‹ Révolution de 1830 et situation présente (nov. 1833): expliquées et éclairées par lesChapitre 8 sur 18 · LEGALEMENT EMIS · texte numérisé non relu

LEGALEMENT EMIS

» Qu'un monarque ne peut offrir des garanties réelles, » s'il ne jure d'observer une constitution délibérée » par la représentation nationale et acceptée par le » rnuPLE ;

n Qu'ainsi tout gouvernement qui n'aurait d'autres « titres que des acclamations et les volontés d'un » parti , ou qui serait imposé par la force , ou qui n'a- 10 dopterait pas les couleurs nationales , et ne garantirait

« pas la liberté — , l'égalité , etc. , etc. , n'aurait

» qu'une existence éphémère, et n'assurerait pas la tran- « quillité de la France ni de l'Europe.

» Que si les bases énoncées dans cette déclaration » pouvaient être méconnues ou violées , les représentans » du peuple français , s'acqidttant d'un devoir sacré , » PROTESTENT d'avauco , k la face du monde entier , con- » tre la violence et l'usurpation ;

» Et qu'ils confient le maintien de ces dispositions 4 » tous les cœurs généreux , à tous les esprits éclairés , à )* tous les hommes jaloux de leur liberté , enfin aux gé-

» NÉRATIONS FUTURES 1 »

Oui, les cœurs généreux répondront un jour à cet appel!!

Mais les manifestes des rois ne sont que d'horribles impostures : car ils se sont secrètement engagés , dès le 25 mars , à rétablir Louis XYIII.

Leurs généraux ne veulent pas même écouter nos plénipotentiaires, demandant au nom de la France Texécu* tion de leurs promesses: ils refusent la paix et toute suspension d'armes ; et , profitant d'un moment do trouble

et- cPhésitation , appelc^s sans doute aussi par des traîtres, ils précipitent leur marche sur la capitale salis dim pourquoi la guerre continue.

Peuple , fédérés , gardes nationauic , élèves de Fécole polytechnique ; et soldats surtout, demandent à mourir pour la patrie et sont prêtes à la sauver.

Napoléon , voyant la mauvaise foi des généraux ennemis, offre de se mettre à la tête des troupes comme simple général , et Gamot y consent ; mais Fquché s^y oppose , et Davoust menace durement de faire arrêter son ancien empereur.

Les représent ans déclarent la guerre imtionale: msàs il est trop tard alors.

Que peut d'ailleurs le courage contre la trahison? '

Ii'inrame Fouché , duc d'Otrante , ministre de la police , pair de France , président du gouvernement provisoire, négocie depuis trois mois avec les cabinets de Tienne , de Londres , et de Gaud surtout : il trahit la représentation nationale , ses collègues , la nation et l'armée!

D'infâmes généraux trahissent également leurs soldats et leur patrie !

Davoust capitule avec Wellington !

Paris est livré par ceux qui devraient le défendre !

La représentation nationale est violée I

Les Bourbons sont formellement imposés par les baïona nettes étrangères !

Talleyrand , rentré dans une calèche prussienne , le régicide Fouché , Louis , Pasquier sont leurs ministres !

Davoust conserve son commandement et leurs faveurs !

Et Napoléon , qui n'a pas voulu se jeter dans les bras du peuple, et qui croit à la loyauté du gouvernement britannique , va mourir captif sur un rocher , au milieu de l'Océan, à plus de deux mille lieues de son pays!....

Quel malheur qu'il n'ait pas aimé le peuple et la li* berté I Son génie pouvait le rendre le bienfaiteur et l'idole de la terre , tandis que son despotisme corrupteur et son égoïste ambition Pont presque rendu le iléao de son pays!

- ar -

§ 2. -— Petféie des oZliés. -* Imêts exigences. — Ltfcke dlmndon. — SerciUié eMers la sainte-aUianee.

Dans toutes leurs proclamations , les coalisés ont solenflèttèimeilt< protesté qu'ils n'étaient armés que contre Nop poléon j et qu'ils n'entraient en France que comme alliés 6t amis du peuple français. Mais^ pour déterminer leurs Kujets à' les défendre, ils avaient ég^alement promis de leur donner des constitutions et la liberté ; et cependant ils ont violé toutes ces promesses. Prenant désormais la pliiee de Napoléon , ambitieux et despotes comme lui , ils r<Mit se partager les peuples comme de vils troupeaux et vont détruire l'indépendance des nations' vaincues ou trop ffti3>les pour résister. Pourquoi donc craindraient-ils de se déshonorer en violant leurs- promesses envers la France?

Ils veulent d'abord la partager , et leur carte est déjà dressée.

Mais ils trouvent plus utile et moins dangereux d'exploiter leur amqtiéte, en la replaçant sous le joug d'un prince qui consent à n'être que. leur |iréfet et leur commis.

Si , par le traité du 26 novembre , ils garantissent le trône aux Bourbons, c'est uniquement dans l'intérêt de la monarchie et de la légitimité, c'est-à-dire dans leur intérêt personnel. Us n'accordent pas , mais ils imposent l'occupation de la France, pendant cinq années, par «150,0^0 de leurs soldats , sans permettre à celle-ci d'avoir .plus de 22,700 hommes pour la garnison de vingt-six places fortes. Ces ^50,000 soldats seront payés, nourris et entretenus par le gouvernement français, et seront bien mieux traités que ses propres soldats. Le drap nécessaire à leur habillement sera fourni par les Anglais , et les habits seront faits par les ouvriers étrangers.

