand Marrast. )

J}étle,2ê , et jusqu'au 29 , Dupin aîné, G. Périer , fiMhastiani, Gh. I)u[Kn , soutiennent que Charles X a en le éroU de dissoudre la chambre, qu'il n'y a plus de députés, et qu'ils n'oat. aucun droit de rien faire abaoli»mettt. lia insistent fortement pour qu'on ne sorte en aucun cas de lauBCALmÉ, quoique violée par ChariesX.

Séhastani yeut bien qu'on adresse une lettre respe^ tuêuse , et qu'on demande à Sa Majesté une audience four ie déterminer à chanfger de système, et lui faîve coBuaitre que ses ministres l'égarant; mais il fait tcvns ses efforts , soit pour empêcher la protestation proposée par Bérard et Audry de Puiraveau, soit pour paralyseir la xéunion dest députés.

Ne précipitais nan, dit G. Périer; ne nous compromettons pas ; ne donnons aux Tuileries aucun préteite •de plainte contre nous : la prudence commande d'attendre les événemens; nous saurons mieux quel pfsrU

l'mi peut- en tirer pe/urrauMmer le roi Quand il Terra

la monarchie compromise , il retirera les ^ordonnanças , renverra son ministère et viendra à nous.

Biais pomt d'insurrection, disent G. Périer et Sébaatiani à des citoyens qui les pressent de se mettre à lenr tâte ; vos adversaires sont forts , ils ont du eanon et vous ia'en avei pas ; ce n^est pas dans la rue que nous gagnerons la bataille.

Quand ils voient la révolution opérée malgré leurs elGarts po«r l'empêcher, tous se joignent aux-osiésnistes pour la ism avarter, au poifir obtenir du duc d'Orléaae

]t i^ffotedMO tt kt piaees iqu'ik eBféraiaai reeeyoir éh Charles X:.

§5. — fiombat, péril, héroïsme » tn^o«r«.— P«rto.— jtfod^rafioa, générasUé, canfiunce. — Service rendu^ refonnatisaïuae nationale.

'iL«aMJn'>pai4er'lds. Aéboto.

« Ce) fut te ina^t 27 cpie la bataille commença. 9 Dès k matin , le peuple aTaît été excité par le dé>

Èabk spectacle dea joarsaux coufisquég et des presses

. » Mais déjà h &rae armée avait sa consigne et soa chef. Elle était persuadée que deux ou trois déchaaçes de iDDvsqueiene sodmeitt^aient la France *hu premier > mouvement qu'eUe ferai ti mur les cLtoyens.

Il Ls'PaUs-Aoyal est fermé. Le peajde s'indigne :

m lien de finr, ilmarahe aox troupes; quoique sana aj^mas^ il résiste , 'il se bat, il affronte le feo, il se fait toer, •fe la rue Saint-Honoré est couverte de sang.

» ..r..<. Pelignac se croit vainqueur... Gloire à vosiaf loi disent les courtisans; malheur anx libéraux! Laissez faire le reste au maréchal Msnnoiit.... Oti sefelicite, on t'embrasse À âaînMIfend.

• Cependant mercredi, dès le matin , tonie la ville est en armes les rangs se fiarment , les citoyens se cherchent des chefs.

» Déjà les postes intérieurs sont emportés ; le drapeau tricolore remplace Tautre drapeau ; : les corps-degarde se vident; les sentinelles ennemies se lefdient. Las deux armées se trouvent en préscnoe^à la'place.de Grèvei; las troupes défendent THdtel-de-Vîile ailles citoyens Taltaqnest r un ^instant les Fmn^aia en sont les maîtres; Finstant d'après, .casent les atmémis ; il est repris, abandonné et repris plusieurs feis C'était une belle

journée, une îoumée de gloire et de triomphe l.... Paris se promettait déjà la victoire dti lendemain,.. • , . . . .

» .Hais pendant que le peiq>le , qui venait de «e battre, se reposait de ses fetigues, prét>à recommencer dans qnet ^oes heures, il y avait dans k vilk des hommes qui.

taÂent une nuit horrible : c^étaient les préV9yan$ et I06 sauges. Ils se rappelaient les maux qu'entraînent 1^ guerres civiles y le sang , l'anarchie , la famine, les excès de toutes sortes; ils se rappelaient aussi les violences des cours, les réactions, les commissions militaires, les i>risons. Terril ïéchafaud: ils se figuraient la cour de Saint-Gloud arriyant avec toutes ses forces , et mettant la ville à fèn et à sang ; ils tremblaient que le peuple ne fût vaincu ce jourlà ; car, s'il était vaincu , ils voyaient toutes 1er Msiperdues, le pouvoir ahiolu à la place de la dutrte, tous les fruits de la révolution détruits à jamais, la France déshonorée ^et méprisée comme un peuple conquis, le^vicô^ despotisme des courtisans et des |)rétres pesant sur efie, tant de grands intérêts livrés h quelqoss heafès de eombat.

V Cependant le peuple se réveillait et reprenait ses armes. Dans ces grands mouvemens-qui changent le monde, rien n'est sage commue l'instinct du peuple : une ibis qu'il s'est jeté dans la lice, laissezrle faire: ne l'arrêtez pas par vos prévisions menaçantes, par vos conseils intempestif; faites-lui grâce de votre expérience inutile : le peuple saura bien y avoir recours quand il en aura besoin.

» Toutes les rues étaient barricadées. Sur les

boulevardîs les barricades se fiBusaiént avec des arbres cou* pés par le pied ; quelques-uns restaient debout pour être précipités sur les troupes rebelles.,.., les pavés étaient portés au sommet des maisons pour servir de projectiles.

» Nous sommes au jeudi 29 • j

» Dès le matin, la foule s'était emparée de tontes

les armes qu'elle avait pu trouver. Elle avait arraxihé aux théâtres toutes les armes destinées aux évolutions d'opéra et de mélodrames. Elle avait désarmé les gendarmes, les soldats de la ligne, les vétérans, les pompiers; ces braves gens- étaient h^eux de rendre des armes- dont ils ne vou^ latent pas se servir contre des citoyens.

» Déjà le peu))le s'ébranlait pour aller au Louvre et aux Titileries, quand un renfort inespéré lui arriva : les élèves de VÉcolef polytechnique avaient forcé les portes de hur école. Ces bravés. ont été salués avec tranqiort. — Je sm votre chef, disait l'un , et il montait sur un cheval btsue.— Général, disait l'autre, je suis votre aide-de-

eamp, et il se mettait un foulard jaune à la ceinture en guise d'écharpe.

» A onze heures , le Louvre était enlevé. -«-G^est un élève de TÉcole polytechnique qui Ta pris, c^est un héros de vingt ans....

» Enfin, à une heure, Paris était vainqueur

Toute la ligne s'était rendue, toute la gendarmerie, et plusieurs corps de la garde royale

» Jamais , disent les vieillards , ils n'ont rien vu de pareil. Dans la révolution de 89, les comhats les plus acharnés du peuple n'ont jamais duré qu'un jour; et d'ailleurs ou'est-ce que 89 lui-même suivi de 95, comparé aux 27, 28 et 29 juillet? Ici point de proscrits, point de meurtres, point de pouvoir usurpé par le peuple, point de temples profanés , et, pour célébrer la victoire, des funérailles sans faste , une croix de bois vis-à-vis cette colonnade dont les Parisiens étaient si fiers , que les Suisses les ont forcés de mutiler , et dont ils seront plus fiers que jamais. » ( Article des Débats répété dans le Moniteur du 5 août).

« Les autres journaux, Lafayette, la commission municipale , le lieutenant - général Louis - Philippe , les chambres , et toutes les autorités sont unanimes pour rendre hommage à l'héroïsme , à la générosité et aux vertus civiques de la jeunesse et du peuple. Ecoutons-

NaHonal du ^juillet, rédigé par Thiers et Miqnet, —

« Parisiens vous avez été toujours les plus braves

et les plus héroïques des hommes.... Aucune journée depuis quarante ans n'a été aussi belle que celle d'hier.

n n'y en a de pareille dans l'histoire d'aucun peuple

Honneur! honneur à vous, hraves Parisiens! Encore un jour, et par vous la France est libre et respectée ! »

Même journal. — « 11 n'y a point de termes qui puissent rendre l'impression qu'a produite la conduite du peuple de Paris sur ceux qui l'ont observée dans les journées d'aujourd'hui et d'hier.

» Injustes que nous étions! Nous le eroyons désintéressé dans les questions constitutionnelles qui, depnii

^uinse «us, s'açiteni entre nom et la «ontre-rërcJation. . . . » .... Mais ee peupU, exclu des collèges éledoremr» et ewkdÊmné à l'iiotieme politique par la trop prudente timidité de nos instâtutions ; ee peuple avait merreilleasement compris qu'une chambre des députés n'est pas faite pour recevoir les lois de la royauté, mais au contraire pour soumettre cette royauté au» volontés nationalea

n II faut ajouter encore qu'on a bien vu que ce peuplé n'était plus celui de Fancien régime , mais celui que la dévolution a formé. Le peuple n'a point égorgé ceux qui tombaient entre ses mains ; il a été clémenl autant que hrave ; il a traversé les appartemens des Tuileries sans délire, sans piller, sans rien emporter. D a arboré sur la demeure des rois l'étendard tricolore

» ... En un mot , c'est le peuple qui a tout fait depuis trois jours : il a été puissant et sublime : c'est lui qui a vaincu , c'est pour lui que devront être tous les résultais de la lutte. »

Proclamation du gouvernement provisoire aux habitans de Paris , du 51 juillet. — « Quel peuple au monde mérita mieux la liberté ! Dans le combat vous avez été des héros : la victoire a fait connaître en vous ces sentimens de modération et d'humanité qui attestent à un si haut degré les progrès de notre civilisatiou ; vainquems et livres à vous-mêmes, sans police et sans magistrats, vos vertus ont tenu lieu de toute organisation judiciaii'c; jamais les droits de chacun n'ont été plus religieusement respectés.