Eu un mot , les coalisés , se transformant subitement en ennemis vainqueurs , exigent tout de la France et des Bourbons, et les Bourbons ont la lâcheté de tout leur accorder.

Ils veulent détruire nos ponts d'Austerlitz et d'Iéna.

lis dévastent nos musées, dépouilloat nos monumens

publics , enlèvent les trophées de nos anciennes victoires , reprennent nos anciennes acquisitions territoriales, et nous condamnent à leur payer deux milliards pour les frais de guerre et la solde de leur armée d^occupation.

Sur leur demande , Louis XYIII licencie Farmée française.

n leur livre nps|. arsenaux, nos ports, nos forteresse» et nos propres frontières.

Il consent à ce que le royaume des Pays-Bas soit créée pour observer la France , et que de nouvelles, forteresses y soient construites avec notre argent pour nous menacer continuellement .

Il fait plus : violant la capitulation de Pajris. (crime épouvantable ! car où s^arrêtera l'effusion du sang si les armées , ne pouvant plus se fier aux capitulations , soM réduites à s'exterminer?); violant, dis-je, la capitulation de Paris , il livre à ses alliés les têtes de Ney , de Labédoyêre , de Mouton-Duvernet et d'autres généraux judiciairement assassinés !

Par compensation , le prince allemand de Hohenlohe est nommé pair et maréchal de France ! Wellington luimême prend la place de Ney î II figure parmi les maréchaux de Louis XYIII , qui le décore en outre du collier de Tordre du Saint-Ëspnt !

Aussi verra-t-on un général anglais pousser l'insolence jusqu'à dire que la France est une Ndbàbie ( province ) anglaise, qiie Wellin0on est maitre de Paris, et que Typpo- Saéh (souverain tributaire des Anglais) est aux Tuileries.

Très humble serviteur de la sainte-alliance , c'est pour obéir à ses ordres , autant que pour satisfaire son besoin de despotisme , qu'il ira plus tard étouffer les révolutions espagnole et portugaise , et replacer l'Espagne et le Portugal sous le joug de deux tyrans sanguinaires ; c'est dans le même esprit qu'il approuvera l'oppression des révolutions de Naples et de Piémont , et qu'il laissera si longtemps écraser les malheureux Grecs.

Quelle humiliation pour la France! Qu'il n'est que trop vrai ce mot du général Lamarque : « La restauration est um halte dans la houe ! »

Si plus tard on mvoie quelques secours à la Grèce ,

c'est uniquement pour céder à Topinion française et même européenne.

Et si plus tard encore Charles X entreprend la conquête d^ Alger , c'est pour avoir une occasion de combler ce faveurs une armée victorieuse , afin d*cn faire Finstrument du coup d'état qu'il prépare contre la nation et la liberté.

§ 3. — Usurpation de tous les pouvoirs par la faction

contre - révolutiomiaire .

Le roi n'est que le chef et l'instrument de la faction.

Protégée par les armées étrangères , eUe ne ménage plus rien , agit ouvertement comme un ennemi vainqueur et traite la France comme sa conquête.

Par une simple ordonnance , elle fait illégalement un emprunt forcé de 400 millions, sous le titre de réquisi' Uon de guerre.

Par une ordonnance également inconstitutionnelle, elle expulse arbitrairement vingt-neuf membres de la chambre des pairs.

Elle exclut impitoyablement les patriotes de toutes les fonctions publiques , et s'empare de tous les pouvoirs.

C'est elle qui compose exclusivement la pairie , la chambre des députés , les tribunaux , le jury , les administrations municipales et départementales , la garde nationale , la garde-du-corps , la garde royale et 1 armée.

Elle a d'ailleurs le budget , les ambassades et la saintealliance.

Quelle force pour accomplir tous ses desseins I

§ 4. — Vengeances. — Sang. — Terreur.

Nous avons vu ( pages 56 , etc. ) quelles vengeances llléditaient les émigrés dès à 792.

« Je sais, de science certaine, disait M. Ferrand y. » ministre d'état en 4844 , que Gambacérès et trois au- » très de ses collègues ayant offert leurs services à • Louis XVIII , en mars 4796 , le roi avait daigné leur

tf accorder des lettres de grâce : son garde des sceau » ay&nt représenté an roi que sa majesté outrepassait les » droits de la puissance royale en accordant ces lettres , 9 et qu'il ne croyait pas pouvoir y apposer le grand sceaii^ r le roi lui avait dit : <i Scellez toujours ; quand je serai M monté sur mon trône , mes parlemens sauront bien me ■ prouver que j'ai outrepassé , comme vous le dites , les » droits de la puissance royale ; et les gens auxquels je » fais grâce seront rom]gvs en place de Grév» avec meê » lettres de grâce au cou. »

Dans son ouvrage sur les révolutions , ce même Ferrand disait que les fauteurs de la révolution devaient être rangés en catégories , et que les régieides devaient toe écarteUs : venaient ensuite les coupables à rompre» h pendre, à envoyer aux galères ou à exproprier, sekui la nature de leur participation aux forfaits ou aux délits de la révolution ; il n'est pas jusqu'aux constitutionnels, aux modérés y contre lesquels il ne décernât une peme-^ affiiciite et infamaiitel ( Montgaillard , tome 8, pages 88 et 89. )

Mais heureusement les temps sont bien changés : en tSAÂj il ne pouvait être question de punir; Alexandre ne l'aurait pas permis; et, même en 48^15, il .serait impossible de ressusciter les anciens supplices : mais à qudi excès de colère, convée depuis si long-temps, la contr» révolution ne va-t-elle pas se porter !