» Habâtans de Paris , nous sommes fiers d'être vos frères; en acceptant des circonstances un mandat grave et difficile , votre commission municipale a voulu s'asso» cier à votre dévouement et à vos efforts ; ses membres éprouvent le besoin de vous exprimer l'ADMiBATioif rr

LA RECONNAISSANCE ZKE la. PATRIE.

» Leurs sentiniens , leurs principes sont les vôtres : an lieu d'im pouvoir imposé par lesorme^ étrangères , vous aurez un gouvernement qui vous devra son origine : les 9erluê-sont dans fautes Us classes ; toutes les classes ont ie^ mimas droits: «es dmts sont assurés.

t ViTe la France ! viye le peuple de Paris ! me h y^

berté!

» Signé LoBAU , Aodat be PcrmAVEAir ^

Mauguih , DE ScHOlTEir. »

Gouvernement provisoire. Deux arrêtés du 4 août. — »IIne commission sera chargée de recueillir les tra^ notable» qui se sont- passés dans les derniers éyénemens. ^

» Il sera -élevé des monumms funéraires sur tous lea benx où repose la dépouille mortelle des citoyens morts poar la patrie. L'Académie des beaux-arts est chargée de nommer une commission qui proposera le plan de ces iDonumens. •• — • ( Jfonitfter du 5 août. )

« U aéra puUîé une narratifm of/icieUe de tous lea traits à^héroisme et dliwmaniié qui Mit Ulustr^ les der^ diéres journées de juillet. » (Moniteur , ^ août. )

Procîamattùn éfA, Delàberde, nouveau préfet de Pa^ ris , du 50 juillet. « Braves habitans de Paris ! chers cobs citoyens ! . . . qui peut se flatter de mériter le rang de premier magistrat d^une population dont la conduite héroïque Tient de sauver la liberté et la civiUsaMon ; d'une populatîon qui réunit dans son sein tout ce que le commerce , la propriété , -la jnagistrature , les sciences et les arts nal<de^lus distingué? Mais c'est vous surtout , dont on ne peut assez faire l'éloge et protéger les intérêts , citoyens industrieux de toutes les professions^ 'vous dont les efforts spontanés , sans guide , sans plan , ont su trouver ks Hwyeiio de résister à Toppression , et de ne juu.sottiUor ^'une seule iaehe la victoire. » ( Moniteur du I^'F août. )

ProelamoHoii de Gtrod de VAin^ préfet de- police , son habitans de Paris. — ... u Continuez à donner Pexcmple •de toutes les vertus ctvtqnes^'aprèsarvoir montré votre i)i- Irépidité duis lé combat; » \ MemUewr du 2 août. )

Créée du jouy de Lèfdy^te à la garde nationale de Paris , du i5 août»— «- « Tant de prodiges ont rignalé la dernière semaine que , que lorsqu'il s'agit de eaurage èi de dévoûment, on ne peut plus s'étonner de rien. Le géaénèen chdi'.cBsit néanmoms ;d0VQir«]qpvîmer:bir00on-

«laitance publique et la sienne pour la promptitude et le zélé avec lesquels la garde nationale et les corps ytAxa^ taires se sont précipités sur la route de RarabouiUet , pour mettre fin à la dernière résistance de Tex-fainille royale... M Au milieu des services rendus à la patrie par la population parisienne et les jeunes gens des écoles » il nW aucun l>on citoyen qui ne soit pénétré à'admiratie», de confiance , je dirai même de respect, à la vue de ce ghh rieux uniforme de l'École polytechnique qui , dàa« le moment de la crise , a fait à chaque individu une puis* sance pour la conquête de la liberté. » (Moniteur, 6 août. )

Moniteur du 9 août. •— « Tous les jeunes gens attê^ cbés au Jardin-des-Plantes , aussitôt qu^ils ont appris que leurs bras pouvaient être utiles à la cause de la patine'^ se sont armés spontanément et portés sur tous les points du danger , ayant à leur tête un élève de l'École polytechnique. Leur philantropie après la victoire n'a pas été moins grande que leur courage, t»

Réponse du Heutenant-gèniral k M. Séguier, prétî* dent de la cour royale. — « .... J'espère que mes enfans se montreront dignes condisciples de cette glorieuse jmtr nesse qui vient de déployer une ^nergû st^lime pour U défense de ses droits et de ses foyers. » {Moniteur, 9 août.)

(« L* École de médecine , au nombre de \ ,500 élèvei , est venue saluer le roi, dans son palais. Cette jeunesse H active et si hrave se serrait en foule autour du monarque, heureux de se sentir pressé par ces cœurs généreux qa avaient contribué à sauver la patrie, dont ils sont une des ptus belles espérances. » ( Moniteur, 40 août. )

Réponse du roi aux élèves de V École de droit. -— « Je reçois avec attendrissemeot Texpression des sentimens de rÉcole de droit. J'admire le patriotisme avec lec^uel elle a concouru à l'héroïque défense de Pari». Messieurs i je

SUIS A vous A LA VIE ET A LA MORT. » {MoniteUT,

4\ août.)

Discours de Chateaubriand k la chambre des pairs.

— - «Non, MessieuTs , nous n'avons à cmindre ni ce peuple dont la raison égalé le courage , ni cette généreuse jeunesse que j'admire , avec laquelle je sympathise àù tontes les facultés de mon âme , à laquelle je souhaite , comme à mon pays , honneur , gloire et liberté. »> ( Moni'^ ieur, \\ août.)

1}iscours de Barthe , procurent du roi , prononcé à

Tandience du 'l'I août , lors dé son installation. — «

Au sein de cette lutte infinportelle , une classe entière s'est manifestée avec des vertus ignorées , il faut le dire , jusqu'à ce jour. Accoutumés à ne trouver que dans la fortune ou dans les emplois publics des garanties d'ordre et de sagesse , nous semblions environner d'une sorte de défiance cette classe d'hommes qui ne doivent leur existence qu'aux travaux de leurs matins , mais qui , au milieu même de ces travaux, n'étaient point restés étrangers au inouvemeni progressif de notre époque. Tout à coup vous les avez vus , au signal de la destruction donné par un gouvernement qui se frappait lui-même , combattre pour la liberté avec un courage qui s'est joué de la discipline militaire ; vous les avez vus vainqueurs et armés , sans loi, sans police , sans autre retenue que le sentiment de la sainteté dé leur cause , et cet amour d'ordre léQal qui a jeté parmi nous de si profondes racines, montrer , après la victoire , une modération , une sagesse , an re^ect pefur les droits de tous , un désintéressement , qui attestent à la fois et la plus haute moralité et les progrès de ia civilisation dont la France , plus qu'aucune autre nation , a le droit de s'enorgueillir. » ( Gazette des Tribunaux du 44 août. )

Proposition de Ba»oux — « Honneur , honneur

àvtx vertus civiques de la capitale, à son héroïsm£,^jai à la grandeur quelle a montrée dans la victoire, — Je soumets A la. chambre ta proposition suivante : — « La chambre •id08:4éputés vote des remerciemens à la ville de Pa* iii.ris.- ••— * BUe invite, le^goul?ernement à s'occuper d'un 4iK»nufneiit .digne de transmettre à la postérité la pïus rer 4}uLée Tévénem^nt qulil est destiné à consacrer. ¥ It portera l'inscription :

 la ynûe de Paris , la Francis reemnaissanie. Cette pK^fKwition est adaptée par acdamatMa.

Trois ordonnances du 6 août, — « Considérant lea services distingués que les élèves des Écoles polytechnique» de Droit et de Médecine ont rendu à la cause de la patrie et de la liberté , et la part glorieuse qu'ils ont jpfise aux héroïques journées des 27 , 28 et 29 juillet , avoM accordé douze crda d'honneur à la preipijère ^ quatre à la seconde et quatre à la troisième. »

Les élèves remercient , déclarant qu'ils n'oi|t qi]^ rempli un devoir national « et que d'ailleurs tous l'ont égale^ ment rempli.

Rapport de Jars sur la proposition relative aux récompenses nationales. — ... « Je ne dirai point cepei»dant tout ce qu'il y a de beau , de grand , de généreux éans ces mémorables journées des 27 , 28 et 29 juillet ; il serait difficile de choisir entre tant de hauts faits , entre tant de modèles d'un courage inoiil et d'une vertu sans égale; chaque arrondissement a eu ses héros , dont il se glorifie ; on rétrouve partout les mêmes traits à'hé-

ivïSme et de désintéressement » ( Moniteur du 48

août. )

Difroufs de^ €har1és Dupin sur la même proposîtioB.

«•» « Lorsqu'il arrive, rontime aujourd'hui, qu'usa

dynastie est fondée par suite de Vkèrotsme des oitvriarr, la dynastie doit fonder quelque chose pour la pottérité ée ces (mtriers héroïques. » ( Menitewr du 49 août. ^

Tels sont les hommages d'admiration et de reconnaistance unanimement rendus à l'bérMsme , surtaot à la générosité et aux vertus civiques de la jeunesse , des '<Nh vriers et du -peujJe.

PonrraiiJon en effet n'être pas reeonnaîsaani envevi des eitoyens qui viennent de braver si généreuaeineni k soort pour sauver la liberté ? Les deux c^iil vingHm auF tout pourraient-ib se monti^ eempâètemMit iBgprtfta^cih TMTi ceux qui viennent de les arraeber tout è la proscrip tion ?

Et qiuinci 6B réfléchit sur lei mans camé» ptr Ut £iciàmk contre-révelutiofinaire depuis 4789 et depuis 4814 ; sur la tyrannie dont les ordonnances sont les avant-eoilemrs ; sur les inanaenses périk de k résistance ; sur le nMt^e des Tictiines immolées en défendant ia liberté ( ÙL 041 sept mille) ; sur la haine, la cofère et la yengeanise qui pourraient animer les eombattans ^ sur ler précautions que le peuple pourrait croire nécessaires à s« séeurité ^ est-il possible de ne pas admirer sa modératioa et .sa géttérositc? £t que Fadmiration d^it être j^us graiMkr eaflore aujourd'hui quand , à cette ^lérositepopulairet c» compare la royale harbârie de don Miguel , de FerdiiiMad, de Nicc^as^ du duc de lIcKiléne , du prétendu pèrs des Glirétiens , en an mot , des monarques contre les par trietes, et même du gouyemement sorti des harricadeflr qnitre les hommes de JuiUet.