C'est en vain que Louis XVIII reconnaît solenneDe-

ingrate pendant les

cent-jours*, s'abandonne à la vengeance , et règne par la terreur.

On veut faire assassiner Napoléon , comme on a déjà tenté de le faire en ^844 , par l'intermédiaire du marquis Maubreuil , qui prétend avoir reçu de Talleyrand cette odieuse mission.

Les mamelucks , formant un escadron de la garde impériale , beaucoup d'autres militaires et beaucoup de citoyens , sont égorgés à Marseille à l'annonce de la ba-

laiDe de Waterloo , par une populace qu'égarent de prétendus royalistes purs.

Dès le 24 juillet , le traître et Tinfâme Fouché dresse une liste de trente-huit citoyens , qui resteront provisoirement à sa disposition, et de dix-neuf généraux, qui seront livrés à des commissions militaires : c'est lui qui «roscrit Ney , dont le duc de Richelieu fera bientôt rouler le> cadavre à ses pieds , pour s'assurer que le brave des braves n^est plus à craindre pour eux.

Les héroïques débris de Waterloo sont traités de Irrtpuid$.

Les patriotes, traités de na^léonUtes ou de jacobins» sont (raqués partout et poursuivis comme des parias.

Ou. excite les soldats étrangers à les désarmer, à les auJlraiter j à piller leurs maisons , à violer leurs femme? et leurs filles , à les ruiner.

On les fait égoi^r par des sîcaires : les Trestaillons , les Pointa et les Truphémi assassinent publiquement le maréchal Brune à Avignon, le général Ramel à Tou* louse , le général Lagarde à Nîmes, et des milliera d'auttrès victimes 5 et quand d'Argenson voudra défendre à: la tribune les protestans assassinés , les assassins trouveront assez de protecteurs pour faire rappeler à Tordre i^liumaiiité courageuse I

Une* foule d'antres patriotes sont judiciairement assasr ànift par les cours prévôtales, les comi^îssions militaires et même les cours d'assises , toutes (iomposées des hommes d'èla laction triomphante.

Après tant de ven^eanp;;s ©i Je sang, une insolente et dérisoire loi d'amr^gtie^ ^^ ^2 janvier 4816, dont oa veut faire' ud^ ioi de c^iînfiscation et de proscription par caté^7-ie8 , fait grâce à ceux des sujets qui survivent, liais eHe excepte 4° dix-neuf généraux, qui doivent être livrés à dés 'tribunaux militaires composés d^ émigrés et de chouans; 2° trente-huit citoyens que le roi peut arbitrairement bannir ou faire juger ; 5® ceux des régicides qui ont signé Facte additionnel ou accepté des fono* tîbns pendant les cent-jours, et qui sont exilés pour toujours , au mépris de la charte ] 4^ Napoléon et sa far miUè , qui sont illégalement bannis à perpétuité et d'à- 'nbotce condamnés à mort s'ils reroetfent le pied sur le

territoire français; 5® enfin tous ceux contre lesquels on se réserre de faire commencer des poursuites avant la promulgfation de la loi , et le télégraphe en fera commencer contre Travot et beaucoup d'autres.

Aux massacres judiciaires et extrà-judiciaires suc^ dent les insurrections provoquées par la police j et les exécutions militaires qui versent encore le sang par torrens.

Une première insurrection éclate aux environs de Grenoble. « Les insurgés , c'est le ministre Decazes qui le » dit lui-même , sont trois cents paysans égarés , dont » le tiers ignorent le motif pour lequel on leur faitpren* » dre les armes , et croient venir à des fêtes et à des » réjouissances. » Et ce sont les royalistes ou la poliee qu^on accuse généralement d'avoir provoqué ce mourut ment séditieux. Mais la répression n'en sera pas moins terrible : le télégraphe met le pays en état de siège ; una centaine d'insurgés sont fusillés sans résistance par les soldats de Donadicu auxquels on fait faire le métier dé bourreaux ou plutôt d'assassins; vingt-un prisonniers sont condamnes à mort, en une seule séance, par una commission militaire » qui, reconniûssant immédiatement apros sa condamnation précipitée l'innocence de trois vieillards, d'un enfant de seize ans et de trois attires individu^/ suspend leur exécution et consulte le mi* nîstre : « Qu'on Us exécute, » répond le télégraphe. a.Fii>s THeu! Sire, écrit Donadîeu au roi, depuis trois jours là sang n'a pas cessé de coulât »

Une seconde insurrection ecÎ5te dans les environs de Lyon : deux cent cinquante paysaiis sCJ^t victimes d'une infernale machination de la police royaliste; If complot est presque publiquement annoncé ; mais les autontési qui veulent au sang, se gardent bien d'en prévenir l'exécution. Les soldats de Ganuel parcourent les campagnes, rançonnant et maltraitant les habitans, traînant à leur suite l'horrible instrument des supplices : on fusille , on arrête , on remplit les prisons ; on y jette des femmes et des enfans : cent dix malheureux sont condamnés pai la cour prévôtale, les uns à mort, les autres à des peines afflictives ou infamantes ; un enfant de seize ans est eié:

- ds —

cu(ë pour une simple menace, et Tëchafaud est dressé k la porte de la maison de. sa mère! et les soldats jouent aux boules avec sa tête et celle du capitaine Oudin ! Et Fofficier qui les commande , qui rit et qu'on arrête aux cris de rindignation du peuple et de ses camarades , ae suicide dans sa prison ! Et Lyon est glacé de terreur.