Oui , cette générosité tient du miracle et du prodige : c^fist un bonheur inappréciable, c^esi Tun des plus heureux é?énemens que Thistoire ait à célébrer ; car , lers même que le peuple est réduit au cas de légitime défeme, lors m&ne qu'il n^ oppose que quelques jours de colère à des siècles d oppression, sa violence excite d'éternelles accusations exploitées pour lui faire des ennemis : mais aujourd'hui , sa victoire est empreinte d'un caractère tout DOuyeaa de grandeur et de magnanimité qui lui fait mieux sentir sa pn^e dignité, qui lui impose en quelffae aorie l'obligation d'être déÉtormais plus vertueux eneane^ qui lui attire les applaudissemens de toutes les natÎMW, et qui lui procure une puissance morale âtmt Y-êBeà est ianealculiible.

Aht qu'ils seront coupables envers la France et llinnMuûié. ceux qm, au lieu de timr toutes les conséquences de cetée généronlié sublive , aueablenmt plus- tard eu le peuple , œs mêmes ouvriers , et cette même jeu- , de dédains, de calonmies, d'outrages et des violences les plus atroces !

I 4. — Quelle atJa^ÇÂVixK de la révoluiim?

. Ce sont «aîqneineat I dit le î«ile4nilw« , ies oïdea^

naiices violatrices de la charte. — Non , ces ordonnanees sont l'occasion et le signed^ mais elles ne sont pas la cause.

La cause est dans tout ce qui ce s'est passé depuis 40 ans : c'est l'amour de la liberté , de l'égalité et de l'indépendance ; c'est le souvenir de notre glorieuse révolution de 'lïSO, le désir de reconquérir les principes de notre immortelle constitution de '179'! ; c'est l'aversion pour le despotisme, pour la noblesse, pour l'émigration, pour la chouannerie , pour les jésuites , pour la contre-ré* volution , pour la restauration , et pour les budgets ruineux ; c'est la haine contre les Bourbons et la domination étrangéi*e; c'est le sentiment qui animait la France entière lors de la prise de la Bastille, qui lui rendit l'empire odieux malgré sa gloire , et qui la ranima pendant les cent-jours ; c'est le besoin qui lui fit expulser Louis XVIII au 20 mars , et qui fit éi-lore depuis tant de conspirations et de tentatives d'insurrection ; en un mot , c'est la volonté de répondre à l'appel des représentans de 4845, pour reconquérir l'indépendance et la liberté.

§ 5. «— Quel est le but de la révolution?

Tout ce qui s'est passé depuis la régénération de la France en 89 ne Texplique-t-il pas manifestement ?

Ce but n'est-il pas évidemment Texpulsiôn des Bour» bons dont, dès le premier jour, le peuple brise avec fureur les armoiries? N'est-ce-pas l'expubionde leurs pairs, de leurs juges et de leurs jésuites, contre lesquels les insurgés manifestent leur colère au Luxembourg, au Palais» de-Justice et à T Arcbevéclié? N'est-ce-pas l'amélioration da sort du peuple , la suppression des impôts injustes et la diminution des impôts excessifs , la jouissance des droits électoraux , en un mot , la conquête de droits de l'homme et du citoyen ?

Ce but n'est-il pas aussi l'annulation d'une charte oetroyée, imposée par Tétranger, illégitime, illibérale, antipopulaire , continuellement détériorée , cent fois violée , qui a facilité la misère du peuple et l'oppression du pays, qui vient d'être déchirée par ses propres ailleurs , et qui

doit être odieuse par cçla seul qu'elle est rœuyre des Bourbons?

§ 6. — Quelles doivent itre les conséquences de la

La première , celle qui renferme toutes les antres , doit être , pour la nation , la rentrée dans Texercice de sa

SOUVEBAINETE.

Les combattans et les vainqueurs eux-mêmes n'auraient pas le droit d'imposer leur volonté au pays.

C'est à la nation seule qn'il appartient de tout régler en dernier ressort.

Qu'elle réélise les mêmes députés ou les remplace par d'autres , qu'elle maintienne la charte ou la modifie , ea la remplace par une constitution toute nouvelle ; qu'elle adopte la république , ou conserve la monarchie ; qu'eHe choisisse Charles X , ou le duc d'Angoulême , ou le doc de Bordeaux , ou Napoléon II , ou le duc d'Orléans y ou tout autre ; en un mot , quelle que soit sa décision , cette décision est la loi suprême à laquelle la minorité doit se soumettre ; c'est là le droit', la justice , l'ordre ; hors de là , il ne peut y avoir qu'arbitraire , oppression , et germe de dissensions civiles.

Tels sont les principes consacrés par les constitutions de 4794 , 4793 et 4796, et par les déclarations et protestations des représentans de 4845.

Tels sont même les principes professés dans un édit de juillet 4747 (4), par un duc d'Orléans , régent de Louis XV.

Il faut donc convoquer une assemblée constituante oo une convention, ou une représentation nationale, ou un congrès , comme on l'a fait en 4 789 , après le 4 août , et après le 20 mars 4845.

Auparavant , il faut nécessairement un gouvernement provisoire, comme on en a établi au 40 août, après le

(1) Kœderer, Esprit de la résolution de d7S9, page 225^, donne textuellement cet édit.

48 brumaire, après la déchéance de Napoléon au •i*' avril 4844 , et après son abdication sur la fin des centjours.

§ 7. — Gouvernement provisoire, — Convocation des électeurs et des représentans.

De la composition dit gouyernement provisoire peut dépendre tout le sort de la révolution ; par conséquent les les insurgés en masse ont intérêt et droit à surveiller cette composition.

Mais le peuple est si modeste , si désintéressé , si confiant ! Il laisse tout faire aux députés , parmi lesquels cependai^peuvent se trouver des adversaires de la révolution. Axasi voit-on figurer parmi les membres choisis , G. Périer, qui désapprouve l'insurrection, qui négocie secrètement en faveur de Charles X , et qui s'oppose à sa déchéance. — Aussi encore voit-on les députés s^effrayer du titre de gouvernement provisoire, et n oser donner que celui de commission municipale de Paris,

Il est vrai que Lafayette , Gérard , Laffîtte , Audry de Puiraveau, Mauguin et de Schonen sont à THôtel-de- Ville ; et le peuple , qui les connaît , qui les adopte pour ses chefs , qui les appuie de son dévouement et de ses armes victorieuses , qui croit qu'eux seuls vont diriger sa victoire , pense et doit penser que tous ses droits sont en sûreté.

Le gouvernement provisoire , qui se croit assez fort pour proclamer la déchéance des Bourbons , devrait donc gouverner et diriger exclusivement la révolution.

Il devrait d'abord pourvoir à la sûreté intérieure et extérieure , et par conséquent adopter provisoirement une constitution populaire, celle de 4794 par exemple, suspendre les fonctionnaires ennemis ( comme on l'a fait après le 40 août, après le 48 brumaire, après la restauration et après le 20 mars ) , choisir des ministres et des ageus dévoués à la rév(4ation , réorganiser la garde nationale et l'armée , et pourvoir à la défense des frontières.

Après toutes ces mesures f!e sûreté intérieure et extérieure , son principal soin devrait être de convoquer 2(( nation.

La loi électorale se trôuyant annulée ou suspendue , et son illibéralité étant même Fun des motifs de la révolution , le gouvernement provisoire pourrait et devrait faire nn décret spécial pour les premières élections , comme Font fait Louis XYI en 4 789 , TAssemblée législative après le 4()%foût, Napoléon après le 20 mars, et même Louis XYIU après les cent-jours; il pourrait aussi choisir une des anciennes lois les plus populaires , de manière qu*il y eût à peu près autant d'électeurs et de députés que pour l'Assemblée constituante ou la Convention.

Mais il faudrait laisser un délai sufGsant et prendre toutes les mesures convenables pour que les électeurs pussent avoir une opinion bien éclairée sur les qualités qu'il importe de rechercher pour les députés : car tout congrès choisira la république ou la monarchie , suivant que les électeurs auront choisi des députés républicains ou monarchistes.

§ 8. — Congrès national, — Constitution. — RépMique ou monarchie, — Institutions populaires. — Acceptée iion. — Révision.

Le congrès , composé d'hommes spécialement élus et connaissant bien le vœu présent de leurs concitoyens , devrait d'abord déterminer la forme du gouvernement, c'est-à-dire choisir entre la république et la monarchie, en procédant à ce choix avec maturité, après avoir en* tendu toutes les opinions et pris tous les moyens de connaître parfaitement Fintérêt et le vœu du pays.

Certainement la république est la forme de gouvernement la plus rationneUe , la plus parfaite et la plus séduisante eu théorie.

Elle a prospéré chez de grandes comme chez de petites nations de Fantiqnité ; elle prospère aujourd'hui dans les États-Unis et dans d'autres grands états d'Amérique.

Mais convient-elle à la France?

La nation presque entière et la Convention le pensaient enn92.

« Vous vous êtes constitués en république (disait Maies \

herbes, Fun des défenseurs de Louis XYI , à Barrèrd ) , e^est le meilleur des gouvememens, tenes-vous-y si vous pouyez. » — (Montgaiilard, tome 2, page 296. )

Mais ils n^ont pas pu s'y tenir! s'écrient les anti-répablicains. . !

« La république, dit Thiers (NaiiowU du $4 juillet ), k république , qui a tant d'attrait pour les esprits généreux, BOUS a mal réussi il y a trente ans : livrée aux nyalités des généraux , elle a succombé sous les coups du premier homme de génie qui s'est rencontré pour la soumettre. »

Ainsi , dit-on , Tépreuve est faite.

L'épreuTc est faite I Elle le serait donc aussi pour la monarchie absolue de Tancien régime, et pour la monarchie constitutionnelle , puisque toutes de«x ont succombé comme la république?