Viennent aussi les conspirations provoquées pu même tiipposces de V épingle noire, des patriotes de 48^16, du fêtard Berri, du colonel Caron à Gobnar, etc. , etc. , la boQcherie de Berton , de Gaffé et autres , à Poitiers , et celle des quatre héroïques sergens de la Rochelle, Bories, Raoul , Goubens et Pommier, tués ensemble à Paris; Texécution d'une foule innombrable de patriotes; puis le coup de collier de ^827 et les fusillades de la rue Saint-Denis; puis enfin les mitrailles des 27, 28 et 29juiUet4850.

Partisans et défenseurs de la royauté, vantes-nouB

Mm humanité! N'ayez décris que contre 93!

Ne parles jamais des terreurs de 94, 95, àS\b et

méi...

§ 5. — Pillage d% trésor et du hudget.

La faction exploite la France comme un pays conquis , et tire toutes les injustes conséquences de la conquête.

Dés le 45 avril 4844, les courtisans affamés se sont emparés de 60 millions qu'ils disaient appartenir à Napoléon , et ont voulu se les partager ; mais comme ils ap- Krtenaient au trésor , on les a forcés k les rendre , h xception de 3 millions en espèces d'or qu'ils s'étaient déjà distribués.

Plus de 30 millions sont exigés des vaincus pour payer tes dettes contractées par lés princes , pendant l'émigra» lion , pour combattre la France.

40 millions de liste civile, adjugés annuellement à la f amille rovale , et portés frauduleusement jusqu'à plus de 60 milhons , ne forment qu'une partie du butin de la cour.

Le comte d'Artois s'adjuge son traitement de coloaet général des Suisses depuis sa fuite en 4789.

Les émigrés, les Vendéens, les chouans, les verdeUj^ les jéms, les soleil, transformés tons en officiers et en généraux, se paient leur solde depuis vingt ans et se gorgent de pensions.

Plus de 24 ,000 mémoires sont présentés par les pré* tendus officiers des anciennes armées royales.

Les émigrés ont repris les biens nationaux non vendus, que M. de Pontécoulant trouvait si justement confisqués sur eux (voyez page 57), et les out repris affranchis de leurs anciennes dettes, améliorés par l'état, ayant acquis une valeur double , triple ou quadruple : c'est près aun miUiard.

Ils veulent reprendre même ceux que des particuliers ont achetés ou payés; mais ils ajournent, et se contentent de s'adjuger un autre milliard pour les revenus, eu attendant qu'ils puissent sans danger reprendre les biens eux-mêmes.

La faction entière se jette sur les emplois lucratifs : les nobles ne dédaignent pas les bureaux de poste, dç» loterie et de tabac , abandonnant ou vendant à leurs .var lets et leurs séïdes les places de portiers des villes et des prisons, celles de gardes-champêtres, etc.

Les pairs s'adjugent de riches dotations.

Enfin 45 milliards, arrachés au peuple écrasé par 45 bubgets succiessifs, sont la cure des vamqueurs.

§ 6, -^Charte-mensonge, — Monarchie absolue sous Je miosque de monarchie représentative.

Les plus fougueux veulent que la charte soit révoquée et la souveraineté royale procïamée.

La chambre infrouvcÉble he dispose à inviter Louk XVIII à cette révocation, et veut même la lui imposer.

Mais les rusés , considérant cette charte comme ujn masque précieux sous lequel on peut avoir tous le^ avau* tages du despotisme sans en subir- les incoavéniens , demandent qu'elle soit nominalement conservée, sous la condition tacite qu^elIe enchaînera toujours la nation sans que la royauté soit jamais enchaînée par elle.

Louis XVIII la conservera donc; mais il veut la réviser pour la détériorer encore.

Cependant, craignant d^étre entraîné dans Le précî- |ùce par les fous de son parti , et la trouvant d'ameurv assez mauvaise , il la maintient sans révision.

Mais toutes ses dispositions sur Toubli des votes , -^ la liberté individuelle , — la liberté de la presse , — la liberté de couscienee, — - l'égalité des citoyens el des électeurs,

— la quinquennalit<

— l'irrévocabilité

bunaux d'exception , — les droits électoraux , — Fexécation des lois , — la responsabilité des ministres , etc., etc., sont frauduleusement éludées et violées.

Plus téméraire que son frère , Charies X ira ju^'Â suspendre la charte, mais toujours en l'invoquant, et tous Tabsurde prétexte que ce droit est dans Fart. 4 4 de la charte elle-même.

Cette charte est-elle donc autre chose qu'un mensonge, jme déception , une dérision !

Et ceux qui croient avoir un gouvernement constitutionnel et représentatif, ne sont-ils pas le jouet de la plus complète illusion?

§ 7. -— Simulacre de représentatitm naUonale. — Toutes les lois sont faites dans l'intérêt de la faction.

S'il y avait une véritable reprèseniatxon nationale , ce serait en quelque sorte la république : car de vrais représentans du pays , fidèles à leur mission , et n'ayant en vue

Î[ue l'intérêt général , obtiendraient infailliblement , par a puissance de leurs paroles et par la seule menace du refus de Fimpôt , toutes les lois constitutionnelles ou autres nécessaires à la liberté et au bien-être du peuple.

Louis XYIII et sa faction le savent bien : aussi la charte, en exigeant 300 fr. de contributions pour les électeurs, et 4,000 fr. pour les éligibles, a-t-elle constitué des reprcsentans , non pour la nation et le peuple , mais pour la royauté et Yaristocratie seulement.

r^Mais ses dispositipns aristocratiques peuvent encore être insufOsantes.