Non, non; Tcpreuve de quelques années, au milieu des convulsions intestines, de la guerre civile, de la guerre étrangère, et de la plus furieuse des tempêtes qui ont bouleverse l'univers , cette épreuve ne prouve rien : si TAmérique se trouvait dans les mêmes circonstances , la république périrait probablement aussi chez elle.

Bonaparte a pu la détruire en l'an VIII ; mais il n^y a plus de Bonaparte ; de long-temps on n'en verra ; et la république serait peut-être, en 4850, pin» forte que tous ses ennemis.

Mais la république, c'est 95, c'est la terreur! —D*abord, qui le dit? Ne sont-ce pas les partisan» intéressés du pouvoir absolu , les contre-révolutionnaires et les aristocrates? Tous ces hommes ne la détesteraient-ils pas, quand même elle serait véritablement le gouvernement le plus parfait? Ne doivent-ils pas l'attaquer et la calomnier, d'aulant plus qu*elle est plus équitable, qu'elle réduit davantage leurs privilèges , et qu'elle est plus capable de faire le bonheur du peuple ? Ne sont-ce pas eut précisément qui l'ont constamment poussée à des excès pour la déshonorer et la perdre? Aujourd'hui même, ica carlistes ne pou&scnt-ils pas à la république en avouant qu'ils feront tous leurs elîorts pour la pousser à sa perte?

En second lieu , dire que la république est 95 , n est-ce

Cun mensonge employé pour effrayer les yieilles femmes, niais et les poltrons? — 95 et la terreur sont-ils la république ou seulement le eouyemement révolutionnaire? Le gouyernement républicain a-t-il commencé ayant ie 4 brumaire an YI (26 octobre 4795), quand la terreur était finie depuis loiig*temps?

Cette terreur de 95 n*a-t-elle pas été effacée par la terreur modérée de 94, par la terreur royaliste de 4795» et par la terreur légitimiste de 4 84 5? Est-elle inséparablement inhérente à la république plus que la Saint-Barthélémy , le;S dragonnades et les anciens mxissacres à la monarohio absolue, plus que le parricide et le sacrilège appel des armées étrangères et les mitraillades de îmUet k la monarchie constitutionnelle de Louis XYllI et de Gharies X, plus enfin que l'état de siège de juin à la monarchie populaire de Louis-Philippe ?

Si la république était nécessairement 95 et la terreur, personne n^en voudrait; et cependant ne yenons-nous pas de yoir Thiors i^econnaitre , le 50 juillet, que c'est pour les esprits généreux que la république a des attraits? Tout le monde ue connaît-il pas ce colloque en' re Lafayette et le duc d'Orléans? « Je suis républicain, dit La- » fayette. — Moi aussi, répond le duc, je Vai toujours -B été, Gi je le serai toujours. — ^^Je considère, ajoute le gc- V néral, le gouvernement des États-Unis comme un mo- » dèle, — Moi aussi... Mais je pense que, pour le mo- » ment , la monarchie bépublicaine convient mieux à la » France. ^

Quoi qu^il en soit , la république a pour partisans les patriotes les plus fermes , cette jeunesse si héroïque et si généreuse, et, plus qu'on ne le croit, ce peuple si brave, viisageetsi intelligent, qui, depuis trente ans, n'a joui d'aucun droit sous la monarchie.

Le congrès pourrait donc Tadopter , sans crainte d'aflliger ni le duc qui se dit républicain , ni Lafayette qui Test.

Si le congrès lui-même, jugeant après un mûr examen, repoossaif la république , le monarque choisi n'eu serait que plus solide ; car les républicains se résigneraient sans tMrmurer à la yolonté nationale ; ils attendraient qu'une nouyelle expérience eût prouvé que la monarchie peut au-

joard^hui rendre le peuple heureux (ce qui ne les ficW rait pas du tout , puisqu'ils ne veulent que le bonheur du peuple ), ou qu'elle est désormais intolérable, même sous un prince qu on appelle le meilleur des rois.

Je le crois ; en '1 850 , regardant comme insuffisante r épreuve de la monarchie constitutionnelle faite sons Iiouis XYI , Napoléon , Louis XYIII et Charles X , la majorité de la nation et du congrès voudraient encore en essayer^ et ce qui les déterminerait surtout, c'est l'avantage de trouver un prince dont la famille a constamment embrassé la cause populaire ; dont un ancêtre , régent de Louis Xy , reconnut et proclama solennellement la souveraineté nationale ( voyez page 4 24 ) ; dont le père, Philippe-Égalité , vota pour la république et la condamnation de Louis XYI; qui, lui-même, a été républicain, jacobin même , et général d'armée républicaine , combattant le fils et les frères de Louis XYI exécuté ; qui se dit républicain encore; qui parle d'un trône populaire entouré d'institutions républicaines: qui proclame que, attaché de cœur et de conviction aux principes d'un gouvernement libre, il en accepte d'avance toutes les. conséquences: qui a des vertus privées , une nombreuse famille , des goûts simples et bourgeois ,* annonçant qu'il n'aura ni cour, ni I>esoin d'une grosse liste civile: se promenant seul , à pied , un parapluie sous le bras , un chapeau gris honoré d'une large cocarde tricolore sur la tête , donnant sa main l)lanchc à la main noire et calleuse de l'ouvrier ; chantant la Marseillaise : parlant bien , et parlant de son amour pour la gloire , la liberté , le peuple , l'humanité ; montrant de 1 horreur pour la peine de mort; paraissant être la franchise et la loyauté mêmes.... Ahl qu'on l'avoue, peut-on n'être pas tenté de croire que c'est là la meUlewre des républiques? N'est-ce pas du moins la meilleure pâte de roi? N'est-ce pas le monarque le plus capable de consentir lui-même un jour à la république , après avoir préparé la nation à la recevoir? Ne doit-il pas même la préparer nécessairement dans tous les cas? Car, si la monarchie trébuche avec lui , ne sera-t-il pas démontré par là qu'elle ne peut plus marcher avec personne?

Je le répète , je crois que le congrès préférerait la .mo^

Mais il devrait faire et ferait une constitution nouvelle, en la discutant mûrement et solennellement ; ce serait une monarchie j}0j9ulair£ et républicaine qu'il constituerait ; il reprendrait les bases de la constitution de i 794 , approuvée par la France entière , œuvre admirable d'un immortel congrès national.

Il fixerait lui-même toutes les garanties et toutes left institutions fondamentales, notamment le droit d'élection, ^i comprend tous les autres droits.

Il déterminerait l'époque et le mode de révision; car la raison et les constitutions de 4794 et 4795 disent égale* ment qu'aucune constitution ne peut être parfaite , ni convenir à tous les temps , ni enchaîner les générations futures à perpétuité.

Il déterminerait aussi le mode d'acceptation ; car les constitutions de 4 795 , de l'an viii , de l'an xii , et da sénat en 4 84 4 , l'acte additionnel et la protestation des représentans de 4845 disent, avec les principes, que toute constitution doit être soumise à l'acceptation natior aale.

Il consacrerait surtout les droits du peuple, et garantirait les intérêts de cette classe, la plus nombreuse et par conséquent la plus redoutable , la plus utile et par conséijnent la plus digne de la bienveillance du législateur i car, comment un pays dans lequel le peuple travailleur n'est pas convenablement wowm, vêtu, logé et instruit: comment un pays où l'on voit la misère à côté du luxe , et des millions d'hommes plus misérables que le cheval et le chien de quelques riches ; comment un tel pays , dis-je, peut-il se vanter de sa gloire en aucun genre , de ^SL justice, de sa moralité, et même de sa civilisation? Le congrès admettrait donc tous les citoyens aux élections et dans la garde nationale; il abolirait les impôts sur les objets de première nécessité, sur le sel, les boissons et le lo&oc; il assurerait au peuple V instruction, les moyens de vivre en travaillant, et aes secours dans sa vieillesse ou ses infirmités.

La monarchie adoptée , la constitution terminée , le congrès, qui aurait conservé jusque-là un gouvernement provisoire, procéderait au choix du monarque.

§ 9. — Bourbons, — Napoléon tl. — Due d'Orléans.

Quel que fût le choix du congrès , accepté par la nation j chacun devrait s'y soumettre et s'y soumettrait «n effet.

Charles X et le duc d'Angouléme auraient chacun quelques partisans, bien qu'ils aient abdiqué.

Le duc de Bordeaux en aurait davantage..— L'abdication de son grand-f>ëre et de son oncle, dirait-on, n'a été que conditionnelle et faite en sa faveur I U a des droits acquis ! — Non, la nation seule a des droits : la première révolution a déchu les Bourbons ; la déchéance prononcée jcontre Napoléon, son abdication, le traité fait avec lui le •I 4 avril \S\4 par les alliés pour accepter cette abdication, prouvent que l'ancienne dynastie n'est plus rien en France ; la restauration ne Ta pas légalement rétablie ; Charles X et son fils n'ont rien pu transmettre à l'enfant; il n'a jamais eu de droit ; il en a cent fois moins surtout que n'en avait le fils de Napoléon quand le sénat de 4844 et la restauration de 4845 l'ont déshérité du trône.

Mais le duc de Bordeaux est innocent! — Eh ! Napoléon II ne Tétait-il pas? La nation ne l'cst-elle pas aussi? Faut-il sacrifier son intérêt à celui d'un individu ? Le défenseur de Louis XYI et tous ses partisans ne reconnaissaient-ils pas que , quoiqu'innoceut suivant eux , ce r^ pouvait être privé du trône si la nation le voulait.

Le duc de Bordeaux! mais c'est Charles X, ou le doc ^^Angoulêmc ; c'est la restauration et la légitimité et les jésuites ; c'est le despotisme et la vengeance ! Le peuple criait plus de Bourbons, et le congrès n'en choisirait aucun.

Quant à Napoléon II, c'est autre chose.

Héritier constitutionnel en 1 84 4; proclamé de noiw veau en 4 84 5 ; dans la fleur de l'âge , et susceptible de sympathiser avec les jeunes patriotes ; rappelant des souvenirs d'indépendance nationale et de gloire ; pouvant rter à la France l'alUance de F Autriche, qui paraly-

Page 1