On emploiera donc tous les moyens , la ruse , la ter reur , la violation de la charte , l'influence du gouverne» ment , la menace et la corruption y pour s^assurer une majorité dévouée dans la chambre des députés.

On a d'abord illégalement conservé ^ de 48^14 en juillet 4845, le corps législatif de l'empire, corps anti-populaire, dont les pouvoirs étaient expirés et annulés, et qu'on n'a conservé que parce qu'il avait reconnu les Bourbons comme ses légitimes maîtres.

Maintenant une nouvelle chambre est élue par des collèges électoraux que composent arbitrairement de simples ordonnances royales , sons la protection des baïonnettes étrangères, au milieu du désordre, de la terreur, du massacre et de la proscription des électeurs patriotes : c'est la chambre introuvable qui va naître , c'est la faction elle-même qui se nomme pour donner des lois aux ^jfdncus.

Louis XYIII, et peut-être aussi l'étranger, redoutant sa violence aristocratique et réactionnaire , cette chambre est dissoute le 5 septembre 4846, et remplacée par une chambre plus modérée qui , par une nouvelle loi d'élections , permet aux électeurs de se réunir en un seul collège au chef-lieu du département. Mais les quatre premimv cinquièmes réélus en vertu de cette loi vont peut-être donner une majorité quelque peu nationale, et la faction s'en effraie.

Maîtresse encore de la chambre , et profitant de l'effroi sincère ou simulé qu'inspire le meurtre du duc de Berri , elle se hâte de violer la charte pour faire une nouvelle loi qui dissémine les électeurs dans les collèges d'arrondissement , qui crée le privilège d'un double vote électoral , et qui ajoute un nouveau nombre et une nouvelle classe de députés.

Née de cette nouvelle loi, sous l'influence d'un mouvement réactionnaire , une nouvelle chambre n'est encore en majorité que la faction elle-même.

Cependant , peu sûre de son triomphe , elle veut l'assurer par l'exclusion inconstitutionnelle de Grégoire,

(que, par maGhiayélîsme , elle a fait élire afin de poor voir crier au régicide , quoiqu'il ait refusé d'adhérer à la condamnation de Louis XYI , et qu'il ait même précédemment demandé l'abolition de la peine de mort ) , elle veut Tassurer aussi par l'expulsion plus illé^jale en> core de Manuel ; elle veut l'assurer surtout par de nouvelles élections générales , faites sous l'influence de la fraade , de la violence , des menaces de la sainte-alliance et de la terreur qu'inspire le succès de la sacrilège guerre contre la constitution espagnole.

Les trois-cents de Villèle (c'est-à-dire, encore la'faction) violent de nouveau la charte pour supprimer la réélection partielle et prolonger eux-mêmes jusqu'à sept ans le mandat qui ce leur a été donné que pour cinq.

Mais la pairie devenue constitutionnelle résiste ; la faction se divise , s'affaiblit et s'effraie ; la majorité de la chambre des pairs est brisée par une fournée de jésuites et de contre-révolutionnaires , et la chambre des députés est dissoute.

La fraude est impuissante cette fois, et l'administi^ation déplorable se retire devant une majorité, non pas populaire, mais tant soit peu libérale.

La faction s'effraie davantage , et déclame avec la dernière violence contre Martiguac et d'autres modérés qu'elle appelle jaco&tn^ et révolutionnaires.

Après avoir fait une halte du 5 septembre 4 81 6 à 4 SI 9 , et précipité sa marche de 1819 à 1827, elle ralentit le pas jusqu'au 8 août 1829; mais alors elle brûle ses vaisseaux, met en avant tousses hommes d'action, et s'élanceau pas de course à la contre-révolution complète.

Cent quatre-vingt-un députés l'appuient, mais deux cent vingt-un résistent à ses projets tyranniques , et la, chambre est dissoute.

C^est en vain que le roi tente son influence personnelle' sur les électeurs : les deux cent vimjt-un sont rééktt'f 'et Charies X , qui veut à tout prix une représentation royale ,: aristocratique et dévouée , brise la charte par son ordou-'

Aance du 25 juillet, etdésî^|iie lui-méne les éleoteiin^ le» éligibles et presque les députés.

^ Ainsi la restauration ne veut pas , ne peut pas vouloir, et n'a jamais voulu ,de véritable représeniaiion notioiiab» Mais les deux cent vin^t-un, s^écrie-i-onl Les detuc cent vUigt^im! Ne sont-ils pas le prodoit d'é* kciions aristocratiques, du double vote et de la fraade ministérielle? Y treuve-t-on beaucoup de patriotes aimuit le peuple , la révolution et la liberté , et détestant Tinter- Tention étrangère? Le plus grand nombre n'est-il pas composé de doctrinaires, partisans de la légitimité, de la restauration -9 de Taristocratie, des lois d'exception et d* r>appel à rétranger ; de dèfeetàonnaires devenus opposant

Î^ar crainte du joug sacaxlotal et par araour des porteeuiiles ; de napoUonistes regrettant le despotiame impérial^ enfin ôk aristocrates Ubéravœ?

Oui-, la représentation élue par Taristocratie de cesat miUe électeurs et de dix mille grands seigneurs on ricbet bourgeois , ou riches négocians , qui votent dans les grands < collèges y est devenue un peu libérale ; mais encoi'e une foisf il n'y a jamais eu de représentation patriote, vaxio-

HALE et surtout POPULAIRE.

Aussi , point de lois dans Tintérét du pays et du peu-

S; rien pour favoriser l'industrie et le commerce ; la tien voudrait au contraire les anéantir ; elle voudrait que le peuple fût misérable et ruiné , dût-elle , comme en Ea|Mign&, le naurrir pour le mieux tenir en esclavage.

C'est donc la faction qui seule fait les lois, et ce n'esl qim dans san intérêt qu'elle en faîtl

Quelle dérision , répétoas-nous 1 Quelle déception !

§ S,— Pairie contre-révolutionnaire.

Reste d'un sénat servile et traître, comprenant la partîiltla>fl«s aristocratique de la faction, anaiblie par rexwdsiiHi de vingt-neuf de ses membres accusés d^avoir apprcMvé les eent^wr», la chambre des pairs obéit àTétraiiQfev, assassine te< maréchal Ney, aj^ûrouve tttttea ks

TÎolations de la cbarie, et eommeiKïe EaUaqae coalr^ la loi électorale de 4847.

L'introduction de çinqaante-neuf pairs nopumés par Decaaes., et les excès du ministéjse Yillèle, la rendent^ un moment quelque peu libérale : elle rejette b loi d'affieisne^ ejL fopee Peyronneit à retirer sa loi d'autour.

M^is.uo^ fournée de soixante-seize créatures de Yillélp U dilé^ature et lapcrrertit.— ^EUe appelle et soutient le ministère du 8 août , et consent aux ordonn^ci^ qui .iTjÇp < versent le gouvernement représentatif.

§ 9. — Outrage à la nation,

l^ La contre-révolution proclame que , depuis 4 789 , elle seule a eu raison , et qu'elle seuls mérite des>élbgef, iles honneurs-, des réGompelees et des indemnités.

Mais ToUtrage est poussé plus -loin : eHe déclare -mienneUenfent, par une loi (4^ 'janvier 4846), que. la révolution n'a été qu'une révolte ; que la condamnatioo lie Louis XYI est' un crime , que ses juges sont des régicides , et que k'^Fraiice entière' est = leur compliee ; on la condamne à expier son forfait en prenant le deuil chaque année , et en élevant , en - son |iom et à ses frais , des mohnumeiv finéraires qui transmettront i k postérité «ft lioute et son repentir. • ■ 4 •

|^§ 40« — Système de déinoràiisâtipT^, et de cwrrujyiion.

La faction , très peu nombreuse , s'enbrce de grossir ses rangs. par Jlfr déqaori^isatioa et la coçriy^tion.

pour vertus patriotiques.

£)te exploite la vanité far des croix, des rubans, dèi litres, et l'égoisme par des places, 4^ faveurs ou Ut érainte des destitutions et des persécutions.

Elle invoque sans pudeur l'arbitraire , et ne se donîOte fu la peine de dissimuler la /rdmb.

Elle' corrompt des éteétéùris et des députés.

Elle achète des consciences et des suffrages pour ob<^ tenir la loi électorale du double vote.

Et le roi lui-même , dont la parole devrait être sacrée, et qui se vantait de n^avoir jamais menti , donne le plu9 scandaleux exemple du infiensonge, en déclarant officiellement , peu de temps avant la sacrilège invasion d'Espagne , que la malveillance seule peut transformer le cordon sanitaire en armée d'olmrvation!!!

§44. — Clergé, — Jésuites, — Missionnaires. — Sicperstition. — Tentatives d'abrutissement. — Ambition sacerdotale.

Principaux instrumeos de la ta^tion^Ie clcr|[é et surtout les jésuites expulsés de Russie, mai^ admis en France malgré les anciens arrêts qui les prohibent , ne négligent rien pour éteindra la lumière et raHiener les siècles de ténèbres.

La Sorbonne remplace Yécole normale: la jeunesse est livrée aux frères ignorantins ; la Erance est couverte de séminaires, de couvens, de congrégations et de mis* 9ionnaires: la religion disparaît étouffée par la superstition : on ne veut pas .seulement empêcher Je peuple d'avoir une instruction véritable, on veiAt encore le tromper , le rendre crédule et stupide.

Ce n'est pas tout : le clergé veut des jouissances récl« les , et la faction lui livre de riches dotations en attendant qu'on puisse lui rendre ses dîmes et ses anciennes possessions.

Ce n'est pa^'tout encore: il obtient rab'olition du divorce, une l6i du sacrilège; et dei lois contre la presse,* et quand Cha'Hes X", son prot^teur déclaré , arrive au trône, il aspire à placer Pàutet au-dessus, et'à dominer la noblesse elle-même.

§ 42. — Gouvernement otcUlie Sysièm£ de provocations, de délations, d'appui sur V étranger et de rétablissement de l'ancien régime.

Après 4844, des poltrons et dos ambitieux , ayant m«-

tilement proposa des moyens, extrêmes a Louis XVIII, fondent une vaste organisation secrète » par laquelle lo royaume est ./divisé en gouvememins généraux, correspondant aux divisions militaires , et ayant une intendance par département I une subdèUgaiion par sous-préfecture, et une centurie par canton. t.i '

Ces places sont occupées par des militaires de haut grade,: des fonctionnaires initiés, et .de grands propriétaires appartenant k la noblesse.

Cibaque chef-lieu de division possède un conseil do douze personnes prises par tiers dans les trois ordres de Tétat. ;,,.

Un intendant, officier civil, un grand-prévôt, officier militaire, sont les chefs de Fiotendance , à laquelle est adjoint un ecclésiastique du rang le plus élevé parmi ceux du département.

. Un subdélégué^ un commandant, un recteur et «ix conseillers , forment Tadministration des arrondissemens.

Dans les centuries , trois chefs seulement achèvent de compléter cet ensemhk.

Tous les membres en sont liés par des sermens et des cérémonies religieuses.

• iLe comte d^Artois.enest le roi, et Paris la capitale.

G*est de là que partent, des dénonciations cachées qui jettent le trouble dans les familles , des résistances doni le but est de sauver les brouillons , les escrocs et les brigands même qu'on emploie aux entreprises secrètes, aux duels de parti , etc.

Les jésuites sont les premiers eitles plus ardens fauteurs de celte criminelle entreprise ; c'est par eux que Ton obtient des fidèles ces dons nombreux qui fondent le trésor où Ton puise pour solder l'enthousiasme de la canaiUe , les frais des correspondances et des avnkassades permanentes que le gouvernement occulte entretient auprès ^es cours étrangères. Ce parti ne veut rien moins que le retour LE PLUS COMPLET AUX ABUS PE jJASfCIZlf RE- GIME. {Mémoires d'une femme de qualité, tome 3, page» 92 et 454.) .

C est ce gouvernement occulte» qui organise ,mij^tj|ire-

meAt la Vëndcc , ponr y préparer des soutiens armés de la monarchie absorae.

Ses membres , qui se disent royalistes purs , qui sont plus royalistes , non pas que le eomte d'Artois, mais que Louis XYIII , et qifon appelle nlfrà rayûîistei ou jœo^ hins hlaucs, provoquent les insurrections et les conspirations , afin d'avoir Poccasion de verser du sdtig', dé Srépéndre la tèriréur , et de prouver que la liberté et k légalité sont impossibles.

Cestn'émes hommes ,' qui crient tant contre le 'jugement de Louis XVI , conspirent contte le roi , dont ils «c-cusent le libéralisme , qu'ils appellent un jacobin et un révolutionnaire j et coritHe -lequel ils vomissent les plus grossières injures. (Montgaillard , tome 8, pages 568" et suivantes.)

Ces hommes qui ne cessent d'exciter les- ti^oubles, hsf dissentions et les assassinats , fbnt les plus grânès* efforts pour empêcher l'évacuation du territoire; ils ont la perversité d'cnvover aux ministres des souverains alliés , et à ces souverains eux-mêmes des t>otip* Sêtrèies pour les engager à occuper indéfiniment te territoire français*; ils représentent la nécessité de reconstituer l'ancieii régime, qui seul, disent-ils, peut assurer la couronne sur la tito des rois. Datas ces notes secrètes, monument de la plu» msignfe lâcheté, ces prétendus chevaliers français, cfetf prétendus fidèles serviteurs du trône , calomnient letréine et la nation , appellent la vengeance des rois contre la charte constitutionnelle qui, suivant eux, légitime et con^ tinuc la révolution , ses injustices et ses forfaits ; ils désirent, pf^oq^ient et demandent h démembrement ûe la FBAifCE'î ! ! (Môntgaillard , tome 18, pages 420 et 430).

Decates résiàté quelque temps aux effotts de ce gouvernement occulte , et unit par être entraîné , puis écrasa par lui.

Tout en voulant le modérer , de Villèle est son instrnmeint et son complice.

Mais quand le comte d'Artois, son chtîf,''"arriye"îrti' trône , il devient plus audacieux , et finit par mâfcucr ouvertement , sous les ordres de Polignac , au renversef dé la charge et des lois.

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§ 45. — Coup d'état. — Ordimnances du 23 juillet. -^ Parjure. — VUdaiion de la diarte.

Charles X, Tune des princtpides causes de la rëvolaiien de 89 , par ses scandaleuses dilapidations du trésor, par ses scandaleuses intri^cs ayec la reine sa beUe-sorar, et par son opposition à toute liberté ; Tun des principauic aoieurs de la mort de son frère Louis XVI j qu'il sacrifiait à son ambition; le principal instig^ateurde rémigfration et des coalitions contre la France ; le chef du gouyernement occuUe contre Louis XVIIi ; Pinstrument des jesnites , parmi lesquels on dit qo^il est affilié ; Charles X , disons-noua, irrité delà résistan cequ'il finit par rencontrer, comptant sur l'appui de la- pairie , de la faction , àe Tarmée, de sa garde royale, de ses Suisses, et surtout de Vétrauger dont il a demandé Fapprobation , et dont il affirme t[ue c'est raffaire autant que la sienne , ne re^^ule devant aucune des calamités qu il peut attirer sur son peuple , TÎole ses sermens et la charte , proclaine le despotisme par ses criminelles ordonnances du 25 juillet, xuet Paris en état de siège , et ordonne aux baïonnettes de répandre le sang ponr imposer la servitude.

§ 44. — Opinion nationale. — Haine. — Mépris. — Protestations continuelles. — Di^ositUms hostiles. — EiXpulsion des Bourbons.

Mais, dès 4792, le peuple exécrait Louis XYI, «a femme , ses frères et jm faction.

Le 20 Mars et les Cent-Jows ont prouvé combien M détestait Louis XVIU , sa famille et ses partisans.

Ramenés par l'étranger sur les cadavres de Waterloo , les Bourbons deviennent plus «ncore un objet d'horreur pour l'armée , les fédérés , le peuple , les patriotes et le» tionapartistes.

Leurs alliés sont tellement convaincus qu'ils seraient expulsés de nouveau, qu'ils les feront garder par 450^000 de leurs soldats ; et quand la sainte-alïîance va retirer ses

troupes, en novembre <! 84 8 , quoîqu^il leur reste leurs garde»Klu-corps , leur garde royale et les Suisses, reffroi da comte d'Artois et de la faction est encore si grand qu'ils font parvenir des notes secrètes , rédigées , dit-on , par M. de Vitt'ollcs , pour supplier les coalisés de leur laisser encore leurs sokfats : plus tard ils n'oseront pas même tolérer une garde nationale , organisée cependant par eux y et chamarrée de leurs croix et de leurs rubans ; ils lui feront Tinsulte de la licencier.

Us sont tellement convaincus de Thostilité de Topinion publique que sans cesse ils font de nouvelles lois pour en étouffer la manifestation : lois d'exceptions , -» pour les cours prévotales , — contre les cris séditieux , — contre les opinions, -^ contre la presse, -—contre la liberté des élections, — etc., etc., etc. Toutes ces lois sont une reconnaissance de la haine du pays.

Il n^cst pas même permis de s'expliquer sur les prétendus droits qv£ Louis XVIII tient de sa naissance.

La tribune elle-même est enchaînée : Manuel ne peut pas , sans en être expulsé , y parler de la répugnance de la nation , et Ton doit s^ étonner qu'on n'ait attaqué , ni Foy pour avoir dit , nous sommes vingt<hiq contre un, ni G. Périer, je crois, pour s'être écrié : Nous somm/e$ huit ici, mais la nation est derrière nous.

Peut-être cette haine pourrait-elle s'apaiser s'ils redevenaient nationaux et populaires.

Mais la restauration n'étant , de la part des Bourbons et de la faction , qu'une longue oppression et qu'une longue humiliation , elle n'est , de la part du pays , qu'une longue et continuelle protestation.

Car, les conspirations de Lyon, Grenoble, Toalon, Paris, Béfort, Golmar, Saumur, Poitiers, La Rochelle, et cent autres; le poignard de Louvel, l'association de 40 à 50,000 carhonari; les sociétés pour la liberté de la

{>resse , des personnes et des élections ; la joie qu'excitent es révolutions de Grèce, d'Espagne, de Portugal, de Naples et de Piémont; les espérances que font naître les dispositions insurrectionnelles de l'armée envoyée contre l'Espagne, et la guerre entre la Russie et la Turquie; les

Caift DE LA GARDE NATIONALE €X>NTRE LE MINISTÈRE

villele; les couronnes décernéas à Manuel; les funérailles de Foy; lesovatioBSopour les députés populaires; tout n'est-i) pas jprot^taiiQU?^

Les cria mêmes de vive la Charte ne protestent-ils pas comme les cris de xive la, lif^erté proférés sur Féchafaud par le pc^triotisme qui n^a plus rien à ménager?

Et quand on applaudit même les 221 , n^est-ce pas leur opposition q^'on. veut encourager? Qu«st-ce autre chose encore q«- une firot€Statiou? .1

La représentation nationale proteste donc d'avance dés juija 'i$4.^I et la masses dos. citoyens ne cesse pas de protester defttusl

Mais le 8 août, le ministère Pollgnac, Bourmont, Labourdonnaie, annonce Un dernier combat. La presse s'élance dans la carrière , Topinion la- suit , et la discussion est ouverte.

L'article 44, dit la faction, nie donne le droit de suspendre la charte.-^ Kjon^ répondent la presse patriote et le parti national; et si vous yiples la loi,:nous refuserons l'impôt. — J'emploierai la force. — Nous repousserons la force par la force : alors gare à vos Bourbons !

La faction ruse , ment , et veut surprendre ; maïs chacun est prêt, on attend le signal

Il est donné , les ordonnances ont paru ; le jour

désiré depuis quinze ans par les patriotes est enfin arrivé; les cœurs généreux croient entendre encore ra|>pel des représentans de 4 84 5 ; pour la première fois depuis vingt ans, le peuple prend les armes. L'armée ne combat qu'à regret la liberté, et ne défend pas le despote avec 1 ardeur qu'elle mettrait à défendre la patrie contre l'étranger; la faction se cache; Charles X est expulsé avec sa famille , et la restauration finit aux applaudissemens de la France entière indignée contre le parjure,

§45. — Mal fait par la restauration.

Nous avons vu que de mal la faction a fait avant h restauration.

Nous avons également vu que de mal elle a fait en 4844 et surtout depuis 4845.

Que de mal ne veut-«!]e pas faire encore par ge» wdimnahcea du 25 juillet ! Quelle longue suite de Te&geances , d'assassinats judiciaii^ , d'exéetttîciBs milittt^ res, de méssacres et de calamités de toute- espèée, lé 'despotisme et la tyrannie ne^prépareût-ilis pas À la Prancte!

Que de sai^ , que d^héroiques ^rictimes pendant les trois immortelles journées!' ....-■

Que d'angoisses depuis- V qtte^de' sMifirtfttces'fofir' kf peuple , et que de malheurs sospendos tujéti)rd*Jhui snr mos têtes! ■

Ah! qu'on le dise, cette race' des Bourbons, -celte fie*, tion qui \eut s'identifier avec eux , ne sonff^ paiB les fléaux du pays ! Ne sont-ils pas responsables de tous nos maux?

' Et l'on ose vanter leur bonté , -leurs bienfaità ! >

On ose les recommander à notre amour, à not^ choix f

On veut les imposer encore à la France ! !

On \eni recommencer la Vendée, le Midi, Finvasion et 4815 avec ses vengeances et ses massacres, avec M honte èi sa domination étrangère ! ! ; ' '

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